L’hépatite alcoolique entraîne un dysfonctionnement hépatique aigu
Cette affection se développe chez les personnes qui prennent plus de 3 (femmes) ou 4 (hommes) consommations normales de boisson alcoolisée par jour1,2. Une hépatite alcoolique grave est associée à un taux de mortalité de 20 %–50 %3.
Les symptômes comprennent la fièvre, des douleurs abdominales et l’ictère
Les résultats de laboratoire caractéristiques comprennent une élévation modérée du taux de transaminases (50–400 UI/L), un rapport aspartate transaminase/alanine transaminase supérieur à 1,5 ainsi que la présence de coagulopathie et d’hyperbilirubinémie (> 51,3 μmol/L)1,2. Environ 50 % des patients sont atteints d’une cirrhose sous-jacente et peuvent présenter une décompensation coexistante (p. ex., ascite, saignement gastro-intestinal, encéphalopathie)4. On peut envisager avec prudence une biopsie hépatique si une consommation clandestine d’alcool est soupçonnée ou si d’autres causes d’hépatite (p. ex., d’origine virale, auto-immune ou médicamenteuse) ne peuvent pas être écartées2.
Il faudrait recourir aux scores pronostiques pour déterminer si un traitement corticostéroïdien est indiqué
Bien que les corticostéroïdes n’améliorent pas le taux de mortalité au bout de 1 an, ils améliorent le taux de survie à court terme1,4. En plus de meilleurs soins de soutien, les cliniciens devraient envisager la prednisolone (40 mg/j) chez les patients atteints d’une hépatite alcoolique grave (score MELD [Model for End-Stage Liver Disease] > 20; https://www.mdcalc.com/calc/10437/model-end-stage-liver-disease-meld?utm_source=site&utm_medium=link&utm_campaign=meld_12_and_older), en présumant qu’il n’y a aucune contre-indication (p. ex., infection, saignement gastro-intestinal, insuffisance rénale grave, choc)1,4. Après 7 jours, il faudrait calculer le score selon le modèle de Lille (https://www.mdcalc.com/calc/2024/lille-model-alcoholic-hepatitis). Des scores supérieurs à 0,45 semblent indiquer une absence de réaction aux stéroïdes. Il faudrait arrêter le traitement dans un tel cas, puisque les corticostéroïdes augmentent le risque d’infection, l’une des principales causes de mortalité chez les patients atteints d’hépatite alcoolique. La pentoxifylline n’est pas recommandée4.
L’abstinence d’alcool est cruciale
La consommation d’alcool est le principal facteur prévisionnel de mort à la suite d’un épisode d’hépatite alcoolique4. Les traitements utilisés pour promouvoir l’abstinence d’alcool comprennent les séances de consultation psychologique, la thérapie cognitivo-comportementale ou motivationnelle, les groupes d’entraide mutuelle, les programmes de réadaptation pour les alcooliques en établissement et les traitements contre l’envie irrépressible de boire (p. ex., naltrexone, acamprosate)1. Les patients tirent aussi profit d’un régime alimentaire riche en protéines et en calories avec une supplémentation en vitamines B et D1.
Envisager une consultation en vue d’une transplantation hépatique avant un délai de 6 mois d’abstinence
Si les patients atteints d’une hépatite alcoolique grave ne réagissent pas au traitement médical, s’ils sont déterminés à ne pas consommer d’alcool et si leur risque de rechute est jugé faible, les cliniciens devraient faire évaluer ces patients pour déterminer s’ils sont admissibles à une transplantation. Il est à noter que les transplantations améliorent le taux de survie, et que l’abstinence d’alcool se maintient chez la plupart des patients 2 ans après une transplantation5.
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Voir la version anglaise de l’article ici: www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.221357
Footnotes
Intérêts concurrents: Le Dr Silverstein a reçu une subvention du Centre d’excellence en pédagogie et en pratique HoPingKong en tant que boursier clinicien. La Dre Tsien a reçu une subvention à visée éducative sans restriction de Paladin. Elle a aussi reçu des honoraires de Lupin. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Références
- 1.Crabb DW, Im GY, Szabo G, et al. Diagnosis and treatment of alcohol-associated liver diseases: 2019 practice guidance from the American Association for the Study of Liver Diseases. Hepatology 2020;71:306–33. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 2.Crabb DW, Bataller R, Chalasani NP, et al. Standard definitions and common data elements for clinical trials in patients with alcoholic hepatitis: recommendation from the NIAAA Alcoholic Hepatitis Consortia. Gastroenterology 2016;150:785–90. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- 3.Singal AK, Mathurin P. Diagnosis and treatment of alcohol-associated liver disease: a review. JAMA 2021;326:165–76. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 4.Singal AK, Bataller R, Ahn J, et al. ACG Clinical Guideline: alcoholic liver disease. Am J Gastroenterol 2018;113:175–94. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- 5.Mathurin P, Moreno C, Samuel D, et al. Early liver transplantation for severe alcoholic hepatitis. N Engl J Med 2011;365:1790–800. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
