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. 2023 Oct 23;195(42):E1457–E1458. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.221712-f

Insuffisance ovarienne primitive

Shannon Brent 1,, Marie Christakis 1, Lindsay Shirreff 1
PMCID: PMC10615344  PMID: 37903518

L’insuffisance ovarienne primitive (IOP) touche 1 % des femmes en âge de procréer

L’IOP s’entend comme la diminution ou le dysfonctionnement des follicules ovariens avant l’âge de 40 ans. Les facteurs de risque comprennent les antécédents familiaux, les anomalies génétiques, l’usage du tabac, une altération ovarienne iatrogène, les infections, les facteurs environnementaux et les maladies métaboliques et auto-immunes13. La plupart des cas sont idiopathiques4.

L’IOP devrait être prise en considération dans le diagnostic différentiel chez les femmes de moins de 40 ans présentant de l’oligoménorrhée ou de l’aménorrhée

Les femmes atteintes présentent généralement des symptômes semblables à ceux de la ménopause, c’est-à-dire de l’oligoménorrhée ou de l’aménorrhée et des symptômes hypo-œstrogéniques (p. ex., bouffées vasomotrices, sécheresse vaginale, infertilité). La grossesse, le syndrome des ovaires polykystiques, l’hypogonadisme hypogonadotrophique, un dysfonctionnement thyroïdien et l’hyperprolactinémie devraient écartés1. Le diagnostic peut être posé après 4 mois d’aménorrhée et 2 mesures du taux de folliculostimuline supérieures à 40 UI/L, espacées d’au moins 1 mois2.

Certaines causes d’IOP peuvent être déterminées par le dépistage génétique et des analyses de laboratoire

Il faudrait proposer le dépistage génétique du syndrome de l’X fragile et le caryotypage pour exclure le syndrome de Turner et la présence de matériel chromosomique Y2. Les tests de détection de maladies auto-immunes comprennent la recherche d’anticorps antithyroïdiens et d’anticorps antisurrénaliens1. Si l’IOP est consécutive à une intervention chirurgicale ou à un traitement médical (p. ex., traitement du cancer), il n’est pas nécessaire de réaliser d’autres examens.

Les personnes devraient être informées du risque accru d’infertilité, d’ostéoporose et de maladie cardiovasculaire

Le taux de grossesse spontanée est faible (5 %)3. Le déclenchement de l’ovulation et la stimulation ovarienne sont peu efficaces chez les personnes atteintes d’IOP; un don d’ovule ou d’embryon est souvent nécessaire2. Peu après le diagnostic, il faudrait mesurer la densité minérale osseuse de référence, demander un bilan lipidique et effectuer un dépistage annuel de l’hypertension1. Les interventions liées au mode de vie (p. ex., alimentation, exercice physique, désaccoutumance du tabac) et l’apport supplémentaire de calcium et de vitamine D peuvent réduire le risque d’ostéoporose, de dyslipidémie et de coronaropathie1,2.

L’hormonothérapie devrait être proposée en cas d’hypo-œstrogénie, et réduit également le risque d’incidents cardiovasculaires et de fracture de la hanche

L’œstrogénothérapie substitutive, par voie transdermique ou orale, est essentielle à l’atteinte d’un taux préménopausique5. Les personnes qui ont un utérus ont aussi besoin de progestérone en continu ou de façon cyclique pour protéger l’endomètre2. L’hormonothérapie peut être proposée sous forme de contraceptif hormonal d’association aux personnes intéressées5.

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Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.221712

Footnotes

Intérêts concurrents: Marie Christakis et Lindsay Shirreff sont membres du conseil consultatif médical de la Menopause Foundation of Canada. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.

Cet article a été révisé par des pairs.

Références

  • 1.European Society for Human Reproduction and Embryology (ESHRE) Guideline Group on POI; Webber L, Davies M, Anderson R, et al. ESHRE guideline: management of women with premature ovarian insufficiency. Hum Reprod 2016;31:926–37. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 2.Committee Opinion No. 605: primary ovarian insufficiency in adolescents and young women. Obstet Gynecol 2014;124:193–7. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 3.Maclaran K, Panay N. Premature ovarian failure. J Fam Plann Reprod Health Care 2011;37:35–42. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
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