La pratique de l’activité physique traite la dépression de façon efficace et pourrait réduire les tentatives de suicide
Une méta-analyse d’essais cliniques randomisés et contrôlés réalisée en 2023 a trouvé que la pratique d’une activité physique supervisée, sur une base individuelle ou en groupe, d’intensité modérée ou élevée, aérobique ou musculaire (à l’exception d’activités alliant le corps et l’esprit comme le yoga), diminuait les symptômes dépressifs chez les personnes participantes atteintes de dépression, avec un nombre de sujets à traiter de 2 et une efficacité comparable aux thérapies de première intention, comme la psychothérapie et la médication1. Une autre méta-analyse d’essais cliniques randomisés et contrôlés, réalisée aussi en 2023, a révélé que la pratique d’une activité physique diminuait les tentatives de suicide chez les personnes atteintes de maladie mentale ou physique2.
On devrait s’attarder aux obstacles psychologiques à la pratique de l’activité physique
Pour les personnes atteintes de dépression, ces obstacles comprennent, entre autres, un état de désinvestissement et de désintérêt avec apathie, un faible niveau d’énergie et une fatigue perçue3. Bien que les méta-analyses ont relevé des effets positifs aux interventions fondées sur l’activité physique, on a réalisé la très grande majorité de ces études auprès de personnes volontaires et sous supervision professionnelle1,2. Remédier aux obstacles psychologiques est important pour instaurer la pratique d’une activité physique.
On devrait prescrire des activités physiques de façon précise et en superviser la pratique
Les prestataires de soins de santé devraient préciser la fréquence, l’intensité, la durée et le type d’exercices physiques que les malades devraient pratiquer4. Des exercices aérobiques ou musculaires réalisés à une intensité modérée à élevée pendant 45–60 minutes, 3–5 fois par semaine, ont démontré des effets antidépresseurs3, bien que toute activité physique soit mieux que l’absence de pratique5 et que la supervision par une personne spécialiste de l’activité physique puisse en maximiser les effets1,3. Le facteur le plus important demeure l’implication des malades dans le choix de l’activité physique afin d’accroître l’adhésion au traitement5.
Les techniques de changement comportemental adaptées à chacune des étapes de changement peuvent accroître l’amorce de la pratique et son adhésion5
Les prestataires de soins de santé devraient commencer par des techniques de motivation pour ensuite progresser vers des stratégies axées sur l’action puis finalement se concentrer sur le maintien des acquis. Ils devraient évaluer les progrès sur une base régulière, adapter les stratégies au besoin et offrir du renforcement positif. Fortier et ses collègues5 ont produit un guide portant sur la pratique de l’activité physique chez les personnes atteintes de dépression5.
Les interventions fondées sur la pratique de l’activité physique sont généralement sécuritaires
La pratique d’une activité physique est bien tolérée chez ces personnes, présentant quelques effets indésirables comme des douleurs articulaires, des maux de tête et de la fatigue1,2. On devrait procéder à un dépistage préalable pour des comorbidités préexistantes, comme des blessures, des incapacités physiques, et des problèmes de santé comme des maladies cardiaques graves qui augmentent le risque lié à la pratique d’une activité physique1. Chez les personnes ne présentant pas ces comorbidités, une supervision clinique n’est pas nécessaire pour assurer leur sécurité4.
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Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.231288
Footnotes
Intérêts concurrents : Aucun déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Traduction et revision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
Références
- 1.Heissel A, Heinen D, Brokmeier LL, et al. Exercise as medicine for depressive symptoms? A systematic review and meta-analysis with meta-regression. Br J Sports Med 2023;57:1049–57. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- 2.Fabiano N, Gupta A, Fiedorowicz JG, et al. The effect of exercise on suicidal ideation and behaviors: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. J Affect Disord 2023;330:355–66. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 3.Ross RE, VanDerwerker CJ, Saladin ME, et al. The role of exercise in the treatment of depression: biological underpinnings and clinical outcomes. Mol Psychiatry 2023;28:298–328. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
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- 5.Fortier M, McFadden T, Faulkner G. Evidence-based recommendations to assist adults with depression to become lifelong movers. Health Promot Chronic Dis Prev Can 2020;40:299–308. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
