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. 2025 Jan 13;197(1):E18–E25. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.231489-f

Diagnostic et prise en charge de la fausse couche précoce

Vrati M Mehra 1, Salwa Farooqi 1, Pallavi Sriram 1, Modupe Tunde-Byass 1,
PMCID: PMC11684935  PMID: 39805645

Points clés

  • La fausse couche précoce, aussi connue sous les noms de mort fœtale précoce ou d’avortement spontané, est fréquente et éprouvante, et sa prise en charge laisse à désirer au Canada.

  • Le diagnostic de fausse couche précoce repose sur un dosage du taux de gonadotrophine chorionique β humaine (β-hCG) sérique et une échographie pelvienne, préférablement transvaginale, pour vérifier la viabilité de l’embryon et distinguer la fausse couche précoce d’une grossesse ectopique.

  • La prise en charge peut être non interventionniste, médicamenteuse ou chirurgicale.

  • La fausse couche précoce peut avoir des effets psychologiques dévastateurs qu’il est possible d’atténuer avec une communication et un suivi empreints d’empathie.

La fausse couche précoce est fréquente et souvent éprouvante. Ses répercussions médicales et psychologiques pourraient être évitées par une prise en charge éclairée et empreinte d’empathie. Aussi connue sous les noms de mort fœtale précoce ou d’avortement spontané, la fausse couche précoce se définit par un sac gestationnel anembryonnaire ou contenant un embryon dépourvu d’activité cardiaque avant la 13e semaine de gestation1. La fausse couche précoce peut ensuite être subdivisée selon qu’elle est incomplète, complète ou silencieuse, à la suite des résultats de l’examen physique et de l’échographie pelvienne (tableau 1). Si le lieu de l’implantation n’est pas confirmé, il faut écarter un diagnostic possible de grossesse ectopique.

Tableau 1 :

Types de fausses couches précoces

Type Symptômes Signes à l’examen par spéculum Signes à l’échographie
Menace de fausse couche précoce Saignements ou crampes Col fermé, aucun produit de la conception dans le vagin Signes possibles de grossesse viable et d’activité cardiaque fœtale
Incomplète Saignements ou crampes Col ouvert ou fermé, élimination partielle de produits de conception ou de caillots sanguins dans le vagin Aucune activité cardiaque fœtale
Inévitable Saignements ou crampes Col ouvert et élimination partielle de produits de conception ou de caillots sanguins dans le vagin Signes possibles de grossesse viable et d’activité cardiaque fœtale
Complète Saignements ou crampes Col fermé, produits de conception complètement éliminés, habituellement suivi de saignotements ou de saignements Aucune activité cardiaque fœtale
Silencieuse Asymptomatique Col fermé, absence de produits de conception dans le vagin Aucune activité cardiaque fœtale

Nous résumons les meilleures données accessibles sur la prévalence, les facteurs de risque, le tableau clinique, le diagnostic, la prise en charge compatissante et le suivi de la fausse couche précoce (encadré 1).

Encadré 1 : Revue de la littérature scientifique .

Nous avons procédé à une interrogation ciblée de la littérature scientifique des réseaux MEDLINE et Embase depuis leur création jusqu’en juillet 2023 en utilisant les mots clés suivants : « early pregnancy loss », « first trimester loss », « abortion, spontaneous », « abortion, threatened » ou « miscarriage », alliés aux termes « diagnosis », « risk factor* », « impact », « treatment » ou « management ». Nous avons aussi fait une recherche à partir des termes « early pregnancy assessment clinic » ou « early pregnancy clinic ». Nous avons limité la recherche aux articles de langue anglaise. Nous n’avons appliqué aucune restriction quant aux types d’articles, mais nous avons priorisé les lignes directrices de pratique clinique des sociétés et groupes d’obstétrique et gynécologie, les revues systématiques et les méta-analyses. Nous avons aussi utilisé d’autres sources, comme Google Scholar, pour tenter de trouver d’autres documents pertinents.

Quelle est l’incidence de la fausse couche précoce?

L’incidence de la fausse couche précoce diffère d’une région du monde à l’autre en partie en raison de l’hétérogénéité de sa définition. Selon des données prospectives recueillies en Europe et en Amérique du Nord, la fausse couche précoce affecte de 15 %–20 % de toutes les grossesses cliniquement confirmées2. L’incidence rapportée a même été plus élevée (31 %) lorsque le suivi de la gestation se faisait au moyen de contrôles de la gonadotrophine chorionique β humaine (β-hCG) sérique en début de grossesse3. La fausse couche précoce survient souvent avant même que la grossesse soit confirmée et ses signes sont parfois pris à tort pour un retard des règles ou pour des règles abondantes3. Au Canada, 2 études de cohorte rétrospectives basées dans la population ont estimé l’incidence de la fausse couche précoce à 8,1 % et à 10,1 %–12,5 % des grossesses confirmées en Ontario et au Manitoba, respectivement4,5. Il est difficile de déterminer l’incidence réelle de la fausse couche précoce au Canada et de la comparer à celle d’autres pays en raison des différences entre les provinces.

Quels sont les facteurs de risque?

Environ la moitié de toutes les fausses couches précoces résultent d’anomalies chromosomiques présentes dans l’embryon en développement, comme l’aneuploïdie6. L’âge maternel supérieur à 35 ans fait significativement augmenter le risque de fausse couche précoce; à partir de l’âge de 45 ans, ce risque atteint près de 65 %2,7. Parmi les autres facteurs de risque, mentionnons des antécédents de fausse couche précoce, les infections (p. ex., à Chlamydia trachomatis), un âge paternel plus avancé, les indices de masse corporelle extrêmes, le tabagisme, la consommation d’alcool, les traumatismes physiques, le stress psychologique et l’exposition à la pollution atmosphérique et à des pesticides2,810. Un lien entre la fausse couche précoce et le fait d’être une personne noire a aussi été évoqué et aurait des composantes biologiques (p. ex., prévalence accrue d’anémie, de diabète et de dyslipidémie), génétiques (p. ex., gènes impliqués dans les processus immunologiques et inflammatoires) et socio-économiques1114.

Quels sont les symptômes?

Les symptômes courants de la fausse couche précoce incluent, seuls ou ensemble : saignements, crampes, douleurs abdominales ou pelviennes et expulsion de produits de conception. Les symptômes d’une grossesse ectopique, qu’il faut d’abord écarter, incluent : une aggravation de la douleur abdominale, des étourdissements, des saignements ou une douleur projetée à l’épaule15. Il faut soupçonner un avortement septique en présence de fièvre, d’augmentation de la numération leucocytaire, de douleurs pelviennes, de sensibilité utérine ou d’écoulement purulent. Une fausse couche précoce silencieuse peut également être asymptomatique.

Les crampes ou la douleur peuvent être normales durant la grossesse. Près de 85 % des grossesses s’accompagnent de douleurs abdominales au cours des 7 premières semaines de gestation15. Des saignements vaginaux ont lieu au cours du premier trimestre dans 25 % de toutes les grossesses ayant une issue normale16. Selon les études, le risque de fausse couche précoce est 5 fois plus élevé chez les personnes qui présentent des crampes et des saignements (rapport de risque [RR] 5,03 intervalle de confiance de 95 % [IC] 2,07–12,20), comparativement à celles qui n’ont que des crampes15.

Comment diagnostique-t-on la fausse couche précoce?

La figure 1 résume les étapes qui permettent de distinguer un saignement en début de grossesse, ou la douleur liée à la fausse couche précoce, des autres causes. Il faut toujours procéder à une anamnèse détaillée et à un examen physique pour extraire tout caillot cervical ou vaginal afin de réduire le saignement et faciliter l’examen du col. Les premières analyses incluent une formule sanguine complète et la détermination du groupe sanguin, du facteur Rh et des taux de β-hCG. Les taux sériques de β-hCG confirment la grossesse et une valeur de référence peut être établie à des fins de comparaison avec les taux précédents ou subséquents. Toute instabilité hémodynamique doit être prise en charge et rapidement orientée vers l’équipe de gynécologie1. Après stabilisation, on procédera à une échographie, préférablement transvaginale.

Figure 1 :

Figure 1 :

Diagnostic de fausse couche précoce (FCP). *Si on y a accès, on privilégiera le dosage de la gonadotrophine chorionique β humaine (β-hCG), faute de quoi, une mesure qualitative ou urinaire de la β-hCG peut être utile. †Il faut offrir une prise en charge empreinte d’empathie, centrée sur la patientèle, et suggérer des ressources communautaires. ‡Le rapport β-hCG initiale : contrôle permet de stratifier le risque de grossesse ectopique et déterminera à quel moment effectuer d’autres échographies, si nécessaire. Voir l’onglet Related Content pour une version accessible. Remarque : FSC = formule sanguine complète, PoCUS = point-of-care ultrasonography (échographie portable).

Dans près de 10 % des cas qui présentent des symptômes de fausse couche précoce au cours du premier trimestre, on observe un taux élevé de β-hCG sérique sans localisation du fœtus à l’échographie initiale, on parle alors d’une grossesse de localisation inconnue17. Il peut s’agir d’une grossesse intra-utérine (viable ou non), d’une grossesse en cours de résolution de localisation inconnue (dont la localisation du fœtus n’a jamais été établie) ou d’une grossesse persistante de localisation inconnue du fœtus, qui doit faire l’objet d’un suivi jusqu’à ce que l’on puisse écarter un diagnostic de grossesse ectopique. L’incidence de la grossesse de localisation inconnue du fœtus est d’environ 15 % des gestations soumises à une échographie transvaginale de routine tôt au cours du premier trimestre17. En présence d’une grossesse de localisation inconnue du fœtus et de symptômes de fausse couche précoce, le risque de grossesse ectopique s’élève à 8 %–14 % et une intervention médicamenteuse ou chirurgicale empirique serait inappropriée sans un examen plus approfondi18.

Chez les personnes hémodynamiquement stables, on revérifiera la β-hCG sérique après 48 heures. Le rapport taux de β-hCG initial : contrôle permet de stratifier le risque de grossesse ectopique17. Un rapport supérieur à 1,63 oriente vers une grossesse intra-utérine et il faut alors répéter l’échographie transvaginale 1 semaine plus tard. Un rapport inférieur à 0,5 indique un échec de la grossesse qui s’éliminera naturellement; une seconde échographie serait inutile dans ce cas. Les rapports entre 0,5 et 1,63 indiquent une grossesse ectopique et requièrent un suivi étroit, la reprise de l’échographie et du dosage de la β-hCG 48 heures plus tard et une consultation en gynécologie17. D’autres outils de stratification du risque tels que le Modèle de régression M6 sont utiles, mais ne sont pas largement utilisés au Canada18. La prise en charge non interventionniste des grossesses de localisation inconnue du fœtus est généralement sécuritaire si le risque de grossesse ectopique est faible, mais un suivi étroit par une équipe médicale est crucial jusqu’à ce que le taux de β-hCG devienne indétectable.

Comment se fait la prise en charge de la fausse couche précoce?

La prise en charge des personnes qui subissent une fausse couche précoce peut être non interventionniste, médicamenteuse ou chirurgicale; les soins doivent être personnalisés et dispensés après une prise de décision partagée et un consentement éclairé. En cas d’instabilité hémodynamique ou d’avortement septique présumé, une prise en charge chirurgicale est indiquée. Pour les cas hémodynamiquement stables, sans signe d’infection, on fournira des renseignements qui faciliteront une prise de décision fondée sur les préférences individuelles. Les personnes qui choisissent une prise en charge non interventionniste ou médicamenteuse doivent savoir qu’une intervention chirurgicale demeure possible si le plan de prise en charge initial échoue.

La prise en charge d’une grossesse ectopique confirmée excède le cadre de la présente revue. Si l’échographie révèle une grossesse non viable, il faut offrir un choix de prise en charge non interventionniste, médicamenteuse ou chirurgicale (annexe 1, tableau supplémentaire 1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.231489/tab-related-content).

Il faut toujours offrir à la personne la possibilité de se faire accompagner durant l’examen, lui expliquer à quoi elle peut s’attendre durant et après la prise en charge et aborder la question du deuil (figure 2 et tableau 2). Les personnes qui souhaitent concevoir de nouveau peuvent le faire lorsqu’elles s’y sentent prêtes émotionnellement et uniquement après leurs premières règles suivant la fausse couche précoce.

Figure 2 :

Figure 2 :

Annonce du diagnostic présumé ou avéré de fausse couche précoce. Voir l’onglet Related Content pour une version accessible. Adapté du Provincial Council for Maternal and Child Health (www.pcmch.on.ca).

Tableau 2 :

Ressources à l’intention de la patientèle lors d’une fausse couche précoce

Ressource Site Web
PregnancyEd www.pregnancyed.com
Royal College of Obstetricians and Gynecologists, feuillet d’information sur la fausse couche www.rcog.org.uk/for-the-public/browse-our-patient-information/early-miscarriage-patient-information-leaflet/
Provincial Council for Maternal and Child Health, liste des ressources sur la fausse couche à l’intention des familles et des professionnels de la santé www.pcmch.on.ca/wp-content/uploads/2022/02/PCMCH-Early-Pregnancy-Loss-G-List-of-Pregnancy-Loss-Resources-for-Families-and-Healthcare-Providers_Updated.pdf
Women’s Health Education Made Simple www.whemscanada.org

Selon le cas, on dirigera les personnes qui subissent une fausse couche précoce vers une clinique d’évaluation du premier trimestre de grossesse (EPAC, pour « early pregnancy assessment clinic »), dotée d’équipes formées pour prodiguer des soins globaux avec empathie19. Ces cliniques peuvent procéder rapidement à l’évaluation, au diagnostic et à la prise en charge, y compris la coordination de la dilatation et du curetage s’ils sont indiqués ou choisis2022.

Prise en charge non interventionniste

La prise en charge non interventionniste est jugée sécuritaire dans les cas de grossesse intra-utérine avérés et de fausse couche précoce qui sont stables sur le plan médical, qui ne présentent aucune infection pelvienne active ni anémie grave ou trouble de la coagulation, en l’absence d’hémorragie utérine active. Il faut informer les personnes qui choisissent une prise en charge non interventionniste de consulter en cas de saignement excessif, de syncope, de douleur intense ou de fièvre.

Dans jusqu’à la moitié de tous les cas de fausse couche précoce, les produits de conception seront entièrement expulsés spontanément au cours de la semaine qui suit la fausse couche sans intervention médicamenteuse ou chirurgicale, particulièrement en présence de saignements et de crampes23,24. Selon une étude observationnelle de 2002, près de 80 % des personnes ayant subi une fausse couche incomplète ont expulsé le reste des produits de conception au cours des 14 jours suivants, et 91 % au cours des 46 jours suivants23. C’est une information qu’il faut transmettre aux personnes concernées en leur rappelant qu’elles peuvent passer à une prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale au moment de leur choix ou si cela est indiqué pour des motifs médicaux. Une revue Cochrane de 2017 qui comparait la prise en charge non interventionniste et un traitement médicamenteux au misoprostol par voie vaginale n’a révélé aucune différence quant au nombre de transfusions sanguines requises (RR 3,07, IC de 95 % 0,13–74,28), aux infections pelviennes (RR 2,81, IC de 95 % 0,77–10,33) ou au recours à des analgésiques (RR moyen 1,12, IC de 95 % 0,67–1,88)25.

Les options pour la gestion de la douleur incluent l’acétaminophène et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) avec une ordonnance de courte durée d’opioïdes au besoin. On peut prévoir des consultations de suivi en personne ou en mode virtuel tous les 7–14 jours pour confirmer l’expulsion de tous les produits de conception en fonction de l’évolution clinique et de la résolution des saignements17,26. On peut recourir à l’échographie pour documenter l’absence de sac gestationnel, quoique ce ne soit pas indiqué habituellement, car l’évolution clinique peut en soi confirmer la résolution26. La prise en charge non interventionniste est considérée comme sécuritaire jusqu’à 8 semaines après confirmation de la fausse couche précoce dans la mesure où la personne reste bien sur le plan clinique, sans saignements, anémie ou signes d’infection persistante27.

Prise en charge médicamenteuse

La prise en charge médicamenteuse permet d’éliminer complètement les produits de conception plus rapidement que la prise en charge non interventionniste et devrait être offerte à toutes les personnes stables sur le plan hémodynamique dont la grossesse intra-utérine avérée se termine en fausse couche précoce2830. Ses avantages incluent son caractère non effractif et la capacité de se l’administrer à la maison.

Le traitement repose sur le misoprostol par voie orale, un analogue des prostaglandines, seul ou en association avec un prétraitement par mifépristone par voie orale, un modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone. Le misoprostol induit les contractions utérines, tandis que la mifépristone bloque la progestérone, entraînant une perturbation de l’endomètre et l’avortement31. Les contre-indications absolues à une prise en charge médicamenteuse par misoprostol et mifépristone incluent la présence d’un dispositif intra-utérin s’il ne peut pas être retiré, la prise d’anticoagulants (à part l’acide acétylsalicylique), les troubles de la coagulation, les porphyries héréditaires, les symptômes infectieux, l’insuffisance surrénalienne, une grossesse ectopique avérée ou présumée, des antécédents de réactions allergiques à la mifépristone ou au misoprostol et l’utilisation prolongée de corticostéroïdes. Les contre-indications relatives incluent une hémoglobine basse (< 95 g/L) et l’incapacité d’avoir un suivi dans la communauté ou au service des urgences32.

Utilisés en association par voie orale, la mifépristone (200 mg) et le misoprostol (800 mg, 24–48 h après la prise de la mifépristone) sont considérés comme un traitement de première intention pour la prise en charge médicamenteuse de la fausse couche précoce, les résultats étant meilleurs qu’avec le misoprostol seul30,31. Dans un essai randomisé et contrôlé, 23,5 % (IC de 95 % 16,9 %–31,1 %) des personnes participant au groupe recevant le misoprostol seul ont eu besoin d’une intervention chirurgicale ultérieure par aspiration 1 mois après le début du traitement médicamenteux, contre 8,8 % (IC de 95 % 4,8 %–14,6 %) des personnes qui avaient reçu la mifépristone et le misoprostol en association29. Un autre essai randomisé et contrôlé publié en 2020, regroupant 771 personnes en situation d’avortement silencieux a révélé que 25 % du groupe sous placebo associé au misoprostol ont eu besoin d’une intervention chirurgicale, contre 17 % du groupe soumis à la mifépristone associée au misoprostol31.

Dans le cas des avortements incomplets, une ligne directrice du National Institute for Health and Care Excellence (Institut national pour l’excellence en matière de soins de santé) du Royaume-Uni recommande le misoprostol (1 dose de 600 μg) en monothérapie33. Les effets indésirables incluent : douleurs, diarrhée, nausées, vomissements, fièvre de bas bruit, frissons, saignement excessif et échec rendant nécessaire une intervention chirurgicale34,35. La mifépristone ne confère aucun autre avantage si le sac gestationnel a été expulsé.

La ligne directrice du American College of Obstetricians and Gynecologists (Collège américain des obstétriciens et gynécologues) recommande d’administrer 1 dose de misoprostol par voie vaginale (800 μg) si la mifépristone n’est pas accessible1. En l’absence de réponse, une deuxième dose peut être administrée dans les 7 jours suivants1. Un essai randomisé et contrôlé de 200536 a révélé que 71 % des personnes ayant subi une fausse couche au cours du premier trimestre (c.-à-d., grossesse anembryonnaire, mort embryonnaire ou fœtale ou avortement spontané incomplet ou inévitable) avaient complètement expulsé les produits de conception en l’espace de 3 jours avec 1 dose de misoprostol (800 μg). Avec une seconde dose de 800 μg, ce taux atteignait 84 %.

Comme avec la prise en charge non interventionniste, il faut offrir des options d’analgésie au moyen d’acétaminophène, d’AINS et d’une ordonnance de courte durée d’opioïdes. Il faut informer les personnes concernées d’un risque de saignements abondants et de crampes qui débutent habituellement quelques heures après la prise du misoprostol et qui durent de 3–5 heures28. Une discussion devrait aussi porter sur la possibilité d’observer la présence des produits de conception, surtout lors de gestations de plus de 9 semaines. Les personnes doivent alors retourner au service des urgences en cas de saignements excessifs (saturation de 2 serviettes hygiéniques par heure pendant 2 heures consécutives1), de présyncope, de syncope ou de douleur abdominale intense. Un saignement plus léger peut ensuite durer en moyenne de 9–16 jours28. Un suivi en mode virtuel ou en personne peut être effectué après 10–14 jours26. Il faut confirmer par échographie l’expulsion des produits de conception et la résolution des saignements1. Là où l’échographie n’est pas disponible, le dosage de la β-hCG sérique ou urinaire peut être employé comme solution de rechange1. Si les symptômes de saignements et de crampes persistent, d’autres dosages de la β-hCG sérique et des échographies de contrôle pourraient être nécessaires afin de confirmer que l’avortement est complet.

Malgré son ajout à la Liste modèle des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)37, la mifépristone n’est pas disponible partout en tout temps38. Les pharmacies n’ont pas toujours la possibilité de stocker et de servir la mifépristone en raison notamment de son coût, des dates de péremption, du nombre relativement peu élevé d’ordonnances et du manque de formation (même si Santé Canada n’exige de formation ni pour les médecins prescripteurs ni pour les pharmaciens); de plus, la mifépristone en tant qu’agent abortif est encore considérée comme hors indication38,39.

Prise en charge chirurgicale

La prise en charge chirurgicale est celle qui requiert le moins d’interactions avec le système de santé. Il s’agit du traitement de première intention en présence d’instabilité hémodynamique, d’un taux d’hémoglobine bas (< 95 g/dL) ou d’une baisse de l’hémoglobine de 20 g/dL. C’est également le traitement standard lorsqu’on soupçonne une grossesse môlaire, ou en présence d’un dispositif intra-utérin qui ne peut être retiré ou de signes d’infection1,40. Les risques rares de la prise en charge chirurgicale incluent : lacération du col (1,03 %)41 et pelvipéritonite (1,5 %–5,3 %)42.

La dilatation-aspiration donne de meilleurs résultats que le curetage43. Une revue Cochrane sur les interventions chirurgicales pour la prise en charge des avortements incomplets a fait état d’un taux de complications moindre avec la dilatationaspiration pour ce qui est des perforations utérines (RR 0,32, IC de 95 % 0,01 à 7,76), des pertes sanguines ( différence moyenne −17,10 mL, IC de 95 % −24,05 mL à −10,15 mL) et de la douleur (RR 0,74, IC de 95 % 0,61 à 0,90), comparativement au curetage seul43. Quoique rarement, le curetage a donné lieu à la formation de tissu cicatriciel dans l’endomètre43,44. Contrairement au curetage, l’aspiration peut être effectuée sous bloc paracervical; elle offre une meilleure maîtrise de la douleur, donne lieu à moins d’effets indésirables que la sédation consciente et est utile dans un contexte où on ne peut appliquer la surveillance requise pour la sédation consciente45. L’intervention peut être effectuée en cabinet médical par des équipes expérimentées (c.-à-d., EPAC) plutôt qu’au bloc opératoire, ce qui réduit les temps d’attente45.

Administration d’immunoglobuline anti-D

La fausse couche précoce est un facteur de risque à l’égard de l’allo-immunisation Rh chez les personnes enceintes RhD négatives si le groupe sanguin du fœtus est RhD positif46. L’exposition des érythrocytes RhD négatifs maternels à ceux d’un fœtus RhD positif peut entraîner la production d’anticorps immunoglobulines G (IgG) maternels. Lors de grossesses subséquentes, ces derniers peuvent franchir la barrière placentaire et se lier aux érythrocytes RhD positifs fœtaux, causant la maladie hémolytique du fœtus ou du nouveau-né dont les conséquences peuvent être l’anémie, l’ictère avec un risque élevé de kernictère et l’anasarque fœto-placentaire. L’administration d’immunoglobuline RhD, selon le cas, permet de prévenir ces complications. La ligne directrice canadienne sur la prévention de l’allo-immunisation RhD a récemment été mise à jour (encadré 2).

Encadré 2 :

Prévention de l’allo-immunisation Rh chez la patientèle Rh négative qui subissent une fausse couche précoce47
  • Il faut déterminer le groupe sanguin et le Rh chez toutes les personnes enceintes.

  • Quiconque présente des variantes telles que « D faible » ou « D partiel » n’est pas exposé à un risque d’allo-immunisation et n’a pas besoin d’un traitement préventif.

  • Patientèle RhD négative :

    • Gestation < 8 semaines : aucune prophylaxie (IgRh) requise

    • Gestation ≥ 8 et < 12 semaines : recours facultatif aux IgRh (120 μg ou 300 μg, IM ou IV)

    • Gestation de 12 semaines : IgRh (300 μg, IM ou IV)

    • Si la grossesse se poursuit, maintenir la prophylaxie antepartum de routine

Remarque : IgRh = immunoglobuline Rh, IM = intramusculaire, IV = intraveineux.

Quelles sont les répercussions de la fausse couche précoce sur les personnes et leurs familles?

La fausse couche précoce peut avoir de graves répercussions sur le plan émotionnel et psychologique; c’est un deuil qui peut être associé à de la culpabilité, à la dépression, à l’anxiété ou à d’autres réactions, tant chez les personnes concernées que chez leurs proches26,27. Parfois, les symptômes persistent toute une année après la fausse couche et ressurgissent lors des grossesses subséquentes48. Le deuil peut être exacerbé si le réseau social fait défaut4951. Les partenaires qui éprouvent le même genre de sentiments ne reçoivent pas autant d’attention52. Les personnes de la communauté 2ELGBTQ+ font souvent l’objet de stigmatisation et de discrimination après un tel événement et peuvent éprouver un sentiment de honte exacerbé53.

Une étude qualitative de type phénoménologique regroupant des personnes qui subissent une fausse couche précoce a mis au jour des situations où l’opinion médicale sur la fausse couche précoce en tant que problème fréquent et facilement gérable se heurte au fardeau psychologique qu’elle représente pour les personnes concernées. Ces dernières ont déclaré s’être senties bousculées au moment de choisir un traitement et ont déploré un certain manque d’écoute de la part de l’équipe soignante lorsque la fausse couche se produisait en début de grossesse54. La figure 2 et le tableau 2 décrivent respectivement les principes de communication centrée sur la patientèle lors d’une fausse couche précoce présumée ou confirmée au service des urgences et suggèrent des ressources à l’intention de la patientèle.

Des recherches menées en Ontario et en Colombie-Britannique ont montré que les EPAC peuvent améliorer l’expérience de la patientèle et les résultats cliniques, réduire le nombre d’examens réalisés dans les services d’urgence et contribuer à la satisfaction de la patientèle21,22. Parmi les stratégies qui rendraient les EPAC plus accessibles, mentionnons la formation d’un plus grand nombre d’infirmières et d’infirmiers et de médecins généralistes pour la prise en charge de la fausse couche précoce et l’autorisation pour la patientèle à haut risque d’accéder directement aux EPAC55,56.

Conclusion

La fausse couche précoce est un tableau clinique fréquent en soins primaires et dans les services d’urgence. Pour que la patientèle puisse faire un choix éclairé, il faut lui expliquer les avantages et les contre-indications des divers types de prise en charge (non interventionniste, médicamenteuse ou chirurgicale). Même si l’évaluation et la prise en charge visent à prévenir la morbidité et la mortalité, elles doivent aussi tenir compte des graves répercussions psychologiques de la fausse couche précoce et ne pas sous-estimer le rôle crucial du soutien émotionnel lors de l’examen, de la prise en charge et du suivi.

Supplementary Information

Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.231489 ; voir l’éditorial connexe ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.241402-f

Footnotes

Intérêts concurrents : Vrati Mehra est viceprésidente de l’organisme Women’s Health Education Made Simple, programme de littératie médicale à l’intention des femmes. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.

Cet article a été commandé et a été revu par des pairs.

Collaboratrices : Les autrices ont contribué à l’élaboration et à la conception de l’étude ainsi qu’à l’ébauche du manuscrit, ont révisé de façon critique son contenu intellectuel important, ont donné leur approbation finale pour la version destinée à être publiée et assument l’entière responsabilité de tous les aspects du travail.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne

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