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. 2025 Apr 7;197(13):E364–E365. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.241258-f

Infections des voies urinaires après la ménopause

Erin A Brennand 1,✉, Jayna Holroyd-Leduc 1
PMCID: PMC11991846  PMID: 40194817

La prévalence des infections des voies urinaires (IVU) augmente après la ménopause

La baisse des taux d’œstrogènes influe sur l’immunité de la muqueuse urogénitale, car elle s’accompagne d’une réduction des peptides antimicrobiens et des immunoglobulines A dans les tissus muqueux, d’un dysfonctionnement des macrophages et des cellules dendritiques, d’un amincissement de la barrière muqueuse urinaire et de modifications du microbiote normal qui, ensemble, contribuent à une sensibilité accrue aux IVU1,2.

Le diagnostic d’IVU chez une personne ménopausée repose sur les symptômes et les résultats des cultures

On nomme « bactériurie asymptomatique » des résultats de cultures positifs non accompagnés de dysurie, d’urgence urinaire, de douleur ou de fièvre. Fréquente chez les personnes ménopausées, elle ne requiert pas de traitement. En l’absence de résultats positifs de culture, une pollakiurie ou une dysurie pourrait indiquer un syndrome génito-urinaire de la ménopause, qui touche jusqu’à 84 % de cette population. Chez les personnes âgées, on ne peut présumer que des symptômes de délire ou de léthargie accompagnés de résultats de cultures positifs sont indicateurs d’une IVU en l’absence de symptômes urinaires ou de signes généralisés d’infection; une évaluation plus poussée s’impose2,3.

Le traitement doit en général reposer sur une antibiothérapie à spectre étroit de courte durée

La nitrofurantoïne (à libération immédiate, 50 mg 4 fois par jour, ou à libération prolongée, 100 mg 2 fois par jour) pendant 5 jours est le traitement de première intention pour une IVU non compliquée; l’association triméthoprime–sulfaméthoxazole (800 mg/160 mg 2 fois par jour) pendant 3 jours ou 1 dose (3 g) de fosfomycine sont des solutions de rechange. Des contrôles bactériologiques ou une surveillance périodique de routine au moyen de cultures d’urine ne sont pas indiqués, mais il faut procéder à une analyse et culture d’urine lors de chaque épisode symptomatique4.

Diverses stratégies pharmacologiques sont utiles en prévention des récurrences d’IVU

Les œstrogènes par voie vaginale réduisent les récurrences d’IVU en améliorant l’épaisseur de la muqueuse, la fonction immunitaire et la flore vaginale; ils sont donc à recommander. L’administration quotidienne d’antibiotiques à faible dose réduit la fréquence des IVU, mais ce bienfait doit tenir compte du risque d’effets indésirables. Une prophylaxie en 1 seule dose (nitrofurantoïne à 100 mg, triméthoprime–sulfaméthoxazole à 800 mg/160 mg ou céfalexine à 250 mg) est appropriée pour les IVU postcoïtales. L’hippurate de méthénamine (1 g 2 fois par jour), métabolisé en formaldéhyde dans le rein, n’est pas inférieur aux antibiotiques quotidiens2,4. Ces stratégies devraient être mises à l’essai pendant 3–12 mois; le maintien de l’antibiothérapie pendant plus de 1 an ne repose sur aucune donnée probante.

On manque de données probantes solides au sujet des produits en vente libre et des modalités comportementales pour la prévention des IVU

Les produits dérivés de la canneberge pour acidifier l’urine, les probiotiques et la D-mannose, un sucre naturel qui se lie à Escherichia coli, ont donné des résultats mitigés2,4. Les recommandations d’uriner souvent, de s’essuyer de l’avant vers l’arrière ou de porter des sous-vêtements de coton ne procurent probablement aucun bienfait2,5.

Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à https://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.

Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.241258

Footnotes

Intérêts concurrents : Erin Brennand signale avoir reçu des subventions des Instituts de recherche en santé du Canada, du Conseil de recherches en sciences humaines, de la Calgary Health Foundation et de la MSI Foundation (toutes versées à son établissement), indépendamment des travaux soumis, de même que des honoraires pour une présentation lors d’un congrès de la DA Boyes Society organisée par le Département d’obstétrique et de gynécologie de la University of British Columbia. La Dre Brennand mentionne aussi occuper un poste salarié de responsable du Département d’obstétrique et de gynécologie de la zone Calgary de l’Alberta Health Services. Jayna Holroyd-Leduc signale occuper un poste salarié de cheffe du Département de médecine de la University of Calgary et de responsable clinique du Département de médecine interne de la zone Calgary de l’Alberta Health Services. La Dre Holroyd-Leduc est détentrice de la chaire de recherche en médecine gériatrique de la Brenda Strafford Foundation, en plus d’être la professeure responsable du Brenda Strafford Centre on Aging, University of Calgary.

Cet article a été révisé par des pairs.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne

Références

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