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. 2020 Apr 4;31(611):18–19. [Article in French] doi: 10.1016/S0992-5945(20)30056-8

Infections respiratoires du sujet âgé : pneumonies virales et à germes intracellulaires

Chantal Bertholom 1
PMCID: PMC7270646

Les pneumonies sont la première cause d’hospitalisation et de décès en milieu gériatrique (100 fois plus de pneumonies chez le sujet âgé que chez le sujet jeune et mortalité d’environ 25 % chez les sujets de plus de 80 ans).

L’incidence des pneumonies augmente significativement avec l’âge. Cette augmentation de l’incidence est liée au vieillissement de l’appareil respiratoire (diminution de l’élasticité pariétale, perte de l’élasticité des petites voies aériennes, altération de la production de mucus et de la motricité ciliaire), à la diminution de l’acidité gastrique par atrophie gastrique, à la détérioration du système immunitaire (atteinte de la fonction des polynucléaires neutrophiles et des lymphocytes et atteinte de l’immunité humorale) et à l’existence de fréquentes comorbidités (maladies touchant le système respiratoire comme les BPCO ou le carrefour aérodigestif, dénutrition, polymédication altérant la vigilance).

Le risque infectieux est particulièrement élevé chez les patients âgés vivant en institution avec une incidence des infections des voies respiratoires basses multipliée par dix et des infections à pneumocoque multipliée par trois.

Le diagnostic des pneumopathies est difficile chez le sujet âgé, les symptômes spécifiques étant souvent moins présents (tableau 1).

Tableau 1.

Prévalence des symptômes (en %) chez les patients atteints de pneumonie de plus et moins de 80 ans (1 169 cas).

Symptômes Sujets de moins de 80 ans Sujets de plus de 80 ans
Douleurs pleurales 47 37
Céphalées 21 7
Myalgies 23 8
Absence de fièvre 32 22
Ronchi et crépitants 84 77

D’après [1].

Épidémiologie des pneumopathies

Concernant les pneumonies communautaire, ce sont les virus qui sont le plus souvent responsables, le pneumocoque étant toujours pour les pneumonies bactériennes l’espèce la plus souvent en cause.

Les techniques de PCR multiplex ont apporté un gain important pour le diagnostic microbiologique, mettant en évidence la large prédominance des virus par rapport aux bactéries, des co-infections virus/bactéries pouvant être observées.

Les étiologies des pneumonies ne sont toutefois retrouvées que dans 38 % des cas (figure 1 , tableau 2).

Figure 1.

Figure 1

Épidémiologie des pneumopathies communautaires.

© J-P. LANNOIS

Tableau 2.

Différentes étiologies des pneumonies communautaires.

Étiologies bactériennes Étiologies virales
S. pneumoniae
H. influenzae
M. pneumoniae
M. catarrhalis
L. pneumophila
S. aureus
• Influenza virus
• Rhinovirus
• VRS
• Parainfluenza virus
• Human metapneumovirus
• Coronavirus
• Adénovirus
Co-infections virus / bactéries
• Influenza virus-S. pneumoniae
• Rhinovirus-S. pneumoniae
• Influenza virus-H. influenzae
• Rhinovirus-H. influenzae

Chez les sujets de plus de 80 ans, les pathogènes le plus souvent en cause sont les rhinovirus (incidence 14/10 000) puis les virus de la grippe (9/10 000) et enfin les pneumocoques (figure 2) .

Figure 2.

Figure 2

Incidence des différentes étiologies des pneumopathies chez les sujets de plus de 80 ans.

© J-P. LANNOIS

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© AUREMAR / STOCK.ADOBE.COM

Les particularités des infections respiratoires virales, par rapport aux infections bactériennes, sont la brièveté de leur incuba-tion (1 à 4 jours pour la grippe) et leur infectiosité prolongée qui a un impact important pour la transmission, notamment pour les personnes institutionnalisées.

Le principal risque des infections respiratoires virales chez le sujet âgé est constitué par les complications pouvant survenir soit des décompensations de comorbidités (respiratoires, complications cardio-vasculaires), soit des surinfections bactériennes (pneumocoque, H. influenzae, S. aureus).

Concernant les germes intracellulaires, ils sont beaucoup moins souvent en cause que les germes extracellulaires, comme S. pneumoniae ou H. influenzae.

  • Les pneumopathies à Mycoplasma pneumoniae sont rarissimes chez le sujet âgé et concernent essentiellement les adultes jeunes (moins de 40 ans). Le diagnostic repose sur la sérologie et les techniques de PCR.

  • Les pneumopathies à L. pneumophila sont rares mais l’âge étant un facteur favorisant il faut y penser lors des formes sévères chez le sujet âgé.

    L’examen de référence pour le diagnostic des pneumopathies à Legionella est la recherche de l’antigénurie, cette technique ne permettant toutefois de détecter que L. pneumophila de sérotype 1. La mise en culture des prélèvements reste indispensable.

  • Le rôle de Chlamydia pneumoniae dans les pneumopathies chez le sujet âgé est discuté et de toute façon peu important.

Le diagnostic repose sur la détection du génome de C. pneumoniae par PCR multiplex car le diagnostic sérologique n’a plus d’indication (séroprévalence de la population trop importante).

Conclusion

Le diagnostic des pneumopathies chez le sujet âgé est difficile du fait de la présentation clinique souvent atypique.

La prévention des infections respiratoires chez le sujet âgé est importante.

Elle repose sur la prise en charge des facteurs de risque individuels et la détection et prise en charge des épidémies pour les patients institutionnalisés (détecter les premiers cas par des tests de diagnostic rapide, port des masques, éviter les regroupements dans les lieux communs de repas et d’activité) et, bien entendu, sur la vaccination antigrippale.

Déclaration d’intérêt : l’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

source

D’après une communication de J-P. Lannois, Amiens.

10e Journée du groupe infectio-gériatrie (SPILF/SFGG), 11 décembre 2019, Paris, France.

Référence

  • 1.Fernandez-Sabé N, Carratalà J, Rosón B. Community-acquired pneumonia in very elderly patients: causative organisms, clinical characteristics, and outcomes. Medicine (Baltimore) 2003;82(3):159–169. doi: 10.1097/01.md.0000076005.64510.87. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12792302. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]

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