Abstract
Le syndrome de l’œil sec est un trouble multifactoriel. D’apparence bénigne, il peut entraîner de graves dégradations de la structure oculaire, qui altèrent la vision et la qualité de vie des patients. Cette maladie, qui fait partie des plus fréquentes en ophtalmologie, a connu une forte progression avec la généralisation du port du masque pendant la pandémie de Covid-19.
Mots clés: Covid-19, film lacrymal, masque, œil sec, sécheresse oculaire
Abstract
Dry eye syndrome is a multifactorial disorder. Although it appears to be benign, it can lead to serious damage to the ocular structure, which alters the vision and quality of life of patients. This disease, which is among the most common in ophthalmology, has increased significantly with the widespread use of masks during the Covid-19 pandemic.
Keywords: Covid-19, dry eye, masktear film
Le syndrome de l’œil sec, ou sécheresse oculaire, représente environ 25 % des motifs des consultations en ophtalmologie [1]. Il s’agit aussi d’une pathologie de plus en plus fréquemment prise en charge à l’officine.
Les grandes études épidémiologiques rapportent une prévalence de 15 % chez l’adulte de 50 à 95 ans et montrent que le risque est supérieur chez les femmes (surtout après la ménopause) et chez les seniors, mais aussi chez les fumeurs [2]. L’environnement visuel est également impliqué. L’utilisation massive des écrans d’ordinateur et de smartphone entraînerait une réduction de 30 à 50 % de la fréquence et de l’amplitude des clignements par rapport au niveau de base ; ces microtraumatismes répétés sont associés à un risque accru de sécheresse oculaire, notamment chez les plus jeunes [3], [4]. On s’attend ainsi à ce que la prévalence de cette pathologie augmente de plus en plus durant les quarante prochaines années [2]. Le syndrome de l’œil sec présenterait également un caractère saisonnier puisqu’il serait aggravé par les fortes températures, la sécheresse atmosphérique et la saison pollinique [5]. En outre, le port du masque imposé par la pandémie de Covid-19 a favorisé l’augmentation de ce trouble.
Même si la prévalence de ce syndrome paraît relativement importante, il est très probable que les chiffres soient sous-estimés, soit parce que les patients ne reconnaissent pas les symptômes, soit parce qu’ils n’en parlent pas à un professionnel de santé [2]. L’équipe officinale doit être à même de repérer, de conseiller et, si besoin, d’orienter le patient vers un ophtalmologiste.
Trouble du film lacrymal
Quelle que soit son étiologie, la sécheresse oculaire est toujours due à un problème en lien avec le film lacrymal dont la production ou l’évacuation sont perturbées ou dont la composition est altérée. Ce film se déchire alors en plusieurs endroits, provoquant une irritation de la cornée ou de la conjonctive, ce qui entraîne un larmoiement. Si ce dernier ne se produit pas, la cornée est endommagée.
Structure du film lacrymal
Trois couches composent le film lacrymal.
Une muqueuse interne, dont la composition permet l’ancrage du film lacrymal à la surface cornéenne, aplanit les irrégularités à ce niveau. À même la cornée et composée de mucus sécrété par des cellules spécifiques, elle recouvre l’œil et permet aux autres couches de former le film lacrymal.
Une couche intermédiaire aqueuse, composée d’eau, d’électrolytes, de protéines, d’enzymes et d’anticorps, approvisionne la cornée en oxygène et en nutriments, et la défend contre les infections.
Une couche lipidique externe, la plus superficielle, a pour principale fonction de lutter contre l’évaporation des larmes et d’assurer le glissement des paupières, ou clignement palpébral. Les lipides structurants sont surtout des phospholipides aux propriétés tensioactives, produits par les glandes de Meibomius situées à la base des cils.
Fonctions du film lacrymal
Le film lacrymal, dont l’épaisseur est de 34 à 45 micromètres, constitue une fine barrière protectrice devant la cornée. Il lutte contre le dessèchement, les infections et l’opacification.
Sa fonction est de nourrir la cornée non vascularisée, d’assurer sa lubrification, de la prémunir de l’irritation, de la sécheresse et des corps étrangers, et de jouer ainsi un rôle dans le pouvoir optique de l’œil en recouvrant les irrégularités minimes de l’épithélium cornéen ou des lentilles de contact.
À chaque battement de paupière, les larmes formées sont immédiatement balayées et étalées à la surface de l’œil. L’excès est conduit vers les méats lacrymaux, supérieur et inférieur, situés au coin de l’œil, à côté du nez. Ces méats sont reliés au sac lacrymal. De là, les larmes sont drainées par le canal lacrymonasal vers le cornet nasal inférieur, puis vers les fosses nasales, ce qui explique qu’un écoulement nasal soit associé aux pleurs. Les larmes peuvent être également produites par mécanisme réflexe aux stimuli psychogènes (émotions), irritatifs (odeurs, fumées) ou traumatiques. La formation réflexe de larmes apaise peu en cas de sécheresse oculaire.
La nutrition de la cornée et l’apport d’oxygène se réalisent grâce à des éléments dissous dans les larmes.
Parce qu’elles sont impliquées dans le lavage des substances allergisantes, toxiques ou irritantes et qu’elles ont un rôle immunitaire, les larmes occupent une place centrale dans le maintien d’une surface oculaire saine.
Physiopathologie
Le déséquilibre entre les apports (défaut de sécrétion) et les pertes (excès d’évaporation) du film lacrymal entraîne une réponse inflammatoire à la surface de l’œil à l’origine des symptômes de sécheresse oculaire. Si l’hyperosmolarité lacrymale est considérée comme centrale, on distingue deux grands types de mécanismes, souvent intriqués [6], [7].
L’hyposécrétion lacrymale, en lien avec une involution des glandes lacrymales, peut être expliquée par l’âge, des modifications hormonales ou être d’origine médicamenteuse (anticholinergiques, antidépresseurs, rétinoïdes, etc.). Il est alors question de sécheresse aqueuse (environ 15 % des cas).
L’instabilité lacrymale est liée à une hyperévaporation du film lipidique ou muqueux, ce qui explique qu’elle est désignée par le terme sécheresse évaporative. Elle peut être due à un dysfonctionnement des glandes sébacées de Meibomius qui assurent la qualité du film lacrymal (blépharite, rosacée, dermite séborrhéique), à une inflammation conjonctivale prolongée (allergie), aux conservateurs contenus dans les collyres (chlorure de benzalkonium), aux lentilles de contact, voire à la chirurgie réfractive ou de la cataracte.
Des yeux secs et rouges, qui brûlent et démangent, des paupières enflammées, une vision trouble et une sensation de corps étranger évoquent dans 50 % des cas une sécheresse évaporative, bien que les deux mécanismes (hyposécrétion et instabilité lacrymales) puissent parfois être impliqués (35 % des cas) [8].
Évolution et complications
La sévérité de la sécheresse oculaire est due au développement de complications, notamment au niveau de la cornée. Ainsi, en cas de déficience de la sécrétion lacrymale, une kératite peut apparaître, voire une kérato-conjonctivite sèche. Des lésions épithéliales (atteintes tissulaires de la surface de l’œil) sont alors facilement observables.
Symptomatologie
Les symptômes du syndrome de l’œil sec sont peu typiques et inconstants :
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sensation de sécheresse ou de grains de sable dans les yeux ;
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brûlures, démangeaisons, picotements, fatigue oculaire, vision trouble ;
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paupières collées le matin, sans écoulement purulent ;
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sensibilité à la lumière, yeux rouges et fatigués, douleurs oculaires ;
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larmoiements excessifs ;
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difficultés à supporter ses lentilles.
Tous ces signes sont autant d’indicateurs présageant l’installation d’une sécheresse oculaire lorsqu’ils évoluent depuis plus de deux ou trois mois.
Des troubles qui peuvent s’intensifier
L’intensification des troubles se manifeste par l’apparition d’une brûlure, qui se traduit par des yeux rouges, des difficultés à ouvrir les paupières le matin, une inflammation chronique de leurs bordures (blépharite), une augmentation de la teneur en sel du film lacrymal, des dommages au niveau de la cornée (ulcères, cicatrices) et une conjonctivite chronique.
Impact sur la qualité de vie et la fonction visuelle
Plusieurs facteurs déterminent le retentissement de la sécheresse oculaire sur la qualité de vie :
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le degré des sensations douloureuses et des symptômes irritatifs ;
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les conséquences sur la performance visuelle, souvent directement responsables de la difficulté à réaliser certaines activités quotidiennes (conduire une voiture, lire, travailler sur écran, etc.) ;
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le retentissement psychologique ;
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la nécessité d’instiller fréquemment des larmes artificielles, qui peut affecter les interactions sociales et professionnelles.
Une étude publiée en 2007 a montré que les patients atteints d’une sécheresse oculaire étaient près de trois fois plus susceptibles de rapporter des problèmes dans leur vie quotidienne que ceux qui n’étaient pas concernés [9]. Ils avaient notamment plus de difficultés pour lire, travailler, utiliser un ordinateur, regarder la télévision et conduire, de jour comme de nuit.
Une autre étude a montré que ce syndrome entraînait des douleurs physiques et diminuait la santé perçue, la vitalité et l’énergie [10]. Ces altérations étaient corrélées à son degré de sévérité. Elles pouvaient même, dans certains cas, provoquer des troubles psychiques, comme l’anxiété ou la dépression.
Facteurs déclenchants ou aggravants
Les causes de la sécheresse oculaire sont classées en deux grandes catégories selon qu’il s’agit de facteurs exogènes ou endogènes, telles une malformation congénitale des glandes lacrymales, une atteinte de l’innervation de ces mêmes glandes et une conjonctivite allergique (tableau 1 ) [1].
Tableau 1.
Facteurs déclenchants ou aggravants de la sécheresse oculaire [1].
| Types de facteurs | Facteurs | |
|---|---|---|
| Facteurs exogènes | Environnement | Courants d’air, gaz d’échappement, zones enfumées, air sec (chauffage, climatisation), chaleur, tabagisme |
| Lecture ou écriture sur écran | Travail sur un ordinateur pendant plus de sept heures par jour | |
| Port de lentilles de contact | Augmentation des symptômes d’irritation oculaire chez 50 à 75 % des porteurs de lentilles (cause de l’arrêt de leur utilisation dans 12 % des cas dans les cinq ans) | |
| Prise de certains médicaments | Anticholinergiques (antihistaminiques, antidépresseurs, etc.), isotrétinoïne, bêtabloquants, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, diurétiques, contraceptifs hormonaux, traitement hormonal substitutif à base d’estrogènes, benzodiazépines, décongestionnants nasaux, codéine, morphine, etc. | |
| Facteurs endogènes | Âge | La plupart des sujets souffrant de sécheresse oculaire ont plus de 65 ans |
| Ethnie | Symptômes sévères plus fréquents dans les populations hispaniques et asiatiques que chez les Caucasiens | |
| Ménopause, andropause | Baisse de la production de testostérone, qui humidifie les muqueuses des yeux et de la bouche | |
| Maladies chroniques | Rhumatisme, neurodermatite, diabète mal contrôlé, affection thyroïdienne non traitée ; syndrome de Sjögren surtout s’il est associé à une sécheresse buccale ; maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé) ; hépatite C | |
| Comorbidités et facteurs de risque ophtalmologiques | Dysfonction des glandes de Meibomius, allergie oculaire, kératoconjonctivite, anomalies palpébrales (entropion, ectropion), ptérygion (excroissance de la conjonctive due à une surexposition au soleil), déficit de la production de larmes |
Port du masque
Le port du masque favorise la sécheresse oculaire (encadré 1 ). En effet, en réduisant considérablement la diffusion de l’air vers l’extérieur, l’air expiré se disperse vers le haut du masque jusqu’à la surface de l’œil, entraînant une accélération de l’évaporation du film lacrymal. La buée qui se forme sur les lunettes témoigne de ce mécanisme.
Encadré 1. Port du masque et sécheresse oculaire, quelques conseils pratiques.
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Bien positionner le masque et bien le pincer sur le nez afin qu’il adhère à la peau et limite le passage de l’air.
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Se forcer à cligner des yeux dix fois pendant une minute de temps en temps.
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Limiter le temps passé devant les écrans ou dans les environnements climatisés sans faire de pause.
Les larmes sont plus instables et s’assèchent plus rapidement, l’œil est moins lubrifié, un inconfort se manifeste et les yeux deviennent rouges, piquent et démangent. La personne exprime parfois une sensibilité accrue à la lumière ou a la sensation d’avoir des grains de sable dans les yeux. Ce phénomène serait encore plus fréquemment observé chez les porteurs de lentilles de contact et les personnes qui travaillent sur ordinateur toute la journée.
Plusieurs enquêtes réalisées pendant le premier confinement, au printemps 2020, ont montré que le temps passé sur les écrans numériques avait fortement augmenté, jusqu’à dépasser dix heures par jour dans certains cas [11], [12]. Or, les écrans sollicitent fortement les yeux et font perdre le réflexe de clignement nécessaire pour hydrater la surface de la cornée, ce qui entretient la sécheresse dans un environnement déjà hostile. Le fait de ne pas sortir a également eu un impact important. L’air ambiant est souvent plus sec à l’intérieur qu’à l’extérieur, notamment en hiver quand le chauffage fonctionne. Cela entraîne un assèchement de la surface oculaire.
En outre, les efforts musculaires et les problèmes de posture provoqués par le travail prolongé sur ordinateur entraînent une fatigue visuelle et une sécheresse, les deux phénomènes étant très souvent intriqués [13].
Impact psychologique
La dimension psychologique est très importante à prendre en compte car de nombreux patients vivent dans l’angoisse de ne pas sortir de cette maladie et d’être menacés à terme d’une perte visuelle : plus de 50 % des personnes atteintes de sécheresse oculaire avouent avoir peur de la cécité, 80 % se sentent rejetées et 10 à 15 % sont profondément dépressives [14], [15].
Conclusion
Le syndrome de l’œil sec est une pathologie multifactorielle, favorisée par nos modes de vie contemporains, affectant les larmes et la surface oculaire. Son diagnostic est rendu difficile par une composante subjective. D’apparence bénigne, cette maladie peut entraîner de graves altérations de la structure oculaire. Le pharmacien tient une place importante dans sa prise en charge. Il est à même de dépister une éventuelle situation d’urgence, dans laquelle une consultation médicale s’impose.
Points à retenir.
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Le syndrome de l’œil sec, qui affecte la structure de l’œil, a un retentissement souvent important sur la vision et la qualité de vie.
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Ce syndrome touche principalement les personnes qui passent de nombreuses heures face aux écrans.
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Les symptômes sont atypiques et inconstants : inconfort, sensation de grains de sable, gêne visuelle, picotements, brûlures oculaires et larmoiement.
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La sécheresse oculaire est liée le plus souvent à un excès d’évaporation du film lipidique ou muqueux.
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Une photophobie, une baisse soudaine de l’acuité visuelle et l’apparition de douleurs sont des signes qui imposent d’orienter le patient vers un ophtalmologiste.
Déclaration de liens d’intérêts
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’utilisation massive des écrans entraînerait une réduction de 30 à 50 % de la fréquence et de l’amplitude des clignements, ce qui favorise un risque accru de sécheresse oculaire.
Le masque réduit la diffusion de l’air vers l’extérieur ; l’air expiré se disperse vers le haut jusqu’à la surface de l’œil, entraînant une accélération de l’évaporation du film lacrymal.
Références
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