L’incidence de la carence en vitamine B12 augmente avec l’âge
Ce problème de santé touche 5 % des adultes de plus de 60 ans1. La vitamine B12 est un cofacteur des enzymes impliquées dans la synthèse de l’ADN et est essentielle au maintien des fonctions normales de la moelle osseuse et du système nerveux central2. Son absorption dans l’iléon distal nécessite un facteur intrinsèque.
Les patients peuvent présenter des symptômes neuropsychiatriques ou des anomalies hématologiques
Parmi les symptômes fréquents, on compte de la fatigue et une pâleur, mais des atteintes cognitives, une dégénérescence combinée et subaiguë des cornes dorsales et latérales de la moelle épinière de même que des neuropathies périphériques peuvent aussi se manifester2. Les signes hématologiques comprennent la présence d’anémie macrocytaire, de neutrophiles hypersegmentés sur le frottis sanguin et une pancytopénie2. Les concentrations plasmatiques en vitamine B12 devraient être évaluées si une macrocytose est révélée.
Le diagnostic nécessite une concentration plasmatique en vitamine B12 inférieure à 148 pmol/L
Une carence minime, définie comme des concentrations plasmatiques comprises entre 148 et 221 pmol/L, est observée chez 20 % des patients de plus de 60 ans et mène rarement à des anomalies hématologiques1. On peut envisager le dépistage de la présence de niveaux d’acide méthylmalonique et d’homocystéine chez des patients dont la concentration plasmatique en vitamine B12 est équivoque, accompagnée de symptômes compatibles avec une carence2.
On devrait examiner avec attention les antécédents en matière de nutrition et de médication
Les causes fréquentes comprennent une gastrite auto-immune (qui entraîne une anémie pernicieuse), une alimentation à faible teneur en produits d’origine animale, des états de malabsorption (p. ex., à la suite d’une chirurgie gastro-intestinale) de même que certains médicaments, comme la metformine, les inhibiteurs de la pompe à protons et des antagonistes du récepteur de l’histamine-22,3.
On devrait traiter les patients présentant une carence en vitamine B12 documentée à l’aide de suppléments
Une dose quotidienne élevée (≥ 1000 μg) administrée par voie orale est aussi efficace qu’un supplément administré par voie intramusculaire4. On peut surveiller les doses de vitamine B12 par intervalle de 3–6 mois au cours du traitement; les anomalies hématologiques devraient se résorber en quelques semaines et les symptômes neuropsychiatriques, en quelques mois2. Une orientation urgente vers un spécialiste peut être envisagée pour les patients aux prises avec des séquelles graves causées par la carence (p. ex., une pancytopénie, des atteintes neurologiques). Si les causes réversibles sont résolues, on peut interrompre la supplémentation une fois que les concentrations en vitamine B12 sont normalisées; par contre, les patients présentant une carence dont les causes sont irréversibles doivent souvent poursuivre le traitement à vie. L’administration par voie parentérale de la vitamine B12 est souvent prescrite pour des affections non spécifiques sans signe de carence et dont l’état ne s’améliore pas, comme des dysfonctions cognitives et de la fatigue5,6. On devrait déconseiller cette pratique.
Voir la version anglaise de l’article ici: www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220306
Footnotes
Intérêts concurrents: Yulia Lin mentionne des subventions provenant de la Société canadienne du sang, des honoraires de consultation provenant de l’initiative Choisir avec soins et une participation au comité de surveillance de la sécurité des données de l’essai RAPID. Elle est présidente du Programme ONTraC des coordonnateurs en matière de transfusion. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Références
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