Un homme de 26 ans nous a consulté en clinique de dermatologie parce que depuis 3 mois, il présentait aux poils des 2 aisselles une substance floculante de couleur blanc-jaunâtre, accompagnée d’hypersudation. Le patient n’a mentionné ni odeur, ni démangeaison, ni douleur. Il était par ailleurs en bonne santé et ne prenait aucun médicament. À l’examen des 2 aisselles, nous avons constaté la présence d’une substance floculante blanchâtre qui engainait les tiges pilaires et y adhérait fortement (figure 1A). L’examen à la lampe de Wood a montré une faible fluorescence blanche (figure 1B) et la culture fongique s’est révélée négative. Compte tenu de l’aspect caractéristique à la lampe de Wood, nous avons posé un diagnostic de trichobactériose axillaire1. La culture bactérienne subséquente a confirmé une infection à Corynebacterium tenuis.
Figure 1 :
(A) Substance de couleur blanc-jaunâtre adhérant aux poils axillaires chez un homme de 26 ans atteint de trichobactériose axillaire. (B) Examen à la lampe de Wood montrant une faible fluorescence blanche.
La trichobactériose était autrefois attribuée à une infection fongique, d’où son ancien nom de trichomycose, mais il s’agit bien d’une infection superficielle de la tige pilaire causée par le genre Corynebacterium. La plupart des cas affectent les poils des aisselles, même si on peut parfois l’observer à la région pubienne et périanale. Les anomalies caractéristiques incluent des concrétions engainant la tige pilaire et, chez certaines personnes, la bromhidrose (odeur corporelle) ou la chromhidrose (transpiration colorée). Cette infection affecte le plus souvent les adultes de 20–50 ans, elle est plus prévalente chez les hommes et elle est associée à des facteurs tels que l’hyperhidrose localisée, l’obésité ou les zones humides. Sur le plan clinique, il faut la distinguer d’autres affections comme la pédiculose, la trichonodose ou la gaine coulissante péripilaire2. Des examens, par exemple, à la lampe de Wood, la dermoscopie et les cultures bactériennes peuvent aider à l’en distinguer; l’aspect typique à la lampe de Wood, soit une faible fluorescence blanche, en fait une méthode rapide et pratique pour arriver au diagnostic3. Les options thérapeutiques incluent des antibiotiques topiques (p. ex., clindamycine, acide fusidique et érythromycine) après culture bactérienne, le traitement de l’hyperhidrose localisée au moyen d’un antisudorifique et le rasage des poils affectés. Ce patient a été traité au moyen d’une solution topique de clindamycine sous forme d’onguent pendant 2 semaines et l’infection est entièrement rentrée dans l’ordre.
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Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.240723
Footnotes
Intérêts concurrents : Aucun déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Les auteurs ont obtenu le consentement du patient.
Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
Références
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