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. 2025 Jan 27;197(3):E79–E80. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.240348-f

Dépistage du cancer de l’anus

Troy Grennan 1,, Irving E Salit 1
PMCID: PMC11772000  PMID: 39870414

Le cancer de l’anus touche de manière disproportionnée les personnes vivant avec le VIH

L’infection au virus du papillome humain (VPH), majoritairement le VPH-16, est la principale cause du cancer de l’anus. Dans la population générale, il survient chez 1–2 personnes sur 100 000; sa fréquence augmente avec l’âge, et il est rare chez les moins de 35 ans1. Sa fréquence est la plus élevée chez les hommes séropositifs au VIH ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HRSH), soit de 85 cas sur 100 000 personnes.

La vaccination prévient l’infection au VPH

Le vaccin contre le virus du papillome humain prévient l’infection par les types de VPH à haut risque les plus courants, ce qui inclut le VPH-162. Il est préférable de l’administrer avant que la personne ne devienne sexuellement active, car la vaccination ne prévient pas la progression maligne chez une personne déjà atteinte d’une infection au VPH ou d’un précancer de l’anus.

Les recommandations internationales préconisent le dépistage des précancers de l’anus chez les populations exposées à un risque élevé3

Chez les personnes exposées à un risque élevé, le dépistage doit être effectué chaque année, au moyen d’un examen par toucher anorectal, d’une cytologie anale (test Pap) et d’un dépistage du VPH (s’il est disponible). Le dépistage annuel doit commencer à l’âge de 35 ans chez le groupe le plus à risque, soit les femmes transgenres et les HRSH séropositifs pour le VIH. D’autres groupes exposés à un risque élevé, notamment les personnes ayant reçu une greffe d’organe plein et les femmes cisgenres séropositives pour le VIH, font l’objet de recommandations de dépistage différentes en fonction de leur âge. Si la cytologie est anormale, il faut procéder à une anuscopie à haute résolution (AHR) avec biopsies. L’accès à l’AHR est extrêmement limité au Canada; seuls quelques professionnels et professionnelles de la santé réalisent cette intervention dans les grands centres urbains. Si l’AHR n’est pas accessible, la cytologie n’est pas recommandée et seul l’examen par toucher anorectal doit être effectué.

La gradation des résultats de la cytologie anale est comparable à celle des lésions cervicales

Des cellules précancéreuses (lésions malpighiennes intraépithéliales de haut grade [HSIL, pour high-grade squamous intraepithelial lesion]4) apparaîtront chez 10 % des HRSH séropositifs pour le VIH; le cas échéant, la personne doit être orientée vers un service offrant l’AHR. Les personnes présentant des lésions de bas grade peuvent se faire proposer une AHR ou subir à nouveau le test l’année suivante, en fonction des capacités locales. Les résultats de la biopsie peuvent être qualifiés de normaux ou révéler des lésions malpighiennes intraépithéliales de bas grade, des HSIL ou un cancer.

Les HSIL anales confirmées par biopsie doivent être traitées pour prévenir le cancer de l’anus

L’étude ANCHOR sur les issues du cancer de l’anus et des HSIL, menée auprès de personnes séropositives pour le VIH, a montré une réduction de 57 % des cancers de l’anus à la suite de l’ablation des HSIL5. Ces cas doivent faire l’objet d’un suivi en vue d’un nouveau traitement, au besoin, et d’une surveillance continue.

Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.240348

Footnotes

Intérêts concurrents : Troy Grennan et Irving Salit signalent un financement de la part de Merck (soutien aux établissements pour la recherche à l’initiative des chercheurs), indépendamment des travaux soumis. Le Dr Grennan est vice-président du Comité consultatif national sur les infections transmissibles sexuellement et par le sang de l’Agence de la santé publique du Canada et détient une bourse de chercheur professionnel de la santé du Michael Smith Health Research BC.

Cet article a été révisé par des pairs.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne

Références

  • 1.Clifford GM, Georges D, Shiels MS, et al. A meta-analysis of anal cancer incidence by risk group: toward a unified anal cancer risk scale. Int J Cancer 2021;148:38–47. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 2.Garland SM, Kjaer SK, Muñoz N, et al. Impact and effectiveness of the quadrivalent human papillomavirus vaccine: a systematic review of 10 years of real-world experience. Clin Infect Dis 2016;63:519–27. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 3.Stier EA, Clarke MA, Deshmukh AA, et al. International Anal Neoplasia Society’s consensus guidelines for anal cancer screening. Int J Cancer 2024;154:1694–702. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 4.Salit IE, Lytwyn A, Raboud J, et al. The role of cytology (Pap tests) and HPV testing in anal cancer screening. AIDS 2010;24:1307–13. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 5.Palefsky JM, Lee JY, Jay N, et al.; ANCHOR Investigators Group. Treatment of anal high-grade squamous intraepithelial lesions to prevent anal cancer. N Engl J Med 2022;386:2273–82. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]

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