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. 2025 Jan 27;197(3):E81–E82. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.240246-f

Des antibiothérapies de plus courte durée

Maria Ivankovic 1,, Kevin L Schwartz 1
PMCID: PMC11772001  PMID: 39870405

La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace urgente pour la santé publique

Au Canada, on estime à 5400 le nombre de décès attribuables à la RAM en 20181. D’ici 2050, 40 % des infections seront résistantes aux antimicrobiens de première intention1. Dans le Plan d’action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens, on a décrit les mesures prioritaires qui permettront de répondre à cette menace au Canada, notamment la gestion des antimicrobiens2.

Une antibiothérapie de longue durée ne prévient pas la RAM; elle augmente la probabilité d’effets indésirables et de RAM

La durée de l’antibiothérapie a toujours été fixe, correspondant arbitrairement au nombre de jours de la semaine, sans données probantes ou prise en compte de l’amélioration clinique. On croit souvent à tort que les patientes et patients doivent « terminer le traitement », même s’ils se sentent mieux, afin de prévenir la résistance. Cependant, les résultats d’une métarevue d’essais contrôlés randomisés (ECR) ont montré que chaque jour excédentaire de prise d’un antibiotique était associé à une augmentation de la RAM et une à probabilité accrue de 4 % d’effets indésirables liés à l’antibiotique, notamment d’éruptions cutanées, de diarrhée et de surinfection3.

La majorité des infections aiguës d’origine communautaire peuvent être traitées par une antibiothérapie de 5–7 jours

Plus de 130 ECR portant sur 22 maladies infectieuses ont montré que des antibiothérapies courtes sont équivalentes ou non inférieures à des traitements prolongés. Parmi ces études, certaines montrent qu’en matière de durée de traitement, 5–6 jours équivalent à 10 jours pour la cellulite, 3–5 jours équivalent à 5–14 jours pour la pneumonie chez les enfants et les adultes, 5 jours équivalent à 7 jours pour les exacerbations aiguës de la maladie pulmonaire obstructive chronique, et 7 jours équivalent à 10–14 jours pour la pyélonéphrite chez les adultes4.

La règle de la courte durée a des exceptions

Chez les enfants de moins de 2 ans atteints d’otite moyenne aiguë, le traitement antibiotique de 5 jours est moins efficace que celui de 10 jours5. Les taux d’éradication en fonction de la culture de la pharyngite à Streptococcus pyogenes sont plus élevés avec un traitement de 10 jours; cependant, la guérison clinique est semblable avec un traitement de 5 jours4. Les données probantes en faveur de durées de traitement plus courtes s’appliquent aux patientes et patients dont l’état clinique s’est amélioré à la fin du traitement et dont le foyer infectieux initial a été éradiqué (p. ex., absence d’ostéomyélite, d’empyème et de bactériémie à Staphylococcus aureus).

L’antibiothérapie efficace la plus courte est la meilleure solution pour la patientèle et la société

Les prescripteurs et prescriptrices doivent utiliser des durées d’antibiothérapie personnalisées et fondées sur des données probantes, en visant le traitement efficace le plus court possible qui entraîne une amélioration clinique. Des durées adaptées faciliteront l’observance du traitement, ralentiront la RAM et réduiront les effets indésirables liés aux antibiotiques3. Choisir avec soin Canada dispose d’une ressource fiable présentant des durées recommandées de traitement basées sur des données probantes pour les adultes et les enfants atteints d’infections respiratoires courantes.

Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.240246

Footnotes

Intérêts concurrents : Aucun déclaré.

Cet article a été révisé par des pairs.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne

Références


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