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. 2024 Sep 3;4(3):mtsi.v4i3.2024.500. [Article in French] doi: 10.48327/mtsi.v4i3.2024.500

Urgences hypertensives au Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, Ouagadougou (Burkina Faso)

Hypertensive emergencies at Bogodogo University Hospital, Ouagadougou (Burkina Faso)

Wendlassida Martin NACANABO 1,*, Taryètba André Arthur SEGHDA 1, Djième Claudine DAH 1, Wendlassida Léa Françoise SAWADOGO 1, Issa SAWADOGO 1, Mohamed Saidou DIMZOURÉ 1, Murielle LOYA 1, Lamoundi Prisca THIOMBIANO 1, André Koudnoaga SAMADOULOUGOU 1
PMCID: PMC11809062  PMID: 39931722

Abstract

Introduction

Hypertensive emergencies are defined as hypertensive crisis with signs of visceral distress. They are relatively common and require urgent, but not necessarily normotensive, antihypertensive therapy. The aim of this study was to describe the epidemiology of hypertensive emergencies..

Patients and methods

This was a descriptive cross-sectional study conducted from March 5, 2017, to December 31, 2023, at the cardiology department of the Bogodogo University Hospital (CHU-B), Burkina Faso. All patients admitted to the department for hypertensive emergencies were included in the study. Epidemiologic, sociodemographic, clinical, paraclinical, therapeutic, and evolutionary characteristics were evaluated in a descriptive analysis.

Results

Among 2,610 hospitalized patients, 96 cases of hypertensive emergencies were identified, representing a prevalence of 3.6%. Mean age was 50.5 (±10.4) years. Cardiovascular risk factors were hypertension, sedentary lifestyle, diabetes, and smoking in 80.8%, 72.3%, 12.7%, and 9.5% of cases, respectively. Headache was the most common reason for consultation (46.8% of cases), followed by dizziness (19.1%). Ischemic stroke and acute pulmonary edema were observed in 18.7% of cases.

Conclusion

Hypertensive emergencies are quite frequent at CHU-B and the majority of patients are relatively young.

Keywords: Hypertensive emergencies, antihypertensive drugs, Ouagadougou, Burkina Faso, Sub-Saharan Africa

Introduction

L'urgence hypertensive (UH) est définie par une élévation brutale de la tension artérielle atteignant ou dépassant 180/110 mmHg avec signes de souffrance viscérale [18, 19]. Elle nécessite une thérapeutique antihypertensive, mais pas obligatoirement normotensive [2]. Quant à la « fausse urgence hypertensive » ou urgence relative, elle se définit comme une élévation de la tension artérielle isolée sans souffrance d'organe [12]. Ces poussées hypertensives sévères sont relativement rares et concernent 1 à 2 % des patients hypertendus [8, 12]. Toute l'urgence repose sur la mise en évidence de l'atteinte aiguë d'un organe cible qui nécessiterait une hospitalisation immédiate dans un service adapté [8]. Au Burkina Faso, il n'y a pas d’étude sur toutes les formes d'urgences hypertensives. Les seules études réalisées concernent l'hypertension artérielle maligne et la super hypertension artérielle avec respectivement des prévalences hospitalières de 18,4 % et de 12,9 % des patients hypertendus [13, 20]. L'objectif de ce travail est d’étudier les aspects épidémiologiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques des urgences hypertensives dans le service de cardiologie du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo (CHU-B).

Patients et méthode

Il s'est agi d'une étude transversale à visée descriptive qui s'est déroulée du 5 mars 2017 au 31 décembre 2023 dans le service de cardiologie du CHU-B. Ont été inclus dans l’étude les patients admis pour urgence hypertensive. Les variables collectées étaient :

  • les données sociodémographiques et cliniques prenant en compte les facteurs de risque cardiovasculaire, l’état hémodynamique et les signes de souffrance viscérale;

  • les paramètres électrocardiographiques (hypertrophie des cavités cardiaques, présence d'une ischémie-lésion-nécrose, trouble du rythme ou de la conduction);

  • les paramètres écho-cardiographiques et Doppler (état des cavités droites, dilatées ou non, présence de thrombus, fonction systolique du ventricule gauche, altérée ou non);

  • les paramètres scanographiques (type d'atteinte cérébrale vasculaire et sa localisation);

  • l'atteinte rétinienne classée en trois stades selon Kirkendall [7];

  • les paramètres biologiques incluant la protéinurie, la glycémie, la troponine, les lipides, la créatininémie et l'azotémie.

La saisie et l'analyse statistique des données collectées ont été réalisées grâce au logiciel Epi-info. La description des différentes variables a été effectuée avec le calcul des proportions pour les variables qualitatives, et les paramètres de position et de dispersion pour les variables quantitatives.

Résultats

Parmi les 2 610 patients hospitalisés dans le service de cardiologie toutes causes confondues, on notait 96 cas d'urgences hypertensives soit une fréquence hospitalière de 3,6 %. Le diagramme des flux de notre étude est représenté par la Figure 1. L’âge médian des patients était de 50 ans (premier quartile 38 ans et troisième quartile 60 ans) avec des extrêmes allant de 23 à 83 ans. On notait une prédominance féminine avec 55 femmes (58,5 %) contre 39 hommes (41,5 %). Soixante-seize de nos patients, soit 80,8 %, avaient un antécédent d'hypertension artérielle. Les motifs de consultation étaient les céphalées, les vertiges et le déficit moteur, retrouvés respectivement chez 44, 18 et 15 patients (Tableau I).

Figure 1.

Figure 1

Diagramme de flux des patients

Tableau I.

Caractéristiques générales des patients au CHU-B

Variables Effectifs (n) Proportions (%)
Facteurs de risques cardiovasculaires et comorbidités
Hypertension artérielle 76 80,8
Sédentarité 68 72,3
Diabète 12 12,7
Tabac/ Tobacco 9 9,5
Hypertension artérielle familiale 7 7,4
Maladie rénale chronique 5 5,3
Motifs de consultations
Céphalées 44 46,8
Vertiges 18 19,1
Déficit moteur 15 15,9
Acouphènes/phosphènes 9 9,5
Aspect évolutifs
Médiane de la durée d'hospitalisation en jours 05 [1;5]
Tension artérielle contrôlée à la sortie 48 51
Décédés 2 2

Les urgences hypertensives vraies concernaient 73,4 % (n=71) des patients. Parmi les urgences vraies, étaient retrouvés l'accident vasculaire cérébral ischémique dans 18,7% (n=18) des cas, l’œdème aigu du poumon et l'insuffisance rénale aiguë dans 18,7 % (n=18) et 15,6 % (n=15) des cas respectivement. Un quart du groupe étudié présentait une urgence relative. Les différents types d'urgences hypertensives sont résumés dans la Figure 2.

Figure 2.

Figure 2

Représentation graphique des patients en fonction du type d'urgence hypertensive au CHU-B

L’électrocardiogramme montrait une hypertrophie auriculaire et ventriculaire gauche dans respectivement 41,5 % et 36,2 % des cas. Quatre patients avaient un hémibloc antérieur et une fibrillation auriculaire était observée chez cinq patients. À l’échocardiographie transthoracique, 12,8 % (n=12) avaient une dilatation des cavités gauches et 23,4 % (n=22) une hypertrophie concentrique du ventricule gauche. Quatorze patients présentaient une hypertrophie septale. Nous avons retrouvé 18 cas d'accidents vasculaires cérébraux ischémiques et 5 hémorragiques au scanner cérébral. Sur le plan topographique, nous avons observé 43,4 % (n=10) de localisation sylvienne, 17,4% (n=4) de localisation périphérique et 47,8% (n=11) de localisation centrale. Sur 46 patients ayant réalisé un examen du fond d’œil, 4 présentaient une rétinopathie stade III de Kirkendall, 6 un stade II et 10 un stade I.

Sur le plan thérapeutique à l'admission, 51 % des patients ont été mis sous nicardipine au pousse seringue électrique. Les autres antihypertenseurs, à savoir les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (captopril), les inhibiteurs calciques (amlodipine), les diurétiques (furosémide) et les bétabloquants (cardensiel) ont été employés respectivement dans 42,7% (n=41), 36,4% (n=35), 35,4% (n= 34) et 16,6% (n=16) des cas. L'alpha-méthyl-dopa a été administré à 11 patients (11,4%). Plusieurs associations médicamenteuses en bi, tri ou quadrithérapie ont été utilisées. Ces traitements ont été ajustés durant l'hospitalisation afin d'obtenir des combinaisons adaptées à la sortie (Figure 3).

Figure 3.

Figure 3

Répartition du traitement des patients à la sortie de l'hospitalisation au CHU-Bogodogo

Discussion

La présente étude avait pour objectif d’évaluer l’épidémiologie des UH dans le CHU de Bogodogo durant la période de mars 2017 à décembre 2023. Ses résultats mettent en lumière une prévalence des UH de 3,6 % avec de grandes morbidités telles que les AVC ischémiques, les œdèmes pulmonaires aigus et les insuffisances rénales aiguës, soulignant ainsi leur importance clinique. Le caractère monocentrique et l'absence d'exploration à visée étiologique constituent cependant les principales limites de cette étude. L'aspect innovant de ce travail dans ce nouveau centre, la jeunesse de la population observée et les conditions socioéconomiques difficiles sont les points forts de nos travaux.

La prévalence rapportée dans notre étude pourrait être sous-estimée car notre cible était constituée essentiellement des patients admis dans le service de cardiologie du CHU-B. Notre résultat est inférieur à ceux de Merlo et al. et Gombet et al. qui ont trouvé respectivement 15 % et 17 % de poussée hypertensive sévère chez une cohorte de 89 patients hypertendus suivis pendant 30 mois [4, 9]. Comparativement aux autres séries, que ce soit dans les pays en développement ou dans les pays développés, seulement moins d'un quart des patients ne se savaient pas hypertendus [6, 20]. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cela. Le manque de moyens financiers pour l'achat des médicaments occasionne l'interruption brutale du traitement antihypertenseur par certains patients à l'origine des poussées hypertensives. En outre, les symptômes de l'HTA correspondent également à ceux de la plupart des maladies tropicales comme la fièvre typhoïde, les fièvres hémorragiques ou le paludisme dont les céphalées, les vertiges et les hémorragies constituent les symptômes majeurs. Ainsi, les patients sont alors traités pour un paludisme par automédication dans un premier temps, et le diagnostic de l'HTA est relayé au second plan lors des crises hypertensives.

Les principaux motifs de consultation faisant découvrir les urgences hypertensives dans notre étude étaient des céphalées (46,8 %), des vertiges (19,1 %) et un déficit moteur (16 %). Plusieurs séries (notamment celles de Zampaglione et al. et Guiga et al.), rapportent quasiment les mêmes motifs de consultation aux cours des signes d'urgences hypertensives [5, 21].

L’âge moyen dans notre population (50,3 ± 14,6 ans, avec la médiane à 50 ans) est relativement jeune par rapport aux autres séries de la littérature, notamment celle de Guiga et al., qui trouvent un âge moyen de 70 (± 14) ans pour les hommes et 72 (± 19) ans pour les femmes avec un sex-ratio de 0,92 [5].

Cette observation s'inscrit en droite ligne avec celle de Ogah et al. qui constate un âge moyen de survenue de l'HTA en Afrique sub-saharienne de 40 ans [11]. Selon certains auteurs, les populations noires, qu'elles résident en Afrique, aux Caraïbes, aux États-Unis ou en Europe, développent une HTA et des lésions d'organes associées à un âge plus jeune. Elles présentent une fréquence plus élevée d'HTA résistante et nocturne et ont un risque plus élevé de maladie rénale chronique, d>accidents vasculaires cérébraux, d'insuffisance cardiaque et de mortalité que les autres groupes humains [1, 16]. Plusieurs théories ont été évoquées pour expliquer ce risque cardiovasculaire accru par de probables différences physiologiques, notamment un système rénine-angiotensine inhibé, l'altération de la gestion rénale du sodium, l>augmentation de la réactivité cardiovasculaire et un vieillissement vasculaire précoce (rigidité des artères de gros calibre) [1, 3, 17].

Dans notre étude, l'hypertension artérielle et le diabète sont les comorbidités prédominantes avec respectivement 80,8 % et 12, 8%. Les principaux facteurs de risque, notamment l'hypertension artérielle, la présence d'une coronaropathie, le nombre élevé d'antihypertenseurs, et surtout le défaut d'observance thérapeutique sont similaires à l’étude de Guiga et al. [5].

Une hypertrophie du ventricule gauche (HVG) est notée chez 34,2 % des patients à l’électrocardiogramme et l’échodoppler cardiaque confirme l'HVG chez 22 patients, témoignant ainsi d'une longue période d’évolution d'une HTA bénigne non diagnostiquée. Yameogo et al. relevaient une HVG électrique chez tous les patients et une HVG concentrique chez 82,4 % des patients [20]. Cette différence serait due au fait que leur étude a concerné uniquement les patients admis pour super hypertension (pression artérielle systolique ≥ 250 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique ≥ 150 mmHg) avec un échantillon beaucoup plus petit.

Les urgences hypertensives vraies représentent trois quarts de notre échantillon et sont dominées par l'accident vasculaire ischémique et l’œdème aigu du poumon à raison de 18 patients chacun. Cette forte représentativité s'explique par la recherche systématique d'atteintes d'organes cibles dans notre étude. Les crises hypertensives constituent généralement les principales circonstances de découverte de l'HTA dans le contexte africain [20]. Les atteintes rénales sont retrouvées chez 15 patients, en accord avec plusieurs études africaines [10, 20]. L'utilisation des produits de la pharmacopée traditionnelle et l'automédication avec risque de toxicité rénale lors des prodromes pourraient expliquer cela dans notre contexte. L’élévation sévère de la pression artérielle (PA), sauf urgence neurovasculaire, requiert sa réduction immédiate pour prévenir ou limiter un dommage viscéral. Dès qu'une surveillance intensive est mise en place, le traitement est administré par voie veineuse directe au pousse seringue électrique, en ajustant précisément le débit en fonction de la PA obtenue [15]. L'objectif recommandé est une réduction de 20 % de la PA moyenne les deux premières heures quelle que soit l'atteinte organique [14].

La Société française de l'hypertension artérielle préconise une combinaison des cinq classes d'antihypertenseurs qui ont démontré une prévention des complications cardiovasculaires chez les hypertendus en absence d'urgence hypertensive vraie [2]. Par ordre d'ancienneté, il s'agit des diurétiques thiazidiques, des bêtabloquants, des inhibiteurs calciques, des inhibiteurs de l'enzyme de conversion et des antagonistes des récepteurs à l'angiotensine 2. Les bêtabloquants apparaissent moins efficaces que les autres classes pour la prévention des accidents vasculaires cérébraux selon la littérature.

La PA a été contrôlée durant l’étude dans seulement 51 % des cas (Tableau I). Nos résultats sont largement supérieurs aux 39 % de contrôle tensionnel retrouvés au Cameroun [10]. Ce meilleur taux de contrôle tensionnel s'expliquerait par l'utilisation des antihypertenseurs par voie parentérale, l'observance thérapeutique et surtout le changement du style de vie des patients en cours d'hospitalisation. Nous n'avons enregistré que deux cas de décès. Yameogo et al. avaient obtenu un taux brut de létalité de 4 % personnesmois sur deux ans. Ils notaient que la mortalité chez les patients hypertendus était plus importante lorsqu'il y avait une atteinte rénale associée [20]. Le faible taux de létalité dans notre cohorte pourrait s'expliquer par le traitement actif dès leur admission et surtout l’âge jeune de notre population sans comorbidités majeures.

Les limites de notre étude sont en rapport avec le caractère monocentrique et l'absence d'exploration à visée étiologique.

Conclusion

Les urgences hypertensives sont relativement fréquentes dans notre contexte. Au CHU de Bogodogo, les atteintes viscérales sont dominées par l'accident vasculaire cérébral ischémique, l’œdème aigu du poumon, et l'insuffisance rénale aiguë. Bien que le pronostic vital soit relativement bon, plusieurs atteintes organiques ont été enregistrées. Leur prise en charge a concerné toutes les classes d'antihypertenseurs, surtout lorsqu'elles étaient administrées au pousse seringue électrique. Une prise systématique de la tension artérielle à toutes les consultations et l’éducation des patients hypertendus sur l'observance au traitement permettraient de réduire les urgences hypertensives.

Considération éthique

Nous avons obtenu le consentement des sujets concernés. Toutes les dispositions sont prises pour préserver la confidentialité des informations les concernant.

Contribution des auteurs

NACANABO Wendlassida Martin : rédaction, collecte des données, méthodologie, conceptualisation

SEGHDA Taryètba André Arthur : collecte des données, validation

DAH Djième Claudine : collecte des données SAWADOGO Wendlassida Léa Françoise : collecte des données

SAWADOGO Issa : collecte des données DIMZOURÉ Mohamed Saidou : collecte des données

LOYA Murielle : collecte des données THIOMBIANO Lamoundi Prisca : collecte des données

SAMADOULOUGOU André Koudnoaga : validation, supervision

Conflit d'intérêt

Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêt.

Contributor Information

Taryètba André Arthur SEGHDA, Email: artseg_01@yahoo.fr.

Djième Claudine DAH, Email: dddaudy2002@yahoo.fr.

Wendlassida Léa Françoise SAWADOGO, Email: sawadogolea22@gmail.com.

Issa SAWADOGO, Email: docsawis@yahoo.fr.

Mohamed Saidou DIMZOURÉ, Email: dimsaidm@yahoo.fr.

Murielle LOYA, Email: loyamireille@yahoo.fr.

Lamoundi Prisca THIOMBIANO, Email: priscathiom@gmai.com.

André Koudnoaga SAMADOULOUGOU, Email: samadoak@hotmail.com.

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Med Trop Sante Int. 2024 Sep 3;4(3):mtsi.v4i3.2024.500.

Hypertensive emergencies at Bogodogo University Hospital, Ouagadougou (Burkina Faso)

Introduction

Hypertensive Emergency (HE) is defined as a sudden rise in blood pressure to or above 180/110 mmHg with signs of visceral distress [18, 19]. It requires antihypertensive therapy, but not necessarily blood pressure-lowering therapy [2]. “False hypertensive emergency” or relative emergency is defined as an isolated rise in blood pressure without organ damage [12]. These severe hypertensive attacks are relatively rare, affecting 1-2% of hypertensive patients [8, 12]. The emergency of the situation lies in the identification of acute target organ damage, which requires immediate hospitalization in an appropriate unit [8]. In Burkina Faso, there are no studies on all forms of hypertensive emergencies. The only studies carried out concern malignant hypertension and super hypertension, with a hospital prevalence of 18.4% and 12.9% of hypertensive patients, respectively [13, 20]. The aim of this study was to evaluate the epidemiologic, clinical, paraclinical and therapeutic aspects of hypertensive emergencies in the Cardiology Department of Bogodogo University Hospital (CHU-B).

Patients and method

This was a descriptive cross-sectional study conducted from March 5, 2017, to December 31, 2023 in the cardiology unit of CHU-B. Patients admitted for hypertensive emergencies were included in the study. The variables collected were:

  • Sociodemographic and clinical data, taking into account cardiovascular risk factors, hemodynamic status and signs of visceral distress;

  • Electrocardiographic parameters (ventricular hypertrophy, presence of ischemia-injury-necrosis, rhythm or conduction disturbances);

  • Echocardiographic and Doppler parameters (state of the right ventricle, dilated or not, presence of thrombus, left ventricular systolic function, impaired or not);

  • CT parameters (type and location of cerebral vascular damage);

  • Retinal damage classified in three stages according to Kirkendall [7];

  • Biological parameters, including proteinuria, glycemia, troponin, lipids, creatinine and azotemia.

Data entry and statistical analysis were performed using Epi-info software. The description of the different variables was done by calculating proportions for qualitative variables and location and dispersion parameters for quantitative variables.

Results

Of the 2,610 patients admitted to the cardiology unit for all causes, there were 96 cases of hypertensive emergencies, representing a hospitalization frequency of 3.6%. The flow chart of our study is shown in Figure 1.

Figure 1.

Figure 1

Patient flow chart

The median age of patients was 50 years (first quartile 38 years old and third quartile 60 years old), with extremes ranging from 23 to 83 years. There was a female predominance, with 55 women (58.5%) versus 39 men (41.5%). Seventy-six of our patients (80.8%) had a history of hypertension. Headache, dizziness, and motor deficits were the main reasons for consultation in 44, 18, and 15 patients, respectively (Table I).

Table I.

General characteristics of patients in CHU-B

Variables Patients (n) Proportions (%)
Cardiovascular risk factors and co-morbidities
Hypertension 76 80,8
Sedentary lifestyle 68 72,3
Diabetes 12 12,7
Tobacco 9 9,5
Familial hypertension 7 7,4
Chronic kidney disease 5 5,3
Reasons for consultation
Headaches 44 46,8
Vertigo 18 19,1
Motor deficit 15 15,9
Tinnitus/phosphenes 9 9,5
Evolutionary aspects
Median length of hospital stay in days 05 [1;5]
Blood pressure checked at discharge 48 51
Deaths 2 2

True hypertensive emergencies affected 73.4% (n=71) of the patients. True emergencies included ischemic stroke in 18.7% (n=18) of cases, acute pulmonary edema in 18.7% (n=18) and acute renal failure in 15.6% (n=15) of cases. One quarter of the studied group presented a relative emergency. The different types of hypertensive emergencies are summarized in Figure 2.

Figure 2.

Figure 2

Graphical representation of patients according to type of hypertensive emergency in CHU-B

The electrocardiogram showed atrial and left ventricular hypertrophy in 41.5% and 36.2% of cases, respectively. Four patients had anterior hemiblock and atrial fibrillation was observed in five patients. On transthoracic echocardiography, 12.8% (n=12) had dilated left cavities and 23.4% (n=22) had concentric left ventricular hypertrophy. Fourteen patients were found to have septal hypertrophy. We found 18 cases of ischemic and 5 cases of hemorrhagic stroke on brain CT. Topographically, 43.4% (n=10) were sylvian, 17.4% (n=4) peripheral, and 47.8% (n=11) central. Of the 46 patients who underwent fundus examination, 4 had Kirkendall stage III, 6 stage II and 10 stage I retinopathy.

On admission, 51% of the patients were started on nicardipine with an electric syringe pump. Other antihypertensive agents, namely angiotensine-converting enzyme inhibitors (captopril), calcium channel blockers (amlodipine), diuretics (furosemide), and beta-blockers (cardensiel) were used in 42.7% (n=41), 36.4% (n=35), 35.4% (n=34), and 16.6% (n=16) of the cases, respectively. Alphamethyl-dopa was administered to 11 patients (11.4%). Several drug combinations were used in bi-, tri- or quadruple therapy. These treatments were adjusted during hospitalization to achieve appropriate combinations at discharge (Figure 3).

Figure 3.

Figure 3

Patients treatments on discharge from CHU-Bogodogo

Discussion

The aim of the present study was to evaluate the epidemiology of HE in Bogodogo University Hospital during the period from March 2017 to December 2023. The results show a prevalence of HE of 3.6% with major morbidities such as ischemic stroke, acute pulmonary edema and acute renal failure, highlighting its clinical importance. However, the monocentric nature of the study and the lack of etiologic investigation are its main limitations. The innovative aspect of this work in this new center, the youth of the population observed and the difficult socioeconomic conditions are the strengths of our work. The prevalence reported in our study may be underestimated because our target population consisted mainly of patients admitted to the cardiology department of CHU-B. Our result is lower than that reported by Merlo et al. and Gombet et al. who found 15% and 17%, respectively, of severe hypertensive recurrences in a cohort of 89 hypertensive patients followed for 30 months [4, 9]. Compared to other series, whether in developing or developed countries, only less than a quarter of the patients were unaware that they had hypertension [6, 20]. There are several possible explanations for this. Lack of financial resources to purchase medication causes some patients to stop antihypertensive treatment abruptly, leading to hypertensive relapse. In addition, the symptoms of hypertension are similar to those of most tropical diseases, such as typhoid fever, hemorrhagic fever or malaria, where headache, dizziness and bleeding are the main symptoms. As a result, patients are initially treated for malaria by self-medication, and the diagnosis of hypertension takes a back seat during hypertensive crises. In our study, headache (46.8%), dizziness (19.1%) and motor deficit (16%) were the main reasons for consultation leading to the discovery of hypertensive emergencies. Several series (especially those of Zampaglione et al. and Guiga et al.) report almost the same reasons for consultation in hypertensive emergencies [5, 21].

The mean age in our population (50.3 ± 14.6 years, with a median of 50 years) is relatively young compared to other series in the literature, especially that of Guiga et al. who found a mean age of 70 (± 14) years for men and 72 (± 19) years for women, with a sex ratio of 0.92 [5].

This observation is consistent with that of Ogah et al. who found a mean age of onset of hypertension of 40 years in sub-Saharan Africa [11]. According to some authors, black populations, whether living in Africa, the Caribbean, the USA or Europe, develop hypertension and associated organ damage at a younger age. They have a higher incidence of resistant and nocturnal hypertension and a higher risk of chronic kidney disease, stroke, heart failure and mortality than other human groups [1, 16]. Several theories have been proposed to explain this increased cardiovascular risk by probable physiological differences, including an inhibited renin-angiotensin system, impaired renal sodium management, increased cardiovascular reactivity, and premature vascular aging (atherosclerosis) [1, 3, 17].

In our study, hypertension and diabetes mellitus were the predominant comorbidities with 80.8% and 12.8%, respectively. The main risk factors, especially arterial hypertension, the presence of coronary artery disease, a high number of antihypertensive medications and, above all, poor adherence to treatment, are similar to the study by Guiga et al. [5].

Left ventricular hypertrophy (LVH) was detected by electrocardiogram in 34.2% of patients, and cardiac echodoppler confirmed LVH in 22 patients, indicating a long evolution of undiagnosed benign hypertension. Yameogo et al. found electrical LVH in all patients and concentric LVH in 82.4% [20]. This difference may be due to the fact that their study included only patients admitted for super hypertension (systolic blood pressure ≥ 250 mmHg and/or diastolic blood pressure ≥ 150 mmHg), with a much smaller sample size. True hypertensive emergencies accounted for three quarters of our sample and were dominated by ischemic stroke and acute pulmonary edema with 18 patients each. This high representation is explained by the systematic search for target organ damage in our study. Hypertensive crises are generally the main circumstances for the detection of hypertension in the African context [20]. Renal damage was found in 15 patients, in agreement with several African studies [10, 20]. The use of traditional pharmacopoeia products and self-medication with the risk of renal toxicity during prodromal stages could explain this in our context.

Except in neurovascular emergencies, severe elevations in blood pressure (BP) require immediate reduction to prevent or limit visceral injury. Once intensive monitoring is in place, treatment is administered via direct venous access using an electric syringe pump, with the flow rate precisely adjusted according to the BP achieved [15]. The recommended goal is a 20% reduction in mean blood pressure in the first two hours, regardless of organ involvement [14].

The Société française de l'hypertension artérielle recommends a combination of the five classes of antihypertensive drugs that have been shown to prevent cardiovascular complications in hypertensive patients in the absence of a true hypertensive emergency [2]. These are, in order, thiazide diuretics, beta-blockers, calcium channel blockers, angiotensin-converting enzyme inhibitors, and angiotensin-2 receptor antagonists. According to the literature, beta-blockers are less effective than the other classes in preventing stroke.

Blood pressure was controlled during the study in only 51% of cases (Table I). Our results are much better than the 39% blood pressure control found in Cameroon [10]. This better rate of blood pressure control can be explained by the use of parenteral antihypertensives, compliance with treatment and, above all, changes in patients’ lifestyle during hospitalization. We recorded only two deaths. Yameogo et al. found a crude case fatality rate of 4% person-months over two years. They found that mortality in hypertensive patients was higher when renal impairment was present [20]. The low case-fatality rate in our cohort could be explained by the active treatment on admission and especially by the young age of our population without major comorbidities. The limitations of our study are related to its monocentric nature and the lack of etiologic investigations.

Conclusion

Hypertensive emergencies are relatively common in our context. At Bogodogo University Hospital, visceral damage is dominated by ischemic stroke, acute pulmonary edema and acute renal failure. Although the vital prognosis was quite good, several organ dysfunctions were noted. Treatment included all classes of antihypertensive drugs, especially when administered with an electric syringe pump. Systematic blood pressure measurement at all consultations and education of hypertensive patients about adherence to treatment would help reduce hypertensive emergencies.

Ethical considerations

Informed consent was obtained from the subjects. All measures were taken to maintain the confidentiality of the information concerning them.

Authors’ contributions

NACANABO Wendlassida Martin: writing, data collection, methodology, conceptualization SEGHDA Taryètba André Arthur: data collection, validation

DAH Djième Claudine: data collection SAWADOGO Wendlassida Léa Françoise: data collection

SAWADOGO Issa: data collection DIMZOURÉ Mohamed Saidou: data collection LOYA Murielle: data collection THIOMBIANO Lamoundi Prisca: data collection SAMADOULOUGOU André Koudnoaga: validation, supervision

Declaration of interest

The authors declare no conflict of interests.


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