RÉSUMÉ
Contexte
Pour donner aux femmes atteintes d’un cancer du sein la possibilité de participer à leurs soins, il faut mieux comprendre l’interaction entre les facteurs contextuels et les facteurs de médiation. La présente recherche explore les déterminants de l’expérience des soins de soutien vécue par les femmes atteintes d’un cancer du sein qui habitent les régions rurales de la Colombie-Britannique.
Méthodologie
L’étude utilise un devis quantitatif descriptif transversal. L’enquête, qui comprenait des questions sur les caractéristiques démographiques, la santé, l’aide à la décision et l’expérience des soins de soutien, a été administrée à 100 participantes.
Résultats
Les scores globaux les plus élevés (les plus positifs) étaient associés à une combinaison de différents facteurs, c’est-à-dire l’âge (moins de 40 ans), le niveau de scolarité (premier cycle universitaire) et le temps écoulé depuis le diagnostic (3 à 5 ans). La combinaison linéaire du niveau de scolarité et des problèmes de santé après le traitement produit des scores de traitement médical plus élevés (R2=23 %).
Conclusion
Le besoin croissant de soins de soutien psychosocial et affectif en période de survivance est évident. Les résultats soulignent le potentiel avantageux des outils d’aide à la prise de décisions éclairées pour appuyer les soins de soins, et mettent en lumière le besoin d’améliorer les soins de soutien offerts aux femmes qui luttent contre le cancer du sein.
Recommandation
Les soins de soutien jouent un rôle essentiel dans l’expérience des personnes atteintes de cancer pendant leur passage dans le système de santé. Le fait d’augmenter le nombre de centres offrant des soins de soutien, particulièrement en milieu rural, pourrait améliorer les résultats rapportés par les patients, de même que leur expérience, et accélérer l’accès aux soins.
Mots-clés: oncologie, cancer, sein, femmes, adulte, patient, soins de santé, soins de soutien, navigation, survivance, résultats rapportés
INTRODUCTION
Forme la plus fréquente de cancer, le cancer du sein est aussi la deuxième cause de décès par cancer en importance chez les Canadiennes (Canadian Cancer Society/Société canadienne du cancer, 2023). En 2024, on estime le nombre de diagnostics à 30 500, ce qui représente 25 % de tous les nouveaux cancers chez les femmes pendant cette année (Canadian Cancer Society/Société canadienne du cancer, 2024; Brenner et al., 2024). En 2021, les nouveaux cas de cancer du sein au Canada ont touché des femmes dont les ancêtres provenaient d’Europe, d’Asie orientale, de l’ouest de l’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud (Hwee et Bougie, 2021).
En Colombie-Britannique, l’incidence globale du cancer du sein, sachant que 1 femme sur 8 dans la province devrait en être atteinte au cours de sa vie (HealthLink BC, 2021), a des répercussions évidentes sur le bien-être affectif, physique et spirituel. En 2018, 3 820 femmes y ont reçu un diagnostic de cancer du sein et 640 ont succombé à la maladie (BC Cancer Registry 2022a; BC Cancer Registry 2022; Brenner et al., 2024). De nombreuses études ont mis en évidence la myriade de besoins de ces femmes (Altherr et al., 2023; D’Souza et al., 2023; Herbert al., 2021). Le cancer du sein entraîne des effets psychologiques, comme la peur de mourir, des préoccupations financières, la perte d’identité et la dégradation de l’estime de soi. Cependant, Sherman et collaborateurs (2019) ont montré que les femmes disposant d’un bon soutien social composaient mieux avec les aspects complexes de la maladie et bénéficiaient ainsi d’une meilleure qualité de vie.
Les répercussions du traitement du cancer du sein sont de mieux en mieux connues, et la recherche s’y intéresse de plus en plus. Ces répercussions comprennent un éventail d’effets secondaires tardifs, notamment des changements de la fonction cognitive, l’infertilité, la ménopause précoce, l’ostéoporose, les risques de voir apparaître un autre cancer, le lymphœdème et les complications cardiovasculaires (Mayo Clinic/Clinique Mayo, 2023; Dibble et al., 2023). Les survivantes du cancer du sein ont fait état d’une foule de difficultés survenant après le traitement, dont l’anxiété, la dépression et la douleur chronique (Ramirez et al., 2020). Il est donc essentiel de s’attaquer à ces effets à long terme pour améliorer la qualité de vie des survivantes.
Tous les services de soutien n’ont pas la même valeur. Selon les recherches de Wittal (2018), la capacité pour les patients de prendre en charge leur propre santé est un élément de plus en plus important, ce qui met en évidence la nécessité d’offrir des soins réguliers adaptés aux besoins en évolution des survivants du cancer. D’Souza et Leslie (2022) ont fait remarquer les possibles conséquences sur le bien-être des survivants du cancer en milieu rural d’un accès limité aux prestations d’assurance-emploi, d’assurance-maladie, d’assurance-invalidité. Racine et collaborateurs (2023) ont d’ailleurs plaidé en faveur d’une approche mixte qui combine des interventions d’éducation et de navigation, soulignant les effets synergiques de ces nouvelles stratégies.
La détresse post-traitement est à la fois physique, mentale, affective et spirituelle; les soins de soutien sont donc essentiels à l’obtention d’une qualité de vie durable. Les groupes de soutien sont bien placés pour transmettre des connaissances, encourager les pratiques d’autosoins et favoriser l’établissement de relations aidantes, notamment en cas d’expériences décourageantes (Jablotschkin et al., 2022). Après avoir constaté que les femmes atteintes d’un cancer du sein n’étaient pas suffisamment au courant des possibles conséquences du traitement, Trevillion et collaborateurs (2015) ont souligné l’importance de fournir aux patientes de l’information complète sur les effets secondaires. En oncologie, les initiatives de soins de soutien, telles que le recours à des infirmières pivots, produisent des résultats positifs, car elles facilitent l’accès à divers services, notamment de travail social et de nutrition; les patientes sont donc plus susceptibles de poursuivre le traitement (Mertz et al., 2017). En outre, le soutien émotionnel est une préoccupation fréquente (Hemingway et al., 2015), ce qui confirme toute l’importance du rôle joué par les infirmières pivots en oncologie dans l’orientation psychosociale et la réduction ou l’atténuation des effets psychologiques indésirables (Trevillion et al., 2015). Diverses études (D’Souza et al., 2021a; Jablotschkin et al., 2022; Jackson et al., 2023) insistent sur la nécessité de fournir des soins de soutien aux personnes vivant en milieu rural ou éloigné.
Dans plusieurs provinces et territoires, les services et ressources communautaires se sont imposés comme des pôles essentiels de soutien inclusif et continu pour résoudre les difficultés complexes auxquelles sont confrontées les survivantes du cancer du sein après le traitement. En l’absence d’intervenants pivots en oncologie dans les centres de traitement de la Colombie-Britannique, les patients doivent s’adresser à d’autres personnes (ex. chirurgiens, oncologues et urgentologues) (D’Souza et al., 2022a). Une étude a révélé que 76 % des personnes souffrant d’effets secondaires dus au traitement ont consulté un professionnel de la santé, les oncologues et les chirurgiens étant les plus sollicités pour les soins de suivi. Des effets secondaires modérés ou graves sont survenus après la fin du traitement chez 77 % des patients, ce qui, en régions rurales, a souvent conduit à des visites aux urgences (D’Souza et al., 2022a) à cause de l’accessibilité limitée. Il faudra donc élargir le champ des options afin de tenir compte des préférences individuelles, des connaissances en matière de santé et des capacités technologiques. Les obstacles géographiques, notamment les longues distances à parcourir et les coûts associés, entravent le recours aux soins de soutien, car ces derniers sont souvent centralisés dans les régions urbaines. Par conséquent, il importe de mieux comprendre les déterminants en jeu pour offrir des soins axés sur les patientes et améliorer les réseaux de communication, la coordination des soins et la collaboration interdisciplinaire entre les professionnels de la santé et les femmes atteintes d’un cancer du sein.
OBJECTIF DE L’ÉTUDE
La présente recherche analyse les déterminants de l’expérience des soins de soutien vécue par les femmes atteintes d’un cancer du sein qui habitent les collectivités rurales de la Colombie-Britannique.
MÉTHODOLOGIE
Devis
Les travaux ont été réalisés à la suite d’une enquête quantitative descriptive transversale. L’étude a été approuvée par l’Université Thompson Rivers, la régie régionale de santé Interior Health et le comité d’éthique de la recherche de BC Cancer Agency (REB H19-02099).
Critères d’admissibilité
Pour être admissibles, les participantes devaient être âgées de 18 ans ou plus, avoir reçu un diagnostic de cancer du sein, avoir terminé le traitement primaire (intervention chirurgicale, radiothérapie et chimiothérapie), et avoir exprimé le souhait de participer à l’étude. Étaient exclues les personnes présentant un cancer secondaire, des métastases avancées, une grave démence, des troubles cognitifs, des troubles de la parole ou des troubles neurologiques restreignant leurs capacités à prendre part à l’étude.
La taille de l’échantillon a été établie à l’aide du logiciel G*Power (Lachenbruch, 1991). Pour détecter les différences avec un niveau de confiance de 95 %, une taille d’effet moyenne (f2= 0,20) et une puissance (1-β, c’est-à-dire la probabilité de ne pas commettre une erreur de deuxième espèce) de 0,95 pour un seuil α = 0,05 dans un modèle fixe de régression linéaire multiple, l’échantillon devait donc être constitué de 81 participantes.
Recrutement et collecte de données
Les participantes ont été recrutées dans les hôpitaux, les cliniques et les groupes de soutien des localités rurales de l’intérieur de la Colombie-Britannique, dans les districts de Cariboo, Central Okanagan, Columbia-Shuswap, Okanagan-Similkameen et Thompson-Nicola. Dans un premier temps, des lettres présentant l’étude ont été envoyées aux hôpitaux, aux cliniques, aux groupes de soutien et aux organisations à but non lucratif afin d’obtenir leur approbation pour aller de l’avant. Des affiches de recrutement expliquant comment participer à l’étude ont été placées dans chacun de ces lieux, invitant les personnes intéressées à communiquer avec les auxiliaires de recherche formés à cette fin pour obtenir de plus amples renseignements. En tout, 151 candidates ont manifesté leur intérêt et fait l’objet d’une vérification d’admissibilité; 23 femmes ont été écartées et 107 ont été sélectionnés au hasard. Le suivi n’a pu se faire auprès de 7 d’entre elles (figure 1).
Figure 1.
Processus de recrutement des participantes
Les femmes admissibles ont reçu la trousse d’information contenant la lettre d’invitation, les détails de l’étude, le questionnaire d’enquête et une enveloppe affranchie pour renvoyer le tout à l’équipe de recherche, qui devait aussi demander l’autorisation aux participantes de consigner leurs coordonnées pour les contacter dans le cadre de l’étude. Les participantes ont donné leur consentement éclairé par écrit une semaine plus tard, ce qui leur a laissé le temps de lire l’information relative à l’étude avant d’accepter d’y participer. En moyenne, les participantes ont mis 60 minutes pour remplir le questionnaire. L’enquête auto-administrée a été retournée par la poste, transmise en ligne ou remise en personne entre janvier 2021 et décembre 2022.
Mesures et outils de collectes de données
Le questionnaire d’enquête sur les soins de soutien en cas de cancer du sein (accessible dans le dossier complémentaire) comporte trois sections; il a été conçu expressément pour l’étude à partir de la littérature sur le sujet et d’instruments de mesure validés. Les questions démographiques ont été adaptées à partir de la version 2 de la trousse Breast Cancer Awareness Measure (Breast CAM); elles portaient sur l’âge, l’état civil, le niveau de scolarité, le statut d’emploi, les antécédents familiaux et le recours aux médecins généralistes; (Htay et al. 2020; Liu et al., 2020). Les questions sur les soins de soutien étaient inspirées du questionnaire sur la navigation des patients atteints de cancer (Cancer Survivor Navigation Questionnaire) de l’étude de cohorte des communautés du Sud (Southern Community Cohort Study ou SCCS) (Signorello et al., 2010); elles portaient sur le diagnostic, la prise de décisions relatives au traitement, les soins de soutien et la qualité de vie. L’enquête a été adaptée au contexte britan-no-colombien, revue et validée par des experts en la matière. On a fait appel à un groupe de spécialistes pour peaufiner le questionnaire et s’assurer qu’il répondait bien aux objectifs de l’étude, ce qui garantissait d’autant plus la validité du contenu. Le questionnaire a été mis à l’essai auprès des participantes afin d’en vérifier la lisibilité, l’intelligibilité et la compréhension. Dans l’ensemble de l’échantillon, l’outil obtenait un bon coefficient de validité (r = 0,83).
Les participantes atteintes de cancer du sein ont répondu à l’enquête sur les soins de soutien (encadré 1),qui contenait des questions sur la démographie et la santé (9 items, A1–A9) et sur l’aide à la décision (8 items, B1-B8); cette dernière section portait sur le choix de voir un professionnel de la santé, les consultations, les visites aux urgences, le traitement du cancer, les services de santé, la participation aux soins, les décisions, ainsi que l’accès et le recours aux services de soins de santé. La troisième section abordait l’expérience des soins de soutien; elle comportait 14 items évaluant 3 dimensions, à savoir le traitement médical et les soins de santé (4 items, C1–C4), les avantages du soutien psychosocial (5 items, C5–C9) et les thérapies complémentaires et alternatives (5 items, C10–C14) (encadré 1). En fonction du type de question, toutes les réponses sont classées en « oui » (positives) ou « non » (négatives), recevant respectivement une note de 1 ou 0. Si les réponses sont positives aux 14 items, on obtient un score maximal de 14; à l’inverse, si toutes les réponses sont négatives, la note est de 0. La catégorie « oui » regroupe toutes les réponses ayant une valeur de 1, comme « oui », « très informée et satisfaite », « très efficace », « très préparée » et « très facile ». La catégorie « non » comprend les réponses ayant reçu une note de 0, c’est-à-dire « non », « pas informée et insatisfaite », « pas efficace », « pas préparée » et « difficile » aux questions respectives des différents sous-domaines. Les sous-scores ont été calculés en additionnant les items de chacun des sous-domaines : traitement médical et soins de santé (4), avantages du soutien psychosocial (5) et thérapies complémentaires et alternatives (5). Le score total de l’enquête correspond à la somme des 3 sous-dimensions, soit un total de 14 items. Les scores des sous-domaines et le score total ont par la suite servi à l’analyse.
Analyse des données
Les données ont été soumises à des calculs de statistiques descriptives et inférentielles réalisés à l’aide de la version 25 de SPSS. Les fréquences ont été établies pour toutes les variables, et les scores calculés pour chaque sous-domaine et pour l’ensemble du questionnaire. Les différences entre les caractéristiques démographiques et l’expérience des soins de soutien ont été examinées pour des variables continues à l’aide d’une analyse de variance (ANOVA) à un critère de classification. Le résumé du modèle d’ANOVA a permis d’expliquer la variance dans les données, tandis que le modèle de régression linéaire multiple a permis de cerner les caractéristiques démographiques et de santé qui influencent l’expérience des soins de soutien. Des intervalles de confiance ont été calculés pour déterminer les fourchettes probables de différences, et pour savoir si ces différences étaient significatives. Le modèle de régression linéaire multiple utilise quant à lui soit les variables indépendantes, comme l’âge, le niveau de scolarité (école professionnelle ou de métier ou premier cycle universitaire), le statut d’emploi (temps partiel), la retraite, le premier diagnostic de cancer du sein et les problèmes de santé après le traitement pour prédire les résultats de l’expérience de soins de soutien, soit les variables dépendantes, dont l’expérience des soins de soutien (score total de l’enquête), le traitement médical et les soins de santé (score de traitement médical), les avantages du soutien psychosocial (score de soutien psychosocial) et les thérapies complémentaires et alternatives (score des thérapies complémentaires). En ce qui concerne l’analyse de régression multiple, une valeur de référence de 0 a été choisie pour le premier groupe de caractéristiques démographiques, de manière à constituer un point de référence qui permette la comparaison avec d’autres groupes. Ces valeurs de base étaient : avoir atteint une scolarité de niveau secondaire, être mariée, avoir un revenu inférieur à 35 000 $ CA, occuper un emploi à temps plein, avoir accès à un omnipraticien, avoir reçu un premier diagnostic de cancer du sein depuis moins de 3 ans, avoir eu un deuxième cancer du sein ou un cancer du sein récurrent dans les 3 dernières années et n’avoir rapporté aucun autre problème de santé.
RÉSULTATS
Caractéristiques démographiques et de santé
Au total, 100 participantes ont répondu à l’enquête, soit un taux de réponse de 93 %. La proportion de participantes âgées de plus de 60 ans était de 46,0 % (tableau 1). En tout, 27 % des participantes avaient des antécédents familiaux de cancer du sein, 28,0 % avaient reçu le diagnostic il y a 3 à 5 ans et 40,0 % ont signalé des problèmes majeurs liés au traitement.
Tableau 1.
Fréquence et proportion des caractéristiques démographiques chez les femmes atteintes d’un cancer du sein
| Déterminants | Catégories | Fréquence (N) | Pourcentage |
|---|---|---|---|
| Âge | Moins de 40 ans | 23,00 | 23,00 |
| De 40 à 60 ans | 31,00 | 31,00 | |
| Plus de 60 ans | 46,00 | 46,00 | |
| Scolarité | Secondaire | 18,00 | 18,00 |
| École professionnelle et de métier | 43,00 | 43,00 | |
| Premier cycle universitaire ou plus | 39,00 | 39,00 | |
| État civil | Mariée ou en union de fait | 73,00 | 73,00 |
| Veuve ou célibataire | 10,00 | 10,00 | |
| Divorcée ou séparée | 17,00 | 17,00 | |
| Statut d’emploi | Temps plein | 34,00 | 34,00 |
| Temps partiel | 22,00 | 22,00 | |
| Retraitée | 44,00 | 44,00 | |
| Antécédents familiaux de cancer du sein | Oui | 27,00 | 27,00 |
| Non | 73,00 | 73,00 | |
| Accès à un professionnel de la santé | Omnipraticien | 86,00 | 86,00 |
| Infirmière praticienne | 3,00 | 3,00 | |
| Oncologue, spécialiste | 11,00 | 11,00 | |
| Premier diagnostic de cancer du sein | Moins de 3 ans | 32,00 | 32,00 |
| 3 à 5 ans | 28,00 | 28,00 | |
| 6 à 10 ans | 13,00 | 13,00 | |
| Plus de 10 ans | 27,00 | 27,00 | |
| Indice de problèmes de santé après le traitement | Aucun (0) | 18,00 | 18,00 |
| Problèmes mineurs (1 à 3) | 7,00 | 7,00 | |
| Problèmes modérés (4 à 6) | 35,00 | 35,00 | |
| Problèmes majeurs (> 7) | 40,00 | 40,00 |
Aide à la décision
Une grande partie de l’échantillon (77,0 %) a rapporté des problèmes majeurs ou modérés ayant nécessité une visite aux urgences (tableau 2). De plus, 52 % des participantes ont dit se sentir mal informées sur les services de santé, et 20,0 %, moyennement informées. Enfin, 35 % des répondantes n’ont pas bénéficié d’un suivi ou de conseils de la part de professionnels de la santé.
Tableau 2.
Fréquence et proportion des caractéristiques de soutien à la décision des femmes atteintes d’un cancer du sein
| Déterminants | Catégories | Fréquence (N) | Pourcentage |
|---|---|---|---|
| Consultation à cause d’un problème de santé et conseils obtenus auprès de professionnels de la santé | Oui | 76,00 | 76,0 % |
| Nom | 24,00 | 24,0 % | |
| Suivi et conseils prodigués par des professionnels de la santé | Omnipraticien | 10,00 | 13,2 % |
| Infirmière praticienne | 5,00 | 6,6 % | |
| Oncologue, spécialiste | 35,00 | 46,1 % | |
| Chirurgien, chirurgie plastique, Chirurgien, reconstruction | 16,00 | 21,1 % | |
| Infirmière autorisée | 3,00 | 3,9 % | |
| Physiothérapeute, nutritionniste, pharmacien, psychologue, travailleur social, conseiller psychologique | 1,00 | 1,3 % | |
| Massothérapeute, physiothérapeute | 6,00 | 7,9 % | |
| Visite aux urgences à cause de problèmes dus au traitement | Problèmes majeurs à modérés | 77,00 | 77,0 % |
| Problèmes mineurs à négligeables | 23,00 | 23,0 % | |
| Niveau d’information sur les effets du traitement | Bien informée | 31,00 | 31,0 % |
| Partiellement informée | 23,00 | 23,0 % | |
| Pas informée | 46,00 | 46,0 % | |
| Niveau d’information sur les services de santé | Très informée | 28,00 | 28,0 % |
| Plutôt informée | 20,00 | 20,0 % | |
| Pas informée | 52,00 | 52,0 % | |
| Participation de la patiente au plan de traitement | Très satisfaite | 3,00 | 13,0 % |
| Partiellement satisfaite | 13,00 | 56,5 % | |
| Insatisfaite | 7,00 | 30,4 % | |
| Accès et recours aux services de santé | Très satisfaite | 45,00 | 45,0 % |
| Plutôt satisfaite | 20,00 | 20,0 % | |
| Insatisfaite | 17,00 | 17,0 % | |
| Pas au courant | 18,00 | 18,0 % |
Expérience des soins de soutien et caractéristiques démographiques
Chaque variable démographique et sous-groupe a été fait l’objet d’une analyse pour détecter toute différence significative entre ces caractéristiques, en utilisant pour ce faire le score total moyen du questionnaire et celui de chacun des sous-domaines (tableau 3). On a constaté des différences statistiquement significatives entre les trois groupes au niveau du score moyen, qui était de 8,65 pour les personnes de moins de 40 ans, suivi de 7,29 pour les participantes âgées de 40 à 60 ans, et de 6,59 pour les plus de 60 ans de 6,59 (p = 0,00). Une tendance similaire ainsi que des différences statistiquement significatives ont été observées pour tous les scores relatifs aux traitements médicaux, au soutien psychosocial et aux thérapies complémentaires, les participantes les plus jeunes ayant obtenu le score le plus élevé, suivis du groupe des 40 à 60 ans, puis des répondantes de plus de 60 ans.
Tableau 3.
Différences (selon l’ANOVA) dans l’expérience des soins de soutien selon les caractéristiques démographiques
| Soins de soutien et caractéristiques démographiques | Catégories | Moyenne ± écart type | Intervalle de confiance à 95 %, moyenne de l’intervalle inférieur et supérieur | Seuil de signification statistique p < 0.05* ns = non significatif |
|---|---|---|---|---|
| Groupe d’âge et score total | Moins de 40 | 8,65±2,03 | 7,77–9,53 | |
| 40–60 | 7,29±3,09 | 6,16–8,42 | ||
| Plus de 60 | 6,59±2,23 | 5,92–7,25 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,00* | |
| Groupe d’âge et score de traitement médical | Moins de 40 | 2,87±0,96 | 2,45–3,29 | |
| 40–60 | 2,45±1,17 | 2,02–2,88 | ||
| Plus de 60 | 2,09±1,17 | 1,74–2,43 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,02* | |
| Groupe d’âge et score de soutien psychosocial | Moins de 40 | 2,35±1,11 | 1,87–2,83 | |
| 40–60 | 2,06±1,31 | 1,58–2,55 | ||
| Plus de 60 | 1,91±1,34 | 1,51–2,31 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,42ns | |
| Groupe d’âge et score de thérapies complémentaires | Moins de 40 | 3,43±1,19 | 2,92–3,95 | |
| 40–60 | 2,77±1,68 | 2,16–3,39 | ||
| Plus de 60 | 2,59±1,42 | 2,16–3,01 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,05* | |
| Scolarité et score total | Secondaire | 5,44±2,57 | 4,17±6,72 | |
| École professionnelle et de métier | 7,02±2,36 | 6,30–7,75 | ||
| Premier cycle universitaire et plus | 8,41±2,33 | 7,65–9,17 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 0,00* | ||
| Scolarité et score de traitement médical | Secondaire | 1,78±0,87 | 1,34–2,21 | |
| École professionnelle et de métier | 2,37±1,19 | 2,00–2,74 | ||
| Premier cycle universitaire et plus | 2,67±1,15 | 2,29–3,04 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 0,02* | ||
| Scolarité et score de soutien psychosocial | Secondaire | 1,61±1,57 | 0,83–2,40 | |
| École professionnelle et de métier | 1,91±1,26 | 1,52–2,30 | ||
| Premier cycle universitaire et plus | 2,44±1,07 | 2,09–2,78 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 0,04* | ||
| Scolarité et score de thérapies complémentaires | Secondaire | 2,06±1,34 | 1,38–2,73 | |
| École professionnelle et de métier | 2,74±1,39 | 2,31–3,17 | ||
| Premier cycle universitaire et plus | 3,31±1,50 | 2,82–3,80 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 0,01* | ||
| État civil et score total | Mariée, en union de fait | 7,51±2,72 | 6,87–8,14 | |
| Veuve, célibataire | 7,40±2,71 | 5,46–9,34 | ||
| Divorcée, séparée | 6,24±1,64 | 5,39–7,08 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,19ns | |
| État civil et score de traitement médical | Mariée, en union de fait | 2,42±1,01 | 2,19–2,66 | |
| Veuve, célibataire | 2,40±1,43 | 1,38–3,42 | ||
| Divorcée, séparée | 2,18±1,59 | 1,36–2,99 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,73ns | |
| État civil et score de soutien psychosocial | Mariée, en union de fait | 2,01±1,26 | 1,72–2,31 | |
| Veuve, célibataire | 2,30±0,94 | 1,62–2,98 | ||
| Divorcée, séparée | 2,12±1,57 | 1,31–2,93 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,79ns | |
| État civil et score de thérapies complémentaires | Mariée, en union de fait | 3,07±1,41 | 2,74–3,40 | |
| Veuve, célibataire | 2,70±1,56 | 1,58–3,82 | ||
| Divorcée, séparée | 1,94±1,47 | 1,18–2,70 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,01* | |
| Statut d’emploi et score total | Temps plein | 7,94±2,46 | 7,08–8,80 | |
| Temps partiel | 7,45±2,04 | 6,55–8,36 | ||
| Retraitée | 6,68±2,85 | 5,81–7,55 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,05* | |
| Statut d’emploi et score de traitement médical | Temps plein | 2,73±1,30 | 2,10–3,01 | |
| Temps partiel | 2,56±0,93 | 2,31–3,14 | ||
| Retraitée | 2,07±1,08 | 1,74–2,40 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,05* | |
| Statut d’emploi et score de soutien psychosocial | Temps plein | 2,24±1,41 | 1,74–2,73 | |
| Temps partiel | 2,18±0,95 | 1,76–2,61 | ||
| Retraitée | 1,86±1,32 | 1,46–2,27 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,39ns | |
| Statut d’emploi et score de thérapies complémentaire | Temps plein | 3,15±1,28 | 2,70–3,59 | |
| Temps partiel | 2,55±1,65 | 1,81–3,28 | ||
| Retraitée | 2,75±1,54 | 2,28–3,22 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,29ns |
Remarque. Le score de traitement médical regroupe les questions sur les traitements et l’état de santé. Le score de soutien psychosocial résume les avantages du soutien psychosocial. Le score de thérapies complémentaires regroupe les questions sur les traitements complémentaires et alternatifs.
p < 0,05*
ns = non significatif
Le score total moyen présentait également des différences statistiquement significatives entre les trois groupes pour ce qui touche le niveau de scolarité; il était de 8,41 pour les personnes ayant terminé au moins le premier cycle universitaire, suivi de 7,02 pour les participantes ayant fréquenté une école professionnelle ou de métier, et de 5,44 pour celles qui détenaient un diplôme d’études secondaires (p = 0,00). On observe les mêmes différences statistiquement significatives dans les scores de traitement médical, de soutien psychosocial et de thérapies complémentaires : les personnes ayant terminé au moins le premier cycle universitaire ont obtenu la note la plus élevée, suivi des participantes ayant fréquenté une école professionnelle ou de métier et du groupe détenant un diplôme d’études secondaires (tableau 3).
Selon les résultats de l’ANOVA, les femmes âgées de moins de 40 ans obtiennent des scores plus élevés pour l’ensemble de l’enquête, et les différences sont statistiquement significatives entre les scores de traitement médical et de thérapies complémentaires. Pour les répondantes ayant un niveau de scolarité plus élevé, les différences sont significatives dans les scores de l’enquête totale, du traitement médical, du soutien psychosocial et des thérapies complémentaires. Chez les participantes mariées ou en union de fait, on constate une différence statistiquement significative dans les scores de thérapies complémentaires. Pour les personnes occupant un emploi à temps plein, on observe des différences statistiquement significatives dans le score total et le score de traitement médical.
Expérience des soins de soutien et caractéristiques de santé
Chacune des variables de santé et les sous-groupes correspondants ont été analysés pour savoir s’il existait des différences significatives entre les caractéristiques de santé, les scores moyens totaux de l’enquête et ceux des sous-domaines (tableau 4). Le score total moyen présentait des différences statistiquement significatives entre les trois groupes; il était de 8,46 pour les personnes ayant reçu leur premier diagnostic de cancer du sein il y a 3 à 5 ans, de 7,31 pour celles dont le diagnostic remontait à moins de 3 ans, et de 6,69 pour les diagnostics posés il y a 6 à 10 ans (p = 0,01). Les différences statistiquement significatives suivaient une tendance similaire pour tous les scores de traitement médical, de soutien psychosocial et de thérapie complémentaire : le groupe ayant reçu son diagnostic de cancer il y a 3 à 5 ans présentait le score le plus élevé, suivi des participantes dont le diagnostic remontait à moins de 3 ans, puis de celles chez qui la maladie avait été détectée il y a plus de 10 ans. Les participantes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein rapportent des scores de soutien psychosocial et de thérapies complémentaires significativement plus élevés que les scores de traitement médical. Les participantes dont le premier diagnostic de cancer du sein avait été posé au cours des 3 à 5 dernières années présentaient des scores significativement plus élevés pour l’ensemble de l’enquête, le traitement médical, le soutien psychosocial et les thérapies complémentaires que celles dont le diagnostic remontait à moins de 3 ans, 6 à 10 ans ou plus de 10 ans. Les participantes ayant un indice élevé de problèmes de santé, signe de troubles majeurs, présentaient des scores de soutien psychosocial significativement plus élevés que les femmes n’ayant pas de problèmes de santé, ou dont les ennuis de santé étaient mineurs ou modérés.
Tableau 4.
Différences (selon l’ANOVA) dans les soins de soutien selon les caractéristiques de santé
| Soins de soutien et caractéristiques de santé | Catégories | Moyenne ± écart type | Intervalle de confiance à 95 %, moyenne de l’intervalle inférieur et supérieur | Seuil de signification statistique p < 0.05* ns = non significatif |
|---|---|---|---|---|
| Antécédents familiaux de cancer du sein et score total | Oui | 7,30±2,30 | 6,39–8,21 | |
| Non | 7,27±2,71 | 6,64–7,91 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,17ns | |
| Antécédents familiaux de cancer du sein et score de traitement médical | Oui | 2,41±1,04 | 1,99–2,82 | |
| Non | 2,37±1,20 | 2,09–2,65 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,13ns | |
| Antécédents familiaux de cancer du sein et score de soutien psychosocial | Oui | 2,33±1,10 | 1,89–2,77 | |
| Non | 1,96±1,33 | 1,65–2,27 | ||
| Total | 2,25±1,13 | 1,80–2,32 | 0,05* | |
| Antécédents familiaux de cancer du sein et score de thérapies complémentaires | Oui | 2,95±1,52 | 1,95–3,16 | |
| Non | 2,56±1,47 | 2,60–3,29 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,05* | |
| Premier diagnostic de cancer du sein et score total | Moins de 3 ans | 7,31±2,34 | 6,47–8,16 | |
| Entre 3 et 5 ans | 8,46±2,13 | 7,64–9,29 | ||
| Entre 6 et 10 ans | 6,69±2,98 | 4,89–8,49 | ||
| Plus de 10 ans | 6,30±2,75 | 5,21–7,39 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,01* | |
| Premier diagnostic de cancer du sein et score de traitement médical | Moins de 3 ans | 2,66±0,93 | 2,32–2,99 | |
| Entre 3 et 5 ans | 2,79±1,03 | 2,39–3,19 | ||
| Entre 6 et 10 ans | 2,00±1,35 | 1,18–2,82 | ||
| Plus de 10 ans | 1,81±1,21 | 1,34–2,29 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,00* | |
| Premier diagnostic de cancer du sein et score de soutien psychosocial | Moins de 3 ans | 1,63±1,28 | 1,16–2,09 | |
| Entre 3 et 5 ans | 2,62±1,15 | 1,84–2,73 | ||
| Entre 6 et 10 ans | 2,29±1,44 | 1,74–3,49 | ||
| Plus de 10 ans | 2,07±1,23 | 1,58–2,56 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,05* | |
| Premier diagnostic de cancer du sein et score de thérapies complémentaires | Moins de 3 ans | 3,03±1,44 | 2,51–3,55 | |
| Entre 3 et 5 ans | 3,39±1,34 | 2,87–3,91 | ||
| Entre 6 et 10 ans | 2,08±1,65 | 1,08–3,08 | ||
| Plus de 10 ans | 2,41±1,39 | 1,86–2,96 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,01* | |
| Problèmes de santé et score total | Aucun problème | 6,35±2,76 | 4,93–7,77 | |
| Problèmes majeurs (> 7) | 7,71±3,09 | 4,85–10,5 | ||
| Problèmes modérés (4–6) | 7,25±2,45 | 6,42–8,08 | ||
| Problèmes mineurs (1–3) | 7,63±2,56 | 6,80–8,45 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,38ns | |
| Problèmes de santé et score de traitement médical | Aucun problème | 1,76±0,75 | 1,38–2,15 | |
| Problèmes majeurs (> 7) | 2,71±1,38 | 1,44–3,99 | ||
| Problèmes modérés (4–6) | 2,56±1,08 | 2,19–2,92 | ||
| Problèmes mineurs (1–3) | 2,42±1,27 | 2,02–2,83 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,99ns | |
| Problèmes de santé et score de soutien psychosocial | Aucun problème | 1,88±1,45 | 1,14–2,63 | |
| Problèmes majeurs (> 7) | 1,43±0,78 | 0,70–2,16 | ||
| Problèmes modérés (4–6) | 1,83±1,36 | 1,37–2,29 | ||
| Problèmes mineurs (1–3) | 2,45±1,13 | 2,09–2,81 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,04* | |
| Problèmes de santé et score de thérapies complémentaires | Aucun problème | 2,71±1,44 | 1,96–3,45 | |
| Problèmes majeurs (> 7) | 3,57±1,27 | 2,39–4,75 | ||
| Problèmes modérés (4–6) | 2,86±1,41 | 2,38–3,34 | ||
| Problèmes mineurs (1–3) | 2,75±1,61 | 2,23–3,27 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,58ns | |
| Professionnel de la santé – Consultation, conseils, suivi et score total | Oui | 7,47±2,53 | 6,92–8,02 | |
| Non | 6,35±2,76 | 4,93–7,77 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,10ns | |
| Professionnel de la santé – Consultation, conseils, suivi et score de traitement médical | Oui | 2,51±1,19 | 2,25–2,77 | |
| Non | 1,76±0,75 | 1,38–2,15 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,01* | |
| Professionnel de la santé – Consultation, conseils, suivi et score de soutien psychosocial | Oui | 2,10±1,25 | 1,82–2,37 | |
| Non | 1,88±1,45 | 1,14–2,63 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,53ns | |
| Professionnel de la santé – onsultation, conseils, suivi et score de thérapies complémentaires | Oui | 2,87±1,50 | 2,54–3,20 | |
| Non | 2,71±1,44 | 1,96–3,45 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 2,50–3,30 | 0,10ns | |
| Accès aux professionnels de la santé et score total | Omnipraticien | 7,27±2,61 | 6,71–7,83 | |
| Infirmière praticienne | 9,33±2,08 | 4,16–14,50 | ||
| Oncologue, spécialiste | 6,82±2,56 | 5,10–8,54 | ||
| Total | 7,28±2,59 | 6,76–7,80 | 0,33ns | |
| Accès aux professionnels de la santé et score de traitement médical | Omnipraticien | 2,43±1,14 | 2,19–2,68 | |
| Infirmière praticienne | 2,67±1,52 | −1,13–6,46 | ||
| Oncologue, spécialiste | 1,91±1,22 | 1,09–2,73 | ||
| Total | 2,38±1,16 | 2,15–2,61 | 0,34ns | |
| Accès aux professionnels de la santé et score de soutien psychosocial | Omnipraticien | 1,99±1,31 | 1,71–2,27 | |
| Infirmière praticienne | 2,67±0,57 | 1,23–4,10 | ||
| Oncologue, spécialiste | 2,45±1,12 | 1,70–3,21 | ||
| Total | 2,06±1,28 | 1,80–2,32 | 0,37ns | |
| Accès aux professionnels de la santé et score de thérapies complémentaires | Omnipraticien | 2,85±1,47 | 2,53–3,17 | |
| Infirmière praticienne | 4,00±1,00 | 1,52–6,48 | ||
| Oncologue, spécialiste | 2,45±1,63 | 1,36–3,55 | ||
| Total | 2,84±1,48 | 2,54–3,14 | 0,28ns |
Remarque. Le score de traitement médical regroupe les questions sur les traitements et l’état de santé. Le score de soutien psychosocial résume les avantages du soutien psychosocial. Le score de thérapies complémentaires regroupe les questions sur les traitements complémentaires et alternatifs.
Modèle de régression linéaire multiple
Un modèle de régression linéaire multiple a été utilisé pour explorer les relations entre les variables démographiques et les variables liées à la santé d’une part, et le score total de l’enquête et chacun des trois sous-domaines d’autre part, en tant que variables dépendantes (tableaux 5, 6, 7 et 8).
Tableau 5.
Analyse de régression linéaire multiple entre le score total et les caractéristiques démographiques et de santé
| Coefficientsa | Coefficients non normalisés | Coefficients normalisés | Seuil de signification statistique | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Modèlesc | Bêta | Erreur type | Bêta | t | p < 0.05* |
| Variables explicativesb (Constante) | 9,87 | 1,56 | 6,31 | 0,00* | |
| Âge | |||||
| Référence : Moins de 40 ans | −0,07 | 0,02 | −0,35 | −2,80 | 0,00* |
| École professionnelle et de métier | 0,77 | 0,69 | 0,14 | 1,11 | 0,26ns |
| Premier cycle universitaire Référence : Secondaire |
2,10 | 0,72 | 0,39 | 2,91 | 0,00* |
| Temps partiel | −0,37 | 0,66 | −0,06 | −0,56 | 0,57ns |
| Retraitée Référence : Temps plein |
0,08 | 0,68 | 0,01 | 0,12 | 0,90ns |
| Premier diagnostic de cancer il y a 3 à 5 ans | 1,65 | 0,61 | 0,28 | 2,71 | 0,00* |
| 6 à 10 ans | 0,33 | 0,78 | 0,03 | 0,42 | 0,67ns |
| Plus de 10 ans Référence : Moins de 3 ans |
0,56 | 0,68 | 0,09 | 0,81 | 0,41ns |
| Problèmes de santé après le traitement Référence : aucun problème |
−0,16 | 0,47 | −0,03 | −0,34 | 0,73ns |
Variable dépendante : Score total des soins de soutien.
Variable explicative : (Constante), Accès ou non à des professionnels de la santé, présence ou non de problèmes de santé, personne retraitée, scolarité de premier cycle universitaire, 3 à 5 ans, 6 à 10 ans, emploi à temps partiel, plus de 10 ans, âge, école professionnelle et de métier. Variable explicative : (Constante), Accès ou non à des professionnels de la santé, présence ou non de problèmes de santé, personne retraitée, scolarité de premier cycle universitaire, 3 à 5 ans, 6 à 10 ans, emploi à temps partiel, plus de 10 ans, âge, école professionnelle et de métier.
Modèle d’ANOVA : R = 0,56b, R2 = 0,31b. R2 ajusté = 0,5, Somme des carrés = 213,15, df = 9, carré moyen = 23,68.
Seuil de signification statistique : p < 0,00*, ns = non significatif.
Tableau 6.
Analyse de régression linéaire multiple entre le score de traitement médical et les caractéristiques démographiques et de santé
| Coefficientsa | Coefficients non normalisés | Coefficients normalisés | Seuil de signification statistique | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Modèlesc | Bêta | Erreur type | Bêta | t | p < 0.05* |
| Variables explicativesb (Constante) | 3,31 | 0,74 | 4,45 | 0,00* | |
| Âge Référence : Moins de 40 ans |
−0,01 | 0,01 | −0,11 | −0,89 | 0,37ns |
| École professionnelle et de métier | 0,41 | 0,33 | 0,18 | 1,26 | 0,20ns |
| Premier cycle universitaire Référence : Secondaire |
0,69 | 0,34 | 0,29 | 2,03 | 0,04* |
| Temps partiel | 0,37 | 0,31 | 0,13 | 1,19 | 0,23ns |
| Retraitée Référence : Temps plein |
−0,05 | 0,32 | −0,02 | −0,16 | 0,87ns |
| Premier diagnostic de cancer il y a 3 à 5 ans | 0,14 | 0,29 | 0,05 | 0,48 | 0,63ns |
| 6 à 10 ans | −0,57 | 0,37 | −0,16 | −1,55 | 0,12ns |
| Plus de 10 ans Référence : Moins de 3 ans |
−0,39 | 0,32 | −0,15 | −1,21 | 0,22ns |
| Problèmes de santé après le traitement Référence : aucun problème |
−0,43 | 0,22 | −0,18 | −1,91 | 0,05* |
Résumé du modèle : variable dépendante : Score de traitement médical.
Variables explicatives : (Constante), présence ou absence de problèmes de santé, retraité, scolarité de premier cycle universitaire, 3 à 5 ans, 6 à 10 ans, emploi à temps partiel, plus de 10 ans, âge, école professionnelle et de métier.
Modèle d’ANOVA : R = 0,48a, R2 = 0,23, R2 ajusté = 0,13, somme des carrés = 30,71, df = 9, carré moyen = 3,41
Seuil de signification statistique : p < 0.00*, ns = non significatif.
Tableau 7.
Analyse de régression linéaire multiple entre les scores d’avantages psychosociaux et les caractéristiques démographiques et de santé
| Coefficientsa | Coefficients non normalisés | Coefficients normalisés | Seuil de signification statistique | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Modèlesc | Bêta | Erreur type | Bêta | t | p < 0.05* |
| Variables explicativesb (Constante) | 1,75 | 0,82 | 2,13 | 0,03* | |
| Âge | |||||
| Référence : Moins de 40 ans | −0,02 | 0,01 | −0,22 | −1,69 | 0,04* |
| École professionnelle et de métier | 0,10 | 0,36 | 0,04 | 0,28 | 0,77ns |
| Premier cycle universitaire Référence : Secondaire | 0,69 | 0,37 | 0,26 | 1,84 | 0,04* |
| Temps partiel | −0,23 | 0,34 | −0,07 | −0,68 | 0,49ns |
| Retraitée | |||||
| Référence : Temps plein | −0,22 | 0,35 | −0,08 | −0,63 | 0,52ns |
| Premier diagnostic de cancer il y a 3 à 5 ans | 0,80 | 0,32 | 0,28 | 2,51 | 0,01* |
| 6 à 10 ans | 1,35 | 0,40 | 0,35 | 3,31 | 0,00* |
| Plus de 10 ans | |||||
| Référence : Moins de 3 ans | 1,00 | 0,36 | 0,34 | 2,77 | 0,00* |
| Problèmes de santé après le traitement | |||||
| Référence : aucun problème | 0,49 | 0,25 | 0,19 | 1,98 | 0,05* |
Résumé du modèle : variable dépendante : score d’avantages du soutien psychosocial.
Variables explicatives : (Constante), présence ou non de problèmes de santé, retraitée, scolarité de premier cycle universitaire, 3–5 ans, 6–10 ans, emploi à temps partiel, plus de 10 ans, âge, école professionnelle et de métier.
Modèle d’ANOVA : R = 0,48b R2 = 0,23, R2 ajusté = 0,15, somme des carrées = 38,26, df = 9, carré moyen = 4,5.
Seuil de signification statistique : p < 0.00*, ns = non significatif.
Tableau 8.
Analyse de régression linéaire multiple entre le score de thérapies complémentaires et les caractéristiques démographiques et de santé
| Coefficientsa | Coefficients non normalisés | Coefficients normalisés | Seuil de signification statistique | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Modèlesc | Bêta | Erreur type | Bêta | t | p < 0.05* |
| Variables explicativesb (Constante) | 4,81 | 0,94 | 5,09 | 0,00* | |
| Âge | |||||
| Référence : Moins de 40 ans | −0,03 | 0,01 | −0,32 | −2,46 | 0,01* |
| École professionnelle et de métier | 0,25 | 0,42 | 0,08 | 0,59 | 0,55ns |
| Premier cycle universitaire Référence : Secondaire | 0,70 | 0,43 | 0,22 | 1,62 | 0,10ns |
| Temps partiel | −0,51 | 0,40 | −0,14 | −1,27 | 0,20ns |
| Retraitée | |||||
| Référence : Temps plein | 0,36 | 0,43 | 0,12 | 0,87 | 0,38ns |
| Premier diagnostic de cancer il y a 3 à 5 ans | 0,71 | 0,36 | 0,21 | 1,93 | 0,05* |
| 6 à 10 ans | −0,45 | 0,47 | −0,10 | −0,96 | 0,33ns |
| Plus de 10 ans Référence : Moins de 3 ans | −0,04 | 0,41 | −0,01 | −0,10 | 0,91ns |
| Problèmes de santé après le traitement | |||||
| Référence : aucun problème | −0,22 | 0,28 | −0,07 | −0,77 | 0,43ns |
Résumé du modèle : variable dépendante : score de thérapies complémentaires.
Variables explicatives : (Constante), présence ou non de problèmes de santé, retraitée, scolarité de premier cycle universitaire, 3–5 ans, 6–10 ans, emploi à temps partiel, plus de 10 ans, âge, école professionnelle et de métier.
Modèle d’ANOVA : R = 0,49b, R2 = 0,24, R2 ajusté = 0,16, somme des carrés = 53,32, df = 9.
Seuil de signification statistique : p < 0.00*, ns = non significatif.
L’analyse de régression multiple des scores totaux de l’enquête, réalisée à l’aide des variables explicatives, a un niveau modéré de pouvoir prédictif; elle explique 31 % de la variance des scores totaux (tableau 5). La valeur de signification statistique (p = 0,000) montre que le modèle est fiable pour prédire l’expérience des soins de soutien. La combinaison de l’âge (moins de 40 ans), du niveau de scolarité (premier cycle universitaire) et du temps écoulé depuis le diagnostic (3 à 5 ans) est associée à des scores totaux plus élevés, où R2 = 31 %; ces facteurs expliquent donc 31 % de la variation dans l’expérience des soins de soutien mesurée à l’aide du modèle prédictif.
L’analyse de régression multiple des scores de traitement médical et de soins de santé effectuée sur les variables explicatives montre une association modérée entre les variables prédictives et le score de traitement médical et la possibilité de prédire de manière significative le comportement de la variable dépendante (tableau 6). L’analyse a permis de mettre au jour deux grands facteurs permettant de savoir si le score de traitement médical sera élevé, à savoir une scolarité de premier cycle universitaire et la présence de problèmes de santé après le traitement. La combinaison linéaire de ces deux facteurs produit des scores de traitement médical plus élevés, où R2 = 23 %, et expliquent 23 % de la variation du traitement médical et des soins de santé dans le modèle prédictif.
L’analyse de régression multiple des scores de soutien psychosocial effectuée à partir des variables explicatives montre une association modérément forte entre les facteurs de prédiction et le score des avantages du soutien psychosocial, ce qui permet de prédire de manière significative la variable dépendante (tableau 7). La combinaison linéaire de l’âge, du niveau de scolarité (premier cycle universitaire), du premier diagnostic de cancer du sein il y a 3 et 5 ans, entre 6 et 10 ans et plus de 10 ans, et des problèmes de santé dus au traitement a montré un score de soutien psychosocial plus élevé, où R2 = 23 %; ces facteurs expliquent donc 23 % de la variation des avantages du soutien psychosocial dans le modèle prédictif.
L’analyse de régression multiple des scores de thérapies complémentaires et alternatives avec les variables explicatives montre une association modérée, ainsi que la capacité de prédire de manière significative la variable dépendante (tableau 8). L’analyse a mis au jour une combinaison linéaire de facteurs indiquant des scores plus élevés pour les thérapies complémentaires chez les femmes de moins de 40 ans dont le premier diagnostic de cancer avait été posé il y a 3 à 5 ans, où R2 = 24 %; ces facteurs expliquent donc 24 % de la variation du score de thérapies complémentaires et alternatives dans le modèle prédictif.
DISCUSSION
La présente étude transversale avait pour but de comprendre les déterminants de l’expérience des soins de soutien vécue par les femmes de la Colombie-Britannique ayant reçu un diagnostic de cancer. Les femmes ont été recrutées en région rurale et le temps écoulé depuis le diagnostic de cancer était variable.
Parmi les participantes, 27 % présentaient des antécédents familiaux de cancer du sein, 28 % avaient reçu leur diagnostic il y a 3 à 5 ans, et 40 % ont fait état de problèmes majeurs causés par le traitement. Ces observations ont aussi été rapportées dans d’autres études. D’Souza et collaborateurs (2022a) avaient aussi rapporté des problèmes dus au traitement, ayant observé que 46 % des femmes n’étaient pas au courant des effets secondaires du traitement; cela montre à quel point les patientes ne sont pas toujours préparées aux difficultés qui les attendent. Bien sûr, les divers symptômes liés au vieillissement s’intensifient, et les symptômes liés au cancer ne sont pas en reste (Echeverri et al., 2018). Un niveau de scolarité plus faible est associé à de moins bonnes connaissances sur le cancer, à une moins bonne aptitude à comprendre l’information sur la santé ainsi qu’à des difficultés à s’y retrouver dans le système de santé, ce qui peut entraîner des retards de diagnostic et une adhésion thérapeutique sous-optimale (Echeverri et al., 2018; Etindele Sosso et al., 2022).
Les participantes plus jeunes, ayant un meilleur niveau de scolarité, mariées et travaillant à temps plein obtiennent généralement des scores plus élevés, en particulier dans les domaines du traitement médical et des thérapies complémentaires. Les participantes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein ont quant à elles obtenu des scores plus hauts en matière de soutien social et de thérapies complémentaires comparativement aux scores de traitement médical; les réponses sont donc plus positives. Les participantes dont le diagnostic avait été posé au cours des 3 à 5 dernières années présentaient les scores de soutien les plus élevés, ce qui suggère l’existence d’une période critique pour l’intervention et le soutien. En tout, 46 % des participantes se sentaient mal informées sur les effets des traitements oncologiques. Ce manque d’information peut accroître l’anxiété, diminuer l’adhésion au traitement et détériorer l’état de santé. Parmi les participantes, 20 % seulement ont dit se sentir moyennement informées au sujet des services de santé disponibles. Si 35 % des participantes ont déclaré avoir bénéficié d’un suivi et de conseils de la part de professionnels de la santé, le soutien n’était toutefois pas jugé adéquat par une grande partie des répondantes.
Les résultats mettent en évidence l’interaction complexe des caractéristiques démographiques et des facteurs de santé dans l’expérience des soins de soutien. Le modèle détermine les facteurs prédictifs de scores élevés ou d’expériences positives, à savoir l’âge (les femmes plus jeunes), la scolarité (premier cycle universitaire) et le temps écoulé depuis le diagnostic (3 à 5 ans). Ces données s’avèrent précieuses pour les professionnels de la santé, qui pourront ainsi adapter les stratégies de soins de soutien aux différents patients et survivants du cancer. Dans la présente étude, les participantes les plus jeunes, celles qui ont terminé un premier cycle universitaire, celles qui sont mariées ou vivent en union libre et celles qui travaillent à temps plein ont obtenu de meilleurs scores pour la participation aux soins. Ce constat va dans le même sens que le fait que 76 % des participantes ont consulté un professionnel de la santé à cause d’effets secondaires du traitement, soulignant ainsi le rôle essentiel que les prestataires de soins jouent dans le soutien des patientes tout au long de l’expérience du cancer du sein. Le nombre de consultations pour cause de problèmes de santé et les conseils des professionnels soulignent l’importance d’apporter du réconfort (Deshwal et Bhuyan, 2016), de l’enseignement, des connaissances et des approches de soins complémentaires aux soins oncologiques. D’Souza et collaborateurs (2022b) ont également souligné l’importance d’un accès immédiat à une couverture d’assurance pour soins médicaux, ainsi que la nécessité d’offrir l’aide d’une infirmière pivot communautaire, du soutien par les pairs et une couverture élargie des soins du cancer.
Dans la présente étude, les participantes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein présentaient des scores plus élevés que les autres. Les femmes chez qui le cancer du sein avait été diagnostiqué il y a 3 à 5 ans ont également obtenu des scores plus élevés que celles dont le diagnostic était plus ancien ou plus récent. Les participantes qui ont rapporté des problèmes de santé majeurs (> 7) bénéficiaient du soutien d’un groupe, le score moyen étant de 2,45 (p = 0,04) ce qui était significativement plus élevé que les pour les participantes n’ayant aucun problème de santé, ou des problèmes mineurs et problèmes modérés. D’autres études ont montré que le soutien était important pour naviguer dans le système de santé et favoriser la santé psychologique (Okati-Aliabad et al., 2022). Il peut être utile de disposer de plusieurs méthodes pour fournir de l’information aux survivantes du cancer afin que cette information puisse être adaptée pour différentes personnes (Herbert et al., 2020).
L’âge, le niveau de scolarité, le temps écoulé depuis le diagnostic et les problèmes de santé actuels semblent être associés à une meilleure perception du soutien psychosocial. Les facteurs démographiques qui influencent les problèmes rencontrés par les populations marginalisées étaient principalement l’âge, le sexe et le nombre d’années de scolarité, chacun jouant un rôle particulier, ce qui montre l’importance de prendre en compte ces facteurs au moment de concevoir des interventions ciblées (D’Souza et al., 2021a). Des différences de scores liées à l’âge ont été observées dans la présente étude, les participantes plus âgées ayant obtenu des scores plus faibles ou vécu des expériences moins positives que les autres. Ce constat d’importance s’inscrit dans la même veine que ceux d’autres recherches ayant mis en évidence la détresse psychologique et la détresse causée par les traitements, deux éléments associés à l’expérience du cancer (İnan et al., 2023). En outre, le fait de ne pas avoir d’assurance-maladie et de vivre des interactions négatives avec les services de santé a des conséquences et réduit l’accès à des soins équitables, un point mis au jour par D’Souza et Mirza (2021). Dans la présente étude, les personnes ayant étudié au premier cycle universitaire avaient souvent des scores de traitement médical plus élevés; les femmes ayant des problèmes de santé graves avaient tendance quant à elles à présenter des scores moins élevés dans ce domaine. Les professionnels de la santé doivent tenir compte des événements stressants de la vie qui empirent les symptômes du vieillissement au moment d’élaborer des plans de soins oncologiques personnalisés et de mettre en œuvre une surveillance régulière des éventuels problèmes liés à l’âge, au niveau de scolarité, au statut d’emploi et au profil de santé général (Echeverri et al., 2018; Etindele Sosso et al., 2022).
Les résultats mettent en lumière les facteurs prédictifs du recours aux thérapies complémentaires chez les participantes, c’est-à-dire l’âge (moins de 40 ans) et le temps écoulé depuis le premier diagnostic de cancer du sein (3 à 5 ans). Cela suggère que les patientes plus jeunes et celles qui se trouvent au milieu de la période post-diagnostic sont plus susceptibles de considérer les thérapies complémentaires comme utiles ou avantageuses. Une autre étude (D’Souza et al., 2022b) a déterminé que le jeune âge, le niveau de scolarité élevé, et le fait de vivre avec un conjoint et d’occuper un emploi à temps plein étaient aussi des facteurs déterminants à cet égard.
Les professionnels de la santé jouent un rôle crucial dans le parcours de soins oncologiques, comme l’ont souligné les participants à une étude de D’Souza et collaborateurs (2023). L’importance d’obtenir des conseils et un suivi auprès des professionnels de la santé, ainsi que de participer aux choix des options de traitement, est un thème qui revient souvent pour améliorer l’issue des traitements du cancer. La scolarité de premier cycle universitaire et la présence de problèmes de santé après le traitement sont des facteurs associés à des scores de traitement médical plus élevés. Cela suggère que le niveau de scolarité et le fait de passer beaucoup de temps à fréquenter le système en raison de problèmes de santé peuvent influencer positivement l’expérience des soins médicaux. Dans la présente étude, les personnes plus âgées obtenaient de moins bons scores de soutien, tandis que les personnes ayant fait des études de premier cycle universitaire avaient tendance à présenter de meilleurs scores dans cette catégorie. Par ailleurs, les personnes qui n’ont pas de problèmes de santé obtiennent généralement des scores de traitement médical plus hauts. Le fait d’avancer en âge était également associé à des scores de thérapies complémentaires plus faibles, tandis qu’ils étaient plus élevés chez les participantes ayant reçu un diagnostic précoce. D’Souza et collaborateurs (2022b) ont souligné l’importance de donner aux survivants assez de temps pour discuter des signes de récidive et des options de traitement avec les professionnels de la santé; cela montre qu’une prise de décision éclairée (Lluch et al., 2023) est essentielle au processus de soins oncologiques.
Dans la présente étude, les caractéristiques démographiques et de santé des participantes expliquent mutuellement les écarts significatifs dans les scores de traitement médical, de soutien social et de thérapies complémentaires. L’âge, le niveau de scolarité et les problèmes de santé semblent être des éléments prédictifs cruciaux, suggérant une interaction complexe de facteurs individuels influençant l’expérience des soins de soutien. Ces résultats mettent en lumière les déterminants de santé et les déterminants démographiques à prendre en compte dans la planification des soins de soutien après le traitement pour les survivantes du cancer du sein vivant en milieu rural.
LIMITES
L’échantillon était de petite taille et constitué de personnes vivant dans les régions rurales de la Colombie-Britannique. Par conséquent, les résultats peuvent ne pas être généralisables aux régions éloignées ou aux grandes villes, qui diffèrent en termes d’accès aux services, d’utilisation des ressources et de mesures de soutien disponibles; la gestion des soins de santé peut également varier d’une région à l’autre. Pour raffiner les modèles prédictifs des soins de soutien, il faudra procéder à une nouvelle étude longitudinale prospective exhaustive qui examinera la capacité de comprendre l’information sur la santé, le revenu, le niveau de vie, l’alimentation, le statut, le rang, la culture et la langue, entre autres facteurs. Cependant, malgré ses limites, la présente étude vient tout de même enrichir la science et l’ensemble des connaissances au sujet des femmes vivant avec un cancer du sein.
IMPLICATIONS POUR LA PRATIQUE
Les professionnels de la santé et les décideurs politiques doivent tenir compte des présents résultats au moment de concevoir et de mettre en œuvre des programmes de soins de soutien et de ressources communautaires en milieu rural. L’adaptation des soins de soutien en fonction de l’âge, du niveau de scolarité, du temps écoulé depuis le diagnostic et des problèmes de santé pourrait améliorer l’efficacité des interventions. Il est essentiel de renseigner les patients sur l’existence des soins de soutien et de les aider à s’orienter dans le système. Accroître l’accès aux centres offrant des soins de soutien, aux services de navigation et aux programmes destinés aux survivants, en particulier dans les zones rurales, pourrait améliorer les résultats et les expériences rapportés par les patients, en plus de garantir un accès rapide aux soins.
Dans son nouveau plan d’action contre le cancer, le gouvernement de la Colombie-Britannique reconnaît la nécessité de soutenir les patients qui doivent se déplacer depuis les localités rurales pour se faire soigner. Pour réduire les inégalités et les disparités qui touchent les populations rurales, il faudrait hausser le financement couvrant les réseaux d’oncologie primaire, les médecins de famille, le transport, les déplacements, l’hébergement, le stationnement et autres dépenses, en plus d’aménager davantage de centres de soins de soutien dans toute la province. Mettre l’accent sur la mobilité et des services de soins de soutien inclusifs sur le plan culturel tout en tenant compte de facteurs comme le vieillissement et l’influence de la culture sur les soins pourrait améliorer les résultats rapportés par les personnes vivant en milieu rural.
Les technologies de santé virtuelle comme la télémédecine pourraient aussi bonifier les soins de soutien dans les régions rurales. Les consultations virtuelles, le suivi à distance, ainsi que les connaissances dans le domaine numérique pourraient aideraient à surmonter les barrières linguistiques, culturelles et géographiques. En outre, pour mieux répondre aux besoins psychosociaux des patients et de leurs proches tout au long de la trajectoire du cancer, il faudra améliorer la disponibilité et l’accessibilité des services de conseil, de nutrition et de réadaptation dans les centres de soins de soutien. Les programmes et services qui y sont offerts pourraient être mieux intégrés aux soins oncologiques afin de bonifier l’expérience des patientes et de leurs proches aidants. Les réseaux de soutien social et les réseaux de survivantes, spécialement conçus pour intervenir auprès des femmes dans leur langue maternelle, seraient aussi des espaces de discussion sûrs et d’un grand secours. Les centres de soins de soutien permettent aux personnes ayant vécu des expériences similaires de tisser des liens; de plus, ils répondent à leurs besoins psychosociaux et créent un sentiment d’appartenance. Ils sont essentiels à l’intégration des réseaux de communication, à la coordination des soins et à la navigation dans le système de santé, ainsi qu’au renforcement des partenariats et des alliances entre les services spécialisés, l’oncologie primaire et les réseaux communautaires.
CONCLUSION
Les résultats de la présente étude soulignent le besoin croissant de soutien psychosocial et affectif pour les survivantes du cancer, étant donné que plus de 70 % d’entre elles sont confrontées à d’importantes difficultés physiques et émotionnelles après le traitement. Les résultats mettent également en évidence les effets secondaires à long terme et les éventuels problèmes qui minent la qualité de vie des survivantes du cancer, ce qui montre la nécessité d’un meilleur accès aux ressources de prise en charge des symptômes, aux services de réadaptation et aux programmes de soins aux survivantes. L’analyse complète des déterminants et des facteurs médiateurs des soins de soutien exposés dans le présent article met en lumière les éléments essentiels pour apprendre à vivre avec le cancer du sein. Elle apporte un éclairage précieux qui permettra d’offrir des soins de soutien selon une perspective holistiques afin d’améliorer le bien-être des personnes atteintes de la maladie.
Supplementary Information
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