RÉSUMÉ
Les stratégies de prévention et les technologies de détection précoce du cancer ont énormément évolué ces dernières années, améliorant considérablement le sort des patients. Cette revue de la littérature scientifique a pour but d’offrir aux infirmières en oncologie, et plus particulièrement à celles qui débutent dans ce domaine, des renseignements détaillés sur ces avancées. Il y sera question de l’adoption de vaccins anticancéreux, du changement de mode de vie et des technologies de détection de pointe – des éléments qui soulignent l’importance du dépistage génétique et génomique pour évaluer la prédisposition au cancer. En plus de faire état de certaines considérations éthiques, la revue porte un œil critique sur la contribution des infirmières en oncologie dans la promotion de ces mesures préventives, insistant sur l’importance des politiques de santé publique qui renforcent leur adoption. En présentant ces avancées, la revue propose une analyse détaillée de la situation et de ce qui est attendu en matière de prévention et de dépistage précoce du cancer, et rappelle l’importance d’améliorer les soins aux patients et les taux de survie.
Mots-clés: prévention du cancer, dépistage précoce, soins infirmiers en oncologie, technologies de détection, vaccins anticancéreux, dépistage génétique, IA en oncologie, considérations éthiques
INTRODUCTION
L’importance de la prévention et du dépistage précoce est bien connue. Cette revue de la littérature scientifique est conçue pour offrir aux infirmières en oncologie, particulièrement aux nouvelles infirmières dans le domaine, une vue d’ensemble des récentes avancées concernant les stratégies de prévention et les technologies de détection précoce. Différents sujets seront abordés, comme l’adoption de vaccins anticancéreux, le changement de mode de vie et les technologies de dépistage, tout en portant un œil critique sur le rôle du dépistage génétique et génomique dans la prévention du cancer. La revue propose également des discussions sur les progrès de l’IA et des considérations éthiques pour chacun des sujets dans le but d’offrir un point de vue critique sur leur impact dans la pratique clinique.
Il est prouvé que le dépistage précoce améliore le sort des patients en détectant la maladie à un stade où le traitement est plus efficace. Par exemple, le dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus grâce à un dépistage périodique réduit considérablement la mortalité et améliore le taux de survie (Dillner, 2019). On observe des avantages similaires dans les programmes de dépistage des cancers colorectal et du poumon, réitérant l’importance de ces interventions en santé publique.
L’évolution des stratégies de prévention du cancer est étroitement liée au développement des vaccins et aux programmes axés sur le changement de mode de vie. La vaccination, contre les virus du papillome humain (VPH) et de l’hépatite B, par exemple, a joué un rôle important dans la prévention des cancers causés par des virus, comme ceux du col de l’utérus et du foie. Ces percées marquent un jalon important dans la prévention du cancer grâce à l’immunisation dans la réduction du risque de cancer, notamment. Le changement de mode de vie, c’est-à-dire arrêter de fumer, changer de diète et faire de l’exercice sont des initiatives primordiales dans les efforts de prévention du cancer. Les incitatifs à l’abandon du tabac ont entraîné une diminution fulgurante du nombre de fumeurs, et par contrecoup des cancers du poumon et autres cancers causés par la cigarette. À cet égard, les politiques antitabac et les campagnes de santé publique ont porté fruit (Dillner, 2019).
Les technologies de dépistage sont passées d’un simple examen physique à des techniques sophistiquées mettant à profit l’imagerie médicale et les techniques de diagnostic moléculaire. Le dépistage par tomodensitométrie (TDM) à faible dose pour détecter le cancer du poumon et la mammographie pour le cancer du sein sont devenus pratiques courantes, améliorant grandement le dépistage précoce (Division of Cancer Prevention, 2024). La découverte des biomarqueurs a ouvert de nouvelles avenues dans le dépistage précoce de la maladie et permet maintenant de détecter la présence d’un cancer à l’état moléculaire, avant même l’apparition de symptômes (NCI Launches Cancer Screening Research Network, 2024).
Le contexte historique de la prévention et du dépistage du cancer se caractérise par les progrès constants de la technologie et des politiques de santé publique visant à réduire le fardeau du cancer. Des méthodes rudimentaires de dépistage à l’approche génomique en passant par les techniques d’imagerie, des pas de géant ont été faits pour améliorer les taux de survie, ainsi que la qualité de vie des patients grâce à des traitements plus précoces et moins invasifs.
MÉTHODOLOGIE
Nous avons adopté une approche systématique pour réaliser cette revue de la littérature scientifique. Afin de garantir un processus de recherche rigoureux et exhaustif, nous avons suivi les lignes directrices du système PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses). Notre examen s’est concentré sur les avancées de la prévention et du dépistage précoce du cancer, tout en portant une attention particulière aux innovations pertinentes à la pratique des infirmières et des infirmiers en oncologie.
Stratégie de recherche et bases de données
Une recherche approfondie a été réalisée à l’aide de nombreuses bases de données jugées fiables, comme PubMed, Scopus, Web of Science et Google Scholar. La stratégie de recherche a été conçue pour inclure un grand nombre d’études englobant divers éléments en lien avec la prévention et le dépistage précoce du cancer. Des mots-clés comme « prévention du cancer », « dépistage précoce », « soins infirmiers en oncologie », « technologies de détection », « vaccins anticancéreux », « dépistage génétique » et « IA en oncologie » ont servi à mener la recherche. Nous avons choisi ces mots-clés pour faire une couverture exhaustive de la littérature, et cibler les études portant sur les approches classiques et émergentes en oncologie.
Critères d’inclusion et d’exclusion
Les critères d’inclusion de cette revue sont les suivants :
Langue : Seules les publications rédigées en anglais ont été retenues afin de garantir l’uniformité de l’analyse.
Objet de la recherche : Les études choisies sont celles qui traitent des progrès en oncologie, surtout si elles portaient sur les stratégies de prévention et les technologies de détection précoce.
Type de publication : Les articles de recherche originaux, les revues systématiques et les méta-analyses ont été choisis en priorité. Les études qui faisaient référence aux lignes directrices organisationnelles, mais sans les données initiales de recherche ont été exclues afin de rester le plus près possible des sources principales de données probantes.
Choix et évaluation des études
La recherche initiale a permis de dégager 159 articles. Après élimination des doublons, 44 articles répondaient aux critères d’inclusion et ont été soumis à un examen plus approfondi. Ces articles ont été soumis à un rigoureux processus d’évaluation comprenant une évaluation détaillée du titre et du corps du texte. L’évaluation consistait à vérifier que chaque étude répondait bien aux objectifs de la revue et aux critères d’inclusion.
Afin de jeter des bases solides, nous avons mis l’accent sur les études qui présentent des données de recherche originales ou une analyse critique des technologies et des stratégies émergentes en oncologie. Les sites Web des organismes qui étaient cités ont servi à compléter les sources primaires ou à fournir du contexte; ils n’ont cependant pas été considérés comme des sources principales de données probantes.
Processus de sélection des études
L’organigramme PRISMA (figure 1) donne un aperçu du processus de sélection des études en présentant le nombre de dossiers répertoriés, inclus dans la revue ou exclus. Il souligne également les raisons d’exclure les études à chaque étape, garantissant ainsi la transparence et la reproductibilité du processus d’examen.
Figure 1.
Aperçu de l’organigramme PRISMA
Processus d’analyse
L’analyse des articles sélectionnés a été faite par synthèse thématique pour répertorier les thèmes récurrents, les progrès, ainsi que les tendances émergentes associées à la prévention et au dépistage précoce du cancer. L’extraction de données consistait à inventorier les méthodologies, les principaux constats, les innovations technologiques et les répercussions sur la pratique clinique. Aux fins de comparaison, les articles ont été regroupés selon les principales catégories thématiques, comme les vaccins anticancéreux, le changement de mode de vie et le développement des technologies de détection.
Les données quantitatives ont été colligées dans le but de regrouper les renseignements, de faire ressortir les points communs parmi les résultats et d’appuyer les observations méta-analytiques, le cas échéant. Le processus d’analyse impliquait quant à lui d’évaluer la qualité des études sélectionnées en fonction de la méthodologie, de la taille des échantillons et de la robustesse des résultats. Cette méthodologie nous a permis de garantir que la synthèse présentée à la section des résultats se fonde sur des données fiables et de qualité.
RÉSULTATS
Les résultats seront présentés dans un format structuré, par catégorie thématique comme :
Vaccins anticancéreux : étude de l’efficacité des vaccins prophylactiques et thérapeutiques, comme ceux contre le VPH et l’hépatite B, et les vaccins anticancéreux à base d’ARN messager.
Changement de mode de vie : analyse de l’impact des changements alimentaires, de la pratique d’activité physique et de l’abandon du tabac dans la prévention du cancer.
Progrès des technologies de détection : mise en lumière des innovations en oncologie, comme la biopsie liquide, l’imagerie propulsée par l’IA et le dépistage génétique, y compris les implications et défis cliniques afférents.
Chaque section présente des découvertes importantes et leurs potentiels avantages, leurs limites, ainsi que des considérations éthiques rattachées à ces progrès. Les résultats feront également état des difficultés éthiques en lien avec le dépistage et la prévention, du rôle des infirmières en oncologie dans la promotion de ces stratégies, ainsi que des implications pour la recherche et les futures politiques de santé publique.
RÉSUMÉ DES TENDANCES ACTUELLES BASÉ SUR L’ANALYSE DE LA REVUE
Vaccins anticancéreux : approches prophylactiques et thérapeutiques
L’avenir des vaccins contre le cancer est prometteur. Leurs applications prophylactiques et thérapeutiques offrent des avantages et des défis uniques. Les vaccins prophylactiques anticancéreux visent à prévenir le cancer en ciblant les agents infectieux associés au développement de la maladie, alors que les vaccins thérapeutiques sont conçus pour traiter le cancer en stimulant le système immunitaire pour qu’il repère et détruise les cellules cancéreuses.
Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est certainement l’un des vaccins prophylactiques les plus efficaces contre le cancer. Approuvé par la FDA en 2006, il cible les souches de VPH à haut risque qui causent la majorité des cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis et de l’oropharynx, entre autres. L’arrivée du vaccin contre le VPH a entraîné une réduction importante des cancers associés au VPH, plus particulièrement lorsqu’il est administré avant exposition et généralement chez les préadolescents (Arbyn et al., 2020). Toutefois, malgré les bons résultats obtenus grâce au vaccin, certaines difficultés compliquent encore son administration. En effet, il existe des disparités entre l’accès au vaccin et son utilisation, particulièrement dans les milieux où les ressources sont insuffisantes, ce qui soulève des questions d’ordre éthique à propos de la fourniture équitable des soins de santé.
Le vaccin contre l’hépatite B, un autre vaccin prophylactique, joue un rôle prépondérant dans la diminution des cas de cancer du foie. L’hépatite B, une infection chronique, est un facteur de risque majeur du carcinome hépatocellulaire et l’immunisation à grande échelle a grandement contribué à en réduire l’incidence partout dans le monde (Chang et al., 2016). Le succès du vaccin contre l’hépatite B rappelle l’importance des programmes mondiaux de vaccination, mais aussi la nécessité de poursuivre les efforts pour protéger les habitants des régions où l’hépatite B est endémique.
Les vaccins anticancéreux thérapeutiques, plus récents, servent à stimuler la réponse immunitaire de l’organisme aux cellules cancéreuses. Ces vaccins ciblent généralement les antigènes spécifiques aux cellules cancéreuses. Par exemple, le vaccin Sipuleucel-T, approuvé pour le traitement du cancer de la prostate, utilise les cellules immunitaires du patient, modifiées ex vivo, pour attaquer les cellules prostatiques cancéreuses (Kantoff et al., 2010). Bien qu’elle soit prometteuse, cette approche comporte son lot de complexités; qu’il s’agisse des coûts, de l’accessibilité et de la « personnalisation » en fonction du patient ou des facteurs qui risquent d’en limiter l’utilisation à grande échelle.
Les récents progrès de la technologie des vaccins à ARN messager, accélérés par la pandémie de COVID-19, ouvrent de nouvelles possibilités pour les vaccins anticancéreux. Des entreprises comme Moderna et BioNTech sont à la fine pointe du développement des vaccins anticancéreux « personnalisés ». Cela signifie qu’ils agissent en fonction des mutations propres à chaque tumeur. Ces vaccins visent à produire une réponse immunitaire contre les néoantigènes du cancer en question, ce qui pourrait mener à des traitements plus efficaces, occasionnant moins d’effets secondaires (Verma et al., 2023). Cependant, le développement et l’utilisation rapides de telles technologies soulèvent également des questions éthiques à l’égard du consentement du patient, de la confidentialité des données et des implications à long terme de la manipulation génétique.
L’avenir des vaccins anticancéreux semble prometteur, la recherche étant axée sur l’amélioration de l’efficacité vaccinale et l’élargissement de leur utilisation. Le développement des vaccins « en vente libre », ciblant les mutations courantes parmi plusieurs types de cancers, pourrait démocratiser l’accès à l’immunothérapie du cancer, et rendre les traitements novateurs plus accessibles et rentables (Fan et al., 2023). Toutefois, l’expansion de ces technologies pose des problèmes éthiques continuels, plus particulièrement en ce qui concerne l’accès équitable à ces vaccins et la gestion des effets indésirables.
Modification du mode de vie et prévention du cancer
L’amélioration de l’hygiène de vie joue un rôle essentiel dans la prévention du cancer en limitant les facteurs de risque en lien avec l’alimentation, l’activité physique et l’abandon du tabac. La recherche montre que les habitudes de vie ont un impact important sur l’incidence du cancer, ce qui explique pourquoi l’amélioration de l’hygiène de vie est au cœur des interventions de santé publique.
Les habitudes alimentaires sont à la base de la prévention du cancer. Les régimes alimentaires riches en fruits, en légumes, en grains entiers et en légumineuses, combinés à une faible consommation de viande rouge et transformée, sont associés à une réduction du risque de développer plusieurs cancers, surtout le cancer colorectal. L’American Cancer Society (ACS) rappelle l’importance d’adopter de saines habitudes alimentaires basées sur une grande consommation de légumes, de fruits, de grains entiers, ainsi que la consommation modérée de viande rouge et transformée, de boissons sucrées et d’aliments ultratransformés (Rock et al., 2020). Le World Cancer Research Fund a émis des recommandations similaires, soulignant que le maintien d’un poids santé grâce à une alimentation saine et la pratique d’activité physique peut prévenir plusieurs types de cancers (Clinton et al., 2020). Cependant, la mise en œuvre de ces recommandations alimentaires est souvent influencée par des facteurs socioéconomiques et culturels, soulevant des préoccupations éthiques concernant l’accès à des aliments sains et l’influence élargie des guides alimentaires sur différentes populations.
L’activité physique est un autre élément essentiel dans la prévention du cancer. Il est prouvé que la pratique régulière d’activité physique réduit le risque de plusieurs cancers, comme le cancer du sein, du côlon et de l’endomètre. L’ACS recommande que les adultes fassent un minimum de 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité moyenne ou de 75 à 150 minutes d’activité physique d’intensité vigoureuse par semaine. Les enfants et les adolescents devraient quant à eux faire au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par jour (Rock et al., 2020). L’activité physique n’aide pas seulement à maintenir un poids santé – un élément crucial étant donné le lien entre l’obésité et le risque accru de développer 13 types de cancers (Molina-Montes et al., 2021) – il améliore également la santé physique et mentale en général. Toutefois, même si les bénéfices de l’activité physique sont bien connus, l’accès à des endroits sûrs pour faire de l’activité physique est parfois difficile, plus particulièrement dans les communautés mal desservies. Cette réalité souligne l’importance d’instaurer des politiques publiques qui permettront de remédier à ces inégalités.
L’abandon du tabac demeure le facteur de risque remédiable le plus important pour la prévention du cancer. Le fait de fumer est directement lié à plusieurs cancers, comme le cancer du poumon, de la gorge, de la bouche, de l’œsophage, du pancréas et de la vessie. Les grandes campagnes de santé publique et les programmes d’abandon du tabac ont contribué à diminuer le taux de tabagisme, et donc de cancer lié au tabac. Les nouvelles approches comme les cliniques de santé mobile s’avèrent efficaces pour encourager l’abandon du tabac, montrant l’utilité de la technologie dans les efforts de santé publique (Palmer et al., 2018). La mise en œuvre de ces technologies doit cependant considérer les questions éthiques, comme la protection de la vie privée et des données, ainsi que le potentiel d’inégalités dans l’accès aux outils de santé numérique.
Les campagnes de santé publique jouent un rôle central dans la promotion de saines habitudes de vie pour la prévention du cancer. Ces campagnes sensibilisent la population à l’importance de manger sainement et de faire de l’activité physique régulièrement, ainsi qu’aux risques associés au tabagisme. Les interventions misant entre autres sur les programmes communautaires, les politiques visant à améliorer l’accès aux aliments sains et l’aménagement d’espaces sûrs pour faire de l’activité physique sont des stratégies essentielles (Rock et al., 2020). Mais le succès dépend souvent de la capacité des campagnes à atteindre différents groupes, ce qui montre qu’elles nécessitent des approches qui tiennent compte de la culture et qui font une allocation équitable des ressources.
L’établissement de lignes directrices fondées sur des données probantes est essentiel pour orienter les stratégies de préventions qui insistent sur l’amélioration de l’hygiène de vie. Les lignes directrices d’organisations comme l’ACS et le World Cancer Research Fund fournissent des recommandations complètes à l’intention des personnes et des communautés. Elles servent de base aux politiques de santé publique et aux changements de comportement susceptibles de réduire l’incidence du cancer (Clinton et al., 2020). À mesure que ces lignes directrices évoluent, il demeure essentiel de se pencher sur la portée éthique de leur mise en œuvre, et de s’assurer qu’elles sont inclusives et accessibles à tous les segments de la population.
Progrès des technologies de détection
L’amélioration des technologies de détection a révolutionné le dépistage précoce du cancer, avec des innovations comme la biopsie liquide et l’imagerie propulsée par l’IA en tête de file. La biopsie liquide, un test peu invasif qui détecte les biomarqueurs de cancer dans les prises de sang, est un moyen d’établir un diagnostic précoce et de surveiller la réponse au traitement de façon continue. Cette technologie est particulièrement avantageuse puisqu’elle permet de détecter différents types de cancers à partir d’un simple échantillon sanguin, offrant ainsi une alternative moins invasive aux biopsies classiques et la possibilité d’intervenir plus rapidement (Goodall et al., 2017).
Par exemple, le dépistage basé sur l’ADN acellulaire gagne en popularité. Il est en effet considéré comme un outil capable de détecter les mutations des cancers du poumon et colorectal, entre autres, ce qui permet de mettre en place des stratégies de traitement personnalisées (Siravegna et al., 2015). Mais bien qu’elle soit prometteuse, l’intégration de la biopsie liquide dans la pratique clinique est ralentie par des facteurs comme la nécessité de standardisation, la validation auprès de différentes populations et le besoin de remédier au problème des faux positifs et des interventions inutiles qu’ils occasionnent.
L’intelligence artificielle (IA) représente une avancée révolutionnaire dans le dépistage du cancer. Les algorithmes d’interprétation de l’imagerie médicale par l’IA, plus particulièrement, s’avèrent plus précis que les conclusions des radiologistes. Par exemple, une étude révèle qu’un algorithme de l’IA a permis de détecter un cancer du sein à partir d’une mammographie avec une sensibilité de 99 % et une spécificité de 97 %, des résultats qui surpassent ceux des experts humains en la matière (Al Muhaisen et al., 2024). De plus, les outils propulsés par l’IA facilitent l’accès au dépistage du cancer lorsqu’ils sont intégrés à une clinique de santé ambulante et à un centre de santé communautaire. Cette intégration locale améliore l’accès particulièrement dans les zones mal desservies (Henderson et al., 2024).
L’utilisation de l’IA dans le dépistage du cancer soulève néanmoins certaines questions d’ordre éthique. Il faudra en effet se pencher sur les questions de confidentialité des données, sur les biais algorithmiques et les risques que pose la dépendance à la technologie au profit du jugement clinique (Moleyar-Narayana et al., 2024). Par exemple, si un système d’IA fait trop d’erreurs d’interprétation dans l’imagerie de certains groupes démographiques en raison de données de formation biaisées, cela risque d’exacerber les disparités observées dans l’état de santé des patients. Il est nécessaire de se pencher sur ces questions éthiques pour s’assurer que l’intégration de l’IA dans les pratiques en oncologie serve les patients sans compromettre leurs droits (Zhang et al., 2023).
En comparant les méthodes de dépistage classiques aux nouvelles technologies, on constate une nette évolution vers des options plus efficaces, moins invasives et potentiellement moins dispendieuses. Les méthodes classiques comme la mammographie et la coloscopie demeurent efficaces et largement utilisées, mais les technologies comme la biopsie liquide et le diagnostic par l’IA constituent des approches plus précises, confortables et accessibles pour la patientèle. Toutefois, malgré leurs promesses, ces percées technologiques ont leurs aspects négatifs, comme les coûts élevés, les obstacles réglementaires et le manque d’études de validation approfondies pour confirmer leur efficacité et leur fiabilité dans la pratique clinique (Babayan et Pantel, 2018). Il est essentiel de fournir un accès équitable à ces technologies de pointe pour éviter que l’écart observé dans les résultats de santé ne se creuse davantage entre les différents groupes socioéconomiques.
Dépistage génétique et génomique dans la prédisposition au cancer
Le rôle du dépistage génétique et génomique dans l’évaluation de la prédisposition au cancer est devenu plus important en raison des progrès technologiques et d’une meilleure compréhension des fondements génétiques du cancer. La consultation et les tests génétiques sont aujourd’hui des éléments incontournables dans la prévention et le dépistage précoce du cancer, offrant une évaluation du risque et des stratégies préventives correspondant au profil génétique de chacun.
La consultation génétique est la pierre angulaire de la prévention du cancer puisqu’elle aide à comprendre le risque héréditaire. Les thérapeutes recueillent en détail les antécédents familiaux et interprètent les résultats des tests génétiques de façon à fournir une évaluation du risque, ainsi que des recommandations au sujet des mesures préventives. Par exemple, la mutation des gènes BRCA1 et BRCA2 augmente significativement le risque de cancer du sein et des ovaires, et les femmes porteuses de ces gènes devraient être plus étroitement surveillées ou subir des chirurgies préventives (Fund, 2021). De telles mesures proactives peuvent réduire l’incidence du cancer de façon drastique chez les populations à haut risque, illustrant l’importance de ces renseignements génétiques sur l’avenir des personnes touchées.
Les progrès des technologies génomiques révolutionnent le dépistage du cancer. Les méthodes classiques (p. ex. l’évaluation du risque fondée sur les antécédents familiaux) sont maintenant complétées par des outils sophistiqués comme le panel multigènes et la cote de risque polygénique. Ces technologies évaluent différentes variantes génétiques en même temps pour obtenir le profil de risque nécessaire pour orienter des stratégies de prévention personnalisées (Rajagopal et al., 2019). La meilleure disponibilité des tests génétiques s’adressant directement au « consommateur » contribue également à faciliter l’accès du public aux renseignements génétiques. Cependant, l’interprétation de ces résultats requiert bien souvent une consultation avec un professionnel de la génétique pour que la personne comprenne les enjeux et reçoive les soins de suivi appropriés (Fund, 2021). Cette question d’accès soulève des préoccupations éthiques à propos du consentement éclairé, de l’interprétation des résultats et des potentielles répercussions psychologiques, confirmant la nécessité d’être guidé par un professionnel.
En ce qui concerne le dépistage génétique et génomique, les préoccupations d’ordre éthique sont complexes et variées. Les questions touchant la confidentialité, le consentement éclairé et le risque de discrimination génétique doivent être traitées avec attention. Par exemple, la mauvaise utilisation de l’information génétique par les employeurs ou les assureurs risque de mener à de la discrimination, ce qui confirme la nécessité d’un cadre juridique clair et strict. De plus, l’accès équitable aux services de dépistage génétique est crucial, surtout dans le contexte où nous savons que les populations mal desservies n’ont pas ou peu accès à ces avancées technologiques. Il est essentiel de poursuivre les efforts visant à élargir l’accès aux connaissances sur la génétique et la sensibilisation des professionnels de la santé, afin de réduire les écarts et de faire en sorte que toute la population puisse bénéficier de ces technologies (Rajagopal et al., 2019; Owens et al., 2019).
De plus, le dépistage génétique évolue constamment et d’autres recherches doivent être menées sur les implications à long terme de la généralisation des tests génétiques, plus particulièrement en lien avec les questions éthiques et sociales. Cela implique de comprendre les répercussions psychologiques sur les personnes qui apprennent qu’elles courent un risque élevé de développer un cancer, et de leur prodiguer des soins adéquats et adaptés à leur culture.
IMPACT DU DÉPISTAGE PRÉCOCE SUR LA SANTÉ DES PATIENTS
Le dépistage précoce du cancer joue un rôle prépondérant dans l’amélioration du taux de survie. La possibilité de diagnostiquer le cancer à un stade où il se traite mieux permet d’intervenir à temps, d’obtenir un meilleur pronostic et de disposer d’un plus grand choix de traitements. Par exemple, les études montrent que le taux de survie à 20 ans des patients ayant reçu un diagnostic de cancer du poumon à la suite d’un dépistage par tomodensitométrie (TDM) à faible dose atteint 81 %, avec un impressionnant taux de survie de 95 % pour les personnes atteintes d’un cancer de stade 1 (Henschke, 2023). La réalité est tout autre si l’on compare au taux de survie de cinq ans de 18,6 % des personnes ayant reçu un diagnostic du poumon à un stade plus avancé, une autre preuve de l’importance primordiale du dépistage précoce (RSNA, 2023).
De plus, la qualité de vie des patients est grandement améliorée par un diagnostic précoce de la maladie. Le diagnostic précoce est plus souvent associé à des protocoles thérapeutiques moins agressifs, ce qui réduit le fardeau physique et psychologique des patients. Par exemple, les patients atteints d’un cancer du poumon à grandes cellules de stade précoce ne nécessitent généralement qu’une intervention chirurgicale, et évitent les effets secondaires et les complications plus graves associés à la chimiothérapie et à la radiothérapie, qui sont administrées aux stades plus avancés (Crosby et al., 2022). Cela ne fait pas qu’améliorer le taux de survie, mais préserve également le bienêtre global des patients, en plus de leur permettre de jouir d’une meilleure qualité de vie pendant et après le traitement.
Les initiatives de santé publique axées sur la promotion du dépistage précoce du cancer ont prouvé leur utilité, plus particulièrement les programmes de dépistage des cancers du sein, de l’endomètre et colorectal. Ces programmes ont joué un rôle clé dans la détection de ces maladies à des stades où elles se traitent mieux, améliorant le taux de survie et diminuant la mortalité. Cependant, l’efficacité de ces programmes dépend beaucoup du type de cancer et des caractéristiques démographiques de la population à l’étude. Par exemple, le dépistage par mammographie semble avoir un plus grand impact sur la réduction de la mortalité chez les femmes de plus de 50 ans comparativement aux femmes plus jeunes, chez qui les résultats sont moins concluants (Gorski et Gorski, 2008).
Malgré les avancées du dépistage précoce, la question du biais lié aux délais et à la durée du dépistage persiste. En effet, le biais peut donner l’impression que le taux de survie est meilleur, mais sans bénéfices réels, ce qui vient compliquer l’évaluation de nouvelles technologies de dépistage. Le biais relatif aux délais vient du fait que le dépistage précoce prolonge la période pendant laquelle une maladie est connue, mais sans nécessairement améliorer l’état de santé; tandis que le biais lié à la durée fait référence à la détection préférentielle de cancers qui progressent lentement, qui sont de nature moins agressive et qui n’auraient donc causé aucun tort s’ils n’avaient pas été détectés (Gorski et Gorski, 2008). Afin de pouvoir évaluer les bénéfices réels des programmes de dépistage précoce et de faire en sorte que les ressources sont dirigées vers les interventions les plus efficaces, il faut absolument remédier à ces biais.
CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES DANS LA PRÉVENTION ET LE DÉPISTAGE
Le cadre éthique en lien avec la prévention et le dépistage du cancer est au cœur des considérations de justice, d’équité et de respect des droits des patients. Les principaux domaines d’intérêt comprennent le consentement éclairé, l’autonomie du patient, l’équité et l’accès, ainsi que l’équilibre entre les avantages et les inconvénients des programmes de dépistage.
Le consentement éclairé est un principe éthique fondamental dans le dépistage du cancer voulant que le patient décide de participer en toute connaissance de cause. Un bon consentement éclairé implique de donner aux patients des renseignements complets à propos des bénéfices, des risques et des incertitudes associés aux procédures de dépistage. Par exemple, pour le dépistage du cancer de la prostate, les patients doivent connaître la possibilité d’obtenir un faux positif, mais aussi les conséquences psychologiques et physiques des interventions de diagnostic subséquentes (Juth et Munthe, 2018). Veiller à ce que les patients comprennent ces facteurs est une façon de respecter leur autonomie et de leur permettre de faire des choix dans le respect de leurs valeurs et de leurs préférences (Sterba et al., 2017).
L’équité et l’accès sont deux aspects cruciaux en éthique de la prévention et du dépistage du cancer. Les disparités dans l’accès aux soins de santé peuvent mener à des inégalités dans le dépistage, lesquelles ont un impact disproportionné sur les populations mal desservies. Afin de garantir un accès équitable, il faudra s’attaquer aux obstacles socioéconomiques et mettre en œuvre des politiques qui permettent de fournir des services de dépistage à tous les groupes démographiques, plus particulièrement à ceux qui sont le plus souvent marginalisés (Akers et al., 2019). Les campagnes de santé publique et les interventions communautaires sont des stratégies essentielles pour améliorer l’accessibilité et encourager la participation de diverses populations (Sterba et al., 2017). De plus, l’innovation technologique devrait servir à promouvoir un accès équitable à des soins de qualité, non à l’empêcher.
Trouver l’équilibre entre les avantages et les inconvénients des programmes de dépistage constitue une autre difficulté d’ordre éthique. Les programmes de dépistage devraient être conçus pour maximiser les avantages – comme la détection précoce et le taux de survie – tout en réduisant les dérives potentielles comme le surdiagnostic, le surtraitement et l’anxiété occasionnée par les faux positifs. Par exemple, les seuils de dépistage relatifs à l’âge et à la race de l’antigène prostatique spécifique (APS) servent à améliorer l’équilibre entre la sensibilité et la spécificité, diminuant ainsi le nombre de biopsies inutiles et les risques associés (Björklund et al., 2010). Les protocoles de dépistage doivent faire l’objet d’évaluations constantes et être adaptés en fonction des résultats afin de préserver cet équilibre fragile (Chen et al., 2018).
L’arrivée de nouvelles technologies de dépistage, comme l’imagerie propulsée par l’IA et les tests génomiques, génère de nouvelles questions éthiques. Alors que ces technologies promettent une meilleure précision et une évaluation personnalisée du risque, elles soulèvent également des préoccupations à propos de la confidentialité des données, du potentiel de discrimination génétique et du risque d’exacerbation des disparités dans les soins de santé (Ghazali et al., 2017). Il est essentiel d’encadrer l’application de ces avancées afin qu’elles profitent à tous les patients de façon équitable, et ce, sans introduire de nouvelles formes d’inégalité ni compromettre les droits des patients.
Les considérations déontologiques relatives à la prévention et au dépistage du cancer sont foncièrement complexes et multidisciplinaires. Un dialogue permanent entre les professionnels de la santé, les décideurs et les patients est essentiel pour composer efficacement avec les difficultés rencontrées. En encourageant le consentement éclairé, l’équité et une approche équilibrée entre les avantages et les inconvénients, la communauté médicale pourra développer et appuyer des programmes de dépistage éthiques qui sont susceptibles d’améliorer l’état de santé des patients et de protéger le lien de confiance envers le système de santé.
RÔLE DES SOINS INFIRMIERS EN ONCOLOGIE DANS LA PRÉVENTION ET LE DÉPISTAGE PRÉCOCE
Étant donné leurs interactions répétées avec les patients et le fait qu’elles sont vues comme des personnes de confiance par leurs collègues (Baileys et al., 2018), le personnel infirmier en oncologie a l’occasion de jouer un rôle crucial dans la prévention et le dépistage précoce du cancer. Les infirmières, en plus d’avoir plusieurs occasions d’interagir avec les patients et leur famille, jouissent d’un statut privilégié qui les amène à guider et à orchestrer plusieurs interventions et programmes de sensibilisation qui encouragent à adopter des comportements préventifs et à participer aux initiatives de dépistage précoce. À titre d’exemple, les infirmières en oncologie guident déjà les patients dans des processus décisionnels complexes en prodiguant des conseils personnalisés et en veillant à ce qu’ils comprennent les répercussions des résultats des tests de dépistages et des stratégies de prévention.
Les initiatives du personnel infirmier sont particulièrement efficaces pour améliorer les taux de dépistage précoce du cancer, ce qui améliore directement l’état de santé des patients et le taux de mortalité (Oncology Nursing Society, 2018). Ces programmes impliquent bien souvent un dépistage systématique qui comprend divers examens comme la mammographie, la coloscopie et les tests de VPH, qui sont essentiels pour détecter le cancer à un stade où il se traite mieux. De plus, les infirmières en oncologie peuvent jouer un rôle central dans les campagnes de santé publique qui promeuvent l’amélioration de l’hygiène de vie comme l’abandon du tabac, les changements alimentaires et la pratique régulière d’activité physique, des facteurs qui contribuent à réduire le risque de cancer (Friebel-Klingner et al., 2024).
L’utilisation de l’IA dans les soins infirmiers en oncologie est un domaine d’intérêt en émergence. Les outils d’IA peuvent aider les infirmières à évaluer les facteurs de risque de leurs patients, à déterminer leur admissibilité à certains programmes de dépistage et même à prédire les résultats à partir de larges ensembles de données. Cependant, le recours à l’IA dans les soins infirmiers oncologiques soulève également des questions d’ordre éthique, particulièrement quant à la confidentialité des données, aux biais algorithmiques et au risque de surdépendance à la technologie. En effet, les infirmières ne sauraient se contenter de savoir utiliser uniquement ces technologies. Elles doivent aussi en comprendre les limites afin que l’intérêt du patient demeure au cœur des décisions.
La formation continue et le perfectionnement sont extrêmement importants pour les infirmières en oncologie, afin de se tenir au courant des derniers progrès en matière de prévention et de prévention précoce du cancer. Les programmes de formation et d’accréditation, comme ceux qu’offre l’Oncology Nursing Society, garantissent que les infirmières possèdent les plus récentes connaissances, ainsi que les compétences nécessaires à la mise en œuvre de stratégies de prévention efficaces (Baileys et al., 2018). En se tenant au courant des technologies émergentes et des pratiques reconnues, les infirmières en oncologie peuvent continuer leurs initiatives pour réduire l’incidence du cancer et aider les patients à mieux s’en sortir.
POLITIQUES DE SANTÉ PUBLIQUE ET PRÉVENTION DU CANCER
Les politiques de santé publique sont essentielles à la création d’un cadre de prévention et de stratégies en lien avec le cancer, et orientent les initiatives gouvernementales ou non. Les programmes de prévention du cancer à grande échelle sont souvent mis en œuvre par les gouvernements. Par exemple, le New York State’s Prevention Agenda 2019–2024 mise sur la prévention des maladies chroniques par la saine alimentation, la pratique d’activité physique et la prévention du tabagisme, des facteurs cruciaux pour réduire le risque de cancer (New York State Department of Health, 2019). Ces politiques soulignent l’importance de coordonner les stratégies de santé publique visant à diminuer l’incidence du cancer à grande échelle.
En plus des efforts que déploient les divers gouvernements, les organismes non gouvernementaux (ONG) et les associations professionnelles comme l’Oncology Nursing Society (ONS) jouent un rôle de première importance dans la prévention du cancer, en s’investissant activement entre autres dans la défense des politiques qui influencent le cadre législatif des méthodes de prévention et de traitement du cancer. Des initiatives comme les visites à Capitol Hill (Capitol Hill Days) ont pour objectif d’amener les infirmières en oncologie à Washington, D.C. pour témoigner en faveur de politiques qui soutiennent la prévention du cancer et les soins aux patients (Oncology Nursing Society, 2018). Ces efforts soulignent l’impact important que les organisations professionnelles peuvent avoir sur l’élaboration de politiques de santé publique et l’avancement de la prévention du cancer.
L’apport de l’IA et d’autres technologies dans les initiatives de santé publique ouvre de nouvelles portes, mais apporte aussi son lot de difficultés. L’IA peut rehausser l’efficacité des campagnes de santé publique en ciblant les campagnes avec davantage de précision et en analysant les données à grande échelle afin de dégager les tendances et de cerner les populations à risque. Cependant, l’utilisation de l’IA nécessite de bien réfléchir aux questions d’éthique, comme l’accès équitable à ces technologies et la prévention des disparités dans leur mise en œuvre. Les décideurs doivent donc veiller à pondérer les avantages associés aux percées technologiques avec les considérations d’ordre éthique qu’elles engendrent.
Les changements de politique peuvent grandement influencer les taux de dépistage et l’accessibilité aux services de prévention. Par exemple, la Loi des États-Unis sur la protection des patients et les soins abordables a augmenté significativement la participation au dépistage du cancer, ce qui a favorisé le dépistage plus précoce et amélioré l’état de santé des patients (Preston et al., 2024). De telles politiques servent de modèle pour que les interventions en santé publique puissent être adaptées à d’autres régions, en plus d’appuyer les efforts de prévention du cancer.
PERSPECTIVES D’AVENIR ET RECHERCHE EN PRÉVENTION ET DÉPISTAGE PRÉCOCE
L’avenir de la prévention et du dépistage précoce du cancer sera certainement façonné par les progrès majeurs de la biologie moléculaire, l’évolution technologique et la recherche collaborative. Les nouvelles avancées laissent penser que la santé des patients s’en trouvera améliorée, et qu’elles permettront de faire un diagnostic plus juste, plus rapidement. Elles s’accompagnent cependant de nouveaux défis qu’il faudra gérer avec attention.
Une nouvelle tendance intéressante consiste à amalgamer la biologie moléculaire aux technologies de pointe dans le but d’affiner les méthodes de dépistage du cancer. Les chercheurs consacrent de plus en plus d’efforts à identifier les changements moléculaires précoces et les biomarqueurs susceptibles d’indiquer la présence de cancer bien avant l’apparition des symptômes. Par exemple, notre nouvelle compréhension des altérations génétiques et épigénétiques qui précèdent la formation d’une tumeur accélère le développement de tests non invasifs permettant de détecter ces changements à un stade très précoce (Nalley, 2020). Ces connaissances sur les molécules sont essentielles à la création d’outils diagnostiques capables de détecter le cancer au tout début de sa formation, ce qui permet d’intervenir à temps.
Les avancées technologiques jouent un rôle central dans cette évolution. La biopsie liquide, qui permet de détecter la présence de cancer par l’analyse des liquides organiques, constitue une avancée majeure dans le domaine du diagnostic non invasif. Ces tests permettent de détecter l’ADN tumoral circulant, ainsi que d’autres marqueurs de cancer afin d’obtenir une vue en temps réel de la dynamique tumorale et de détecter précocement différents types de cancers. En plus d’être moins invasive que la biopsie classique, cette technologie permet un suivi continu de la progression ou de la récidive du cancer (Connal et al., 2023). Toutefois, l’adoption généralisée de la biopsie liquide comporte certains inconvénients, dont l’exactitude pour certaines populations et la possibilité de l’intégrer aux pratiques en clinique sans exacerber les inégalités rattachées aux soins de santé.
Les outils diagnostiques propulsés par l’IA repoussent les frontières dans le domaine du dépistage précoce du cancer. Ces outils servent de plus en plus pour analyser l’imagerie médicale complexe avec une rapidité et une précision sans précédent. Par exemple, les algorithmes de l’IA peuvent détecter certains changements subtils dans les images qui sont autrement difficiles à détecter pour les radiologistes, ce qui favorise le diagnostic précoce et améliore les chances de réussite du traitement. L’intégration de l’IA aux pratiques cliniques soulève cependant des questions éthiques importantes, particulièrement en ce qui concerne le risque de biais algorithmique, ainsi que la nécessité de la validation humaine pour préserver la sécurité et la confiance des patients.
L’initiative Cancer Moonshot est un bel exemple du potentiel transformateur de la recherche collaborative et du partage de données. En favorisant le partenariat entre chercheurs, cliniciens et groupes de défense des intérêts des patients, l’initiative encourage le développement de stratégies novatrices de prévention et de dépistage précoce du cancer (National Cancer Institute, 2021). Elle met l’emphase sur la « communication radicale de données », souligne l’importance de faire tomber les cloisonnements habituels en recherche pour accélérer les découvertes et le transfert du savoir dans la pratique clinique.
L’un des principaux défis qui nous attendent sera d’assurer un accès équitable à ces technologies de pointe. Il ne faut pas perdre de vue qu’à mesure qu’elles se perfectionnent, les mesures de dépistage précoce risquent de ne pas être offertes de façon équitable à toutes les populations, plus particulièrement là où les ressources manquent. Les décideurs et les professionnels de la santé doivent unir leurs efforts pour remédier à ces inégalités et faire en sorte que tous les patients puissent bénéficier des toutes dernières avancées en matière de soins oncologiques. De plus, il est crucial de considérer à la fois les avantages de la détection précoce ainsi que les risques de surdiagnostic et de surtraitement, qui peuvent mener à des interventions inutiles et alimenter l’anxiété des patients (Harvard T.H. Chan School of Public Health, 2023). La recherche future ne devrait donc pas se contenter de viser l’amélioration de la précision des outils de diagnostic, mais aussi l’élaboration de lignes directrices pour aider les cliniciens et les patients à prendre des décisions éclairées concernant les traitements qui s’offrent à eux en fonction du diagnostic.
CONCLUSION
En conclusion, la prévention et le dépistage précoce du cancer ont grandement évolué grâce à des innovations comme les vaccins anticancéreux, le changement de mode de vie et les nouvelles technologies de dépistage. Ces percées ont déjà des retombées plus qu’intéressantes sur la santé des patients, améliorant les taux de survie ainsi que la qualité de vie associée au dépistage précoce. Le rôle des infirmières en oncologie est crucial pour l’adoption de telles stratégies, puisqu’elles sont en première ligne pour sensibiliser les patients, mener des initiatives de dépistage et s’assurer que les questions d’ordre éthique sont prises en considération dans la pratique clinique. Les politiques de santé publique jouent elles aussi un rôle clé en veillant à la distribution équitable des soins préventifs et en appuyant l’intégration de nouvelles technologies dans les pratiques courantes.
D’autres recherches suivent leur cours, et l’on peut deviner que l’avenir de la prévention et du dépistage précoce du cancer sera façonné par l’intégration du dépistage génétique et génomique, du diagnostic par l’IA, et de tests non invasifs comme la biopsie liquide. Ces innovations promettent de révolutionner encore le milieu de l’oncologie en permettant un dépistage plus juste et précoce de la maladie. L’adoption de ces technologies requiert cependant la collaboration soutenue des intervenants en santé, de saines pratiques de partage de données, ainsi qu’une attention particulière aux questions d’ordre éthique. En continuant d’adapter et d’affiner ces approches, la communauté médicale fera en sorte que les bénéfices de ces nouvelles technologies soient à la portée de tous les patients, et que les soins et l’état de santé des patients en oncologie s’améliorent.
Footnotes
CONFLIT D’INTÉRÊTS: L’auteur affirme n’avoir aucun conflit d’intérêts.
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