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. 2026 Feb 2;198(4):E144–E145. [Article in French] doi: 10.1503/cmaj.250389-f

Personnes réfugiées ayant survécu à la torture

Lotus Alphonsus 1,, Penelope Neocleous 1, Clare Pain 1
PMCID: PMC12880873  PMID: 41628943

Il faut éviter de réveiller le traumatisme pendant l’entretien clinique1

Raconter leurs souvenirs d’événements traumatisants peut être difficile pour les personnes survivantes, et le traumatisme subi risque de ressurgir1. Lorsqu’on permet à la patientèle de décider de la manière de raconter son histoire, on peut contribuer à réduire son anxiété1. Si le traumatisme refait surface, le ou la prestataire de soins de santé doit le reconnaître et essayer des techniques pour l’atténuer (p. ex., la redirection ou des exercices de respiration)1.

Une documentation médicolégale précise est importante pour aider les personnes survivantes à obtenir et à conserver la reconnaissance juridique de leur vécu1

Les rapports médicaux contribuent à valider les demandes de statut de réfugié1,2. Tout préjudice psychologique ou physique doit faire l’objet d’une enquête et être documenté de manière appropriée. L’accès au formulaire juridique « Fondement de la demande d’asile » (lequel expose de manière factuelle les raisons pour lesquelles une personne fait une demande de protection des réfugiés) et au récit (l’histoire personnelle à l’appui de la demande de la personne, qui est davantage axée sur l’expérience vécue et fournit un contexte émotionnel) peut aider le ou la prestataire de soins de santé à obtenir un historique complet.

Les différentes normes culturelles et les différents contextes traumatiques peuvent influencer la compréhension qu’a la personne de la santé et de la souffrance1

De nombreuses personnes réfugiées ont été victimes de torture en raison de conflits culturels, religieux ou ethniques, et de plus en plus souvent en raison de violences domestiques et de discrimination à l’égard des personnes 2ELGBTQI+. Par conséquent, les récits peuvent être atténués en raison de sentiments de honte, de stigmatisation et de crainte de représailles1. Les prestataires de soins de santé doivent s’abstenir de supposer que la réticence d’une personne signifie qu’elle n’a pas été victime de torture. Une formation à l’humilité et à la sensibilité culturelles est essentielle pour les prestataires effectuant ce type de travail clinique.

Les personnes ayant survécu à la torture ont besoin d’un prestataire de soins de santé primaires

Les prestataires de soins de santé primaires peuvent répondre à de nombreuses préoccupations de la patientèle et constituent un point d’accès aux ressources en santé mentale et à d’autres spécialistes. Bien que les personnes ayant survécu à la torture soient susceptibles de présenter des troubles de santé mentale, notamment un trouble de stress post-traumatique, une dépression ou de l’anxiété3, il n’est pas recommandé de procéder à un dépistage systématique, car celui-ci n’a été associé à aucun bienfait évident et pourrait même être préjudiciable4. Le rôle d’un médecin examinateur ou d’une médecin examinatrice qui documente la torture à des fins juridiques diffère de celui d’un ou d’une prestataire de soins de santé primaires, bien qu’il puisse y avoir des chevauchements. Voir l’annexe 1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.250389/tab-related-content pour consulter les ressources recommandées.

Les prestataires de soins de santé doivent connaître la date de l’audience du patient ou de la patiente devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada

L’audience est souvent prévue virtuellement et déterminera si la personne réfugiée est autorisée à rester au Canada5. Si les professionnels ou professionnelles de la santé estiment que l’état de santé de cette personne risque d’influencer son audience ou sa présence, il convient d’en informer son avocat ou avocate.

Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à https://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.

Supplementary Information

250389-fiveways-1-at.pdf (34.3KB, pdf)

Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.250389

Footnotes

Intérêts concurrents : Lotus Alphonsus déclare siéger au conseil d’administration du Centre canadien pour les victimes de torture. Penelope Neocleous et Lotus Alphonsus sont cofondatrices du Newcomer Health Hub, qui a collaboré avec le Centre canadien pour les victimes de torture à l’élaboration de directives à l’intention des prestataires de soins de santé pour les survivants et survivantes de la torture. Penelope Neocleous déclare également avoir reçu des honoraires pour son rôle dans l’orientation de projets de recherche par l’intermédiaire du Newcomer Health Hub. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.

Cet article a été révisé par des pairs.

Note de la rédaction : Lotus Alphonsus, survivante de la torture, est actuellement résidente en médecine interne et siège au conseil d’administration du Centre canadien pour les victimes de torture. Penelope Neocleous est actuellement résidente en médecine familiale et a cofondé le Newcomer Health Hub avec Lotus Alphonsus. Clare Pain est psychiatre et elle travaille depuis 15 ans avec des personnes ayant survécu à la torture.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne

Références

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  • 5.Step 3: Get ready for your hearing. Ottawa: Immigration and Refugee Board of Canada; mis à jour le 4 sept. 2025. Accessible ici : https://www.irb-cisr.gc.ca/en/applying-refugee-protection/Pages/crp-step-3.aspx (consulté le 21 sept. 2025). [Google Scholar]

Associated Data

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Supplementary Materials

250389-fiveways-1-at.pdf (34.3KB, pdf)

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