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. 2025 Nov 17;5(4):mtsi.v5i4.2025.640. [Article in French] doi: 10.48327/mtsi.v5i4.2025.640

Enquête CAP (Connaissances, aptitudes, pratiques) auprès de la population et des professionnels de santé sur la santé bucco-dentaire et le noma en 2012 dans la région du Sahel, Burkina Faso

KAP’ (Knowledge Attitude Practices) survey of the population and health professionals regarding oral health and noma in 2012 in the Sahel region, Burkina Faso

Hadissa TAPSOBA 1,2,*, Jocelyne Valérie GARÉ 3,4, Aissata Sané CONGO 5,6, Lamoussa Robert ZOMA 1,2, Ernest Robert TOÉ 2,7
PMCID: PMC12948366  PMID: 41768947

Abstract

Introduction

Noma is a significant public health concern in the Sahel region of Burkina Faso. To combat this issue, stakeholders have come together to develop a project based on the actual knowledge of local populations and medical professionals about the disease.

Purpose of the study

This descriptive study examines knowledge, attitudes, and practices related to noma and oral health in the Sahel region in 2012.

Results

Although the population is unfamiliar with the term “noma”, they generally know the symptoms. However, knowledge of the causes of poor oral health is more confused. While the population is aware of the need for dental hygiene and the possible role of diet, more awareness-raising efforts are needed. There is a gap in the health system’s capacity. Health workers are insufficiently trained. Traditional practitioners and the media remain uninvolved in the issue, despite their potential to play a key role.

Conclusion

This study impacted the implementation and development of the noma control program, particularly with regard to three major strategies: social mobilization, community strategy, and capacity building for health workers.

Key Words: Oral health, Noma, KAP survey, Séno, Oudalan, Yagha, Soum, Burkina Faso, Sahel, Sub-Saharan Africa

Introduction

Le noma a été défini comme un problème majeur de santé publique pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en raison de sa forte létalité, des graves mutilations faciales chez les survivants et de son impact important sur la vie socio-économique des survivants et de leurs familles [11]. L’essentiel des cas survient en Afrique subsaharienne [12]. D’origine multifactorielle et de causes mal définies, le noma atteint principalement les enfants âgés de 2 à 6 ans souffrant de malnutrition, d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire, d’un affaiblissement du système immunitaire ou d’une maladie infectieuse, et vivant dans des conditions de pauvreté [5,14]. En décembre 2023, l’OMS a officiellement intégré le noma dans la liste des maladies tropicales négligées, soulignant la nécessité de renforcer la lutte contre cette maladie [8]. Le Burkina Faso figure parmi les pays les plus touchés. La prévalence y a été estimée en 2018 à près de 100 000 cas sur 23 millions d’habitants dont seulement 10% traités [9].

Au Sahel, la situation est particulièrement préoccupante en raison d’un environnement sociosanitaire déficient caractérisé par un climat rude, un faible taux de scolarisation, une insécurité alimentaire, des pesanteurs socioculturelles, une faible couverture sanitaire et une forte mobilité du personnel sanitaire (Fig. 1). La région est marquée par une forte prévalence de la malnutrition [13]. Le Projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina (PSRCPN/BF) s’investit dans ce domaine depuis 2011. En 2012, avant le démarrage des activités, il s’est agi de dresser un état des connaissances, attitudes et pratiques (CAP) de la population, des soignants et des tradipraticiens liées au noma et à la prévention bucco-dentaire. Le PSRCPN/BF a été conjointement mis en place par le Réseau pour la promotion de la santé bucco-dentaire et la recherche en Afrique et l’ONG allemande Gegen Noma, en collaboration avec le ministère de la Santé. Les principaux objectifs poursuivis sont:

  • l’amélioration de la connaissance du noma, des facteurs de risques, et des mesures préventives par le grand public;

  • le renforcement de la mobilisation sociale et la participation communautaire dans les activités relatives à la prévention des affections bucco-dentaires et du noma;

  • le renforcement des capacités des prestataires de soins pour la prévention et la prise en charge précoce des affections bucco-dentaires et du noma;

  • l’amélioration de l’accès à des soins curatifs et préventifs de qualité dans les centres de santé, en particulier pour les enfants;

  • la formation des agents de santé communautaire pour la communication en faveur d’un changement de comportement et de la recherche des cas de noma;

  • l’intégration de la prévention du noma et des affections bucco-dentaires dans des structures et programmes de santé existants.

La région du Sahel a fait l’objet d’une priorité pilote dans ses quatre provinces (Oudalan, Séno, Soum et Yagha) et ses quatre districts sanitaires (Djibo, Dori, Gorom-Gorom et Sebba). L’objectif de cet article est de présenter les principaux résultats de l’étude CAP réalisée avant la mise en place du projet.

Matériels et méthodes

L’étude a porté sur l’ensemble de la région du Sahel incluant la population générale ainsi que les acteurs de santé, les agents de santé communautaire et les tradipraticiens. Une étude CAP a été réalisée [7].

Les groupes cibles visés en particulier étaient les enfants de moins de 7 ans, les enfants et adolescents de 12 à 17 ans, les personnes âgées de 18 ans et plus ayant au moins un enfant de 0 à 6 ans. Cette enquête s’est également intéressée à tous les intervenants clés du domaine de la santé. Des entretiens et/ou questionnaires ont été réalisés auprès des agents professionnels de santé, des agents de santé communautaire et des tradipraticiens (Annexe).

Le plan de sondage utilise la technique du sondage stratifié à deux degrés. Le critère de stratification est le milieu de résidence. Dans chaque province, deux strates ont été identifiées: le milieu urbain et le milieu rural. L’enquête a eu lieu dans chacune des strates. Au premier degré, la base de sondage est constituée de la liste des zones de dénombrement (ZD) établies par la cartographie censitaire du recensement général de la population et de l’habitation du Burkina Faso (en 2006). Au deuxième degré, la base de sondage est constituée de la liste des ménages dénombrés dans chaque ZD hébergeant en leur sein au moins un enfant de 0 à 6 ans. Nous avons procédé au tirage des ZD avec une probabilité proportionnelle à leur taille. Les ménages ont été tirés à probabilité égale dans chaque zone. Seuls les ménages comptant en leur sein au moins un enfant de 0 à 6 ans ont été retenus. Le chef d’équipe a tiré les 12 ménages à enquêter.

Toutes les personnes de 12 à 17 ans, de plus de 18 ans et ayant à leur charge un enfant de 0 à 6 ans ont été interrogées. Dans un ménage sur deux, tous les adultes de plus de 18 ans ont été également enquêtés.

La taille de l’échantillon de la population requise par province a été calculée pour une précision de 5% dans les proportions estimées et avec un facteur correctif pour tenir compte des non-réponses. La taille de l’échantillon répondant à ces critères est d’au moins 400 femmes, adolescents et adultes respectivement. Sur la base de 15 ZD à couvrir par province, 12 ménages ont été enquêtés par ZD. Pour les professionnels de la santé, l’échantillonnage a été exhaustif.

À défaut d’une base de sondage exhaustive des tradipraticiens et agents de santé communautaire, tout le personnel soignant travaillant dans la formation sanitaire du village et à proximité de la ZD a été enquêté. L’enquête visait à recueillir:

  • le niveau des connaissances et croyances relatives à la santé bucco-dentaire, aux affections bucco-dentaires et au noma;

  • les attitudes des populations vis-à-vis du noma et des affections de la cavité buccale en général;

  • les comportements liés à la santé bucco-dentaire;

  • la situation de base des enfants de moins de 7 ans en termes d’état de santé bucco-dentaire et de noma, et les pratiques relatives à leur alimentation et hygiène bucco-dentaire;

  • les pratiques des prestataires de soins en matière de prévention et traitement des affections bucco-dentaires et du noma;

  • les principales sources d’information sur la santé dans la région et les canaux de communication les plus appropriés pour la population.

Nous avons utilisé sept questionnaires, dont un par groupe cible: ménage, enfant de 0 à 6 ans, enfant et adolescent de 12 à 17 ans, adulte de 18 ans et plus, agent de santé, agent de santé communautaire, tradipraticien. Les entretiens se sont déroulés en langues locales. Douze enquêteurs ont été sélectionnés. Un pré-test a permis de finaliser les outils et d’anticiper certaines difficultés de terrain. La collecte des données sur le terrain a duré trois semaines. L’ensemble des personnes interrogées a donné son accord. Les données ont été transmises et analysées de manière anonyme. Quatre bases de données ont été constituées et transférées dans le logiciel SPSS: « Ménage », « Agent de santé », « Agent de santé à base communautaire », « Tradipraticien ».

Figure 1.

Figure 1

Carte sanitaire de la région du Sahel du Burkina Faso (source: BNDT 2002 (IGB), DRS/Sahel)

Résultats

Les résultats de l’enquête conduite en 2012 sont présentés en cinq grandes parties:

  • la description de la population étudiée;

  • les connaissances, attitudes et pratiques sur le noma, les stomatites et les affections buccodentaires (le terme « stomatite » est employé au sens large pour désigner toute inflammation de la muqueuse buccale);

  • la perception et les croyances sur la santé bucco-dentaire;

  • les comportements liés à la santé bucco-dentaire;

  • la qualité de vie.

Seuls les éléments saillants sont présentés dans cet article.

L’étude a été menée sur un échantillon de 637 ménages. Dans cet échantillon, 417 femmes en charge d’un enfant de moins de 7 ans ont été interrogées, ainsi que 418 adolescents de 12 à 17 ans et 1 570 adultes âgés de 18 ans ou plus. L’étude a permis de recueillir des données auprès de 292 agents de santé, 272 agents de santé à base communautaire et 170 tradipraticiens.

Le nombre moyen de personnes par ménage est estimé à 5 personnes, le nombre d’enfants de moins de 7 ans entre 1 et 4. Le nombre d’adolescents âgés de 12 à 17 ans varie entre 1 et 5 par ménage. La moyenne du nombre d’adultes est de 2 par ménage. La grande majorité des ménages est dirigée par des hommes (94,3%). La région est caractérisée par un niveau d’analphabétisme très élevé (90% des chefs de ménage ne savent ni lire ni écrire).

Une proportion importante des ménages au Sahel consomme de l’eau potable selon les critères locaux (62% des ménages), les autres utilisent des puits non protégés, les rivières et les marigots. Seulement un quart des ménages (24%) utilise des latrines simples ou ventilées et 0,5% utilise une chasse d’eau. L’évacuation des ordures se fait surtout dans les tas d’immondices (36%) et la rue (29%). Les fosses à ordures sont utilisées dans 15% des cas, les bacs à ordures publics dans 5% des cas, le ramassage privé dans 1% des cas. Près de 90% des ménages possèdent des animaux à proximité du domicile. Les soins de santé se font en priorité dans les centres de santé pour 95% des ménages et auprès de tradipraticiens pour 5% d’entre eux. La grande majorité de la population n’a jamais entendu parler de noma (seuls 3,9% en a entendu parler). Cette proportion est plus élevée dans le Séno (9,4%) et plus faible dans le Yagha (1,6%). Parmi les appellations locales du noma, les principales sont: bassewui, bassowel et gondé (les deux premières sont en fulfudé, la dernière n’est pas rattachée à une langue précise). Mais 90% de la population ne connait pas l’appellation du noma dans sa langue. Cependant, les symptômes sont connus et identifiés comme suit: les maux de dents, de gencives ou de bouche (67%), les plaies dans la bouche (66%) et les gonflements de la joue (37%). Les principales sources d’information sur le noma sont les parents ou membres de la famille (41%), les amis (22%), la télévision (20%), le voisinage (20%) et la radio (17%).

Selon les agents de santé (Tableau I), le noma peut se définir par les affections bucco-dentaires (78%), les gingivites et stomatites (18%), les ulcères nécrotiques (2%) et les maladies de la peau (1%). Ils caractérisent les symptômes par l’inflammation de la joue (62%), la fièvre/douleur (28%), la déformation du visage (22%) et la mauvaise haleine (22%). Certains citent le bec de lièvre (8%). Ils identifient les signes cliniques suivants: plaie à la joue, nez et bouche rongés (43%), tuméfaction buccale (24%), haleine fétide (23%). Selon eux, plusieurs facteurs sont à l’origine du noma, les principaux étant une mauvaise hygiène buccodentaire (64%) et la malnutrition (51%). Certains citent la mauvaise haleine comme faisant partie des causes probables (10%). Pour les caractéristiques cliniques, ils citent les plaies extensives de la bouche/saignement des gencives/rougeur (51%), des douleurs ou de la fièvre (17%) et les dents visibles (15%). À noter que la perte de substance, qui est une caractéristique du noma à la phase d’état, est peu connue (seuls 8% la citent).

Plus de la moitié (56%) des agents de santé communautaires (Tableau II) a déjà entendu parler du noma (61% dans le Séno et 38% dans l’Oudalan). Parmi ceux qui en ont déjà entendu parler, la plupart (97%) définit le noma comme étant une maladie touchant la bouche et le visage. La majorité reconnaît le noma à travers les plaies dans la bouche (76%). Cependant, ils citent d’autres symptômes (diarrhée, éruption cutanée) non reconnus comme caractéristiques du noma. Pour eux, la principale cause probable du noma est la mauvaise hygiène bucco-dentaire (50%). Une bonne partie ne connaît pas les facteurs favorisant le noma (33%). Une faible proportion incrimine la sorcellerie ou la malédiction. La majorité d’entre eux connaît la localisation du noma, en l’occurrence la bouche (90%) et le visage (38%). Quelques-uns localisent le noma au niveau du ventre (4%). Les services de santé constituent la principale source d’information sur le noma (72%). La radio (14%), la télévision (7%) et la presse écrite (6%) occupent une place non négligeable dans cette information. Environ deux tiers des tradipraticiens ont déjà entendu parler du noma (80% dans le Séno et 32% dans le Yagha). Parmi ceux qui en ont déjà entendu parler, la plupart évoque la mauvaise hygiène bucco-dentaire (51%) et la malnutrition ou la pauvreté (26%) comme causes probables. Cependant, une bonne partie en ignore les causes (29%) et certains citent la sorcellerie ou la malédiction.

La moitié de la population enquêtée (51%) pense qu’on peut prévenir le noma (80% dans le Yagha, 36% dans l’Oudalan). Les moyens de prévention les plus cités sont: des consultations régulières dans les centres de santé (61%), une bonne hygiène bucco-dentaire (51%) et une alimentation équilibrée (30%). Bon nombre des enquêtés (15%) évoque la consultation chez les marabouts (le terme « marabout » est utilisé pour désigner un tradipraticien à connotation religieuse s’appuyant sur le Coran). Les résultats sont identiques chez les femmes en charge d’un enfant de moins de 7 ans et chez les adultes de 18 ans et plus.

Une très forte proportion d’agents de santé (95%) pense qu’on peut prévenir le noma. L’hygiène buccale est le plus fréquemment citée (70%), le suivi en consultation ou le diagnostic précoce (30%), la sensibilisation à aller dans les centres de santé (29%) et la prise en charge de la malnutrition (27%). Les agents de santé s’informent sur le noma à travers la littérature médicale (36%), la télévision (29%) et les collègues (18%). Les séminaires de formation sont peu cités (7%).

Plus de la moitié des agents de santé communautaires (58%) pense qu’on peut prévenir le noma (Oudalan 80%; Séno 48%). Parmi ceux qui pensent qu’on peut le prévenir, la majorité (86%) évoque la bonne hygiène bucco-dentaire, suivie de la lutte contre la malnutrition (9%).

Parmi la population, 80% des enquêtés pensent qu’on peut mourir du noma, avec des variations entre le Yagha (100%) et le Soum (66%). Il y a peu de différence entre les sous-groupes de population. La majorité des agents de santé à base communautaire (84%) le pense également. Contrairement aux perceptions de la population, c’est dans le Yagha que l’on note une proportion en dessous de la moyenne régionale (58%).

Près de 60% des enquêtés pensent qu’une personne en bonne santé peut « attraper » le noma (71% chez les femmes ayant en charge un enfant de moins de 7 ans). Cette perception est plus prononcée dans le Yagha avec 83% (100% des femmes) et moins dans l’Oudalan avec 20% (33% des femmes). Le noma est perçu comme une maladie contagieuse par 35% de la population (50% dans le Yagha et 14% dans le Soum). Parmi les individus susceptibles d’attraper le noma, 69% des agents de santé à base communautaire ciblent les enfants (90% dans le Soum, 40% dans l’Oudalan). Une partie cite « toute personne » comme cible potentielle du noma (26%).

Parmi la population, 80% disent savoir que le noma se soigne (90% dans le Yagha, 57% dans l’Oudalan). Pour les attitudes à adopter, les interrogés suggèrent en premier lieu la visite au centre de santé et chez le tradipraticien en second lieu. Les résultats diffèrent peu entre les femmes ayant en charge un enfant de moins de 7 ans et les autres adultes. La consultation chez le marabout, le prêtre ou le pasteur et l’automédication sont faiblement citées par les femmes. À noter que dans le Séno, 60% des femmes préconisent la consultation chez le tradipraticien et 40% chez le marabout ou le pasteur ou le prêtre.

D’une manière générale, 85% des agents de santé à base communautaire pensent qu’on peut soigner le noma. La majorité préconise la consultation au centre de santé en premier lieu (96%) et en second lieu chez les tradipraticiens (8%).

Il y a une forte acceptation des malades du noma par la population générale (presque 81%) avec de faibles disparités selon les provinces. Elle est moins importante chez les femmes (65%). Les adolescents acceptent de collaborer avec un malade du noma, avec une forte disparité entre les provinces (100% d’adolescents dans le Soum et le Yagha, 0% dans l’Oudalan).

Plusieurs causes ont été évoquées pour expliquer la survenue des affections bucco-dentaires: une mauvaise hygiène bucco-dentaire (47%), la consommation du sucre (40%) et la malnutrition (19%). Plusieurs moyens sont cités pour les prévenir: brosser régulièrement les dents de l’enfant (45%), consulter régulièrement un agent de santé (44%) et éviter la consommation du sucre (39%). Il faut noter qu’une partie de la population cite comme moyen de prévention l’éviction du lait. La majorité des agents de santé (76%) déclare avoir déjà entendu parler des stomatites. Plusieurs types de stomatites sont cités: les gingivites (47%), les glossites (18%) et les parodontites (10%). Certains évoquent les caries dentaires comme un type de stomatite. Selon les agents, plusieurs traitements sont disponibles: antibiothérapie (53%), bain de bouche avec l’eau tiède salée (38%), médicament anti-inflammatoire (35%).

Seulement 18% des agents de santé mènent des activités de sensibilisation et de formation sur la santé bucco-dentaire. Seulement 2% ont été formés sur ces affections. Même constat pour les agents de santé communautaire, excepté au Séno où l’on en rencontre quelques-uns (4%). Cependant, 32% d’agents de santé communautaire ont bénéficié d’une sensibilisation sur la santé bucco-dentaire.

Un peu plus de la moitié de la population (57%) accorde aux maladies bucco-dentaires une importance supérieure aux autres problèmes de santé. De manière générale, 88% de la population est préoccupée par la santé bucco-dentaire. Plus de la moitié des enquêtés (58%) pense qu’il est important de conserver ses dents naturelles, 35% ne partageant pas cet avis.

La plupart des enquêtés (83%) partage l’opinion selon laquelle les caries dentaires donnent un mauvais aspect du visage, 96% perçoivent le danger que peuvent constituer les problèmes dentaires. L’impact des problèmes dentaires sur les autres problèmes de santé est reconnu par la grande majorité (93%). Parmi les personnes concernées par les problèmes dentaires, environ 31% ont exprimé un besoin de traitement ou d’information en particulier des conseils sur le brossage des dents (25%). Chez les femmes ayant en charge un enfant de moins de 7 ans et chez les adultes, les besoins en traitement liés à la santé bucco-dentaire sont identiques. Les adolescents ont exprimé des attentes en termes d’obturation, d’extraction dentaire et de redressement de dents à hauteur de 52% chacun.

La plupart des enquêtés (94%) perçoit l’importance de se brosser les dents. La moitié (53%) ne sait pas que l’utilisation du fil dentaire n’empêche pas la survenue des maladies des gencives. La majorité (55%) pense que les aliments sucrés provoquent la survenue de caries dentaires tandis que 34% ne partagent pas cet avis. À noter que 12% n’ont aucune connaissance sur l’action du sucre dans la survenue de caries.

Deux personnes sur trois ne savent pas que la consommation d’eau fluorée aide à la prévention des caries. Parmi ceux qui connaissent son utilité, 19% partagent cette opinion et 13% la réfutent. Pour 81% des enquêtés, le fait d’aller voir un dentiste n’épargne pas les problèmes de dents, de gencives ou de dentier. Plusieurs raisons sont évoquées pour ne pas aller chez un dentiste dont les plus importantes sont l’inexistence de problèmes dentaires (73%) et le manque de moyens financiers (18%). Parmi ceux qui sont allés consulter un dentiste, les raisons de consultation sont: un problème dentaire (50%), un besoin d’examen ou de détartrage (38%) et les consultations obligatoires (13%). Il faut noter que ces motifs de consultation ont été évoqués par les populations des provinces disposant de cabinets dentaires (le Séno et le Soum). Parmi les motifs de satisfaction évoqués par ceux ayant consulté un dentiste, les plus importants sont l’obtention d’un rendez-vous, l’accueil à la réception et l’accueil de l’assistant dentaire. La durée du trajet pour aller chez le dentiste et le quartier où se trouve le dentiste ont été relativement bien appréciés par les patients. Les motifs de satisfaction les plus importants sont l’information donnée sur le traitement, la modernité des équipements de soins et la propreté du lieu.

Des conseils sont aussi donnés par les tradipraticiens: se brosser les dents (74%), aller au centre de santé (24%), éviter de manger des nourritures très dures (6%) et éviter de consommer du sucre (21%). La population du Sahel consomme habituellement des aliments à base de céréales (66%) et des aliments sucrés (35%). Les fruits sont faiblement consommés, en lien avec l’environnement qui en est dépourvu. En dehors de la consommation habituelle de céréales (77%), la consommation du sucre est importante chez les adolescents (51%). Parmi ces derniers, 11% disent fumer du tabac et 8% chiquer.

Une part importante de la population (76%) se nettoie la bouche et les dents au moins une fois par jour. Cependant, une partie non négligeable (4%) ne se lave jamais les dents, notamment dans le Séno (12%). Le même comportement est observé chez les femmes en charge d’un enfant et les autres adultes. Chez les adolescents, le nettoyage est plus fréquent (86%) mais dans le Séno, 20% ne se brossent jamais les dents. Parmi ceux qui se nettoient la bouche et les dents, un quart (26%) utilise une brosse à dents. La plus forte proportion provient du Séno (36%) et la plus faible est observée dans le Yagha (12%). La majorité de ceux qui se brossent les dents n’utilise pas de dentifrice (82%). D’autres moyens sont utilisés dont les plus courants sont les cure-dents en bois (63%), les bâtonnets frotte-dents (52%) et le charbon de bois (9%).

Plusieurs traitements sont proposés par les agents de santé aux patients pour la prise en charge du noma: l’antibiothérapie (52%), la chirurgie (48%), les bains de bouche antiseptiques (26%). Cependant, peu d’entre eux ont déclaré avoir déjà soigné un cas de noma (12%, avec 27% dans l’Oudalan et seulement 3% dans le Soum).

Les traitements proposés aux patients souffrant de noma par les tradipraticiens sont des produits à base de plantes (95%) et à base de parties d’animaux. Plusieurs « remèdes » sont utilisés par les tradipraticiens dont les plus cités sont le sylmidi (34%), l’heidi (23%), le sigini (21%), le lansongne (19%), le loukouhi (16%) et le founafouna (11%). A noter que ces remèdes et les plantes qui les composent ne sont pas connus.

Des agents de santé disent référer les cas de noma dès le diagnostic (52%), d’autres seulement à un stade avancé (16%). Il faut cependant noter qu’une proportion importante d’agents de santé n’a jamais référé de cas. Les principaux lieux de référence sont le centre médical avec antenne chirurgicale (75%), le chirurgien-dentiste (42%) ou le centre hospitalier régional (18%). Ils réfèrent également les cas de stomatites et d’affections bucco-dentaires, dès le diagnostic (33%) ou seulement au stade avancé (31%). Beaucoup n’ont jamais référé de cas (36%). Les tradipraticiens prennent aussi en charge les affections bucco-dentaires. Il s’agit des extractions de dents (2%) et les « remplacements de dents » (1%).

La majeure partie des enquêtés (97%) n’est pas gênée de sourire ni de converser en public malgré l’apparence de leurs dents, contre 3% qui évitent à certains moments de sourire. Une bonne partie est satisfaite de l’apparence de ses dents (75%), 22% la jugent passablement satisfaisante et seulement 3% ne la trouvent pas bonne. Les trois quarts (78%) des enquêtés sont satisfaits de la santé de leurs dents et gencives, 21% la trouvent passable, tandis qu’à peine 1% l’estime mauvaise. Une grande majorité (91%) n’a pas connu de douleur ou de gène au cours des 12 derniers mois et 95% déclarent pouvoir mâcher. Certains ont relaté avoir eu des problèmes dentaires au cours des 12 derniers mois: des douleurs au chaud ou au froid (12%), des douleurs ou des saignements des gencives (11%), des saignements fréquents au brossage (8%) ou des dents qui bougent (8%). La majorité n’a pas relevé de troubles du sommeil à cause de problèmes dentaires au cours des 12 derniers mois (95%).

Discussion

Cette enquête CAP relative au noma et à la santé bucco-dentaire dans la région du Sahel burkinabé a été réalisée en 2012 dans le cadre du Projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina Faso. Elle est la première étude documentant ce sujet dans cette région. Les résultats ont mis en évidence un certain nombre d’enseignements ayant permis de renseigner et d’orienter le projet. Celui-ci se poursuit en 2025 bien qu’il ait dû s’adapter à de nombreuses contraintes. La région du Sahel fait face à une grande insécurité, liée au terrorisme, qui a entraîné le départ d’une grande partie des personnels de santé et de nombreux habitants. La poursuite des activités de prévention du noma dans cette zone est devenue extrêmement difficile. En 2012, la population du Sahel connaissait très mal le noma en tant que maladie. Le terme « noma » lui-même était quasi inconnu, même si ses manifestations étaient souvent reconnues. Le noma était perçu à travers ses symptômes, mais pas identifié en tant qu’entité nosologique distincte. Il est possible que bien des répondants assimilaient en fait les cas de noma à d’autres affections orales sévères sans les distinguer. Cette probable confusion entre le noma et d’autres lésions bucco-dentaires graves a aussi été observée chez certains soignants. Cela constitue une limite dans l’interprétation des niveaux de connaissance. Nos résultats rejoignent globalement ceux observés dans d’autres études en Afrique de l’Ouest. Au Mali, une enquête auprès de tradipraticiens a montré qu’ils connaissaient empiriquement le noma avec des explications étiologiques très diverses, souvent non biomédicales [2]. Au Burkina Faso, une étude menée auprès d’agents de santé primaires dans une autre région a retrouvé des lacunes importantes dans la connaissance du noma et de sa prise en charge [3]. Nos données diffèrent de celles rapportées en Zambie rurale, où une majorité de soignants était capable d’identifier correctement le noma [1]. Ces comparaisons montrent que la connaissance du noma peut varier considérablement selon le contexte géographique et la catégorie de population, soulignant l’importance d’adapter les stratégies de formation et de sensibilisation. Les conceptions étiologiques du noma parmi la population et les tradipraticiens combinent des facteurs biomédicaux (malnutrition, hygiène) et des facteurs socioculturels ou mystiques (sorcellerie, châtiment divin). Cette coexistence d’attributions causales rationnelles et magico-religieuses a déjà été rapportée [4]. Elle rappelle l’importance d’impliquer non seulement le secteur de la santé mais aussi les leaders communautaires et religieux dans la lutte contre le noma, afin de prendre en compte les croyances pouvant nuire aux parcours de soins.

Cependant, si la manière de contracter le noma reste parfois floue (avec des confusions entre causes et symptômes), ou erronée (contagiosité), la population et les soignants identifient les principaux moyens pour l’éviter notamment en termes d’hygiène. Ceci est d’autant plus remarquable qu’ils vivent dans des conditions d’hygiène très précaires. Les pratiques déclarées face au noma suggèrent un comportement généralement approprié (recours aux structures de santé) avec une persistance notable de la confiance envers les tradipraticiens. Qu’une moitié environ de la population envisage de consulter un guérisseur traditionnel en cas de noma reflète la réalité d’un système de santé pluraliste au Sahel, où médecine moderne et approche traditionnelle coexistent. Il est intéressant de noter que ce recours au tradipraticien est mentionné par de nombreuses femmes, y compris en complément d’une consultation au centre de santé: l’approche de la maladie par les tradipraticiens est essentiellement tournée vers la cure de la cause mystique identifiée, généralement par divination. Plutôt que d’opposer ces recours, il paraît pertinent de favoriser une complémentarité encadrée, par exemple en intégrant les tradipraticiens dans les campagnes de dépistage et d’orientation des cas de noma. L’intérêt de leur intégration au système de santé a déjà été souligné dans différents contextes [8]. Ceci semble d’autant plus pertinent qu’en termes de soins, les agents de santé, les agents de santé communautaire et les tradipraticiens diffèrent peu dans leurs pratiques. Cependant, ces acteurs sont globalement insuffisamment formés pour accompagner la population, tant pour prévenir, repérer ou orienter. Cela vaut pour le noma mais également pour les autres affections dentaires. Ce constat est similaire à ceux qui ont pu être faits au Burkina Faso ou dans d’autres pays d’Afrique [1,2, 3]. Il rend d’autant plus prioritaire le volet « Renforcement des capacités des prestataires de soins et des agents de santé communautaire dans la région du Sahel ».

En termes de santé bucco-dentaire, la population observe un comportement relativement protecteur en reconnaissant l’intérêt du brossage dentaire et les dangers d’une alimentation sucrée. La santé dentaire est perçue comme un sujet relativement important. Des efforts de sensibilisation sont à faire en ce qui concerne l’usage d’eau fluorée, de dentifrice ou encore le recours préventif aux soins dentaires. Pour les recours aux soins, la population s’oriente en majorité vers les centres de santé. Ces éléments représentent un atout important sur lequel s’appuyer. La région Afrique a connu la plus forte progression mondiale des maladies buccodentaires ces dernières décennies, témoignant du faible accès à la prévention et aux soins [10]. À signaler cependant que si l’état bucco-dentaire est un déterminant de noma, le rôle spécifique de l’hygiène bucco-dentaire dans la prévention du noma reste peu documenté à ce jour [6].

Pour le second volet intitulé « Mobilisation sociale et sensibilisation dans la région du Sahel », il convient de noter l’importance non négligeable des médias dans la sensibilisation de la population. Ces médias semblent mieux fonctionner que les séances de formation/sensibilisation qui pourraient être proposées.

Les données recueillies ont apporté un éclairage sur les progrès à apporter dans la région du Sahel. Elles ont permis d’identifier les actions à privilégier, celles où le changement doit s’opérer (notamment dans la couverture de toutes les mesures préventives) et la nécessité de mieux les structurer. Ceci a eu un impact sur la conduite du projet. Celui-ci a réalisé une série d’activités de communication, y compris une caravane de presse, une campagne de diffusion radiophonique, des rencontres de plaidoyer ainsi que des représentations théâtrales. Il a permis la constitution et l’animation de groupes d’apprentissage et de suivi des pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

Plusieurs points doivent être soulignés. Il s’agit d’une étude déclarative, basée sur des entretiens. Les réponses obtenues peuvent être influencées par un biais de désirabilité sociale, les participants cherchant à donner la réponse qu’ils estiment attendue. Ce biais est classique dans les enquêtes CAP. Nous avons tenté de le minimiser par la formation des enquêteurs. Il n’est pas exclu que certaines connaissances ou bonnes pratiques aient été surestimées.

La collecte ayant eu lieu en 2012, les données reflètent la situation d’il y a plus de 10 ans. Entretemps, le contexte régional a profondément changé, en particulier à partir de 2015 avec la crise sécuritaire. En 2025, la région du Sahel est confrontée à une insécurité extrême liée au terrorisme, qui a entraîné le départ de la plupart des agents de santé et des enseignants de la zone. Les populations civiles et les forces armées subissent des attaques régulières. Ce contexte rend la mise en œuvre des activités de prévention et de prise en charge du noma extrêmement difficile. Les actions se poursuivent mais de manière limitée. Malgré ces limites, notre enquête a permis d’orienter les actions du programme PSRCPN/BF dès 2013. Face aux lacunes constatées, des modules de formation spécifiques sur le noma ont été intégrés pour les agents de santé. Des supports de sensibilisation communautaire ont été élaborés. Les tradipraticiens volontaires ont été intégrés dans le dispositif de signalement des cas suspects et incités à collaborer avec les centres de santé. Des données fragmentaires suggèrent une amélioration de la connaissance du noma dans la région au fil des années du programme (communication personnelle, PSRCPN/BF). En outre, les autorités sanitaires ont inscrit la lutte contre le noma à leur agenda. L’OMS a officiellement reconnu le noma comme une maladie tropicale négligée (MTN) en 2023. Cette reconnaissance internationale devrait contribuer à mobiliser davantage de ressources et d’efforts pour sa surveillance, sa prévention et sa prise en charge [15]. Néanmoins, les données épidémiologiques sur le noma restent insuffisantes pour estimer son poids réel [5]. Des initiatives globales sont désormais nécessaires pour combler ce manque d’information, notamment via l’intégration du noma dans les systèmes de santé et de collecte de données des pays endémiques, conformément aux recommandations de l’OMS sur les MTN [11]. Avec toutes les limites des études descriptives, l’étude CAP réalisée pourrait être reproduite afin de caractériser une tendance d’impact du projet.

Conclusion

L’enquête conduite en 2012 dans le cadre du Projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina Faso est la première enquête d’ampleur conduite dans ce pays, et notamment au Sahel, sur une maladie non transmissible, le noma, et plus globalement la santé bucco-dentaire. Elle a mis en lumière un important déficit de sensibilisation et de formation, mais aussi l’existence de relais communautaires pouvant être mobilisés. Malgré un contexte socio-sanitaire et sécuritaire difficile, les enseignements de cette enquête restent d’actualité pour guider les stratégies de lutte contre le noma.

Remerciements

Nous remercions toutes les personnes, organisations et institutions qui ont rendu ce travail possible. Toute notre gratitude aux autorités administratives et sanitaires de la région du Sahel pour leur implication et la facilitation du déroulement de l’étude. Nous remercions tout particulièrement pour leur contribution les acteurs de terrain qui ont joué un rôle déterminant dans la collecte des données et toutes les personnes qui ont accepté de répondre à nos questions en dépit de leurs multiples occupations. Nous sommes extrêmement reconnaissants à Mr Jean-Jacques Santarelli, président de l’ONG Gegen Noma, ainsi qu’à tous les partenaires techniques et financiers du PSRCPN/ BF au Burkina Faso, en Allemagne et en France.

Autorisation administrative, consentement

Les données utilisées pour cet article l’ont été dans le cadre d’un diagnostic de santé publique préparatoire au projet. Ce diagnostic a été conduit conformément aux directives du ministère de la Santé du Burkina Faso. Les protocoles d’intervention et les procédures de collecte des données de suivi et d’évaluation ont été approuvés par le ministère. La collecte de données n’a été effectuée qu’après avoir obtenu le consentement éclairé verbal préalable de chaque personne participant à un questionnaire, avec une information claire fournie, incluant le droit de refus. La confidentialité a été strictement respectée, notamment par l’anonymisation de tous les documents avant leur transmission.

Financement

Gegen Noma (Allemagne), Vaincre Noma (France), Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement.

Contributions des auteurs et autrices

Hadissa TAPSOBA a rédigé la première version de l’article. L’ensemble des auteurs et autrices a été impliqué dans la conception de l’étude et dans l’analyse des données et a relu, contribué à la finalisation de l’article et approuvé la version finale.

Déclaration de liens d’intérêt

Aucun lien d’intérêt n’a été déclaré.

Annexe: Questionnaire agent de santé - Questionnaire agent de santé communautaire - Questionnaire ménage et individu

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Contributor Information

Jocelyne Valérie GARÉ, Email: jvgare@yahoo.fr.

Aissata Sané CONGO, Email: saneaissata@yahoo.fr.

Lamoussa Robert ZOMA, Email: zolarob@gmail.com.

Ernest Robert TOÉ, Email: oe_ernest@yahoo.fr.

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KAP’ (Knowledge Attitude Practices) survey of the population and health professionals regarding oral health and noma in 2012 in the Sahel region, Burkina Faso

Introduction

The World Health Organization (WHO) has defined noma as a major public health problem due to its high case fatality rate, the severe facial mutilation suffered by survivors, and its significant impact on the socioeconomic lives of survivors and their families [11]. Most cases occur in sub-Saharan Africa [12]. It has multiple causes and poorly defined origins and mainly affects malnourished children aged two to six with poor oral hygiene, weakened immune systems, and infectious diseases and living in poverty [5,14]. In December 2023, the WHO officially added noma to the list of neglected tropical diseases, highlighting the need to increase efforts to combat the disease [8]. Burkina Faso is one of the countries most affected. In 2018, the prevalence was estimated at nearly 100,000 cases among 23 million inhabitants, only 10% of which were treated [9]. The situation in the Sahel is particularly concerning due to its poor socio-sanitary environment, which is characterized by a harsh climate, low school enrollment rates, food insecurity, sociocultural constraints, poor health coverage, and the high mobility of health personnel (Fig. 1). The region has a high prevalence of malnutrition [13]. Since 2011, the Project for Awareness Raising and Capacity Building for the Prevention of Noma in Burkina Faso (PSRCPN/BF) has worked in this area. Before the start of activities in 2012, the project aimed to assess the knowledge, attitudes, and practices (KAP) of the population, of the healthcare providers, and of traditional practitioners regarding noma and oral health prevention. PSRCPN/BF was established jointly by the Network for the Promotion of Oral Health and Research in Africa and the German NGO Gegen Noma, in collaboration with the Ministry of Health. The main objectives were to:

  • improve the general public’s knowledge of noma, its risk factors, and preventive measures.

  • strengthen social mobilization and community participation in activities related to preventing oral diseases and noma;

  • strengthen the capacity of healthcare providers to prevent and manage oral diseases and noma early on;

  • improve access to quality curative and preventive care in health centers, particularly for children;

  • training community health workers in communication for behavior change and noma case finding;

  • training community health workers in communication for behavior change and noma case finding;

  • integrate noma and oral health disease prevention into existing health structures and programs.

The Sahel region, specifically its four provinces (Oudalan, Séno, Soum, and Yagha) and four health districts (Djibo, Dori, Gorom-Gorom, and Sebba), was the focus of a pilot priority.

This article presents the main results of the KAP study conducted prior to the project’s implementation.

Materials and methods

The study covered the entire Sahel region and included the general population, health professionals, community health workers, and traditional practitioners. A KAP study was conducted [7]. The specific target groups were children under seven, children and adolescents aged twelve to seventeen, and adults aged eighteen and over with at least one child aged 0 to 6. The survey also focused on all key stakeholders in the health sector. Interviews and/or questionnaires were conducted with professional and community health workers, as well as traditional practitioners (Appendix). The survey used a two-stage, stratified sampling technique. The stratification criterion was the place of residence. In each province, two strata were identified: urban and rural. The survey was conducted in each stratum. At the first level, the sampling frame consisted of a list of census areas established through the general population and housing census mapping in Burkina Faso in 2006. At the second stage, the sampling frame consisted of a list of households with at least one child aged 0 to 6 years in each area.

We selected the areas with a probability proportional to their size. Households were selected with an equal probability in each zone. Only households with at least one child aged 0 to 6 were selected. The team leader selected the 12 households to be surveyed. People aged 12 to 17, over 18, and those with a child aged 0 to 6 in their care were interviewed. In every other household, all adults over 18 were surveyed as well.

The required sample size per province was calculated to achieve an accuracy of 5% in the estimated proportions, with a correction factor accounting for non-responses. A sample size of at least 400 women, adolescents, and adults met these criteria. Based on 15 areas to be covered per province, 12 households were surveyed per zone. For the health professionals, sampling was exhaustive. Due to the lack of an exhaustive sampling frame for the traditional practitioners and community health workers, all health personnel working in the health facility of the selected zone and in the vicinity were surveyed.

The survey aimed to collect the following information:

  • The level of knowledge and beliefs related to oral health, oral diseases, and noma.

  • The population’s attitudes towards noma and oral diseases in general.

  • The behaviors related to oral health.

  • The baseline situation of children under seven years of age in terms of oral health and noma, as well as practices related to their diet and oral hygiene.

  • The practices of healthcare providers in the prevention and treatment of oral diseases and noma.

  • The main sources of health information in the region and the most appropriate communication channels for the population.

Seven questionnaires were used, one for each target group: households, children aged 0 to 6, children and adolescents aged 12 to 17, adults aged 18 and over, health workers, community health workers, and traditional practitioners. The interviews were conducted in local languages. Twelve interviewers were selected. A pretest was conducted to finalize the tools and anticipate difficulties in the field. Data collection in the field took three weeks. All respondents gave their consent. The data were transmitted and analyzed anonymously.

Four databases were created and transferred to the SPSS software program: “Household,” “Health worker,” “Community health worker,” and “Traditional practitioner.”

Figure 1.

Figure 1

Health map of the Sahel region of Burkina Faso (Source : BNDT 2002 (IGB), DRS/Sahel)

Results

The results of the 2012 survey are presented in five main sections:

  • Description of the study population

  • Knowledge, attitudes, and practices regarding noma, stomatitis, and oral diseases. The term “stomatitis” is used broadly to refer to any inflammation of the oral mucosa.

  • Perceptions and beliefs about oral health.

  • Behaviors related to oral health.

  • Quality of life

This article only presents the salient points.

The study was conducted using a sample of 637 households. Of those, 417 women caring for a child under the age of seven, 418 adolescents aged twelve to seventeen, and 1,570 adults aged eighteen or older were questioned. Data was collected from 292 health workers, 272 community-based health workers, and 170 traditional practitioners. On average, there were 5 people per household, with between 1 and 4 children under the age of 7 and between 1 and 5 adolescents aged 12 to 17. The average number of adults per household was two. The vast majority of households (94.3%) were headed by men. The region was characterized by a high level of illiteracy; 90% of heads of households did not read or write.

A significant proportion of households in the Sahel (62%) consumed drinking water according to local standards, while the rest used unprotected wells, rivers, and backwaters. Only 24% of households used simple or ventilated latrines, and 0.5% used flush toilets. Garbage was primarily disposed of in rubbish piles (36%) or on the street (29%). Garbage pits were used in 15% of cases, public garbage bins in 5%, and private collection in 1%. Nearly 90% of households keeped animals near their homes. Healthcare was primarily provided in health centers (95%) and by traditional practitioners (5%).

The vast majority of the population had never heard of noma; only 3.9% had. This proportion was higher in Séno (9.4%) and lower in Yagha (1.6%). The main local names for noma were basséwui, bassowel, and gondé. The first two were in Fulfulde, and the last was not linked to a specific language. However, 90% of the population did not know the name for noma in their language. Nevertheless, they knew and could identify the symptoms: toothache, gumache, or mouthache (67%); mouth sores (66%); and swelling of the cheeks (37%). The main sources of information about noma were parents or family members (41%), friends (22%), television (20%), neighbors (20%), and the radio (17%).

According to health workers, noma could be defined by oral diseases (78%), gingivitis and stomatitis (18%), necrotic ulcers (2%), and skin diseases (1%) (Table I). The symptoms were characterized as inflammation of the cheek (62%), fever/pain (28%), facial deformation (22%), and bad breath (22%). Some mentioned cleft lip and palate (8%). The following clinical signs were identified: sores on the cheeks, nose, and mouth (43%), oral swelling (24%), and foul breath (23%). They stated that several factors cause noma, the main ones being poor oral hygiene (64%) and malnutrition (51%). Some cited bad breath as a probable cause (10%). In terms of clinical characteristics, they cited extensive mouth sores, bleeding gums, and redness (51%); pain or fever (17%); and visible teeth (15%). Loss of substance, a characteristic of advanced noma, was little known (reported by only 8%). More than half (56%) of community health workers had heard of noma (61% in Séno and 38% in Oudalan) (Table II). Among those who had heard of noma, most (97%) defined it as a disease that affects the mouth and face. Most recognized noma by the sores in the mouth (76%). However, they cited symptoms such as diarrhea and skin rash that are not recognized as characteristic of noma. They believed the main probable cause of noma is poor oral hygiene (50%). Many were unaware of the factors that promote noma (33%). A small proportion blamed witchcraft or curses. Most of them knew where noma occurs: in the mouth (90%) and on the face (38%). A few located noma in the stomach (4%). Health services were the main source of information on noma (72%). Radio (14%), television (7%), and print media (6%) also played a significant role in disseminating this information.

Approximately two-thirds of traditional practitioners had heard of noma, with 80% in Séno and 32% in Yagha being familiar with it. Of those who had heard of it, most cited poor oral hygiene (51%) and malnutrition or poverty (26%) as probable causes. However, a significant proportion were unaware of the causes (29%), with some attributing it to witchcraft or curses.

Half of the surveyed population (51%) believed that noma can be prevented (80% in Yagha and 36% in Oudalan). The most commonly cited means of prevention were: regular visits to health centers (61%), good oral hygiene (51%), and a balanced diet (30%). A significant number of respondents (15%) mentioned consulting marabouts (traditional practitioners with religious connotations who rely on the Quran). These results were consistent among women caring for children under seven and adults aged eighteen and over. A very high proportion of health workers (95%) believed noma can be prevented. The most frequently cited preventive measure is oral hygiene (70%), followed by regular check-ups or early diagnosis (30%), raising awareness about health center visits (29%), and treating malnutrition (27%). Health workers learned about noma through medical literature (36%), television (29%), and colleagues (18%). Training seminars were rarely cited (7%).

Over half of community health workers (58%) believed noma can be prevented (Oudalan: 80%; Séno: 48%). Among those who believed noma can be prevented, the majority (86%) mentioned good oral hygiene, followed by combating malnutrition (9%).

Eighty percent of the population believed that noma can be fatal, with variations between Yagha (100%) and Soum (66%). There was little difference between population subgroups. The majority of community-based health workers (84%) also believed this. Contrary to popular belief, the proportion was below the regional average in Yagha (58%).

Almost 60% of respondents believed that a healthy person can “catch” noma, including 71% of women with children under seven years of age. This perception was more prevalent in Yagha (83%, 100% of women) than in Oudalan (20%, 33% of women). Thirty-five percent of the population perceived noma as contagious (50% in Yagha and 14% in Soum).

Of those susceptible to noma, 69% of community health workers targeted children (90% in Soum and 40% in Oudalan). Some cited “anyone” as a potential target of noma (26%).

Eighty percent of the population said they knew noma can be treated (90% in Yagha and 57% in Oudalan). When asked about the appropriate course of action, respondents suggested first visiting a health center and, second, consulting a traditional practitioner. There was little difference in the results between women with children under the age of seven and other adults. Self-medication and consultation with a marabout, priest, or pastor were rarely mentioned by women. Notably, in Séno, 60% of women recommended consulting a traditional practitioner, while 40% recommended consulting a marabout, pastor, or priest.

Overall, 85% of community-based health workers believed noma could be treated. The majority recommended first visiting a health center (96%) and then consulting a traditional healer (8%). The general population accepted noma patients at a high level (almost 81%), though there were slight disparities between provinces. Acceptance was less significant among women (65%). Adolescents were more likely to agree to collaborate with a noma patient, though there was a significant disparity between provinces (100% in Soum and Yagha, and 0% in Oudalan).

Several causes were cited to explain the occurrence of oral diseases, including poor oral hygiene (47%), sugar consumption (40%), and malnutrition (19%). Several preventive measures were mentioned: regularly brushing children’s teeth (45%), regularly consulting a health worker (44%), and avoiding sugar consumption (39%). It should be noted that some in the population cited avoiding milk as a means of prevention.

The majority of health workers (76%) said they have heard of stomatitis. Several types of stomatitis were mentioned: gingivitis (47%), glossitis (18%), and periodontitis (10%). Some mentioned dental caries as a type of stomatitis. According to the health workers, several treatments were available: antibiotic therapy (53%), rinsing with warm salt water (38%), and anti-inflammatory medication (35%).

Only 18% of healthcare workers engaged in activities that raise awareness and provided training on oral health. Just 2% had received training on these conditions. The same was true for community health workers, except in Séno, where a small percentage (4%) had received training. However, 32% of community health workers had received oral health awareness training.

Just over half of the population (57%) considered oral diseases to be more important than other health problems. Overall, 88% of the population was concerned about oral health. Of those surveyed, more than half (58%) believed it is important to keep their natural teeth, while 35% did not share this view.

Most respondents (83%) agreed that tooth decay makes the face look unattractive, and 96% recognized the potential dangers of dental problems. The vast majority (93%) recognized the impact of dental problems on other health issues. Of those affected by dental problems, about 31% expressed a need for treatment or information, especially advice on brushing their teeth (25%). The need for oral health treatment was the same among women with children under the age of seven and among adults. Fifty-two percent of teenagers expressed a desire for fillings, tooth extraction, and teeth straightening.

Most respondents (94%) recognized the importance of brushing their teeth. However, half (53%) did not know that flossing does not prevent gum disease. The majority (55%) believed that sugary foods cause tooth decay, while 34% disagreed. It should be noted that 12% were unaware of the role of sugar in tooth decay.

Only one out of three people knew that drinking fluoridated water helps prevent tooth decay. Of those who were aware of its benefits, 19% agree and 13% disagree. Eighty-one percent of those surveyed believed that going to the dentist does not prevent problems with teeth, gums, or dentures. The most common reasons for not going to the dentist were the absence of dental problems (73%) and lack of financial means (18%). Among those who had visited a dentist, the reasons for doing so were: having a dental problem (50%), needing an examination or scaling (38%), and mandatory consultations (13%). It should be noted that these reasons were cited by populations in provinces with dental practices (Séno and Soum). The most important reasons for satisfaction cited by those who had consulted a dentist were obtaining an appointment, the reception at the front desk, and the welcome from the dental assistant. Patients relatively appreciated the travel time to the dentist and the neighborhood where the dentist is located. The most important reasons for satisfaction were the information provided about the treatment, the modernity of the care equipment, and the cleanliness of the premises.

Traditional practitioners also offered advice: brush your teeth (74%), go to the health center (24%), avoid eating hard foods (6%), and avoid consuming sugar (21%).

The Sahel population usually consumed cere-al-based foods (66%) and sugary foods (35%). Fruit consumption was low due to a lack of fruit in the environment. Apart from the usual consumption of cereals (77%), sugar consumption was high among adolescents (51%). Among them, 11% reported smoking tobacco, and 8% reported chewing it.

A significant proportion of the population (76%) cleaned their mouths and teeth at least once a day. However, a significant proportion (4%) never brushed their teeth, particularly in Séno (12%). The same behavior was observed among women with children and other adults. Among adolescents, cleaning was more frequent (86%), though in Séno, 20% never brush their teeth. Of those who cleaned their mouths and teeth, 26% used a toothbrush. The highest proportion was in Séno (36%), and the lowest was in Yagha (12%). Most of those who brushed their teeth did not use toothpaste (82%). Other methods were used; the most common were wooden toothpicks (63%), tooth sticks (52%), and charcoal (9%).

Health workers offered patients several treatments for noma, including antibiotic therapy (52%), surgery (48%), and antiseptic mouthwashes (26%). However, few reported ever having treated a case of noma (12% overall, 27% in Oudalan, and 3% in Soum).

Traditional practitioners offered patients suffering from noma plant-based (95%) and animal-based products. The most commonly cited remedies are sylmidi (34%), heidi (23%), sigini (21%), lansongne (19%), loukouh’i (16%), and founafouna (11%). It should be noted that these remedies and the plants they contain are not well-known.

Some health workers said they refer cases of noma as soon as they were diagnosed (52%), while others only refered them at an advanced stage (16%). However, a significant proportion of health workers had never referred a case. The main referral locations were the medical center with a surgical unit (75%), the dental surgeon (42%), and the regional hospital (18%). Health workers also refered cases of stomatitis and oral diseases as soon as they were diagnosed (33%) or only at an advanced stage (31%). Many had never referred a case (36%). Traditional practitioners also treated oral diseases. These included tooth extractions (2%) and “tooth replacements” (1%). Most of those surveyed (97%) were not embarrassed to smile or talk in public, regardless of how their teeth look. Only 3% avoided smiling at certain times. A large proportion (75%) were satisfied with the appearance of their teeth, 22% considered it fairly satisfactory, and only 3% did not consider it good. Three-quarters (78%) of respondents were satisfied with the health of their teeth and gums. Twenty-one percent considered it fair and just 1% considered it poor. A large majority (91%) had not experienced any pain or discomfort in the last 12 months, and 95% said they could chew properly. Some reported having dental problems in the past 12 months, including pain when eating hot or cold foods (12%), gum pain or bleeding (11%), frequent bleeding when brushing (8%), and loose teeth (8%). The majority did not report any sleep disturbances due to dental problems in the past 12 months (95%).

Discussion

This KAP survey on noma and oral health in the Sahel region of Burkina Faso was conducted in 2012 as part of the Awareness and Capacity Building Project for the Prevention of Noma in Burkina Faso. This is the first study to document this subject in the region. The results revealed several key insights that informed and guided the project. Although it has had to adapt to numerous constraints, the project is continuing in 2025. The Sahel region faces significant insecurity due to terrorism, resulting in the departure of many health workers and residents. Consequently, continuing noma prevention activities in this area has become extremely difficult.

In 2012, the population of the Sahel region knew very little about noma. Even though its manifestations were often recognized, the term “noma” itself was virtually unknown. Noma was perceived through its symptoms but not identified as a distinct disease. It is possible that many respondents equated cases of noma with other severe oral conditions, failing to distinguish between them. This probable confusion between noma and other serious oral lesions was also observed among some caregivers. This constitutes a limitation in interpreting knowledge levels. Our results are consistent with those of other studies in West Africa. In Mali, for example, a survey of traditional practitioners revealed their empirical knowledge of noma, which was accompanied by diverse etiological explanations, often non-bio-medical [2]. In Burkina Faso, a study of primary healthcare workers in a different region revealed significant knowledge gaps regarding noma and its management [3]. However, our data differ from those reported in rural Zambia, where the majority of caregivers could correctly identify noma [1]. These comparisons demonstrate that noma knowledge can vary considerably depending on the geographical context and population group. This highlights the importance of adapting training and awareness strategies. The etiological conceptions of noma among the population and traditional practitioners combine biomedical factors, such as malnutrition and poor hygiene, and sociocultural or mystical factors, such as witchcraft and divine punishment. The coexistence of rational and magical-religious causal attributions has been reported previously [4]. This underscores the importance of engaging not only the health sector, but also community and religious leaders in the fight against noma to address beliefs that could impede care pathways.

However, although noma is sometimes perceived in unclear or erroneous ways (e.g., confusion between causes and symptoms or contagiousness), the population and caregivers identify the main ways to avoid it, particularly in terms of hygiene. This is all the more remarkable given their precarious hygienic conditions.

The practices reported in response to noma generally suggest appropriate behavior, such as using health facilities, though there is a notable persistence of trust in traditional healers. The fact that approximately half of the population considers consulting a traditional healer in the event of noma reflects the reality of a pluralistic healthcare system in the Sahel, where modern medicine and traditional practices coexist. Interestingly, many women mention this recourse to traditional healers as a complement to a consultation at the health center. The traditional practitioners’ approach to illness focuses essentially on curing the identified mystical cause, usually through divination. Rather than opposing these approaches, it seems appropriate to promote structured complementarity. One way to do so is by integrating traditional practitioners into screening and referral campaigns for noma cases. The benefits of integrating traditional practitioners into the healthcare system have already been highlighted in various contexts [8]. This is particularly relevant given that healthcare workers, community health workers, and traditional practitioners differ little in their care practices. However, these professionals are generally inadequately trained to support the population in terms of prevention, detection, or referral. This applies to both noma and other dental conditions. Similar observations have been made in Burkina Faso and other African countries [1,2,3]. Therefore, strengthening the capacities of healthcare providers and community health workers in the Sahel region is of the utmost importance.

In terms of oral health, the population exhibits relatively protective behavior. They recognize the importance of brushing their teeth and the dangers of a sugary diet. Dental health is perceived as an important issue. However, awareness-raising efforts are needed regarding the use of fluoridated water, toothpaste, and preventive dental care. The majority of the population turns to health centers when seeking care. These factors represent important assets on which to build. The African region has experienced the highest global increase in oral diseases in recent decades, reflecting poor access to prevention and care [10]. However, it should be noted that, while oral health is a determinant of noma, the specific role of oral hygiene in preventing it remains poorly documented to date [6].

Regarding the second component, “Social Mobilization and Awareness-Raising in the Sahel Region,” the significant role of the media in raising public awareness is important to note. The media appear to be more effective than training and awareness sessions.

The collected data sheds light on the progress that needs to be made in the Sahel region. The data made it possible to identify which actions to prioritize, where change must take place (particularly in coverage of all preventive measures), and the need for better organization. These findings have impacted the project’s execution. The project has carried out a series of communication activities, including a press caravan, a radio broadcast campaign, advocacy meetings, and theatrical performances. These activities have enabled the formation and facilitation of learning groups, as well as the monitoring of infant and young child feeding practices.

Several points should be emphasized. First, this is a declarative study based on interviews. The responses obtained may be influenced by social desirability bias, whereby participants seek to provide the answer they believe is expected. This bias is common in KAP surveys. We attempted to minimize this bias by training the interviewers. It is possible that certain knowledge or good practices were overestimated.

Since the data was collected in 2012, it reflects a situation from over 10 years ago. In the meantime, the regional context has changed profoundly, particularly since 2015 due to the security crisis. Currently, the Sahel region is facing extreme insecurity linked to terrorism, which has led to the departure of most health workers and teachers from the area. Both civilian populations and armed forces are subject to regular attacks. This context makes implementing noma prevention and management activities extremely difficult. Activities are ongoing, albeit on a limited basis. Despite these limitations, our survey has guided the PSRCPN/BF program’s actions since 2013. In response to the identified gaps, specific noma training modules have been developed for health workers. Community awareness materials have also been developed. Volunteer traditional practitioners have been incorporated into the system to report suspected cases and have been encouraged to collaborate with health centers.

According to personal communication from PSRCPN/BF, fragmentary data suggest that knowledge of noma in the region has improved over the years of the program. Additionally, health authorities have prioritized combating noma. In 2023, the WHO officially recognized noma as a neglected tropical disease (NTD). This international recognition should help mobilize more resources and efforts for noma surveillance, prevention, and management [15]. However, epidemiological data on noma is insufficient to estimate its true burden [5]. Comprehensive initiatives are needed to address this information gap, particularly by integrating noma into the health and data collection systems of endemic countries in accordance with WHO recommendations on NTDs [11]. Despite the limitations of descriptive studies, the KAP study could be replicated to characterize the project’s impact.

Conclusion

The survey conducted in 2012 as part of the Awareness and Capacity Building Project for the Prevention of Noma in Burkina Faso is the first large-scale survey conducted in this country, and particularly in the Sahel, on a non-communicable disease, noma, and more generally on oral health. It highlighted a significant lack of awareness and training, but also the existence of community relays that could be mobilized. Despite a difficult socio-health and security context, the lessons learned from this survey remain relevant in guiding strategies to combat noma.

Acknowledgments

We would like to thank all the individuals, organizations, and institutions that made this work possible. We are deeply grateful to the administrative and health authorities in the Sahel region for their involvement and for facilitating the study. We would particularly like to thank the field workers who played a key role in data collection and all those who agreed to answer our questions despite their busy schedules. We are extremely grateful to Mr. Jean-Jacques Santarelli, president of the NGO Gegen Noma, as well as to all the technical and financial partners of the PSRCPN/BF in Burkina Faso, Germany, and France.

Administrative authorization, consent

The data used for this article were collected as part of a public health assessment conducted in preparation for the project. This assessment was carried out in accordance with the guidelines of the Burkina Faso Ministry of Health. The intervention protocols and procedures for collecting monitoring and evaluation data were approved by the ministry. Data collection was only carried out after obtaining the prior verbal informed consent of each person participating in a questionnaire, with clear information provided, including the right to refuse. Confidentiality was strictly respected, in particular by anonymizing all documents before transmission.

Funding

Gegen Noma (Germany), Vaincre Noma (France), German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development.

Authors’ contributions

Hadissa TAPSOBA wrote the first draft of the article. All authors were involved in the study design and data analysis, and reviewed, contributed to the finalization of the article, and approved the final version.

Conflict of interest

The authors declare no conflict of interest.


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