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. 2026 Mar 27;11(1):9–17. [Article in French] doi: 10.3138/jammi-2026-0105-FR

Mise à jour de l'AMMI Canada sur la grippe saisonnière de 2025–26 : Réponses à quelques questions

Robyn Harrison 1, Emma K Reid 2, Upton D Allen 3,4,5, Jesse Papenburg 6,7, Danuta M Skowronski 8,9, Samira Mubareka 10, Todd Hatchette 11, Gerald A Evans 12,
PMCID: PMC13167147

  1. Qu'est-ce qui se démarque pour la saison grippale 2025–26 et pourquoi le vaccin est-il toujours recommandé?

  2. Quels antiviraux sont disponibles et qu'est-ce qui est conseillé pour les enfants et les adultes?

  3. Est-il recommandé de changer la façon dont les antiviraux sont utilisés cette saison?

Ce résumé de l'Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie (AMMI) Canada présente les principaux éléments à prendre en considération concernant la

grippe et l'utilisation des antiviraux pour la saison 2025–26. Il s'adresse aux fournisseurs de soins de santé ainsi qu'aux décideurs, gestionnaires, et administrateurs engagés dans la planification des programmes et des systèmes de santé.

Les praticiens peuvent trouver des informations récentes sur la caractérisation des souches grippales en circulation, les tests de résistance aux antiviraux et l'efficacité des vaccins dans le Rapport canadien de surveillance des virus respiratoires (1).

  • 1.

    Qu'est-ce qui se démarque pour la saison grippale 2025–26 et pourquoi le vaccin est-il toujours recommandé?

Une variante fortement mutée (dérive antigénique, incompatibilité vaccinale) du virus de la grippe A(H3N2), appelée sous-clade K, est apparue vers la fin de la saison grippale 2025 dans l'hémisphère sud. (2). Cette variante K du sous-clade A(H3N2) de la grippe a depuis déclenché un début inhabituellement précoce et intense de la saison 2025–26 dans plusieurs pays de l'hémisphère nord (3) et posé des défis de sous-typage H3 à certains laboratoires de diagnostic. Plusieurs instances ont publié des évaluations des risques et des recommandations de traitement en réponse à l'arrivée de cette variante (3,4), soulignant le risque d'augmentation des taux d'infection causée par le sous-clade K en raison de mutations qui échappent à l'immunité de la population et contribuent à l'échappement vaccinal. Au moment de la rédaction du présent document, le Canada connaît également une forte augmentation des infections par le sous-clade K du virus A(H3N2) (1) qui touche d'abord les enfants, et rien n'indique que le pic épidémique ait été atteint alors que nous entrons dans la période des fêtes. La positivité du test de dépistage de la grippe est la plus élevée chez les personnes âgées de 5 à 19 ans, mais ce sont les adultes âgés de 65 ans et plus qui ont connu les taux d'hospitalisation les plus élevés (5,6), comme on l'observe généralement avec les virus A(H3N2). En raison de leur plus grande susceptibilité immunologique et de leurs interactions sociales, les enfants connaissent souvent les taux d'attaque de la grippe les plus élevés au début de la saison, avant que celle-ci ne se propage à d'autres groupes d'âge. Les saisons dominées par le virus A(H3N2) sont généralement associées à une plus grande gravité globale, notamment à un nombre plus élevé d'hospitalisations et de décès, en particulier chez les personnes âgées (7).

Les vaccins antigrippaux de 2025–26 autorisés et commercialisés au Canada sont trivalents (8), ce qui signifie qu'ils sont formulés pour protéger contre trois virus grippaux, dont un sous-type A(H3N2), mais aussi un sous-type A(H1N1)pdm09 et le virus B. Compte tenu des différences génétiques et antigéniques importantes entre les virus du sous-clade K en circulation et le composant A(H3N2) choisi pour la souche vaccinale 2025–26, on s'attend à une efficacité moindre du vaccin, mais le niveau réel de protection vaccinale contre le sous-clade K reste à évaluer. On s'attend à un certain degré de protection croisée, et bien que les premières estimations de l'efficacité vaccinale au Royaume-Uni (9) soient prometteuses en matière de protection contre les formes graves, nous attendons l'évaluation définitive d'autres milieux. Les estimations provisoires pour le Canada sont attendues début 2026. En attendant, la vaccination contre la grippe reste fortement recommandée (8). Comme l'activité grippale n'a pas encore atteint son pic à l'approche des fêtes et que les épidémies de grippe A sont souvent suivies d'une activité grippale de type B plus tard dans la saison, il n'est pas trop tard pour bénéficier de la vaccination. La prévention des infections respiratoires graves par la vaccination (8,10) contribue également à prévenir les épidémies dans les établissements de soins et à réduire la pression sur le système de santé (11).

  • 2.

    Quels antiviraux sont disponibles et qu'est-ce qui est conseillé pour les enfants et les adultes?

Les documents AMMI Canada Foundations (publiés en 2013 et 2019) (12,13) sur la prescription d'antiviraux contre la grippe continuent de guider les recommandations actuelles. Ces documents ont été intégrés dans la mise à jour 2023 de l'AMMI Canada sur la grippe (où des considérations relatives à la grippe aviaire ont également été ajoutées aux recommandations sur les antiviraux contre la grippe saisonnière à des fins de prévention et de traitement) (14).

La nouveauté depuis la mise à jour de 2023 est l'accès au baloxavir (autorisé pour la première fois en 2020 et commercialisé depuis 2025 au Canada). L'Organisation mondiale de la santé a aussi publié des directives sur le traitement de la grippe qui incluent également le baloxavir (15). À l'heure actuelle, le rôle de ce médicament reste généralement limité dans le contexte canadien. Cela est dû en partie à l'absence d'études sur la protection contre les formes graves de la maladie et aux inquiétudes touchant l'émergence d'une résistance aux antiviraux, auxquelles s'ajoutent le coût et l'accessibilité, car il n'est pas forcément disponible partout.

Tableau 1 résume les médicaments antiviraux actuellement disponibles au Canada pendant la saison 2025–26. Tous les traitements antiviraux ont montré une efficacité maximale lorsqu'ils sont administrés tôt, idéalement dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes.

Tableau 1.

Tableau sommaire de l'AMMI Canada présentant les antiviraux pour la saison grippale de 2025–26

Considérations Oseltamivir
Marque : Tamiflu
Zanamivir
Marque : Relenza
Baloxavir marboxil
Marque : Xofluza
Voie d'administration Orale Inhalation Orale
Formes des doses Capsules : 75 mg, 45 mg, 30 mg
Suspension 6 mg/mL
Poudre sèche à inhaler, 5 mg/blister; fourni avec le dispositif d'inhalation Diskhaler Comprimés : 20 mg, 80 mg
Comprimés de 40 mg dont la commercialisation est prévue début 2026
Catégorie NAI NAI Inhibiteur d'endonucléase dépendant de la coiffe
Considérations concernant la disponibilité Facilement disponible; couramment stocké Moins couramment disponible en pharmacie; peut nécessiter une commande spéciale Moins couramment disponible en pharmacie; peut nécessiter une commande spéciale
Coût approximatif par cycle de traitement
(16,17)
25 $ (en tant que générique) 65 $ 200 $
Indication(s)
(sur l'étiquette selon la monographie du produit)
Traitement de la grippe sans complication si les symptômes ne durent depuis moins de 48 heures; prophylaxie de la grippe
Âge : 1 an et plus
Tamiflu Product Monograph
(18)
Traitement de la grippe sans complication si les symptômes durent depuis moins de 48 heures; prophylaxie de la grippe
Âge : 7 ans et plus
Relenza Product Monograph
(19)
Traitement de la grippe sans complication si les symptômes durent depuis moins de 48 heures
Âge : 12 ans et plus, pesant au moins 40 kg
Xofluza Product Monograph
(20)
Considérations comparatives L'oseltamivir est l'antiviral contre la grippe le plus largement utilisé depuis 1999 (21)Expérience acquise depuis plus de 25 ans, notamment grâce à une utilisation généralisée à des fins de prévention et de traitement pendant la pandémie A(H1N1)pdm09 de 2009/2010.Un NAI présentant un risque de substitutions conférant une résistance lors de l'utilisation clinique, en particulier chez les jeunes enfants (22) et avec les virus de la grippe A contenant N1 tels que H5N1 (23). Alternative à l'oseltamivir pour le traitement et la prophylaxie de la grippe sans complicationDonnées thérapeutiques limitées dans le cas de maladies gravesUne option lorsque la voie orale n'est pas possible ou pour traiter des virus soupçonnés d'être résistants à l'oseltamivir Alternative à l'oseltamivir pour le traitement et la prophylaxie de la grippe sans complicationDonnées thérapeutiques limitées dans le cas de maladies gravesEnvisager de limiter l'utilisation en raison de préoccupations liées à l'apparition d'une résistance pendant le traitementLe traitement à dose unique peut offrir un avantage en termes de commodité/observance
Considérations concernant la résistance virale La résistance à l'oseltamivir peut être conférée par des mutations telles que la substitution H275Y/H274Y dans l'enzyme neuraminidase(22). Le zanamivir conserve son activité contre le virus de la grippe A présentant la substitution H275YLa résistance au zanamivir apparaissant au cours du traitement est rare, même chez les patients immunodéprimés Envisager de réserver son utilisation en raison des risques de résistance apparaissant pendant le traitement, en particulier chez les personnes immunodéprimées
Effets indésirables les plus communs Nausées, vomissements, diarrhée, maux de tête Toux, irritation de la gorge ou du nez, nausées, vomissements, diarrhée Nausées, vomissements, diarrhée, maux de tête
Considérations sur l'administration L'administration avec des aliments peut améliorer la tolérance gastro-intestinale À administrer uniquement à l'aide du dispositif d'administration Diskhaler fourniEnvisagez d'avoir un bronchodilatateur à courte durée d'action en cas de bronchospasme Évitez l'administration avec des produits contenant des cations polyvalents car cela pourrait réduire l'absorption (p. ex. multivitamines, produits laitiers)Avaler les comprimés entiers; il n'est pas recommandé de les écraser ou de les couper en deux
Utilisation pendant la grossesse (24) Oui OuiLa distribution des médicaments inhalés peut être compromise à un stade avancé de la grossesse Non, pas étudié.
Utilisation pendant l'allaitement (24,25) Oui Probablement sans danger (aucune donnée chez les humains) Probablement sans danger (aucune donnée chez les humains)
Dose habituelle de traitement des adultes* 75 mg PO BID × 5 jours 10 mg inhalé BID × 5 jours 40 à <80 kg : 40 mg PO × 1≥80 kg : 80 mg PO × 1
Ajustement rénal Oui(Se reporter au tableau 3 du document « Foundations » de 2019.)(13) Non NonNon étudié formellement chez les patients présentant une insuffisance rénale (ClCr inférieure à 50 ml/min), mais aucun effet sur l'excrétion n'est attendu
Ajustement hépatique NonNon étudié en cas d'insuffisance grave NonNon étudié en cas d'insuffisance grave NonNon étudié en cas d'insuffisance grave
Précautions (p. ex. : interactions médicamenteuses) Généralement déconseillé en cas de maladie respiratoire sous-jacente en raison du risque de bronchospasme Éviter l'administration avec des produits contenant des cations polyvalents car cela peut réduire l'absorption (multivitamines, produits laitiers)
Considération additionnelle Le vaccin antigrippal vivant atténué ne doit pas être administré moins de 48 heures après l'arrêt de l'utilisation d'un agent antiviral actif contre la grippe. Il convient de noter que si un antiviral est prescrit dans les deux semaines suivant la réception du vaccin, le médicament peut inactiver le virus vaccinal en cours de réplication et réduire l'effet/l'immunogénicité du vaccin (27)

*Pour le dosage pédiatrique, voir le tableau 2 de Foundations de l'AMMI Canada 2019 (13) ou le tableau 3 des recommandations de la Société canadienne de pédiatrie (SCP) (26) sur le dosage pour les nourrissons, les enfants et les adolescents. En cas de pénurie de la suspension pédiatrique, les gélules d'oseltamivir peuvent être utilisées pour préparer des suspensions ou saupoudrer les gélules, le cas échéant/si nécessaire (consultez la page Web de l'Association des pharmaciens du Canada sur les pénuries de médicaments pour avoir au besoin les alertes ou directives (28))

AMMI = Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie; BID = Deux fois par jour; ClCr = Clairance de la créatinine; NAI = Inhibiteur de la neuraminidase; PO = Oral

Tableau 2.

Exemples de cas pédiatriques

Considérations relatives au traitement antiviral de la grippe chez les enfants
Plan de traitement médicamenteux
Sous-population concernée American Academy of Pediatrics (33) The Red Book (34) Canada (26)
Enfant présentant des symptômes et une infection connue ou suspectée
1. Enfants hospitalisés Recommander un traitement* Recommander un traitement
2. Enfants gravement malades Recommander un traitement Recommander un traitement
3. Enfants ayant une maladie avec complications Recommander un traitement Recommander un traitement
4. Enfants ayant une maladie progressive Recommander un traitement Recommander un traitement
5. Enfants ayant des risques élevés de complications (<5 ans ou de tout âge ayant un trouble sous-jacent qui présente un risque élevé de maladie grave) Recommander un traitement Recommander un traitement;À l'exception des enfants de moins de 5 ans pour lesquels un traitement n'est généralement pas nécessaire en cas de maladie bénigne et en l'absence de facteurs de risque
6. Enfants ayant des contacts à haut risque au sein du foyer Envisager un traitement Dans la plupart des cas, le traitement n'est pas recommandé
7. Enfants ayant des contacts familiaux âgés de moins de 6 mois Envisager un traitement Dans la plupart des cas, le traitement n'est pas recommandé
8. Autres enfants présentant des symptômes ressemblant à ceux de la grippe Envisager un traitement(si dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes) Non recommandé systématiquement
Enfant asymptomatique ayant été exposé ou susceptible d'avoir été exposé American Academy of Pediatrics (33) Canada
Enfants non vaccinés ou partiellement vaccinés présentant un risque élevé de complications Chimioprophylaxie envisagée dans certains cas(p. ex., enfants à haut risque non protégés par la vaccination; enfants non vaccinés vivant dans des foyers à haut risque non protégés par la vaccination) Généralement déconseillé (voir texte ci-dessus)‡

Adaptation d'un document de l'American Academy of Pediatrics (33)

*Lorsque le traitement est recommandé ci-dessus (p. ex., les enfants hospitalisés et ceux atteints d'une maladie grave, compliquée ou évolutive), il n'y a pas de délai maximal pour commencer les antiviraux depuis l'apparition des symptômes

†Les maladies compliquées et évolutives sont considérées comme graves aux fins du présent résumé

‡Le traitement antiviral n'est généralement pas recommandé pour les enfants atteints d'une grippe asymptomatique. Le traitement présomptif n'est envisagé que dans des circonstances exceptionnelles. Certains experts recommandent le traitement présomptif lorsque des personnes gravement immunodéprimées peuvent être exposées. Le traitement présomptif consiste à administrer deux doses quotidiennes d'oseltamivir ou de zanamivir avant l'apparition des symptômes grippaux chez les personnes ayant été en contact étroit avec des personnes soupçonnées d'être atteintes de la grippe ou chez lesquelles la grippe a été confirmée en laboratoire

Les virus grippaux saisonniers actuellement en circulation sont résistants à l'amantadine; par conséquent, l'amantadine est omise du tableau.

Autres inhibiteurs de la neuraminidase non commercialisés au Canada

Le Peramivir (marque : Rapivab) a été autorisé par Santé Canada en 2017 pour le traitement de la grippe sans complication chez les personnes âgées de 18 ans et plus présentant des symptômes depuis moins de 48 heures. Il n'est actuellement pas commercialisé au Canada et nécessite donc l'approbation du Programme d'accès spécial (PAS) aux médicaments de Santé Canada avant toute utilisation, ce qui peut entraîner des retards dans l'accès au médicament. Il peut être envisagé chez les patients dont l'accès entéral ou l'absorption est peu fiable, ou chez lesquels les antiviraux commercialisés sont contre-indiqués. Monographie du produit Rapivab (29). La substitution H275Y/H274Y dans l'enzyme neuraminidase confère une résistance au peramivir (30).

Le Zanamivir IV (marque : Dectova) n'est pas autorisé par Santé Canada et n'est pas commercialisé. Son indication approuvée par l'Agence européenne des médicaments (31) est le traitement de la grippe compliquée et potentiellement mortelle chez les personnes âgées de 6 mois et plus lorsque les autres antiviraux ne conviennent pas. Son utilisation au Canada nécessite à la fois l'approbation du fabricant du produit et du PAS. Des retards d'accès sont à prévoir. Le zanamivir conserve son activité contre la grippe A avec substitution H275Y (22,30).

Traitement des enfants avec des antiviraux

Pour les nourrissons de moins d'un an, les antiviraux (inhibiteurs de la neuraminidase, NAI) ne sont pas approuvés au Canada pour le traitement de la grippe bénigne, et les données sur leur utilisation chez ce groupe d'âge sont limitées. La vaccination contre la grippe pendant la grossesse devrait être encouragée afin de protéger les nourrissons pendant leurs six premiers mois de vie (26,32).

En cas de maladie modérée, grave ou évolutive, quel que soit l'âge, commencer immédiatement un traitement antiviral et évaluer la nécessité d'une hospitalisation, même si plus de 48 heures se sont écoulées depuis l'apparition des symptômes (26). Consulter des spécialistes pour les cas graves ou en cas d'intolérance aux médicaments. Pour les enfants et les adolescents en bonne santé âgés d'un an et plus qui présentent une forme bénigne de la grippe et qui sont par ailleurs en bonne santé, les antiviraux ne sont pas systématiquement recommandés (26).

En cas de grippe bénigne associée à des facteurs de risque de maladie grave et si l'enfant est âgé d'au moins 1 an, traiter dans les 48 heures avec de l'oseltamivir ou du zanamivir adapté à son âge.

Pour les nourrissons et les enfants asymptomatiques dont l'exposition à la grippe est connue, les antiviraux ne sont généralement pas recommandés. Dans des circonstances exceptionnelles où un clinicien craint qu'une personne asymptomatique dont la grippe a été confirmée en laboratoire présente un risque élevé de développer des complications ou de transmettre l'infection à des membres très vulnérables de sa famille (p. ex., des personnes gravement immunodéprimées telles que les receveurs d'une greffe d'organe ou de cellules souches hématopoïétiques, ou les personnes recevant certains traitements contre le cancer), consulter un ou plusieurs spécialistes (p. ex., en maladies infectieuses, en transplantation ou en oncologie) afin de prendre des décisions thérapeutiques individualisées.

Traitement des adultes avec des antiviraux

Les recommandations pour le traitement pendant la saison grippale 2025–26 sont conformes à celles énoncées dans le document Foundations de 2019 de l'AMMI Canada (13) et dans la mise à jour de 2023 de l'AMMI Canada sur la grippe (14), et elles tiennent désormais compte de l'utilisation du baloxavir dans de rares cas (comme indiqué ci-dessus). Consultez le tableau 1 et la question 3 ci-dessous pour avoir plus de détails sur l'utilisation des antiviraux chez les adultes pendant la saison grippale 2025–26.

  • 3.

    Est-il recommandé de changer la façon dont les antiviraux sont utilisés cette saison?

Pour la saison 2025–26, les fournisseurs de soins peuvent se renseigner sur la manière de gérer au mieux les soins prodigués aux patients gravement malades, en particulier lorsqu'une saison sévère est prévue.

Essentiellement, aucun changement au traitement n'est recommandé pour le moment.

Dosage chez les patients gravement malades

Au cours des dernières saisons grippales, il a été démontré que l'oseltamivir à forte dose n'était pas plus efficace que la dose standard. Il n'est pas recommandé d'augmenter la dose d'inhibiteurs de la neuraminidase.

Personnes immunodéprimées atteintes d'une maladie grave

Certains patients immunodéprimés peuvent présenter une réplication virale prolongée importante ainsi que des exacerbations soutenues ou périodiques de symptômes grippaux malgré un traitement antiviral complet. Il peut être raisonnable de prolonger à 10 jours la durée du traitement par des inhibiteurs de la neuraminidase tels que l'oseltamivir chez cette population de patients, en se basant sur le jugement clinique et en prenant une décision au cas par cas (12). Une excrétion virale prolongée associée à une grippe sévère malgré un traitement antiviral devrait amener à demander un test de résistance aux antiviraux en consultant le laboratoire de diagnostic ou de santé publique local.

Études en cours sur les traitements combinés (c'est-à-dire deux inhibiteurs de la neuraminidase ou un inhibiteur de la neuraminidase + un inhibiteur de l'endonucléase)

À l'heure actuelle, AMMI Canada n'a aucune recommandation concernant les traitements combinés.

L'utilité clinique des traitements combinés pour traiter la grippe reste incertaine. Les résultats des études observationnelles sont mitigés, et un essai contrôlé randomisé combinant le baloxavir et des inhibiteurs de la neuraminidase (NAI) n'a pas donné de résultats cliniques supérieurs à ceux obtenus avec les NAI seuls (35). Mais comme de nouvelles infections par le virus de la grippe apparaissent chez l'humain et que la résistance aux antiviraux est une préoccupation omniprésente, des recherches supplémentaires continueront d'être menées et d'autres essais cliniques sont en cours.

Pour les considérations relatives à la grossesse ou à l'allaitement, veuillez consulter le tableau 1 ci-dessus.

Résumé

En résumé, la saison grippale 2025–26 se déroule exactement comme les experts l'avaient prédit, le virus Influenza A(H3N2) dominant la composante 2025 de la saison actuelle. Compte tenu des prévisions de saison sévère et de son effet sur les personnes, les populations vulnérables et les systèmes de santé canadiens, il est essentiel de fournir des conseils pour la vaccination, le dépistage, le traitement et la surveillance. Ces mesures facilitent la préparation et l'utilisation efficace des ressources pour la prévention et le traitement des infections grippales.

Les tests de laboratoire continuent de soutenir l'utilisation rapide d'antiviraux pour les personnes les plus exposées au risque de maladie grave, ainsi que l'évaluation de l'efficacité des vaccins et les objectifs généraux de surveillance. La prévention primaire par la vaccination (y compris l'approvisionnement en quantités suffisantes, des programmes de vaccination accessibles et l'acceptation par la population), associée à l'utilisation précoce de traitements antiviraux là où leur effet sera le plus important, devrait alléger le fardeau des patients atteints de pathologies à haut risque ou hospitalisés en raison d'une maladie grave.

Acknowledgments

Remerciements

Les auteurs remercient Mme Riccarda Galioto, directrice générale de l'AMMI Canada, qui a apporté du soutien administratif au Groupe de travail de l'AMMI Canada sur la grippe.

Bibliographie


Articles from Journal of the Association of Medical Microbiology and Infectious Disease Canada are provided here courtesy of University of Toronto Press

RESOURCES