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. 2026 Mar 27;12(2):101–111. doi: 10.3138/jmvfh-2025-1001

La transition à la vie civile en contexte de douleur chronique : une recherche qualitative et exploratoire*

Gabrielle Leblanc-Huard a, Hélène Le Scelleur b, Gabrielle Fortin a
PMCID: PMC13293159  PMID: 42533994

Abstract

Introduction:

The transition from military to civilian life represents a significant challenge for Canadian Armed Forces (CAF) Veterans, with approximately 39% experiencing difficulties. Veterans living with chronic pain face unique challenges during this transition, with impacts on their physical, mental, and social well-being. This study aims to explore the experiences and needs of Veterans living with chronic pain during their transition to civilian life and examine the implications of chronic pain on various life domains.

Methods:

This qualitative and exploratory study investigated the effects of chronic pain on CAF Veterans’ transitions to civilian life. Two three-hour focus groups were held with Veterans (n = 8) to explore their experiences with pain and its impacts on their social functioning during their transition to civilian life. Data were analyzed using thematic analysis.

Results:

Participants reported stigmatization of pain during military service, challenges in accessing civilian health care, significant emotional and relational impacts of chronic pain, and the importance of adaptive coping strategies. Participants also highlighted the need for peer support programs and specialized chronic pain clinics to facilitate the transition to civilian life and improve Veterans’ quality of life.

Discussion:

Chronic pain significantly complicates CAF Veterans’ transitions to civilian life by affecting various life aspects and adjustment processes. Findings underscore the need for enhanced access to civilian health care and Veterans Affairs Canada services, alongside preventive interventions, to support Veterans’ well-being and facilitate successful transitions.

Key words: adjustment to civilian life, Canadian Veterans, chronic pain, chronic pain impact, gender-based analysis, health services accessibility, social functioning, transition to civilian life

Lay Summary

Transitioning from military to civilian life is challenging for Canadian Armed Forces Veterans, particularly those with chronic pain. This study explored how chronic pain affects Veterans’ well-being and adjustment during this transition. Veterans reported stigmatization of pain during service, difficulties accessing civilian health care, and emotional and relational challenges. To support them, peer support programs and specialized pain clinics would help to ease the transition and improve their quality of life. Improved access to health care and preventive measures are essential to help Veterans live healthier, more fulfilling lives after their military careers.

Introduction

Les vétéran.e.s traversent une importante transition lors de leur libération des Forces armées canadiennes (FAC) : celle de la vie militaire vers la vie civile. Même s’il n’existe encore à ce jour aucune définition officielle pour la transition à la vie civile, il est généralement reconnu qu’elle correspond à un processus par lequel une personne quitte son service militaire et se réadapte à la vie civile.1 La transition à la vie civile engendre souvent plusieurs changements majeurs dans la vie des vétéran.e.s : ils et elles doivent souvent redéfinir leur identité, organiser leur temps différemment en dehors des routines structurées des FAC, trouver des moyens de s’épanouir en dehors du service militaire et réorganiser leurs relations sociales. 2–4 Si cette transition se déroule généralement bien pour la majorité des vétéran.e.s, environ 39 % trouvent leur ajustement à la vie civile difficile.5 Ces personnes peuvent alors faire l’expérience d’une diminution de leur qualité de vie globale, d’une dégradation de leur santé physique et mentale et d’une diminution de leur fonctionnement social. 6 Ces difficultés sont plus susceptibles d’apparaitre chez les vétéran.e.s ayant des problématiques de santé chronique, comme la douleur chronique,7,8 une problématique de santé qui toucherait environ 64 % des vétéran.e.s.9 La transition à la vie civile a en outre été identifiée en 2021 comme une priorité de recherche par le Centre d’excellence sur la douleur chronique pour les vétérans canadiens.10 Il apparait alors important d’étudier davantage les répercussions de la douleur chronique sur la transition de la vie militaire à la vie civile. Or, il ne semble y avoir encore que très peu d’études qualitatives permettant de bien comprendre, au-delà des statistiques, comment cette transition est vécue par les vétéran.e.s vivant avec de la douleur chronique et de leur donner une voix pour exprimer leur expérience. Conséquemment, l’objectif de cet article est de décrire le vécu et les besoins des vétéran.e.s canadien.ne.s vivant avec de la douleur chronique lors de leur transition à la vie civile et d’explorer les répercussions de leur condition de santé sur différentes sphères de leur vie.

Méthodologie

Les résultats de cet article sont tirés d’une recherche qualitative et exploratoire qui a été réalisée de 2022 à 2024. Elle avait comme objectif d’explorer les répercussions de la douleur chronique lors de la transition à la vie civile des vétéran.e.s des FAC.

Échantillon et recrutement

Les participant.e.s ont été recruté.e.s par le biais d’un partenariat avec la Fondation québécoise des Vétérans et par le biais d’un échantillonnage «boule de neige» sur les réseaux sociaux. Les critères d’éligibilité de l’étude étaient d’avoir servi en tant que membre régulier des FAC, d’être en processus de libération ou d’avoir été libéré des FAC durant les dix dernières années pour des raisons médicales, de vivre avec de la douleur chronique au quotidien et de pouvoir comprendre et s’exprimer en français. Les participant.e.s qui répondaient aux critères d’inclusion étaient contacté.e.s par la première autrice pour confirmer leur participation et leur expliquer le déroulement de l’étude. Un formulaire d’information et de consentement était ensuite envoyé par courriel pour être signé avant la participation au groupe de discussion et assurer un consentement libre et éclairé. Ce projet de recherche a été approuvé par le comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval (2024–011).

Méthodes de collecte de données

La collecte de données s’est faite par le biais de la tenue de deux groupes de discussion d’une durée de trois heures chacun. Le premier s’est déroulé en présentiel et le deuxième a été réalisé en mode hybride.1 Le format hybride a été choisi afin de faciliter la participation des personnes résidant dans les régions rurales du Québec et ayant des limitations fonctionnelles qui les empêchaient d’assister en personne. La plateforme utilisée était Zoom. Avec le consentement des participant.e.s, la réunion a été enregistrée et stockée sur des serveurs sécurisés pour une analyse ultérieure.

Un groupe a été réalisé avec des personnes s’identifiant au genre masculin et un groupe a été réalisé avec des personnes s’identifiant au genre féminin ou autre afin d’assurer un espace sécuritaire pour toutes et tous considérant les inconduites sexuelles rapportées par plusieurs militaires des FAC durant leur service.11, 12

Le guide d’entretien pour les groupes de discussion s’est basé sur une recension des écrits et sur le cadre théorique de l’étude : la théorie du parcours de vie. Cette théorie, formulée par Elder,13 décrit la vie d’une personne comme étant un parcours composé de différentes trajectoires, comme la trajectoire familiale, professionnelle, interpersonnelle ou de soins. Lorsqu’un événement important arrive, une personne peut vivre une transition, c’est-à-dire des changements dans ses rôles sociaux dans une ou plusieurs de ses trajectoires de vie. Les concepts de trajectoires et de transition ont été mobilisés pour explorer comment la transition à la vie civile se répercute dans les différentes sphères de vie des vétéran.e.s. Quatre grands thèmes ont été explorés dans les groupes de discussion. Le tableau 1 présente certaines questions associées à chacun de ces thèmes.

Tableau 1.

Dextraits des questions du guide d’entretien

Thème 1 — l’expérience de douleur
• La douleur, c’est quoi pour vous?
• Selon vous, comment votre expérience au sein des FAC a-t-elle influencé votre relation avec la douleur?
Thème 2 — les répercussions de la douleur chronique sur le fonctionnement social
• Comment est-ce que la douleur influence votre vie au quotidien?
• Selon vous, quels seraient vos principaux besoins pour être en mesure de mener la vie que vous désirez malgré la persistance de la douleur?
Thème 3 — la transition à la vie civile
• Comment est-ce que votre transition à la vie civile s’est-elle déroulée?
• Sentez-vous que la douleur a des répercussions sur votre transition à la vie de vétéran.e? Si oui, de quelle façon, et sinon, pourquoi?
Thème 4 — la transition des soins militaires aux soins civils
• Comment s’est déroulée votre transition vers les soins civils?
• Comment appréciez-vous vos soins dans le système de santé civil? Sont-ils adaptés à votre réalité?
• Qu’est-ce qui aurait pu vous aider ou pourrait vous aider à mieux vivre cette transition (tant de l’information, des manières de faire ou des services)?

Analyse des données

Les groupes de discussion ont été audio-enregistrés et transcrits en verbatims. Ils ont par la suite fait l’objet d’une analyse thématique en suivant les principes de la méthode proposée par Paillé et Mucchielli.14 Après plusieurs lectures des verbatims pour mettre en évidence les idées principales du corpus, un arbre thématique a été créé par la première autrice selon un modèle mixte, c’est-à-dire des catégories ont été déterminées, dans un premier temps, en fonction du cadre théorique de la présente étude afin d’identifier les transitions vécues par les vétéran.e.s dans plusieurs trajectoires de vie (personnelle, interpersonnelle, professionnelle et de santé). Dans un deuxième temps, ces catégories ont été bonifiées par des thématiques ayant émergé lors des premières lectures du corpus par la première autrice.15 Cet arbre thématique a par la suite été validé par la deuxième autrice, qui a relu les verbatims dans leur intégralité afin de voir si certaines informations avaient été omises par la première autrice. La deuxième autrice a aussi enrichi l’arbre thématique en partageant ses intuitions issues de son expérience vécue, puisque celle-ci est elle-même une vétérane qui a vécu sa transition à la vie civile avec de la douleur chronique. Par la suite, la première autrice a codé systématiquement l’ensemble du corpus avec l’arbre thématique par le biais d’un logiciel de traitement de texte. Les verbatims des deux groupes ont été analysés ensemble afin de mettre en évidence l’expérience collective de l’impact de la douleur chronique sur la transition des participant.e.s vers la vie civile. Les différences entre les genres ont toutefois été prises en compte dans l’analyse et sont directement intégrées dans les résultats. Une fois les verbatims entièrement analysés et codés, toutes les catégories similaires ont été regroupées afin de produire les quatre thèmes principaux présentés dans la section des résultats. Afin de garantir la rigueur et la fiabilité de l’étude, la deuxième et la troisième autrice ont relu le corpus afin de valider l’analyse effectuée par la première autrice. Des réunions ont été organisées lorsque les autrices avaient des interprétations différentes et les désaccords ont été résolus par l’obtention d’un consensus. Les résultats ont également été envoyés aux participant.e.s pour valider l’analyse des autrices et toutes et tous ont convenu que les thèmes reflétaient fidèlement ce qu’ils et elles avaient dit lors des groupes de discussion.

Résultats

Quatre vétérans et quatre vétéranes ont participé à cette étude. Tous ont été libérés pour des raisons médicales et ont servi les FAC dans les forces régulières pour une durée de 10 à 34 ans de services. Quatres grands thèmes, soit l’armée et la douleur, la transition vers la vie civile, la vie au quotidien avec de la douleur chronique et les recommandations des vétéran.e.s pour faciliter la transition à la vie civile en contexte de douleur chronique seront présentés dans les sections suivantes.

Tableau 2.

Profil des participant.e.s 3

Participant.e.s Genre Tranche d’âge Années de service Année de libération Invalidité(s) reconnue(s)
P2 Masculin 51-65 ans 26 ans et plus 2020 Douleurs chroniques
P3 Masculin 36-50 ans 26 ans et plus 2021 Douleurs chroniques, maladies chroniques, trouble de stress post-traumatique
P4 Masculin 36-50 ans 20 à 25 ans 2016 Douleurs chroniques, trouble de stress post-traumatique
P5 Masculin 36-50 ans 20 à 25 ans 2021 Douleurs chroniques
P7 Féminin 36-50 ans 20 à 25 ans 2020 Douleurs chroniques
P8 Féminin 36-50 ans 10 à 19 ans 2023 Trouble de stress post-traumatique*
P9 Féminin 36-50 ans 10 à 19 ans 2024 Douleurs chroniques, trouble de stress post-traumatique
P10 Féminin 36-50 ans 10 à 19 ans 2018 Trouble de stress post-traumatique*

Note: Les participants 1 et 6 se sont désistés de l’étude avant les groupes de discussion.

*

Les participantes 8 et 10 vivent avec de la douleur chronique au quotidien, mais au moment de la réalisation des groupes de discussion, seul leur trouble de stress post-traumatique était reconnue comme une invalidité par Anciens Combattants Canada (ACC).

Thème 1 — L’armée et la douleur : les corps, des machines usées prématurément

Selon les participant.e.s, la culture militaire en place durant leurs années de service était empreinte de stigmatisation face à la douleur. Les soldats étaient encouragés à être forts et à ne faire preuve d’aucun signe de faiblesse, comme le montre le témoignage de cette vétérane :

Quand on est militaire, on n’a pas le droit à des faiblesses. Si on en a, on les cache ou on les vit tout seul. […] On veut être un vrai soldat guerrier. (Participante 10)

Les soldats qui se déclaraient incapables de faire les entrainements pour des raisons de santé étaient forcés de s’habiller en habit de parade pour être clairement identifiés comme hors du groupe aux yeux des autres :

Ils appelaient ça la parade des malades le matin, à 7 h du matin […] C’était comme une ségrégation. (Participant 2)

Pour éviter cette parade des malades, ainsi que le jugement de leurs pairs, plusieurs participant.e.s ont nommé avoir enduré la douleur malgré les blessures. Pour plusieurs, cette stigmatisation de la douleur se traduisait également dans les soins qu’ils ont reçus durant leur service. Lorsqu’ils se présentaient aux services médicaux pour se plaindre de leurs douleurs, peu d’investigations étaient réalisées. Des médicaments leur étaient plutôt donnés pour qu’ils puissent continuer à travailler :

Tu rentrais : «ah j’ai mal à telle place.» […] «Tiens, Naproxen.» (Participant 5)

Cette minimisation des problématiques de santé, selon les participantes, était encore plus forte chez les vétéranes. Celles-ci ont été fréquemment invalidées dans leurs symptômes physiques parce qu’on pensait qu’elles travaillaient moins :

Dans leur tête […] on est des petites filles, donc si c’est pesant, ben les ti-gars vont porter pour nous autres. Sauf que la réalité dans l’armée, c’est one man one kit. Donc ton kit, tu le traines. (Participante 9).

Cette minimisation de la douleur et l’absence de réponses appropriées de la part des services médicaux des FAC ont mené plusieurs participant.e.s à pousser leurs corps jusqu’à ce que celui-ci s’effondre :

C’est que la machine, tu la pousses tout le temps, tout le temps jusqu’à tant que tu fesses le mur […] on a trop encaissé et on a fessé le mur. (Participant 2)

Il est à noter que plusieurs participant.e.s présentaient à la fois de la douleur chronique et des blessures de stress opérationnel. Pour plusieurs, ces deux conditions se sont développées simultanément en raison des conditions dans lesquelles ils et elles ont fait leur service ainsi qu’aux traumatismes auxquels ils et elles ont été confronté.e.s. Elles se sont aussi interinfluencées et aggravées mutuellement pour mener les participant.e.s vers un point de non-retour qui a eu des effets néfastes sur l’avancement de leur carrière militaire :

Ça allait bien ma carrière, mais quand j’ai commencé à avoir un paquet de rendez-vous, là c’était plus la même game. (Participant 3)

Ce moment a souvent été le début de la fin de leur carrière et en a mené plusieurs vers une libération médicale non désirée. Même si elles étaient également confrontées aux conséquences de l’usure de leur corps ainsi qu’à des libérations qu’elles ne désiraient pas, les participantes de notre étude ont souligné que, selon elles, les femmes étaient plus à l’écoute de leurs besoins et conscientes de leurs limites. Cette conscience de soi aurait contribué à les protéger face à la culture militaire et à résister, dans une certaine mesure, aux exigences de surpasser constamment leurs capacités. Cette réflexivité leur aurait également permis d’accepter plus facilement l’idée de quitter les FAC pour prioriser leur bien-être et, par le fait même, aurait facilité leur transition vers la vie civile.

Thème 2 — La transition vers la vie civile : se redécouvrir dans un dédale organisationnel

Toutes et tous les participant.e.s de notre étude ont été libéré.e.s pour des raisons médicales, soit parce qu’ils et elles avaient trop de douleurs, soit parce qu’ils et elles n’étaient plus en mesure de répondre aux exigences de l’universalité de service. Pour la majorité d’entre eux, la transition a été un événement bien plus important que la fin d’un emploi :

Quand je suis sortie des Forces, c’était comme une dépression. C’est un deuil, là. J’étais couchée, je mangeais des spaghettis et j’écoutais des séries toute la journée […] Tout ce que j’avais construit, c’était en arrière de moi. (Participante 10)

Comme le montre le témoignage de cette vétérane, la transition à la vie civile a constitué une perte de repères importante pour elle. Les participant.e.s ont dû se redéfinir en dehors d’une carrière qui donnait du sens à leur vie et faire le deuil d’une profession souvent très enrichissante. Le deuil professionnel n’est toutefois pas le seul que les participant.e.s ont dû faire à leur sortie des FAC. Il y a aussi celui des Forces en soi, qui, après plusieurs années de service, représentait une famille pour eux :

Il y a le côté anxiété, anxiogène de quitter une famille après les nombreuses années que j’ai faites. Les amis, militaires, la famille… (Participant 3)

Deux participantes nous ont mentionné qu’elles savaient qu’elles allaient être libérées plusieurs années avant leur sortie officielle. Cette transition plus graduelle semble les avoir grandement aidées à mieux vivre cet important changement. Toutefois, que la transition vers la vie civile ait été graduelle ou non, toutes et tous les participant.e.s ont trouvé que le fait de passer d’un système de santé militaire fédéral au système de santé civil de leur province lors de leur libération a été un défi :

Tu passes toute ta vie dans un système de santé qui est militaire, parallèle à un service de santé civil. Du jour au lendemain, […] la porte se barre. C’est terminé. (Participant 2)

Les participant.e.s ont aussi nommé qu’il y avait un manque d’expertise dans le système de santé civil pour les prendre convenablement en charge. Or, s’il manquait de personnel de la santé formé pour comprendre leur réalité, leur principal défi résidait dans le fait de se trouver un médecin de famille après leur transition, un processus qui pouvait prendre plusieurs années. Cette attente avant d’être pris en charge créait un asynchronisme par rapport aux services et aux indemnisations qu’ils et elles pouvaient recevoir du ministère des Anciens Combattants du Canada puisque, pour avoir accès à ces derniers, ils et elles avaient besoin d’être évalué.e.s par un médecin. Pour les participant.e.s qui ont été en mesure de trouver un médecin de famille ou d’avoir accès à un médecin au public par d’autres moyens, plusieurs ont été confronté.e.s au refus du médecin de remplir les formulaires dont ils et elles avaient besoin. Ces défis organisationnels avec le système de santé civil ont mené plusieurs participant.e.s à consulter au privé. Or, cela implique de débourser de l’argent pour être traité ponctuellement et être évalué afin d’avoir accès aux programmes d’ACC, ce qui n’est pas possible pour tous les vétéran.e.s.

Pour ce qui est des services offerts par ACC, l’ensemble des participant.e.s était d’accord pour dire que les ressources auxquelles ils et elles avaient accès ne manquaient pas. Toutefois, selon les participant.e.s, il faut les demander et être proactif pour y accéder, ce qui devient problématique pour les vétéran.e.s qui ne sont pas en mesure de demander de l’aide. L’accès aux services, chez les participant.e.s, a également été restreint par la complexité des démarches à faire pour y accéder :

C’est les douze travaux d’Astérix. Faut que tu te battes. Il faut que tu t’obstines, Il faut que tu sois à tes affaires. (Participante 7)

Comme le nomme cette vétérane, les ressources existent, mais nécessitent d’importantes démarches, voire un combat, pour y avoir accès. Plusieurs autres participant.e.s ont également nommé ne pas connaitre l’existence de plusieurs programmes, montrant ainsi un manque de communication pouvant priver les vétéran.e.s des services dont ils et elles ont droit et qui les aideraient à mieux vivre avec leur douleur chronique.

Thème 3 — Vivre avec de la douleur chronique : des montagnes russes au quotidien

Toutes et tous les participant.e.s ont nommé que leur douleur chronique a chamboulé leur vie de manière importante. Les douleurs pouvaient être tellement vives que le fait de réaliser de simples tâches, comme s’habiller et prendre sa douche devenait par moment impossible :

Des fois, je peux être quelques jours au lit parce que je suis incapable de fonctionner. Juste d’affronter cette douleur-là, c’est exténuant, c’est brûlant, c’est épuisant. (Participante 9)

Cette vétérane, dans son témoignage, montre comment les douleurs pouvaient être fortes au point de la forcer à être alitée. La co-occurrence des blessures de stress opérationnel et de la douleur chronique complexifie également le quotidien des participant.e.s. Ces deux conditions contribuaient à aviver à la fois leur douleur physiologique et leur douleur émotionnelle, ce qui affectait leur fonctionnement et leur qualité de vie. Aussi, pour la grande majorité des participant.e.s, la douleur les empêchait de travailler ou de concrétiser leurs passions. La douleur s’accompagnait donc de nombreux deuils qui étaient susceptibles d’aviver une douleur émotionnelle :

C’est oui la douleur chronique, douleur émotionnelle et mentale, mais un deuil […] c’est des montagnes russes je dirais. (Participant 2)

Au-delà des deuils, les montagnes russes causées par la douleur chronique avaient aussi d’importantes conséquences sur les relations familiales et sociales des participant.e.s, comme le nomme cette vétérane :

La douleur chronique, ça fait que ça a éclaté ma famille […] j’ai envoyé ma fille la plus jeune à son père parce que je n’étais plus apte à m’en occuper. […] Mon conjoint, je reste plus avec parce que ça lui demandait de l’ajustement qu’il n’était pas prêt à faire. (Participante 8)

Ce passage montre bien comment la douleur chronique est susceptible de perturber des relations familiales et comment elle peut engendrer de la solitude. Lorsque la douleur chronique ne perturbait pas les dynamiques du cercle familial, elle causait néanmoins souvent de la culpabilité chez les vétéran.e.s envers leurs proches, comme le nomme cette participante :

Tu te frustres parce que tu dis : «je suis écœurée de me lamenter et de faire endurer ça à mon entourage que j’ai mal.» Je mine le moral de tous les gens qui m’entourent à la maison. (Participante 9)

Ces défis engendrés par la douleur chronique ont poussé les vétéran.e.s à adopter des stratégies pour y faire face. Pour plusieurs participant.e.s, la consommation d’alcool a été une échappatoire importante face à la douleur dans un premier temps :

De mon côté à moi, l’échappatoire était la Stella Artois. […] Tu as beau pousser, tu as beau essayer, la douleur est toujours là. […] Donc un moment donné, bien, la Stella […] elle est là. Elle t’aime. Tu l’aimes. Elle ne dit pas un mot et elle t’amène du bonheur. (Participant 2)

La consommation d’alcool, comme le montre le témoignage de ce vétéran, était un moyen facile de faire face à la douleur et à la détresse émotionnelle qu’elle provoquait. Toutefois, toutes et tous les participant.e.s qui ont utilisé cette stratégie dans le passé avaient évolué vers des stratégies plus constructives et moins néfastes pour leur bien-être. Plusieurs vétéran.e.s ont nommé que l’argent était une ressource importante pour continuer à vivre malgré leur douleur, comme le montre le témoignage de ce vétéran :

Il faut de l’argent pour être capable de compenser tes douleurs chroniques. J’ai toujours voulu un chalet. […] Le chalet je l’ai acheté […] j’ai zéro réno à faire. […] Donc ça prend de l’argent pour être capable de faire ça, sinon bien tu tombes dans un creux et tu fais rien. (Participant 3)

L’argent reçu des FAC et d’ACC par les participant.e.s était souvent réinvesti pour compenser les limitations engendrées par la douleur et leur permettre de continuer à fonctionner au quotidien et de vivre leurs passions. Continuer à bouger à la hauteur de ses capacités et faire des activités significatives sont également des moyens permettant de conserver un bien-être psychologique qui ont été nommés, et ce, même s’ils pouvaient temporairement augmenter la douleur :

Même si j’ai [des crises de douleur], si j’ai besoin d’aller faire de la moto, je vais préférer aller faire de la moto […] le bien-être que ça va m’avoir procuré va être plus grand que de m’en être empêché. (Participante 7)

Toutes et tous les participant.e.s ont convenu qu’il était important de trouver un équilibre entre la gestion de la douleur et la poursuite d’activités qui leur tenaient à cœur, comme le montre le témoignage de cette vétérane. La présence d’animaux a aussi été nommée par des vétéranes comme une stratégie significative pour traverser les défis du quotidien et obtenir du réconfort. Finalement, le fait de demander de l’aide à des proches et des ami.e.s ainsi que d’entretenir des connexions sociales significatives était des stratégies importantes et utilisées par une grande majorité des participant.e.s de notre étude.

Thème 4 – Recommandations pour la transition à la vie civile en contexte de la douleur chronique : faciliter la vie après le service militaire

Les participant.e.s ont formulé plusieurs recommandations pour que la transition à la vie civile avec de la douleur chronique soit facilitée. Premièrement, il a été suggéré d’instaurer un programme de pairs-aidants pour que des vétéran.e.s avec des expériences de transition positives puissent aider les militaires en processus de libération à s’adapter graduellement à leur nouvelle vie, comme le nomme cette vétérane :

Je pense que le rôle de pair-aidant est vraiment crucial. Il est vraiment important. Parce que souvent ça va être des personnes avec qui t’as servi avant, qui ont vécu des choses, puis qui s’en sort bien malgré tout. (Participante 8)

Selon les participant.e.s, un programme de support par les pairs pourrait apaiser les craintes liées à la transition et offrir des modèles positifs aux nouveaux vétéran.e.s ou à ceux et celles en voie de le devenir.

Deuxièmement, il a été suggéré de simplifier les démarches avec ACC et de mieux faire connaitre les ressources existantes :

J’ai appelé une gestionnaire de cas. Là j’ai dit : «Je vois des programmes que j’ai jamais été mis au courant à ma libération. […]» Donc c’est moi qui prend l’initiative parce que je commence à me rendre compte comment ça fonctionne dans ACC et je pense que c’est juste un problème de communication parce qu’il y a tellement de programmes de disponibles. (Participant 3)

Comme le montre le témoignage de ce vétéran, toutes les ressources dont il avait besoin existaient. Il ne le savait tout simplement pas avant de consulter lui-même la documentation. Une meilleure promotion des programmes offerts par ACC, en particulier par l’intermédiaire des agents de gestion de cas, permettrait de garantir que chaque vétéran.e ait accès aux services dont il ou elle a besoin pour s’adapter plus facilement à sa transition.

Troisièmement, il a été suggéré de garder les vétéran.e.s au sein du système de santé militaire toute leur vie ou durant quelques années après leur transition afin qu’ils et elles puissent avoir le temps de trouver un médecin de famille. Comme le nomme ce participant, il serait simple pour les vétéran.e.s de continuer à être traité.e.s dans le système de santé militaire pour leurs douleurs après leur libération :

Je trouve que la solution la plus facile, ce serait qu’on reste dans le système de santé militaire même si on est vétéran. Que quand qu’on sort, bien la porte se ferme pas du côté des militaires. (Participant 2)

Même si toutes et tous les participant.e.s n’étaient pas d’accord avec l’idée de rester dans le système de santé militaire pour le reste de leur vie, toutes et tous auraient souhaité y rester jusqu’à ce qu’ils ou elles aient trouvé un médecin traitant.

Quatrièmement, il a été nommé qu’il serait intéressant de déployer des cliniques spécialisées pour la douleur chronique chez les vétéran.e.s à l’instar des cliniques existantes pour traiter les blessures de stress opérationnel très appréciées par les participant.e.s :

Ils l’ont fait avec le PTSD. Tu as vu qu’il y a une transition du militaire au civil pour les post-traumatique […] ils ont mis une priorité là-dessus et la transition militaire au civil se fait très bien […] Pourquoi ils ne font pas le même type de programme, mais pour douleur chronique? (Participant 3)

Tous les participant.e.s étaient d’accord pour dire que la douleur chronique devrait être une priorité dans les soins post-transition prodigués aux vétéran.e.s et que des services spécialisés, en dehors des cliniques de la douleur dans le système de santé civil où les délais d’attente peuvent être très longs, leur seraient d’une grande aide.

Finalement, il a été suggéré d’améliorer l’éducation sur la culture militaire ainsi que sur les réalités des vétéran.e.s auprès de la population générale et des professionnel.le.s de la santé afin que ceux-ci et celles-ci soient sensibilisé.e.s à leurs besoins uniques. Ces recommandations, selon les participant.e.s de notre étude, auraient aidé à adoucir leur transition et auraient contribué à les doter des ressources dont ils et elles auraient eu besoin pour continuer à vivre une vie riche et active malgré la persistance de la douleur.

Discussion

L’objectif de cet article était de décrire le vécu et les besoins des vétéran.e.s canadien.ne.s vivant avec de la douleur chronique lors de leur transition à la vie civile et d’explorer les répercussions de leur condition de santé sur différentes sphères de leur vie. Les résultats de cet article confirment que la transition à la vie civile des vétéran.e.s libéré.e.s pour des raisons médicales demeure à ce jour une étape de vie complexe. Les difficultés d’accès aux soins de santé civils et aux évaluations nécessaires pour faire reconnaître leurs invalidités auprès d’ACC ont complexifié l’adaptation des participant.e.s à leur nouvelle réalité de vétéran.e.s. Ces résultats sont cohérents avec ceux d’autres études qui ont notamment souligné que l’accès à des médecins de famille ainsi qu’à des professionnel.le.s sensibles aux réalités des vétéran.e.s demeure un défi important pour améliorer la transition.9,10

Les résultats de notre article confirment également que la douleur chronique a d’importantes répercussions sur le processus de transition à la vie civile en affectant l’ensemble des trajectoires de vie des participant.e.s, complexifiant ainsi l’actualisation de leur passion, leurs relations avec leurs proches et leurs activités de la vie quotidienne et domestique. Ces résultats sont cohérents avec la littérature existante qui montre que la douleur chronique est une condition affectant toutes les sphères biopsychosociales et spirituelles de la vie des personnes atteintes.16–18 Les répercussions biopsychosociales de la douleur pourraient expliquer, en partie, pourquoi les vétéran.e.s qui en sont atteint.e.s ont plus de difficulté à s’adapter à la transition à la vie civile. En raison de leurs limitations, il leur est moins aisé de trouver des moyens de redéfinir leur identité, de donner un nouveau sens à leur vie, de réorganiser leur quotidien en dehors des routines strictes de l’armée et de nouer de nouvelles relations sociales.2–4

Finalement, les résultats de cette étude apportent un éclairage nouveau sur la relation entre la culture militaire et la douleur chronique. Il a déjà été suggéré que la minimisation de la douleur et la culture de dépassement de soi au sein des FAC conduisent les militaires à développer des douleurs chroniques.19 Cependant, nos résultats montrent que certains mécanismes institutionnalisés, tels que l’obligation pour les militaires blessé.e.s de porter leur uniforme de parade afin d’être identifié.e.s comme faibles lorsqu’ils ou elles sont blessé.e.s, ont renforcé l’idée que la douleur était une faiblesse à ignorer. Considérant qu’environ 64 % des vétéran.e.s vivraient avec de la douleur chronique,9 il est important de continuer à repenser ces procédures afin de prévenir l’apparition de douleurs qui peuvent être évitées.

Cette étude a des limites. Premièrement, presque tous les participant.e.s que nous avons rencontrés se sont enrôlé.e.s dans les années 80–90. Selon nos participant.e.s, des changements majeurs auraient été réalisés après les déploiements en Bosnie et en Afghanistan et les FAC seraient devenues plus compréhensives quant aux limites physiologiques et psychologiques des militaires. Deuxièmement, presque tous les participant.e.s de cette étude ont été libérés des FAC entre 2016 et 2021. Leurs perceptions et leurs recommandations face à la transition à la vie civile ne tiennent donc pas en compte des récents changements effectués dans le processus de libération. En effet, les FAC et ACC ont élaboré un nouveau processus de transition qui prévoit une équipe de soutien pour toute personne vivant une libération des FAC. Les 27 centres de transitions prévus, dont plus de la moitié était déjà en service en 2023, permettent de promulguer des services aux vétéran.e.s de partout à travers le pays.20 Troisièmement, les participant.e.s de cette étude ont été recruté.e.s à l’aide d’un échantillonnage «boule de neige». Cette méthode est connue pour produire un échantillon de convenance qui repose sur les ressources personnelles et les contacts des chercheur.euse.s. L’échantillon n’est donc pas nécessairement représentatif de la population étudiée et peut potentiellement être biaisé.21 En raison de cette technique d’échantillonnage, les participant.e.s recruté.e.s pour cette étude appartiennent à des groupes d’âge et à des origines ethniques similaires. De plus, considérant la nature exploratoire de la recherche et la profondeur des données collectées dans les groupes de discussion, seulement huit participant.e.s ont été inclus.es dans l’étude. De futures recherches gagneraient à être menées auprès d’un échantillon plus grand et diversifié. Finalement, comme notre collecte de données s’est faite par le biais de groupes de discussion, nous avons fait le choix de ne pas aborder la thématique des inconduites sexuelles vécues par les militaires au sein des FAC afin de respecter l’intégrité et la vie privée de tous les participant.e.s. De futures recherches sur ce sujet chez les vétérans, et plus particulièrement chez les vétéranes, seraient néanmoins nécessaires. Si des recherches ont déjà établi un lien entre les inconduites sexuelles et la douleur chronique chez les vétéranes, aucune ne semble avoir exploré le vécu de ces personnes de manière qualitative afin de comprendre leur réalité et leurs besoins en profondeur.11,22,23

Malgré ces limites, les résultats de cette étude ont néanmoins permis de recueillir des informations importantes et toujours d’actualité. Malgré une transition à la vie civile ayant été réalisée il y a de nombreuses années, plusieurs participant.e.s sont encore marqué.e.s par cette étape de vie. Ils et elles se sentent souvent seul.e.s et sans ressources et leur relation avec eux-mêmes et elles-même, ainsi qu’avec leurs proches demeurent affectées de manière durable. Il serait donc intéressant de penser à offrir de nouvelles ressources de soutien aux vétéran.e.s ayant transitionné il y a plusieurs années afin de s’assurer qu’ils et elles ont obtenu le support dont ils et elles avaient besoin. De plus, malgré la présence de services et de ressources de la part d’ACC pour les aider, les participant.e.s avaient d’importants besoins pour simplement fonctionner au quotidien. Il serait donc important d’agir en prévention pour tenter d’éviter des situations où les militaires se retrouvent confrontés à un point de non-retour physique et psychologique affectant irrémédiablement leur qualité de vie. Une meilleure prise en charge de la douleur aigüe afin d’éviter qu’elle ne devienne chronique10 et l’abolition de pratiques qui stigmatise les militaires qui ont besoin de soins de santé seraient des pistes de solutions intéressantes afin de préserver l’intégrité physique et mentale des militaires des FAC. Finalement, plusieurs participant.e.s ont nommé avoir apprécié de participer à l’étude, puisqu’ils et elles avaient enfin l’occasion de pouvoir s’impliquer et s’exprimer sur leur vécu. Davantage d’espaces leur permettant de se raconter et de pouvoir mettre à profit leur vécu pourraient donc être bénéfiques pour aider les vétéran.e.s à retrouver un sens à leur nouvelle réalité.

Conclusion

En conclusion, l’objectif de cette recherche était de décrire comment les vétéran.e.s vivent leur transition à la vie civile en contexte de douleur chronique. Cette condition de santé, chez les vétéran.e.s, pose de nombreux défis dans leur transition à la vie civile, puisqu’elle affecte l’ensemble de leurs sphères de vie et complexifie leur ajustement à cette nouvelle étape de vie. Si des avancées majeures ont été réalisées dans le passé pour améliorer les ressources destinées aux vétéran.e.s vivant avec des blessures de stress opérationnel, une telle réforme des services en douleur chronique serait nécessaire pour mieux accueillir cette population et leur permettre de s’épanouir après leur carrière militaire, et ce, malgré la persistance de leurs symptômes de douleur.

Acknowledgments

Conflit D’Intérêts

Les autrices n’ont aucun conflit d’intérêt à déclarer.

Approbation-Éthique

Approbation Ce projet de recherche a été approuvé par le comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval, Québec, Qc, Canada, le 20 mars 2024. Les informations relatives au certificat d’éthique sont disponibles sur demande auprès des autrices.

Consentement

Les participant.e.s de l’étude ont consenti de manière libre et éclairée à leur participation au projet de recherche.

Numéro D’approbation de L’essai Clinique

N/A

études Auprès des Animaux

N/A

Financement

Ce projet a été financé par le Centre d’excellence en douleur chronique pour les vétérans canadiens.

Révision Par les Pairs

Cet article a fait l’objet d’une révision par les pairs.

Biographies

Gabrielle Leblanc-Huard, M. Trav. Soc., est doctorante en travail social à l’Université Laval, boursière Vanier 2024 et boursière Pierre Elliott Trudeau 2025. Sa thèse de doctorat porte sur l’expérience du « crip time » chez les jeunes adultes vivant avec de la douleur chronique pendant la période de transition vers l’âge adulte. Bien que ses intérêts de recherche soient variés, elle s’intéresse principalement à l’amélioration des conditions de vie et à l’empowerment des personnes vivant avec de la douleur chronique.

Hélène Le Scelleur, M. Serv. Soc, est doctorante en service social à l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur les transitions identitaires et les moments de crise chez les militaires canadiens qui ont été libérés à la suite d’un traumatisme lié au stress opérationnel. Elle a servi pendant 26 ans dans les Forces armées canadiennes, ce qui lui confère une expérience vécue très pertinente.

Gabrielle Fortin, PhD, est travailleuse sociale en oncologie et en soins palliatifs depuis 2011. Professeure à l’École de travail social de l’Université Laval depuis 2020, ses recherches portent sur le développement de pratiques psychosociales et interdisciplinaires dans le domaine des soins de santé. Son travail vise à améliorer la qualité de vie des personnes et des familles confrontées à des maladies graves.

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Articles from Journal of Military, Veteran and Family Health are provided here courtesy of University of Toronto Press

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