Skip to main content
Annals of Burns and Fire Disasters logoLink to Annals of Burns and Fire Disasters
. 2026 Jun 30;39(2):123–132. [Article in French]

Bactériémies à Entérocoques Chez les Brûlés: Incidence et Facteurs Associés à la Mortalité

Bacteraemias due to Enterococci in Burns: Incidence and Factors Associated to Mortality

H Fredj 1,2,4,✉, M Cheikhrouhou 1,2, A Aloui 1,2, A Alouini 1,2, L Thabet 1,3,4, AA Messadi 1,2,4, A Mokline 1,2,4
PMCID: PMC13296972  PMID: 42370047

SUMMARY

Enterococcus species are a common cause of nosocomial bacteremia, affecting patients with severe comorbidities. They are often associated with significant morbidity and mortality. A prognostic, observational, mono-centric and retrospective study was conducted in the intensive burn care unit over 4 years, from January 2020 - December 2023. Burn patients who had at least one episode of Enterococcus spp. bacteremia were included. Out of 1,566 admitted patients, 102 developed at least one Enterococcus bacteremia (an incidence of 7.3%), of which 88 patients were retained for analysis. A total of 104 enterococcal bacteremias were observed. The most common species was E. fæcium (58.7%). Twenty-four percent of the strains were resistant to teicoplanin, and 28.8% were resistant to vancomycin. No resistance to tigecycline or linezolid was noted. The median time to the onset of bacteremia was 7 days, and it was complicated by septic shock in 40.4% of cases. Bacteremia was primitive in 96% of cases and polymicrobial in 78,8% of cases. Median ICU length of stay was 22 days. Mortality was 55.7%. Independent factors associated with mortality due to enterococcal bacteremia were: occurrence of ARDS (acute respiratory distress syndrome), acute renal failure, fungal infection, and Enterococcus resistance to vancomycin.

Keywords: bacteremia, Enterococcus, bloodstream infection, burn, intensive care unit, prognosis, mortality

Introduction

Les infections nosocomiales (IN) sont fréquentes chez le brûlé avec une incidence variant entre 7,9% et 75,1%.1-3 Elles sont associées à une morbi-mortalité élevée et sont considérées comme la première cause de décès chez cette population. Enterococcus est un Cocci Gram positif ubiquitaire du sol, des surfaces et de l’eau, faisant partie intégrante du microbiote intestinal de la plupart des êtres vivants.4-7 Il a été isolé pour la première fois en 1899 par Thiercelin. Depuis, 58 espèces ont pu être distinguées, dont les plus fréquentes sont Enterococcus fæcium et Enterococcus fæcalis.4,8 Dans la population générale, Enterococcus est le 3ème germe incriminé dans les IN pouvant être responsable d’infection urinaire, de bactériémie et même d’endocardite infectieuse.6,9-11 L’incidence annuelle des bactériémies à Enterococcus spp. en population générale varie entre 6,9 et 19,6/100000 par an, avec une mortalité attribuable variant entre 25 et 50%.9,12 Devant la fréquence de ces infections et le manque d’options thérapeutiques face à Enterococcus spp., résistant à plusieurs agents antimicrobiens, la vancomycine a été largement prescrite d’où l’émergence d’entérocoques résistants à la vancomycine avec un taux variant entre 1,3% et 4,6%.13,14 Cette résistance a été rapportée pour la 1ère fois chez les animaux en 1933 et les humains en 1988.8,15,16 E. fæcium présente un taux de résistance aux antibiotiques plus élevé, survient souvent chez les patients graves et est associée à une morbi-mortalité plus importante que E. fæcalis.12 Dans la littérature, aucune étude n’a été publiée concernant l’incidence, le pronostic des bactériémies à entérocoques chez le brûlé ainsi que les facteurs associés à la mortalité, d’où l’intérêt notre travail. L’objectif de notre étude est de déterminer l’incidence des bactériémies à Enterococcus spp. chez les patients brûlés admis en réanimation, leurs caractéristiques épidémio-cliniques, microbiologiques, thérapeutiques et évolutives et d’en identifier les facteurs associés à la mortalité.

Matériels et méthodes

Étude observationnelle, monocentrique et rétrospective, menée dans le service de réanimation des brûlés du Centre de Traumatologie et des Grands Brûlés de Tunisie, sur une période de 4 ans (1er janvier 2020-31 décembre 2023). Tous les patients brûlés ayant développé une bactériémie à Enterococcus spp ont été inclus. Les patients dont les dossiers étaient inexploitables n’ont pas été inclus. Une bactériémie a été définie selon les critères du CDC.17 Pour chaque patient, nous avons recueilli les données épidémiologiques, les données liées à la brûlure, les données cliniques et biologiques à l’admission, thérapeutiques et évolutives et les données relatives aux bactériémies ainsi que l’issue des patients. La saisie et l’analyse statistique des données a été faite à l’aide du logiciel SPSS version 20. Pour l’étude descriptive, les variables qualitatives ont été exprimées par les effectifs observés et les fréquences (%). Pour les variables quantitatives, l’étude de la distribution des données a été faite par le test de normalité de Shapiro-Wilk. La description de ces variables a été faite par les moyennes et l’écart type en cas de distribution normale et par les médianes et les intervalles interquartiles dans le cas contraire. Afin de déterminer les facteurs associés à la mortalité par bactériémie à Enterococcus, une comparaison entre les patients décédés (DC+, cas), et ceux survivants (DC, témoins) a été réalisée. L’analyse statistique univariée a été faite par le test t de Student pour les données quantitatives de distribution normale ou le test de Mann et Whitney en cas de distribution non normale. Pour les variables qualitatives, nous avons utilisé le chi carré de Pearson ou, en cas de non-validité du test, le test exact de Fisher. Une analyse multivariée par régression logistique binaire a été réalisée pour identifier les facteurs indépendants. Nous avons retenu le seuil de significativité pour p ≤5% et le risque a été calculé par le rapport de cote (OR) avec un intervalle de confiance retenu égal à 95% (IC95%).

Résultats

Durant la période d’étude, 1 566 patients ont été admis dont 102 patients ont présenté au moins une bactériémie à Enterococcus soit une incidence de 7,3%. Quatre-vingt-huit patients ont été inclus (Fig. 1). Une augmentation de l’incidence des bactériémies à entérocoques a été notée dans notre série au fil des années, passant de 6,8% (n=7) en 2021 à 40,4% (n=42) en 2023. Un nadir a été noté en 2021 (Fig. 2).

Fig. 1.

Fig. 1

Diagramme des flux

Fig. 2.

Fig. 2

Évolution de l’incidence des bactériémies à entérocoque au cours des années

Caractéristiques des patients

L’âge moyen des patients était de 41±18 ans avec des extrêmes allant de 8 à 93 ans et le sexe ratio H/F était de 1,51. Trente-trois patients (37,5%) avaient des comorbidités représentés par l’hypertension artérielle (n=10 ; 11,4%), les antécédents psychiatriques (n=9 ;10,2%) et le diabète (n=8 ;9,1%). Les brûlures étaient secondaires à un accident domestique dans 53,4% des cas (n=47), à une tentative de suicide par auto-immolation dans 30,7% des cas (n=27), à une agression dans 6,8% des cas (n=6) et à un accident de travail dans 9,1% des cas (n=8). Il s’agissait essentiellement des brûlures thermiques (86,4% ; n=76). La surface cutanée brûlée (SCB) médiane était de 31,8% [23,5-45,4%]. Les brûlures étaient profondes dans 59% des cas (n=52). Soixante-six patients (75%) ont été transférés d’une autre structure de soins, dans un délai médian de 18 heures [2,3-46,8]. A l’admission, 33 patients (37,5%) étaient intubés ventilés et 22 (25%) étaient en état de choc. A la biologie, une hémoconcentration était présente chez 54 patients (61,4 %), une acidose métabolique chez 46 patients (56,1%) d’origine lactique dans 26 cas (56,5%) et hyperchlorémique dans 14 cas (30,4%) ; 8 patients (31,8%) avaient une insuffisance rénale aiguë.

Données liées aux bactériémies

Dans notre série, 104 épisodes de bactériémie à entérocoques ont été observés soit en moyenne, un épisode par patient avec des extrêmes allant d’un à trois. Soixante-douze patients (81,8%) ont présenté un seul épisode et 16 (18,2%) ont présenté au moins deux épisodes. Le nombre moyen d’hémocultures à entérocoques par épisode septique était d’une. Le délai médian de la 1ère bactériémie par rapport à l’admission était de 7 jours [4-14,5]. La bactériémie était primitive dans 100 cas (96,2%), et secondaire à une porte d’entrée infectieuse dans 4 cas : urinaire (n=1) et vasculaire (n=3). Elle a été responsable d’un sepsis dans 100% des cas (N=88), et compliquée d’un état de choc septique dans 42 cas (40,4%). Un sepsis antérieur à la bactériémie à entérocoque a été observé dans 43 cas (41,3%) sur lequel s’est greffée une bactériémie à entérocoque dans 29 cas (67,4%). De point de vue microbiologiques, six espèces d’entérocoques ont été isolées chez nos patients avec une prédominance de E. fæcium (n=61 ; 58,7%), suivi par E. fæcalis (n=31 ; 29,8% - Fig. 3). Trente souches d’entérocoque étaient résistantes à la vancomycine (ERV) (28,8%), soit une incidence de 2,2% et 25 souches étaient résistantes à la teicoplanine (24%). Pour les souches E. fæcalis, aucune résistance à l’ampicilline, aux glycopeptides, au linézolide et à la tigécycline n’a été observée. Pour les souches E. fæcium, 40 étaient résistantes à l’ampicilline (65,6%), 30 étaient résistantes à la vancomycine (49,2%), et 25 étaient résistantes à la teicoplanine (41%). Aucune résistance au linézolide ni à la tigécycline n’a été observée dans notre série. Les bactériémies étaient polymicrobiennes dans 78,8% (n=82) des cas. Les germes les plus souvent associés étaient Pseudomonas æruginosa dans 35,6% des cas (n=30) et Acinetobacter baumannii dans 31,7% des cas (n=26 - Fig. 4) Une antibiothérapie empirique de 1ère intention a été prescrite à base d’un carbapénème associée à la colimycine ou de pipéracilline-tazobactame associée aux glycopeptides dans la majorité des cas, guidée par l’écologie du patient, celle du service et par porte d’entrée présumée. Elle était adaptée dans 64 cas (61%). Une escalade thérapeutique était nécessaire dans 40 cas (38,5%) basé sur la tigécycline dans 19 cas (47,5%), le linézolide dans 14 cas (35%) et les glycopeptides dans 7 cas (17,5%). L’évolution de nos patients a été favorable avec résolution du 1er sepsis chez 66 patients (75%). Quarante-quatre patients (50%) ont présenté une infection fongique et 55 patients (63,2%) ont présenté un état de choc septique à bactérie multirésistante (BMR). La durée de ventilation mécanique médiane était de 11 jours [4-21] et la durée de séjour était de 22 jours [14-57]. Cette durée était plus prolongée chez les patients ayant une bactériémie à ERV (ERV=28 jours [17-51] versus Non-ERV= 18 jours [12-33] ; p=0,03). Dans notre série, la mortalité était de 55,7% (n=49), significativement plus élevée chez les patients ayant eu une bactériémie à E. fæcium comparativement à ceux ayant eu une bactériémie à E. fæcalis (respectivement de 40,9% (n=36) versus 12,5% (n=11) ; p=0,006).

Fig. 3.

Fig. 3

Espèces d’entérocoques isolées des hémocultures

Fig. 4.

Fig. 4

Principales bactéries isolées avec un entérocoque dans les hémocultures (en % du total)

Facteurs associés à la mortalité

Les patients décédés et survivants étaient comparables en termes d’âge et de sexe. Néanmoins les brûlures étaient plus étendues et plus profondes dans le groupe des patients décédés (Tableau I). En analyse univariée, les facteurs associés à la mortalité étaient : des scores IGS II et APACHE II élevés, une hypothermie, la survenue d’un état de choc et le recours à la ventilation mécanique à l’admission. De même, le recours à la VMI et la sédation au cours du séjour, le cathétérisme fémoral ainsi que la curarisation et la sédation étaient associés à un risque significatif de décès. Les bactériémies à ERV, un sepsis antérieur à la bactériémie, une infection fongique et la survenue d’un état de choc attribuable à la bactériémie à entérocoque étaient significativement plus fréquentes dans le groupe des patients décédés. De même, le recours à la transfusion ainsi que la survenue d’embolie pulmonaire (EP), d’insuffisance rénale aiguë (IRA), de syndrome compartimental abdominal (SCA), de SDRA, d’anémie, de thrombopénie et d’acidose métabolique étaient significativement associée à la mortalité (Tableau II). L’analyse multivariée a permis d’identifier quatre facteurs indépendants associés à la mortalité : la survenue au cours du sepsis d’un SDRA, d’une insuffisance rénale aiguë, d’une infection fongique et la résistance de l’entérocoque à la vancomycine (Tableau III).

Tableau I.

Caractéristiques générales des patients

Total
(n=88)
Vivants
(n=39)
Décédés
(n=49)
P
Age (ans) 41 ±18 37 ± 14 44 ±20 0,271
Genre
Masculin (n,%) 53 (60,2%) 20 (51,3%) 33 (67,3%) 0,068
Féminin (n,%) 35 (39,8%) 19 (48,7% 16 (32,7%) 0,126
ATCD médicaux
Diabète (n,%) 8 (9,1%) 3 (7,7%) 5 (10,2%) 1
HTA (n,%) 10 (11,4%) 3 (7,7%) 7 (14,3%) 0,502
Type des brûlures
Thermique (n,%) 76 (86,4%) 35 (89,7%) 41 (83,7%) 0,410
Electrique (n,%) 11 (12,5%) 4 (10,3%) 7 (14,3%) 0,748
SCB (médiane, IQR) 31,8 [23,5-45,4] 28 [18-40] 36 [29-50] 0,004
ABSI (moyenne, G) 6,8 ± 2,5 6±2 7±3 0,033
IB (moyenne, a) 77,5 ±24,5 67±20 86±25 0,001
Délai moyen d’admission (heures) 18 [2,3-46,8] 16 [2-33] 20 [3-52] 0,372

ATCD : antécédent ; HTA : hypertension artérielle ; SCB : surface cutanée brûlée ; ABSI : Abbreviated Burn Severity Index; IB : indice de Baux ; IQR : interquartiles ; σ : écart type

Tableau II.

Variables significatives en analyse univariée

Total
(n=88)
Vivants
(n=39)
Décédés
(n=49)
P
Hypothermie à l’admission (n,%) 11 (16,7%) 1 (3,7%) 10 (25,6%) 0,021
Intubation à l’admission (n,%) 27 (30,7%) 5 (18,5%) 22 (56,4%) 0,002
Etat de choc à l’admission (n,%) 22 (25%) 5 (12,8%) 17 (34,7%) 0,019
APACH II (moyenne, σ) 10,3 ±3,6 9±3 11 ±4 0,012
SAPS ii (médiane, IQR) 16 [9-24,75] 13 [9-16] 18 [14-27] 0,002
VMI au cours du séjour (n,%) 31 (35,2%) 2 (5,1%) 29 (61,7%) <0,001
Sédation (n,%) 54 (61,4%) 6 (15,4%) 48 (98%) <0,001
Curarisation (n,%) 15 (17%) 0 (0%) 15 (30,6%) <0,001
KTV fémoral (n,%) 58 (65,9%) 25 (64,1%) 43 (87,8%) 0,009
Sepsis précédant la bactériémie (n,%) 42 (47,7%) 12 (30,8%) 30 (61,2%) 0,004
EDC / bactériémie (n,%) 29 (33%) 3 (7,7%) 26 (53,1%) <0,001
Bactériémie à ERV (n,%) 30 (34,1%) 7 (17,9%) 23 (46,9%) 0,004
Transfusion (n,%) 37 (42%) 11 (28,2%) 26 (53,1%) 0,019
Embolie pulmonaire 14 (15,9%) 2 (5,1%) 12 (24,5%) 0,014
Infection fongique (n,%) 44 (50%) 11 (28,2%) 33 (67,3%) <0,001
SDRA (n,%) 21 (23,9%) 1 (2,6%) 20 (40,8%) <0,001
IRA (n,%) 43 (48,9%) 6 (15,4%) 37 (75,5%) <0,001
SCA (n,%) 8 (9,1%) 0 (0%) 8 (16,3%) 0,008
Anémie (n,%) 81 (92%) 33 (84,6%) 48 (98%) 0,041
Thrombopénie (n,%) 57 (64,8%) 19 (48,7%) 38 (77,6%) 0,005
Acidose métabolique (n,%) 56 (63,6%) 16 (41%) 40 (81,6%) <0,001

APACHEII : Acute Physiology and Chronic Health Evaluation II ; SAPS II : Simplified Acute Physiology Score ; IQR : interquartiles ; σ : écart type ; VMI : ventilation mécanique invasive ; KTV: cathéter veineux central ; EDC : état de choc ; SDRA : syndrome de détresse respiratoire aigu ; IRA : insuffisance rénale aiguë ; ERV : entérocoque résistant à la vancomycine

Tableau III.

Analyse multivariée : facteurs indépendants associés à la mortalité

Paramètre Valeur de P OR IC 95%
SDRA 0,021 15,314 1,506-155,742
Bactériémie à ERV 0,028 5,908 1,208-28,896
Infection fongique 0,013 7,095 1,513-33,268
IRA 0,001 13,681 2,812-66,560

SDRA: syndrome de détresse respiratoire aiguë ; ERV : entérocoque résistant à la vancomycine ; IRA : insuffisance rénale aiguë

Discussion

Dans la littérature, aucune étude n’a été menée sur les bactériémies à entérocoque chez les brûlés. Les résultats de notre étude sont comparés à ceux rapportés dans les études réalisées chez les populations non brûlées. Dans notre série, l’incidence des bactériémies à entérocoque était de 7,3%. Plusieurs études soulignent l’incidence croissante de ces infections au fil des années.18,19 Ce résultat a été rapporté par Nielsen, sur une série danoise, avec une incidence croissante des bactériémies à entérocoque au fil des années entre 1999 et 2008, aux dépens des autres germe.18 Une autre étude menée sur 6 ans, ayant pour but de surveiller les bactéries à gram positif responsables de bactériémies aux États-Unis et en Europe, a révélé que E. fæcalis et E. fæcium étaient responsables des bactériémies dans respectivement 10,6% et 9,4% dans l’étude de Lupia avec une mortalité respectivement de 36% et 18% dans l’étude de Suppli.20,21 L’entérocoque était le 2ème agent pathogène Gram Positif responsable d’infection nosocomiale en Europe après Staphylococcus aureus et le 3ème aux États-Unis et en Asie.20,22,23 Scharloo a conduit une étude prospective multicentrique en Espagne sur une période de 6 mois dans 18 hôpitaux, incluant toutes les bactériémies survenues chez les patients âgés de plus de 14 ans.19 Dans cette étude l’incidence des bactériémies aux entérocoques était de 7,2%, proche de la nôtre.19 Cette incidence variait entre 0% et 19,6%, dans une méta-analyse réalisée sur une période de 10 ans en Europe ayant inclus 75 études.6 L’incidence plus élevée de bactériémie à entérocoques dans ces études pourrait être expliquée par le fait qu’il existe un biais de représentativité incluant différentes populations (médecine générale, réanimation, néonatalogie). Chez les brûlés, Fochtmann-Frana a mené une étude dans une unité de soins intensifs de brûlés en Autriche, incluant 114 patients ayant présenté une bactériémie dont 21% étaient dues à Enterococcus spp., nettement plus élevée que l’incidence rapportée dans notre étude.24 Dans notre série, une faible incidence de bactériémie à entérocoques a été notée en 2021, ceci peut être expliqué par le nombre réduit des brûlés hospitalisés pendant cette année de pandémie de COVID-19. Dans notre série, l’âge moyen de nos patients était de 41±18 ans avec une prédominance masculine. Ceci est comparable aux données de la littérature.12,19,22 Chez nos patients, six espèces d’entérocoques ont été observées, avec une prédominance de E. fæcium (58,7% des cas) suivi par E. fæcalis (29,8% des cas). Dans la plupart des études, E. fæcalis était le germe le plus fréquemment observé suivi par E. fæcium.12,13,21,25-27 Aucune résistance aux glycopeptides n’a été observée pour les souches d’E. fæcalis. Cependant, pour E. fæcium, 49,2% étaient résistantes à la vancomycine. La résistance à la vancomycine est très variable selon la population étudiée. Ce taux varie entre 1 et 55%.22 Le taux le plus faible a été observé chez la population pédiatrique tandis que le taux le plus élevé a été observé chez les patients d’onco-hématologie.22,28 Dans l’étude de McBride, menée en Nouvelle-Zélande, aucune résistance à la vancomycine n’a été observée.29 Billington a rapporté un taux de résistance à la vancomycine de 4%, similaire à une étude canadienne plus récente où le taux de résistance était de 4,6%, plus élevé que l’étude de Pfaller (1,3%) et plus bas que celui rapporté aux États-Unis et en Inde.12-14,30 Dans notre étude, il s’agissait surtout de bactériémie primitive. Dans la littérature, les portes d’entrée les plus fréquentes étaient urinaires et abdominales.12,22,26,29 Chez les personnes souffrant de brûlures graves, une bactériémie peut se développer sans qu’une porte d’entrée d’infection évidente soit identifiable. Ceci est secondaire soit à une inoculation directe, suite à l’effraction de la barrière cutanée, soit à une translocation bactérienne en raison d’un bas débit splanchnique, fréquemment observée en cas de choc.31,32 Dans notre série, les bactériémies étaient polymicrobiennes dans 78,8% des cas. Les germes isolés étaient essentiellement Pseudomonas æruginosa et Acinetobacter baumannii. Dans l’étude de Ali, à la différence de la nôtre, les bactériémies n’étaient polymicrobiennes que dans 24% des cas et les germes isolés étaient essentiellement Escherichia coli, Klebsiella spp. et Pseudomonas spp.25 Pour Billington, ce taux était de 26% avec une prédominance de Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Klebsiella pneumoniæ.12 Chez nos patients, la durée médiane de séjour était de 22 jours. Elle était significativement plus élevée (de 10 jours) chez les patients ayant présenté des bactériémies à ERV. Cette durée d’hospitalisation variait largement dans la littérature, selon les études et les populations incluses, avec une durée moyenne allant de 10 à 50 jours.28,33,34 Dans l’étude de Lohikoski, la durée d’hospitalisation moyenne des patients ayant une bactériémie à entérocoque était de 14 jours.35 s’agissait d’un E. fæcium le séjour était prolongé (E. fæcium : 30 jours, E. fæcalis : 12 jours). Cette durée était de 20 jours dans l’étude de Billington, et plus longue pour les bactériémies à E. fæcium par rapport à l’E. fæcalis.12 Cette même constatation est faite, dans plusieurs autres études, pour les souches ERV par rapport aux non ERV.26,33,35,36 Dans notre série, la mortalité était de 55,7%. Elle variait dans la littérature entre 13 et 68%.21,22,37,38 Dans l’étude de Ali, malgré une antibiothérapie adaptée le taux de mortalité était élevé, de 66,5%. Ce taux était aux alentours de 20% dans la majorité des études.9,20,22,23,39,40 Suppli comme Caballero ont expliqué cette mortalité élevée par le terrain sous-jacent et les comorbidités des patients.21, 38 Une antibiothérapie initiale inappropriée a été rapportée comme l’une des principales causes de mortalité élevée.21 22 Dans notre étude, cette mortalité élevée pourrait être expliquée par la gravité des brûlures. Chez nos patients, la mortalité de E. fæcium était plus de 3 fois plus élevée que celle de E. fæcalis (71,4% VS 22,4%). Ceci est comparable à ce qu’a rapporté Billington.12 Quant aux facteurs associés à la mortalité, il ressort de notre étude que la survenue de SDRA, d’insuffisance rénale aiguë, d’infection fongique et les bactériémies à ERV sont associées à la mortalité. La résistance à la vancomycine a été associée à une mortalité plus importante dans plusieurs études.9,19,20,22,26 Plusieurs auteurs ont essayé d’expliquer cette association : pour certains, ERV serait plus virulent que les autres souches ; le retard d’instauration d’une antibiothérapie appropriée visant ERV était associé à cette surmortalité.36,41 Ceci est probablement dû au fait que l’ERV soit moins susceptible d’être couvert par un traitement probabiliste et que le traitement efficace ne sera instauré qu’après documentation microbiologique. Une autre hypothèse relie la mortalité plus élevée des bactériémies à ERV à un terrain sous-jacent plus grave.36 Le risque de décès demeure élevé, malgré l’avènement des nouvelles molécules efficaces sur ERV.36 Dans notre série, la survenue d’une insuffisance rénale aiguë est associée à la mortalité. Thalji a montré que l’IRA multipliait par 7,1 le risque de mortalité.42 Ce risque peut atteindre 80%.43 La survenue de SDRA était aussi associée à un risque significatif de décès. Dans l’étude de Silva, la survenue de SDRA était associée à une surmortalité d’autant plus importante que le SDRA est sévère et que la durée de VMI est prolongée, comme celle du séjour en réanimation.44 Le développement d’une infection fongique est également associé à un risque significatif de décès dans notre étude. L’infection fongique est fréquente chez les brûlés (entre 6,3 et 40%), survenant le plus souvent au cours de la 2ème semaine en post-brûlure.45,46 Ceci est probablement en rapport avec la fragilité et l’immunosuppression faisant suite à la réaction inflammatoire excessive chez les patients brûlés et à l’utilisation d’antibiotiques à large spectre. Dans la littérature, plusieurs facteurs étaient associés à la survenue d’infection fongique dont l’antibiothérapie par l’imipénème, vancomycine et aminoside, molécules souvent utilisées pour traiter l’entérocoque.45

Conclusions

Les bactériémies à entérocoque sont fréquentes chez les brûlés et sont associées à une lourde morbimortalité. Face à cette situation, la meilleure solution reste la prévention. Ceci passe par le renforcement des mesures d’hygiène surtout le lavage hygiénique des mains avant et après le contact des patients afin de limiter la transmission, le dépistage de la colonisation des patients par Enterococcus spp afin de limiter les transmissions manuportées entre les patients d’une part et de guider la prescription d’une antibiothérapie probabiliste en attente des résultats microbiologiques. L’identification d’un entérocoque résistant à la vancomycine impose l’isolement strict du patient dans des chambres individuelles, si possible à pression négative, afin d’éviter la contamination de l’environnement du patient et limite la diffusion du germe. Et enfin, une utilisation rationnelle des antibiotiques à large spectre, dont la vancomycine est indispensable pour limiter l’émergence de mutants résistants.

BIBLIOGRAPHIE

  • 1.Öncül O, Öksüz S, Acar A, et al. : Nosocomial infection characteristics in a burn intensive care unit: analysis of an eleven-year active surveillance. Burns, 40: 83541, 2014. doi: 10.1016/j.burns.2013.11.003 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 2.Blot S, Ruppé E, Harbarth S, et al. : Healthcare-associated infections in adult intensive care unit patients: changes in epidemiology, diagnosis, prevention and contributions of new technologies. Intensive Crit Care Nurs, 70: 103227, 2022. doi: 10.1016/j.iccn.2022.103227 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 3.Escandón-Vargas K, Tangua AR, Medina P, et al. : Healthcare-associated infections in burn patients: timeline and risk factors. Burns, 46: 177586, 2020. doi: 10.1016/j.burns.2020.04.031 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 4.García-Solache M, Rice L: The Enterococcus: a model of adaptability to its environment. Clin Microbiol Rev, 32: e00058-18, 2019. doi: 10.1128/CMR.00058-18 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 5.Altoparlak U, Koca O, Ozkurt Z, et al. : Incidence and risk factors of vancomycin-resistant enterococcus colonization in burn unit patients. Burns, 37: 4953, 2011. doi: 10.1016/j.burns.2010.08.007 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 6.Brinkwirth S, Ayobami O, Eckmanns T, et al. : Hospital-acquired infections caused by enterococci: a systematic review and meta-analysis, WHO European Region, 1 January 2010 to 4 February 2020. Euro Surveill, 26: 2001628, 2021. doi: 10.2807/1560-7917.ES.2021.26.45.2001628. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 7.Fisher K, Phillips C: The ecology, epidemiology and virulence of Enterococcus. Microbiology (Reading), 155: 1749-57, 2009. doi: 10.1099/mic.0.026385-0 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 8.Said M, Tirthani E, Lesho E: Enterococcus Infections. In StatPearls, last update. 2024, Treasure Island (FL): StatPearls Publishing. Disponible sur: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK567759/ [PubMed] [Google Scholar]
  • 9.Pinholt M, Ostergaard C, Arpi M, et al. : Incidence, clinical characteristics and 30-day mortality of enterococcal bacteraemia in Denmark 2006-2009: a population-based cohort study. Clin Microbiol Infect, 20: 145-51, 2014. doi: 10.1111/1469-0691.12236 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 10.Brady M, Oza A, Cunney R, et al. : Attributable mortality of hospital-acquired bloodstream infections in Ireland. J Hosp Infect, 96: 3541, 2017. doi: 10.1016/j.jhin.2017.02.006 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 11.Kramer T, Remschmidt C, Werner S, et al. : The importance of adjusting for enterococcus species when assessing the burden of vancomycin resistance: a cohort study including over 1000 cases of enterococcal bloodstream infections. Antimicrob Resist Infect Control, 7: 133, 2018. doi: 10.1186/s13756-018-0419-9 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 12.Billington E, Phang S, Gregson D, et al. : Incidence, risk factors, and outcomes for Enterococcus spp. blood stream infections: a population-based study. Int J Infect Dis, 26: 7682, 2014. doi: 10.1016/j.ijid.2014.02.012 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 13.Pfaller M, Jones R, Doern G, et al. : Survey of blood stream infections attributable to gram-positive cocci: frequency of occurrence and antimicrobial susceptibility of isolates collected in 1997 in the United States, Canada, and Latin America from the SENTRY Antimicrobial Surveillance Program. SENTRY Participants Group. Diagn Microbiol Infect Dis, 33: 28397, 1999. doi: 10.1016/s0732-8893(98)00149-7 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 14.Adam H, DeCorby M, Rennie R, et al. : Prevalence of antimicrobial resistant pathogens from blood cultures from Canadian hospitals: results of the CANWARD 2007-2009 study. Diagn Microbiol Infect Dis, 69: 30713, 2011. doi: 10.1016/j.diagmicrobio.2010.10.026 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 15.Raza T, Rahmat Ullah S, Mehmood K, et al. : Vancomycin resistant Enterococci: a brief review. J Pak Med Assoc, 68: 76872, 2018. [PubMed] [Google Scholar]
  • 16.Miller W, Murray B, Rice L, et al. : Vancomycin-resistant enterococci: therapeutic challenges in the 21st century. Infect Dis Clin North Am, 30: 41539, 2016. doi: 10.1016/j.idc.2016.02.006 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 17.Centers for Diseases Control (CDC) : Bloodstream Infection Event (Central Line-Associated Bloodstream Infection and Non-central Line Associated Bloodstream Infection). January 2025. Téléchargeable depuis : https://www.cdc.gov/nhsn/pdfs/pscmanual/4psc_clabscurrent.pdf
  • 18.Nielsen S: The incidence and prognosis of patients with bacteremia. Dan Med J, 62: B5128, 2015. [PubMed] [Google Scholar]
  • 19.Scharloo F, Cogliati Dezza F, López-Hernández I, et al. : Clinical characteristics, predisposing factors and outcomes for Enterococcus fæcalis versus Enterococcus fæcium bloodstream infections: a prospective multicentre cohort study. Eur J Clin Microbiol Infect, 43: 201122, 2024. doi: 10.1007/s10096-024-04917-5 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 20.Lupia T, Roberto G, Scaglione L, et al. : Clinical and microbiological characteristics of bloodstream infections caused by Enterococcus spp. within internal medicine wards: a two-year single-centre experience. Intern Emerg Med, 17: 1129, 2022. doi: 10.1007/s11739-022-02926-w [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 21.Suppli M, Aabenhus R, Harboe Z, et al. : Mortality in enterococcal bloodstream infections increases with inappropriate antimicrobial therapy. Clin Microbiol Infect, 17: 107883, 2011. doi: 10.1111/j.1469-0691.2010.03394.x [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 22.Bhatti J, Raza S, Alam A, et al. : Antibiotic choices among healthcare professionals for enterococcal bacteremia with patterns of resistance and risk factors of mortality, in settings of poor antibiotic stewardship program - a five-year retrospective cohort study. BMC Infect Dis, 23: 514, 2023. doi: 10.1186/s12879-023-08498-0 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 23.Zhang Y, Du M, Chang Y, et al. : Incidence, clinical characteristics, and outcomes of nosocomial Enterococcus spp. bloodstream infections in a tertiary-care hospital in Beijing, China: a four-year retrospective study. Antimicrob Resist Infect Control, 6: 73, 2017. doi: 10.1186/s13756-017-0231-y [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 24.Fochtmann-Frana A, Freystätter C, Vorstandlechner V, et al. : Incidence of risk factors for bloodstream infections in patients with major burns receiving intensive care: a retrospective single-center cohort study. Burns, 44: 78492, 2018. doi: 10.1016/j.burns.2017.12.009 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 25.Ali G, Goravey W, Najim M, et al. : Epidemiology, microbiological and clinical characteristics of Enterococcus species bloodstream infections: a 10-year retrospective cohort study from Qatar. Ann Med Surg (Lond), 80: 104258, 2022. doi: 10.1016/j.amsu.2022.104258 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 26.Thomsen J, Abdulrazzak N, Alrand H, et al. : Epidemiology of vancomycin-resistant enterococci in the United Arab Emirates: a retrospective analysis of 12 years of national AMR surveillance data. Front Public Health, 11: 1275778, 2023. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 27.Smout E, Palanisamy N, Valappil S: Prevalence of vancomycin-resistant Enterococci in India between 2000 and 2022: a systematic review and meta-analysis. Antimicrob Resist Infect Control, 12: 79, 2023. doi: 10.1186/s13756-023-01287-z [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 28.Eichel V, Last K, Brühwasser C, et al. : Epidemiology and outcomes of vancomycin-resistant enterococcus infections: a systematic review and meta-analysis. J Hosp Infect, 141: 11928, 2023. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 29.McBride S, Upton A, Roberts S: Clinical characteristics and outcomes of patients with vancomycin-susceptible Enterococcus fæcalis and Enterococcus fæcium bacteraemia - a five-year retrospective review. Eur J Clin Microbiol Infect Dis, 29: 10714, 2010. doi: 10.1007/s10096-009-0830-5 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 30.Vergis E, Hayden M, Chow J, et al. : Determinants of vancomycin resistance and mortality rates in enterococcal bacteremia: a prospective multicenter study. Ann Intern Med, 135: 48492, 2001. doi: 10.7326/0003-4819-135-7-200110020-00007 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 31.Sheridan R: Sepsis in pediatric burn patients. Pediatr Crit Care Med, 6(3 Suppl): S112-119, 2005. doi: 10.1097/01.PCC.0000161577.27849.BE [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 32.Church D, Elsayed S, Reid O, et al. : Burn wound infections. Clin Microbiol Rev, 19: 40334, 2006. doi: 10.1128/CMR.19.2.403-434.2006 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 33.Santos da Silva N, Dantas Muniz V, Estofolete C, et al. : Identification of temporal clusters and risk factors of bacteremia by nosocomial vancomycin-resistant enterococci. Am J Infect Control, 42: 38992, 2014. doi: 10.1016/j.ajic.2013.11.010 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 34.Jiang HL, Zhou Z, Wang LS, et al. : The risk factors, costs, and survival analysis of invasive VRE infections at a medical center in eastern Taiwan. Int J Infect, 54: 1824, 2017. doi: 10.1016/j.ijid.2016.11.005 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 35.Lohikoski R, Oldberg K, Rasmussen M: Bacteraemia caused by non-fæcalis and non-fæcium Enterococcus species - a retrospective study of incidence, focus of infection, and prognosis. Eur J Clin Microbiol Infect, 43: 4553, 2024. doi: 10.1007/s10096-023-04690-x [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 36.Prematunge C, MacDougall C, Johnstone C, et al. : VRE and VSE bacteremia outcomes in the era of effective VRE therapy: a systematic review and meta-analysis. Infect Control Hosp Epidemiol, 37: 26, 2015. doi: 10.1017/ice.2015.228 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 37.Bryan C, Reynolds K, Brown J: Mortality associated with enterococcal bacteremia. Surg Gynecol Obstet, 160: 55761, 1985. [PubMed] [Google Scholar]
  • 38.Caballero-Granado FJ, Becerril B, Cuberos L, et al. : Attributable mortality rate and duration of hospital stay associated with enterococcal bacteremia. Clin Infect Dis, 32: 58794, 2001. doi: 10.1086/318717 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 39.Diaz Granados C, Zimmer S, Klein M, et al. : Comparison of mortality associated with vancomycin-resistant and vancomycin-susceptible enterococcal bloodstream infections: a meta-analysis. Clin Infect Dis, 41: 327-33, 2005. doi: 10.1086/430909 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 40.Zheng JX, Li H, Pu ZY, et al. : Bloodstream infections caused by Enterococcus spp: a 10-year retrospective analysis at a tertiary hospital in China. J Huazhong Univ Sci Technolog Med Sci, 37: 25763, 2017. doi: 10.1007/s11596-017-1725-9 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 41.Rottier W, Pinholt M, van der Bij A, et al. : Attributable mortality of vancomycin resistance in ampicillin-resistant Enterococcus fæcium bacteremia in Denmark and the Netherlands: a matched cohort study. Infect Control Hosp Epidemiol, 43: 71927, 2022. doi: 10.1017/ice.2021.216 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 42.Thalji S, Kothari A, Kuo P, et al. : Acute kidney injury in burn patients: clinically significant over the initial hospitalization and 1 year after injury : an original retrospective cohort study. Ann Surg, 266: 37682, 2017. doi: 10.1097/SLA.0000000000001979 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 43.Clark A, Neyra J, Madni T, et al. : Acute kidney injury after burn. Burns, 43: 898908, 2017. doi: 10.1016/j.burns.2017.01.023 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
  • 44.Silva L, Garcia L, Oliveira B, et al. : Acute respiratory distress syndrome in burn patients: incidence and risk factor analysis. Ann Burns Fire Disasters, 29: 178-82, 2016. [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 45.Capoor M, Sarabahi S, Tiwari V, et al. : Fungal infections in burns: diagnosis and management. Indian J Plast Surg, 43(Suppl): S3742, 2010. doi: 10.4103/0970-0358.70718 [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 46.Horta R, Tomaz D, Egipto P, et al. : The outcome of fungal infections in a burn intensive care unit: a study of 172 patients. Ann Burns Fire Disasters, 33(2): 101-6, 2020. [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]

Articles from Annals of Burns and Fire Disasters are provided here courtesy of Euro-Mediterranean Council for Burns and Fire Disasters (MBC)

RESOURCES