La fièvre pourprée des montagnes Rocheuses (FPMR) est une infection grave transmise par les tiques
La maladie est causée par Rickettsia rickettsii et transmise par plusieurs espèces de tiques, notamment la tique américaine du chien, la tique des bois des Rocheuses et la tique brune du chien1. Rickettsia rickettsii est jugée endémique dans certaines régions du Canada2, mais les cas humains de FPMR sont rares.
Le diagnostic repose sur le tableau clinique et les antécédents d’exposition
Les symptômes apparaissent habituellement de 2 à 14 jours après une piqure de tique; ils comprennent la fièvre, les céphalées, les myalgies et les troubles gastro-intestinaux. L’éruption maculopapuleuse caractéristique apparaît généralement de 2 à 5 jours après le début de la fièvre, et elle touche d’abord les poignets et les chevilles, avant de s’étendre vers le centre du corps; toutefois, elle est absente dans 9 % à 12 % des cas3. Des activités récentes de plein air (p. ex., une randonnée, du camping ou du jardinage) dans des zones où R. rickettsii est endémique doivent faire soupçonner une exposition aux tiques. Une thrombopénie, une hyponatrémie et une élévation des enzymes hépatiques renforcent également le diagnostic3,4.
L’attente des résultats d’analyses ne doit pas retarder le traitement
Lorsqu’on soupçonne une FPMR, les analyses réalisées dans un laboratoire de santé publique doivent comprendre une recherche d’anticorps anti-FPMR (immunoglobuline G) dans le sérum ainsi qu’un test d’amplification en chaîne par polymérase (ACP) sur un échantillon sanguin ou une biopsie cutanée4. Toutefois, la personne atteinte doit recevoir un traitement empirique dès qu’on soupçonne une FPMR.
La doxycycline est le traitement de première intention
La doxycycline prophylactique ne prévient pas la FPMR. Lorsqu’une FPMR est soupçonnée, le traitement par doxycycline doit être amorcé immédiatement (100 mg par voie orale 2 fois par jour) et administré pendant 5 à 7 jours ou durant au moins 3 jours après la disparition de la fièvre3.
Les cas graves sont fréquents et ils justifient une hospitalisation et un signalement aux autorités de santé publique
Dans une étude portant sur 46 personnes atteintes de FPMR, 57 % ont dû être hospitalisées en raison de manifestations graves, notamment une encéphalite, une insuffisance respiratoire, une atteinte rénale aiguë ou un dysfonctionnement hépatique. Les personnes hospitalisées doivent recevoir des soins de soutien ainsi que de la doxycycline (100 mg par voie orale ou intraveineuse 2 fois par jour)3. Une consultation en infectiologie ainsi qu’un signalement aux autorités de santé publique sont recommandés à des fins de surveillance, de même qu’une surveillance des tiques et des animaux afin de caractériser l’épidémiologie régionale de R. rickettsii4,5.
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Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.251935 ; voir le commentaire connexe ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.260668-f
Footnotes
Intérêts concurrents : Robert Kozak déclare avoir reçu des subventions des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Isaac Bogoch signale avoir reçu des IRSC des subventions de recherche revue par les pairs sur les maladies infectieuses émergentes et sur la prévention du VIH, et agir comme consultant pour le Programme de réduction des menaces liées aux armes d’Affaires mondiales Canada. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.
Le présent article a été révisé par des pairs.
Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
Références
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