Les expériences de mort imminente sont des événements fréquents et importants en contexte clinique
Ces expériences profondes et subjectives surviennent chez des personnes dont la mort physiologique est proche, notamment chez 15 % à 17 % des personnes hospitalisées gravement malades1. Les expériences de mort imminente peuvent comprendre des souvenirs panoramiques, des sensations d’apaisement profond, des rencontres avec des proches décédés et des sensations de hors-corps (les détails du récit de la personne malade étant souvent corroborés par le personnel médical)2–5. Contrairement aux hallucinations ou à l’état confusionnel aigu, le narratif de ces expériences se distingue par sa clarté, l’organisation du récit et la persistance du souvenir4,6.
Ces expériences peuvent survenir lors d’épisodes d’activité cérébrale gravement altérée ou d’absence d’activité cérébrale observable
On a documenté des perceptions vivides et une cognition lucide au cours d’arrêts cardiaques ou encore d’anesthésies ou d’hypoxies profondes, à la fois dans des études rétrospectives et prospectives2,3. Ces expériences sont survenues à des moments où l’activité observée à l’électroencéphalographie aurait dû être nulle ou gravement désorganisée, et l’activité corticale, minimale ou nulle3. Une analyse des aspects physiologiques des expériences de mort imminente laisse entendre que les modèles biomédicaux actuels ne peuvent expliquer l’ensemble des phénomènes observés2,3.
Les expériences de mort imminente pourraient avoir des bienfaits sur la santé mentale
De telles expériences entraînent souvent un rehaussement plutôt qu’une altération du fonctionnement psychologique, ce qui les classe hors des profils cliniques attendus en cas de troubles neuropsychiatriques1,2. Les expériences de mort imminente entraînent souvent une diminution de la peur de la mort, une augmentation de l’empathie et des comportements prosociaux, une modification des priorités existentielles et un recouvrement de sens1,2.
On ne doit pas procéder à une pathologisation des expériences de mort imminente
Une détresse et une confusion existentielles peuvent découler d’une expérience de mort imminente, mais aussi de la crainte de divulguer cette expérience aux cliniciens et cliniciennes et aux membres de la famille1,6. Une portion non négligeable de la patientèle a mentionné s’être sentie ignorée ou avoir vécu une pathologisation de son expérience par les prestataires des soins de santé, ce qui peut exacerber la détresse de la patientèle et éroder sa confiance dans les soins1,7.
Les cliniciens et cliniciennes doivent valider et explorer ces expériences au moyen d’une communication axée sur la patientèle et fondée sur des données probantes
Les études portant sur les personnes en convalescence après avoir reçu des soins intensifs soulignent l’importance d’offrir un espace bienveillant et dénué de jugement pour discuter avec les patients et patientes et les aider à parler des répercussions émotionnelles et existentielles de l’événement vécu1,7. Les spécialistes de l’éthique médicale suggèrent que les cliniciens et cliniciennes posent des questions ouvertes, qu’ils normalisent l’expérience et qu’ils évitent d’adopter une attitude méprisante ou d’imposer des croyances qui contredisent le récit de la personne.
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Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.252003
Footnotes
Intérêts concurrents : Aucun déclaré.
Le présent article a été révisé par des pairs.
Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
Références
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