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. 2007 Jul;53(7):1142–1143. [Article in French]

Réfutation: Devrait-on offrir aux Canadiens le dépistage systématique du cancer de la prostate?

OUI

Yves Fradet 1
PMCID: PMC1949283

Pour ne pas sombrer dans l’incertitude, il faut au moins reconnaître un fait: l’introduction d’une détection précoce du cancer de la prostate réduit de façon significative la mortalité dans la population. Un fait à rectifier par ailleurs est que l’incidence du cancer détectable par biopsie systématique sans égard au taux d’antigène prostatique spécifique (APS) est de 15% et non de 60% tel que suggéré par mes opposants.1 Au lieu de priver les hommes des bénéfices potentiels du dépistage précoce, il faut plutôt s’efforcer de minimiser les dommages collatéraux qui peuvent y être associés.

On peut espérer minimiser les biopsies inutiles grâce à un nouveau test moléculaire PCA3 détectant les cellules cancéreuses de la prostate dans l’urine.2 Ce test plus spécifique que le test APS sanguin semble également permettre d’identifier les patients à plus haut risque d’avoir un cancer mortel. Par ailleurs, les patients porteurs d’un cancer de bas grade et de petit volume (une majorité des cancers détectés par dépistage) sont de plus en plus invités à un suivi sans traitement à moins d’une progression clinique.3 Ce groupe de patients fait également l’objet d’essais cliniques de médicaments ou des modifications de la diète pour minimiser l’évolution du cancer. Inversement, les patients porteurs de cancers à plus haut risque devraient être traités par prostatectomie puisque c’est le seul traitement démontrant une réduction de la mortalité de plus de 50%.4 En fait, plusieurs études de population démontrent une mortalité par cancer 2 à 3 fois moindre chez les patients traités par chirurgie plutôt que par radiothérapie.5,6

Lorsque la chirurgie est faite par des experts, les séquelles d’impuissance et d’incontinence urinaire sont beaucoup moins fréquentes que les taux rapportés dans l’étude suédoise citée par mes opposants.7 Par exemple, moins de 5% des patients souffriront d’incontinence à long terme et, dans la majorité des cas, ce problème peut être corrigé par une chirurgie mineure. Enfin, on peut aussi minimiser les inconvénients du dépistage grâce aux 5-α-réductases (finastéride ou dutastéride) qui réduisent l’incidence du cancer de 25%1 tout en prévenant les complications de l’hypertrophie bénigne de la prostate et rendent le test APS beaucoup plus précis.

Footnotes

Intérêts concurrents

Aucun déclaré

Références

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