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. 2009 Oct;14(8):518–520. [Article in French]

Un nouveau vaccin conjugué contre le méningocoque: Que devraient faire et savoir les médecins?

R Bortolussi, M Salvadori, Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation
PMCID: PMC2780967

Abstract

A quadrivalent meningococcal conjugate vaccine for serogroups A, C, Y and W135 (MCV4 [Menactra, sanofi pasteur, Canada]) was introduced in Canada in 2007 for persons two years of age or older. MCV4 adds three serogroups to the meningococcal serogroup C conjugate vaccine, which has been used for several years. The rates of invasive meningococcal serogroup C infection have decreased over the past decade, attributable to the meningococcal C conjugate vaccine. However, the incidence of infection caused by serogroups A, B, Y and W135 have not changed substantially. MCV4 induces the production of protective antibodies to serogroups A, C, Y and W135 in adults and children older than two years of age. Serious adverse events from MCV4 are low. In view of the effectiveness of the meningococcal C conjugate vaccine for young infants and the historic high number of meningococcal serogroup C infections in Canada, physicians should encourage and promote publicly funded immunization programs for infants starting at two months of age. MCV4 should also be given to children aged two years who are at increased risk for meningococcal infection. MCV4 may also be considered for HIV-positive children two years of age or older. All adolescents should be offered a booster dose with MCV4 or a meningococcal C conjugate vaccine at approximately 12 years of age. Both vaccines are generally safe and well tolerated.


Plusieurs vaccins conjugués contre le méningocoque sont maintenant autorisés au Canada : trois vaccins contre le sérogroupe C (Menjugate [Novartis, Canada], Meningitec [Wyeth, Canada et NeisVac-C [GlaxoSmithKline, Canada]) et un nouveau vaccin contre les sérogroupes A, C, Y et W135 (MCV4, Menactra [sanofi pasteur, Canada]). Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a publié des documents de principes sur le vaccin MCV4 en 2007 et en 2009 (1,2). Le CCNI recommande actuellement l’utilisation d’un vaccin conjugué monovalent contre le méningocoque de sérogroupe C pour tous les nourrissons et l’administration d’au moins une dose après l’âge de 12 mois. Le vaccin MCV4 est recommandé pour les enfants plus vulnérables à une méningococcie invasive (tableau 1) lorsqu’ils ont plus de deux ans. Le CCNI recommande également d’administrer systématiquement à tous les adolescents une dose de rappel du vaccin MCV4 ou d’un vaccin conjugué contre le méningocoque de sérogroupe C.

TABLEAU 1.

Les groupes plus vulnérables à la méningococcie invasive

  • Personnes ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle (p. ex., atteintes d’anémie drépanocytaire)

  • Enfants ayant un déficit primaire en anticorps

  • Personnes atteintes d’un déficit en compléments, en properdine ou au facteur D

  • Voyageurs vers des régions où le risque de méningocoque est élevé

  • Personnel de laboratoire exposé au méningocoque

  • Personnel militaire

Les précédents documents de principes de la Société canadienne de pédiatrie ont porté sur le traitement de la méningite et l’utilisation des vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C (3,4). La Société canadienne de pédiatrie continue de les cautionner. Le présent document de principes les enrichit par une mise à jour sur l’épidémiologie de la méningococcie chez les enfants et adolescents canadiens, un examen de l’innocuité et de l’immunogénicité des vaccins contre le méningocoque et une exploration de la question « Que devraient faire et savoir les médecins? » maintenant que le vaccin MCV4 est sur le marché.

QUELLE EST L’INCIDENCE DE MÉNINGOCOCCIE CHEZ LES ENFANTS ET LES ADOLESCENTS?

Les taux de méningococcies invasives ont fléchi au Canada depuis dix ans. La mortalité et la morbidité demeurent toutefois élevées. Entre 1995 et 2006, Santé Canada déclarait environ 200 cas par année dans tous les groupes d’âge (2,5). Au cours de cette période, l’incidence annuelle moyenne d’infection s’établissait à 0,3 cas pour 100 000 habitants à l’égard du sérogroupe B, à 0,25 cas à l’égard du sérogroupe C, à 0,09 cas à l’égard du sérogroupe Y et à 0,03 cas à l’égard du sérogroupe W135. Les cas attribuables au sérogroupe A étaient rares. Un programme de surveillance active au sein de 12 centres canadiens participant au Programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT) est en cours. IMPACT a déclaré 33 cas tous les ans entre 2002 et 2006 chez les personnes de moins de 20 ans (6). Plus de la moitié des cas étaient imputables au sérogroupe B, les séro-groupes C, W135 et Y étant responsables des autres cas. L’incidence d’infection causée par les sérogroupes Y et W135 n’a pas beaucoup changé au cours de ces cinq années, tandis que celle de l’infection par le sérogroupe C a chuté, passant de 0,23 à 0,08 cas pour 100 000 habitants (6). Les auteurs attribuaient ce fléchissement des cas de sérogroupe C à l’utilisation généralisée d’un vaccin conjugué contre le méningocoque de sérogroupe C chez les nourrissons.

LES VACCINS CONTRE LE MÉNINGOCOQUE FONCTIONNENT-ILS?

La méningococcie est une infection relativement rare. Il est donc difficile d’effectuer des études pour démontrer l’efficacité des vaccins. L’adoption des vaccins contre le méningocoque se fonde sur la mesure de l’anticorps sérique bactéricide (ASB). En général, les vaccins conjugués produisent un titre d’ASB plus élevé et plus prolongé que les vaccins polysac-charidiques. Le vaccin MCV4 induit des ASB protecteurs aux sérogroupes A, C, Y et W135 chez les adultes et les enfants de plus de deux ans. Les vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C sont immunogènes chez les enfants de moins de deux ans. D’après les données préliminaires, les programmes provinciaux de vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C sont efficaces pour prévenir l’infection. L’incidence d’infection par le séro-groupe C a diminué depuis l’adoption de vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C, et les échecs vaccinaux déclarés sont rares. Le vaccin MCV4 induit des titres d’ASB élevés au sérogroupe C, mais il n’existe pas de comparaison directe entre le vaccin MCV4 et les vaccins conjugués monovalents contre le sérogroupe C.

LE VACCIN MCV4 EST-IL SÉCURITAIRE?

Dans des essais avant homologation, le vaccin MCV4 était bien toléré et s’associait à des réactions au foyer d’injection et à des effets indésirables systémiques bénins, similaires à ceux de nombreux vaccins. Peu après l’adoption du vaccin MCV4 aux États-Unis, on a constaté plusieurs cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB) chez des adolescents. D’après les premières estimations, le nombre de cas était plus élevé que prévu chez les adolescents qui avaient reçu le vaccin. Depuis, des recherches supplémentaires ont toute-fois démontré que le risque de SGB après l’administration du vaccin MCV4 n’a pas augmenté chez les adolescents de 11 à 19 ans. De plus, le taux annuel d’infection grave attribuable aux sérogroupes A, Y et W135 chez les personnes de 10 à 24 ans correspond à 1,5 cas par million d’habitants, un résultat plus élevé que le risque estimatif de SGB après la vaccination (de 0,5 à 1,0 cas par million d’habitants) (2).

QUE DEVRAIENT FAIRE LES MÉDECINS?

Il faut informer les parents et les familles des risques de la méningococcie et des bienfaits et des risques de la vaccination. Toutes les provinces financent des programmes de vaccination faisant appel aux vaccins conjugués contre le méningocoque de groupe C (Menjugate, Meningitec ou NeisVac-C) pendant la première enfance (administré sous forme de monodose à un an ou de doses multiples avant le premier anniversaire et d’une dose de rappel à 12 mois). Le vaccin MCV4 (Menactra) ajoute trois sérotypes à ces programmes. On peut offrir le vaccin MCV4 aux enfants de plus de deux ans déjà immunisés au moyen de vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C afin de réduire le risque de méningococcie par les autres sérogroupes (A, Y ou W135). Le ministère de la Santé finance le vaccin MCV4 dans certaines provinces, mais pas toutes. Il faudrait donc informer les parents que ce vaccin de rappel pourrait constituer une dépense supplémentaire. On ne connaît pas la durée de l’immunité que produit le vaccin MCV4 ou les vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C. Il sera peut-être nécessaire d’administrer le vaccin à l’âge adulte pour obtenir une protection optimale.

RECOMMANDATIONS

  • Étant donné l’efficacité des vaccins conjugués contre le méningocoque de sérogroupe C chez les nourrissons et le nombre élevé d’infections par le méningocoque de sérogroupe C par le passé, les médecins devraient favoriser et promouvoir les programmes de vaccination subventionnés par le gouvernement entrepris dès l’âge de deux mois.

  • Il faut administrer un vaccin conjugué par le méningocoque de sérogroupe C aux enfants plus vulnérables à la méningococcie (tableau 1) pendant la première enfance, puis le vaccin MCV4 à deux ans. On peut également envisager son administration aux enfants positifs au VIH de deux ans ou plus.

  • Il faut offrir une dose de rappel du vaccin MCV4 ou d’un vaccin conjugué contre le méningocoque de sérogroupe C à tous les adolescents vers l’âge de 12 ans. D’ordinaire, ces vaccins sont sécuritaires et bien tolérés.

Footnotes

RESSOURCE SUPPLÉMENTAIRE : Un document, intitulé « Le vaccin contre le méningocoque », est accessible à l’adresse <www.soinsdenosenfants.cps.ca> pour être imprimé et distribué aux parents et aux éducateurs.

COMITÉ DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION

Membres : Docteurs Robert Bortolussi (président), IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Jane Finlay, Richmond (Colombie-Britannique); Joan L Robinson, Edmonton (Alberta); Élisabeth Rousseau-Harsany (représentante du conseil), CHU Sainte-Justine, Montréal (Québec); Lindy M Samson, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario)

Conseillers : Docteurs James Kellner, Calgary (Alberta); Noni E MacDonald, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Dorothy L Moore, L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec)

Représentants : Docteurs Upton D Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario) (Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants); Charles PS Hui, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (représentant de la SCP auprès de Santé Canada, comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages); Nicole Le Saux, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (Programme canadien de surveillance active de l’immunisation); Larry Pickering, Elk Grove (Illinois) États-Unis (American Academy of Pediatrics); Marina I Salvadori, Children’s Hospital of Western Ontario, Ottawa (Ontario) (représentante de la SCP auprès de Santé Canada, comité consultatif national de l’immunisation)

Auteurs principaux: Docteurs Robert Bortolussi, Halifax (Nouvelle-Écosse); Marina Salvadori, London (Ontario)

Les recommandations contenues dans le présent document ne sont pas indicatrices d’un seul mode de traitement ou d’intervention.

Des variations peuvent convenir, compte tenu de la situation.

Tous les documents de principes de la Société canadienne de pédiatrie sont régulièrement évalués, révisés ou supprimés, au besoin.

Pour en obtenir la version la plus à jour, consultez la zone « Documents de principes » du site Web de la SCP (www.cps.ca/Francais/publications/Enonces.htm).

RÉFÉRENCES

  • 1.Agence de la santé publique du Canada, Comité consultatif national de l’immunisation [Auteur principal : S Halperin]. Déclaration sur le vaccin conjugué contre le méningocoque, sérogroupes A, C, Y et W135 RMTC 200733(ACS-3)1–23.<www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/07vol33/acs-03/index-fra.php > (version à jour le 19 août 2009) [Google Scholar]
  • 2.Agence de la santé publique du Canada, Comité consultatif national de l’immunisation Mise à jour des recommandations concernant la méningococcie et le vaccin conjugué contre le méningocoque RMTC 200936(ACS-3):1–39.<www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/09vol35/acs-dcc-3/index-fra.php> (version à jour le 19 août 2009). [Google Scholar]
  • 3.Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation Le vaccin antiméningococcique pour les enfants et les adolescents. Paediatr Child Health. 2005;10:407–8. [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 4.Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation [Auteur principal : R Bortolussi]. Le traitement d’une méningite bactérienne présumée chez les enfants canadiens de six semaines et plus – sommaire Paediatr Child Health 200813310 [Google Scholar]
  • 5.Agence de la santé publique du Canada Surveillance accrue des méningococcies invasives au Canada : Du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2005 RMTC 2007331–15.<www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/07vol33/rm3310a-fra.php> (version à jour le 19 août 2009). [Google Scholar]
  • 6.Bettinger JA, Scheifele DW, Le Saux N, et al. The impact of childhood meningococcal serogroup C conjugate vaccine programs in Canada. Pediatr Infect Dis J. 2009;28:220–4. doi: 10.1097/INF.0b013e31819040e7. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]

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