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. 2001 Oct;6(8):602–604. [Article in French]

Réagir au stress provoqué par le terrorisme et les conflits armés : Prendre soin de nos enfants et de nos adolescents

PMCID: PMC2805598

L’attaque terroriste qui a frappé les États-Unis le 11 septembre 2001 et l’intervention militaire en cours ont perturbé beaucoup d’enfants et d’adolescents. En réalité, nous sommes tous profondément secoués. Les enquêtes en cours, la menace d’attaques répétées et le conflit armé sont sources de tension pour bien des gens.

Il est normal pour les enfants et les adolescents de se sentir inquiets, confus, tristes, nerveux ou effrayés dans de telles circonstances. Les parents, les autres membres de la famille, les éducateurs, les enseignants, les membres du clergé et les adultes en général peuvent les aider à comprendre leurs réactions. Il est important de savoir :

  • que vous pouvez aider vos enfants et vos adolescents à faire face à la situation;

  • qu’une des mesures les plus importantes à prendre consiste à les rassurer au sujet de leur sécurité et à leur dire que vous les aiderez s’ils se sentent troublés;

  • que leur réaction peut être de courte durée mais pourra resurgir selon le déroulement futur des événements dans le monde ou dans la famille;

  • que la façon dont vous vivez la situation aura une influence déterminante sur la façon dont vos enfants ou vos adolescents la vivront.

Les renseignements qui suivent vous aideront à comprendre les réactions normales des enfants et des adolescents à la suite d’un événement aussi perturbant. On suggère des moyens positifs de les aider à s’exprimer et à comprendre les événements et leurs sentiments à ce sujet.

LES JEUNES ENFANTS (1 À 6 ANS)

L’expression verbale n’est pas aussi développée chez les jeunes enfants que chez les enfants plus âgés. Ils s’expriment en parlant aux adultes et entre eux, en se parlant à euxmêmes, en jouant, en chantant et en dessinant. Prenez le temps d’écouter vos enfants et de les observer. Ces activités révèlent leurs pensées et leurs comportements.

Les enfants peuvent aussi exprimer leurs sentiments par d’autres moyens : pleurnicher, mouiller son lit, sucer son pouce, vouloir se faire prendre, s’agripper aux éducateurs, avoir le sommeil troublé ou l’appétit dérangé, faire des colères, être plus agités, avoir peur du noir, éprouver des maux de tête ou d’estomac. Surveillez les enfants pour déterminer si ces activités sont plus fréquentes que d’habitude.

LES ENFANTS PLUS ÂGÉS (7 À 11 ANS)

Les enfants plus âgés sont mieux en mesure de vous dire ce qu’ils pensent et comment ils se sentent. Ils comprendront dans une certaine mesure les événements et auront conscience d’un danger possible pour eux-mêmes, leur famille et leurs amis. Bien des choses échapperont toutefois à leur compréhension.

Les enfants de ce groupe d’âge peuvent manifester certaines des mêmes réactions que les enfants plus jeunes, par exemple, avoir peur du noir, mouiller son lit, sucer son pouce. Ils peuvent aussi devenir plus agités, refuser d’aller à l’école, être dissipés à la maison et à l’école, se bagarrer et refuser de faire ce qu’on leur demande.

LES ADOLESCENTS

Comme les enfants, les ados sont forts et peuvent généralement bien s’en tirer. Ils tendent à réagir de façon positive et créatrice aux événements perturbants et tragiques. Ils peuvent néanmoins éprouver des sentiments de doute et de peur face auxquels ils auront besoin d’aide.

Les ados peuvent faire semblant que ces événements ne les touchent pas ou ne les préoccupent pas afin d’essayer de demeurer 〈〈 cool 〉〉. Il ne faut pas vous laisser leurrer par leur masque d’indifférence. Parlez-leur pour savoir comment ils se sentent.

Les ados pourront être d’humeur changeante, perdre patience, argumenter, se montrer frondeurs ou tristes. Ils pourront perdre le sommeil, avoir moins ou plus d’appétit, avoir mal à l’estomac ou à la tête. Ils pourront vouloir demeurer seuls ou être entourés de gens plus que d’habitude. Ils pourront se sentir incertains face au monde et à l’avenir. La plupart des adolescents comprennent très bien les événements. Cependant, ils ne comprennent peut-être pas quelle en est la cause et peuvent poser des questions difficiles. Il se peut qu’ils ne saisissent pas tous les aspects de la situation.

CE QUE PEUVENT FAIRE LES ADULTES POUR AIDER LES ENFANTS ET LES ADOLESCENTS

Prenez au sérieux les préoccupations de vos enfants ou adolescents. Respectez leurs réflexions et leurs sentiments et essayez de les comprendre. Il n’est pas utile de contredire les jeunes ou de les tourner en ridicule en minimisant leurs réactions. Il est important pour eux de savoir qu’il est normal de se sentir troublé. Vérifiez fréquemment comment ils se sentent.

Parlez à vos enfants ou à vos adolescents de leurs réactions. Donnez-leur de nombreuses occasions de vous faire part de leurs réflexions et de leurs sentiments au sujet des événements. N’attendez pas qu’ils en parlent d’eux-mêmes. Vérifiez fréquemment comment ils se sentent. Cela les aidera à mieux comprendre la situation et à faire face à leurs émotions. Si possible, faites participer toute la famille à la discussion. En famille, explorez des façons d’aider les personnes touchées par les événements dans le monde.

Dites aux enfants et aux adolescents ce que vous ressentez. Soyez honnête. Ils se sentent mieux en sachant qu’ils ne sont pas les seuls à être troublés. N’oubliez pas qu’ils apprennent par vos actions, bonnes et mauvaises. Laissez-leur savoir aussi que bien des éléments de la situation échappent à votre compréhension.

Faites part de vos réflexions aux enfants et aux adolescents. Ils ont besoin que vous les aidiez à voir les événements dans leur contexte. Ils apprendront en vous écoutant parler avec eux et avec d’autres adultes. C’est le temps d’apprendre ensemble ce qui se passe dans le monde.

  • La communication – écouter, observer, parler – constitue l’étape cruciale pour relever les défis que posent ces événements catastrophiques.

  • Abordez la question du racisme avec vos enfants. Souvent, lorsque les gens éprouvent de la peur ou de la colère, ils voudraient pouvoir blâmer ou punir quelqu’un. Réfléchissez à vos propres sentiments et attitudes. Faites en sorte que vos paroles ou vos actes ne puissent jamais laisser entendre que vous approuvez le racisme.

  • Rassurez vos enfants et vos adolescents. Les jeunes ont besoin de savoir que des gens font tout ce qu’ils peuvent pour assurer la sécurité de leur communauté et du monde.

  • Limitez leur exposition à la couverture télévisée des événements. Regarder les nouvelles ensemble vous donne l’occasion de parler des événements en cours.

  • Conservez vos occupations familiales, ce qui inclut les corvées, l’heure du coucher, l’heure des repas, les devoirs, l’école, les activités sportives et les cours. Les occupations habituelles remettent d’aplomb, limitent le temps passé à penser aux événements et permettent de mieux dormir la nuit et de retrouver l’appétit.

  • Passez du temps en famille. Les enfants se sentiront plus sécurisés. Pour les adolescents, cela peut être plus difficile, mais il vaut la peine d’essayer. Trouvez une activité qui leur plaît et qu’ils pourront faire avec vous ou avec toute la famille.

  • Soyez patients. La tension additionnelle suscitée par la situation mondiale pourra vous affecter. Vous pourrez avoir du mal à vous montrer patients envers vos enfants et vos adolescents et à les écouter. Veillez à prendre soin de vous-même tout autant que d’eux. Vous pourrez vouloir prendre connaissance du dépliant 〈〈Prendre soin de nous-mêmes, de nos familles et de nos communautés 〉〉, à<www.cma.ca/rcssm/responding.htm>.

QUAND FAIRE APPEL À DES PROFESSIONNELS

Les enfants et les adolescents ont une flexibilité et une capacité d’adaptation étonnantes. Les parents et les autres adultes peuvent les aider. Une catastrophe ou une situation de stress provoque tout un éventail de réactions normales. On peut faire face à la plupart de ces réactions à la maison ou à l’école.

Il est toutefois bon de se rappeler que la situation mondiale actuelle peut rendre plus difficiles d’autres changements ou d’autres épreuves de la vie, par exemple, un décès dans la famille, un divorce, un déménagement dans une nouvelle ville ou un changement d’école.

Il serait bon de faire appel à un professionnel si un enfant ou un adolescent manifeste des changements importants de comportement durant plus de deux ou trois semaines, notamment :

  • problèmes de comportement à la maison ou à l’école,

  • difficultés d’apprentissage,

  • crises de colère,

  • changement dans les activités sociales habituelles ou les jeux avec d’autres enfants,

  • cauchemars ou autres troubles de sommeil fréquents,

  • problèmes physiques persistants tels que maux d’estomac ou maux de tête,

  • problèmes d’alimentation persistants, gain ou perte de poids,

  • anxiété ou peur intenses,

  • tristesse ou dépression,

  • sentiment de désespoir face à la vie ou à l’avenir,

  • comportement accru de prise de risques,

  • utilisation accrue d’alcool, de drogues ou de médicaments,

  • pensées ou comportements suicidaires.

Consulter un professionnel, cela n’équivaut pas à un constat d’échec pour vous, votre enfant ou votre adolescent. Bien des personnes puisent du réconfort dans un entretien avec un professionnel de la santé (psychologue, travailleur social, médecin, infirmière ou psychiatre).

Footnotes

Élaboré par le Réseau canadien de soutien pour la santé mentale, une coalition de 11 organismes médicaux et professionnels, ainsi que de Santé Canada. Réimpression autorisée. Disponible dans Internet, à<www.cma.ca/rcssm>

Ces renseignements ne devraient pas remplacer les soins et les conseils médicaux de votre médecin. Ce dernier peut recommander des variations au traitement tenant compte de la situation et de l’état de votre enfant.

Cette information peut être reproduite sans permission et partagée avec les patients et leur famille.

Société canadienne de pédiatrie, 2204, chemin Walkley, bureau 100, Ottawa (Ontario) K1G 4G8, téléphone : 613-526-9397, télécopieur : 613-526-3332 : www.soinsdenosenfants.cps.ca


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