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. 2001 Dec;6(10):792–793. [Article in French]

La plagiocéphalie positionnelle et la position du sommeil : Une mise à jour de l’énoncé conjoint sur la mort subite du nourrisson

PMCID: PMC2805997

Cosignataires : La fondation canadienne pour l’étude de la mortalité infantile, L’Institut canadien de la santé infantile, la Société canadienne de pédiatrie, Santé Canada

En vue de réduire le nombre de bébés qui meurent de la mort subite du nourrisson (MSN) au Canada, Santé Canada, La fondation pour l’étude de la mortalité infantile, L’Institut canadien de la santé infantile et la Société canadienne de pédiatrie ont formé une coalition. Un premier énoncé a été publié en 1993 et mis à jour en 1999 (1) au moment du lancement de la campagne Dodo sur le dos. La principale recommandation visait à placer les bébés sur le dos pour réduire l’incidence de MSN.

Les statistiques révèlent que les recommandations à l’encontre de la position en pronation (sur le ventre) coïncident avec une diminution du nombre de MSN au Canada. En effet, ce nombre chute régulièrement depuis la fin des années 1980 : de 385 en 1989 (2), il est passé à 138 en 1999 (3).

Les parents craignent que les enfants s’étouffent s’ils sont couchés sur le dos, mais des recherches ont révélé que cette position n’augmente pas ce risque. Les données en provenance de pays où cette position a toujours été la norme étayent cette observation. De plus, l’étouffement ne pose pas problème dans les pays où la position du sommeil est passée du ventre au dos. À la naissance, il existe toutefois quelques rares pathologies qui excluent le sommeil sur le dos. Citons le syndrome de Pierre-Robin et d’autres anomalies des voies aériennes. Le médecin du nourrisson devrait indiquer aux parents si le sommeil sur le dos ne convient pas.

Outre l’incidence réduite, la sensibilisation publique au sujet de la MSN augmente. Un récent sondage mené par Environics Research Group Limited, à Toronto, en Ontario, pour le compte de Santé Canada, a permis de comparer la sensibilisation, les connaissances et les comportements d’avant la dernière campagne (en 1999) à ceux adoptés après cette campagne (mai 2001) (données non publiées). Le sondage révèle que cette campagne a permis de sensibiliser plus de parents et d’éducateurs au fait que la position du sommeil sur le dos réduit le risque de MSN. De plus, bien plus de parents placent leur nourrisson sur le dos pour dormir. Dans l’ensemble, 71 % des parents et des soignants ont déclaré placer le bébé sur le dos pour dormir. Ce pourcentage a connu une hausse considérable par rapport aux 40 % d’avant la campagne.

LA PLAGIOCÉPHALIE POSITIONNELLE

Par suite du succès de la campagne, la population s’est inquiétée de l’apparition d’une plagiocéphalie positionnelle, souvent désignée «tête plate». Bien qu’aucune donnée scientifique ne démontre une augmentation de la plagiocéphalie positionnelle de manière concluante, des comptes rendus isolés laissent supposer une telle augmentation. Des cliniques spéciales ont été mises sur pied dans certains hôpitaux canadiens pour enfants afin de traiter ce problème.

En réaction à l’inquiétude du public au sujet de la plagiocéphalie positionnelle, les partenaires de la campagne Dodo sur le dos publient la présente mise à jour au sujet de la position du sommeil et de la plagiocéphalie. Bien qu’elle soit conçue pour les professionnels de la santé, une feuille de renseignements l’accompagne, à l’intention des parents et des éducateurs.

La plagiocéphalie peut se manifester lorsqu’un nourrisson a toujours la tête placée dans la même position quand il dort. En effet, le crâne des bébés est très mou, et les os peuvent s’aplatir sous la pression. Puisque les muscles du cou des jeunes nourrissons sont faibles, ceux-ci ont tendance à tourner la tête sur le côté lorsqu’ils sont placés sur le dos. S’ils tournent toujours la tête du même côté, leur crâne s’aplatit sur ce côté et à l’arrière. Un léger aplatissement disparaît de lui-même, mais un aplatissement plus prononcé peut être permanent. Cette issue, indésirable d’un point de vue esthétique, ne nuit en rien à la fonction et au développement du cerveau.

LES STRATÉGIES DE PRÉVENTION

Il est possible de prévenir la plagiocéphalie, comme suit:

  • s’assurer que, pendant leurs périodes d’éveil, les nourrissons passent un certain temps sur le ventre, sous supervision, et ce plusieurs fois par jour;

  • placer la tête du nourrisson dans diverses positions au coucher.

L’un des moyens permettant de garantir le maintien de ces diverses positions demeure le contrepositionnement, qui consiste à changer l’orientation du bébé dans sa couchette. Lorsqu’il est couché, le bébé préfère regarder dans la pièce plutôt que vers le mur. En alternant son orientation, il conserve le même champ de vision sans avoir toujours la tête dans la même position. Par exemple, les jours pairs, la tête du nourrisson peut être placée à la tête de la couchette, tandis que les jours impairs, elle l’est au pied. L’installation d’un mobile du côté de la couchette qui donne vers la chambre permet également au bébé de regarder quelque chose d’intéressant.

Si, malgré ces stratégies, le bébé a une zone plate sur la tête, il serait judicieux d’obtenir une évaluation médicale pour écarter des pathologies plus graves.

RECOMMANDATIONS

  • Les partenaires de la campagne Dodo sur le dos recommandent de placer les bébés normaux et en santé sur le dos pour dormir. Aux deux jours, la position de leur tête devrait être modifiée.

  • Pendant les périodes d’éveil, les nourrissons devraient passer du temps sur le ventre, sous supervision.

Footnotes

Les recommandations du présent énoncé ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes.

Les adresses dans Internet sont à jour au moment de la publication.

RÉFÉRENCES

  • 1.La fondation canadienne pour l’étude de la mortalité infantile, L’Institut canadien de la santé infantile, Société canadienne de pédiatrie, Santé Canada . Énoncé conjoint intitulé La mort subite du nourrisson au Canada : Réduire le risque. Ottawa: Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux; 1999. [Google Scholar]
  • 2.Statistique Canada . Mortalité - Liste sommaire des causes, 1980–1995. Système canadien des statistiques de l’état civil. Ottawa: Statistique Canada; 1996. [Google Scholar]
  • 3.The Canadian Foundation for the Study of Infant Deaths Number of SIDS deaths in Canada: 1990–1999<http://www.sidscanada.org/statistics.html> (version à jour au 2 novembre 2001)

Articles from Paediatrics & Child Health are provided here courtesy of Oxford University Press

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