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. 2012 Oct;17(8):e92–e93. [Article in French] doi: 10.1093/pch/17.8.e92

Les recommandations relatives au vaccin contre l’influenza administré aux enfants et aux adolescents pour la saison 2012–2013

Dorothy L Moore; Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation
PMCID: PMC3474396  PMID: 24082812

Le présent point de pratique est une mise à jour des recommandations antérieures sur l’utilisation du vaccin contre l’influenza chez les enfants, en vue de refléter les récentes recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI). À compter de la saison 2012–2013, le vaccin contre l’influenza est recommandé pour tous les enfants de 24 à 59 mois, un groupe d’âge qui ne faisait pas partie des recommandations antérieures du CCNI, ainsi que pour leurs contacts familiaux et les personnes qui s’occupent d’eux à l’extérieur de la maison (1). Les enfants de cet âge sont exposés à un important fardeau d’influenza ainsi que de consultations médicales et d’hospitalisations liées à l’influenza. Puisqu’ils sont également des vecteurs efficaces de l’influenza, la vaccination pourrait contribuer à protéger d’autres groupes à haut risque qui sont peut-être eux-mêmes trop jeunes pour être vaccinés ou qui ne répondent peut-être pas bien au vaccin.

La Société canadienne de pédiatrie encourage l’administration du vaccin contre l’influenza à TOUS les enfants et adolescents de six mois et plus. Lorsque cette solution n’est pas réalisable, il faut donner priorité aux personnes très vulnérables aux complications liées à l’influenza et à celles qui sont susceptibles de leur transmettre l’infection. Ce groupe se compose des personnes suivantes :

  • Les enfants de six à 59 mois

  • Les enfants et les adolescents atteints d’une maladie chronique (assez grave pour nécessiter un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers), notamment :
    • – les maladies cardiaques ou pulmonaires, y compris la dysplasie bronchopulmonaire, la fibrose kystique, l’asthme ou des maladies qui s’associent à un risque accru d’aspiration;
    • – le diabète ou d’autres maladies métaboliques, la néphropathie, l’anémie ou les hémoglobinopathies;
    • – le cancer, l’immunodéficience ou les déficits immunitaires résultant d’une maladie ou d’un traitement;
    • – l’obésité morbide (indice de masse corporelle ≥ 40);
    • – les maladies chroniques traitées au moyen d’acide acétylsalicylique.
  • Les enfants autochtones

  • Les enfants qui résident dans un établissement de soins de longue durée

  • Les femmes enceintes, y compris les adolescentes, quel que soit le trimestre de leur grossesse (pour leur propre protection et celle de leur nouveau-né)

  • Les personnes en contact avec des enfants à risque, notamment :
    • – les contacts familiaux (adultes et enfants), que la personne à risque ait été vaccinée ou non;
    • – les contacts familiaux de nourrissons de moins de six mois (ces nourrissons sont à risque élevé, mais sont trop jeunes pour recevoir le vaccin contre l’influenza);
    • – les membres des familles qui attendent la naissance d’un nouveau-né pendant la saison de l’influenza;
    • – les personnes qui prennent régulièrement soin d’enfants de moins de 59 mois, que ce soit à la maison ou à l’extérieur;
    • – les dispensateurs de soins de santé et d’autres soins en établissement ou en milieu communautaire.

Deux des trois composants antigéniques du vaccin contre l’influenza diffèrent de ceux du vaccin de l’an dernier, en raison de modifications aux souches prédominantes en circulation. Même si certaines personnes immunisées peuvent conserver leur immunité d’une saison à l’autre, ce phénomène est moins probable lorsque la souche subit des modifications. Il est donc recommandé de revacciner tout le monde chaque année, même les personnes qui se sont fait vacciner ou ont eu une influenza étayée l’année précédente (1).

Il existe deux types de vaccin contre l’influenza pour les enfants au Canada : les vaccins trivalents inactivés (VTI), administrés par injection intramusculaire, et le vaccin vivant atténué (VVAI), administré par voie intranasale.

L’utilisation du VVAI (FluMist, MedImmune, États-Unis) est autorisée chez les personnes de deux à 59 ans (2). Ce vaccin n’est pas homologué pour les enfants de moins de deux ans en raison de l’accroissement faible, mais significatif, du taux de respiration sifflante de deux à quatre semaines après la vaccination dans ce groupe d’âge. Les études démontrent l’efficacité considérablement supérieure du VVAI par rapport au VTI contre l’influenza confirmée en laboratoire chez les enfants en santé. Le CCNI recommande de favoriser l’utilisation du VVAI chez les enfants et adolescents en santé de deux à 17 ans, mais convient que certaines considérations peuvent nuire à la mise en œuvre de cette recommandation dans les programmes financés par le gouvernement. Les données probantes sont insuffisantes pour recommander de préférer le VVAI au VTI chez les enfants ayant une maladie chronique. Les deux vaccins peuvent être utilisés, à moins de contre-indications. Chez les adultes, certaines données probantes indiquent que le VTI pourrait être plus efficace que le VVAI. Selon le CCNI, le VTI ou le VVAI peuvent tous deux être utilisés chez les adultes en santé, mais on devrait privilégier le VTI chez les adultes ayant une maladie chronique, en attendant de détenir plus de données sur l’utilisation du VVAI au sein de ce groupe. La congestion nasale transitoire et la rhinorrhée sont les principaux effets secondaires du VVAI chez les enfants et les adultes.

Le VVAI est contre-indiqué chez les personnes ayant une maladie immunosuppressive ou un asthme sévère (défini comme une respiration sifflante active, qui exige la prise de glucocorticoïdes par voie orale ou de fortes doses de glucocorticoïdes en aérosol ou qui s’associe à une respiration sifflante ayant nécessité des soins médicaux au cours des sept jours précédents) et chez les femmes enceintes. Il est également contre-indiqué chez les enfants de deux à 17 ans qui prennent un traitement continu contenant de l’aspirine, en raison de l’association entre le syndrome de Reye et la prise d’aspirine pendant une infection à l’influenza.

Il faudrait attendre au moins 48 heures après avoir arrêté d’administrer des antiviraux actifs contre l’influenza avant d’administrer le VVAI. S’il faut prescrire un antiviral dans les deux semaines suivant l’administration du VVAI, il faut administrer une autre dose du vaccin au moins 48 heures après avoir mis un terme au traitement. Chez les personnes ayant une congestion nasale suffisante pour nuire à l’administration satisfaisante du VVAI, il faut reporter la vaccination jusqu’à la disparition de la congestion ou privilégier le VTI.

Si un enfant de moins de neuf ans se fait vacciner contre l’influenza pour la première fois (qu’il s’agisse du VTI ou du VVAI), il faut lui administrer deux doses du vaccin à au moins quatre semaines d’intervalle. Si un enfant de moins de neuf ans a déjà reçu au moins une dose du vaccin contre l’influenza par le passé, il a besoin seulement d’une dose cette saison. Les enfants de neuf ans et plus et les adultes n’ont besoin que d’une dose par année.

Depuis la saison d’influenza de 2011–2012, le CCNI recommande que les enfants de six à 35 mois reçoivent 0,5 mL par dose du VTI (tel qu’il est utilisé chez les enfants plus âgés et les adultes) plutôt que les 0,25 mL par dose recommandés auparavant. Cette modification s’explique par une amélioration de l’immunité avec la dose plus élevée, sans augmentation des effets indésirables (3). La dose de VVAI, quel que soit l’âge, est de 0,1 mL dans chaque narine. Les renseignements sur la posologie du vaccin contre l’influenza figurent au tableau 1.

TABLEAU 1.

Renseignements sur la posologie du vaccin contre l’influenza, selon l’âge

Vaccin Groupe d’âge Voie d’administration Posologie*
VTI ≥ 6 mois Intramusculaire 0,5 mL
VVAI De 2 à 59 mois Intranasale 0,1 mL dans chaque narine
*

Enfants de moins de 9 ans : vaccin contre l’influenza jamais administré auparavant : deux doses à au moins quatre semaines d’intervalle; vaccin contre l’influenza, quel qu’il soit, administré auparavant : une dose par année. Enfants de 9 ans ou plus : une dose par année. VTI : vaccin trivalent inactivé contre l’influenza; VVAI : vaccin vivant atténué contre l’influenza. Voir la référence 1 pour obtenir plus d’information (marques de commerce, composants, etc.)

L’allergie aux œufs n’est pas une contre-indication à l’utilisation du vaccin contre l’influenza. Pour assurer une administration sécuritaire du vaccin contre l’influenza aux patients ayant une allergie aux œufs, il faut consulter le document de principes de la Société canadienne de pédiatrie sur le sujet, à www.cps.ca/fr/documents/position/vaccin-contre-influenza-chez-les-enfants-allergiques-aux-oeufs (4).

Les pédiatres et autres médecins qui s’occupent d’enfants ont un rôle important à jouer pour promouvoir le vaccin contre l’influenza et en accroître l’acceptation en aidant les familles à convenir de la gravité potentielle de l’infection à l’influenza chez les enfants ainsi que de l’efficacité et de l’innocuité de la vaccination.

Footnotes

COMITÉ DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION DE LA SCP

Membres : Robert Bortolussi MD; Natalie A Bridger MD; Jane C Finlay MD; Susanna Martin MD (représentante du conseil); Jane C McDonald MD; Heather Onyett MD; Joan Louise Robinson MD (présidente)

Représentants : Upton Dilworth Allen MD, Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants; Janet Dollin MD, Le Collège des médecins de famille du Canada; Charles PS Hui MD, Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages, Santé Canada; Nicole Le Saux MD, Programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT); Dorothy L Moore MD, Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI); Larry Pickering MD, comité des maladies infectieuses, American Academy of Pediatrics; John S Spika MD, Agence de la santé publique du Canada

Conseillère : Noni E MacDonald MD

Auteure principale : Dorothy L Moore MD

Les recommandations contenues dans le présent document ne sont pas indicatrices d’un seul mode de traitement ou d’intervention. Des variations peuvent convenir, compte tenu de la situation. Tous les documents de principes et les points de pratique de la Société canadienne de pédiatrie sont régulièrement révisés. Consultez la zone Documents de principes du site Web de la SCP (www.cps.ca) pour en obtenir la version complète à jour.

RÉFÉRENCES


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