Le Comité exécutif de la Société canadienne de thoracologie (SCT) ne tient jamais de réunion sans discuter de la recherche, car la recherche revêt une énorme importance. C’est non seulement l’un des piliers de la SCT (recherche, lignes directrices, formation et application du savoir), mais également un aspect clé des efforts avec les partenaires pour changer les choses en santé respiratoire. On ne s’étonnera donc pas que la Stratégie nationale de recherche en santé respiratoire (SNRSR) figure au sommet du programme de la SCT.
Dernièrement, Denis O’Donnell, ancien président de la SCT, a signalé que les directeurs des départements universitaires de pneumologie du Canada étaient « très inquiets de l’érosion actuelle de la recherche clinique au Canada et du déclin progressif de son financement, de ses infrastructures et des possibilités de formation dans ce domaine » (1). Il a clairement affirmé que « des mesures urgentes s’imposent pour redresser cette situation très préoccupante et pour préserver notre réputation bien méritée d’excellence en recherche clinique sur les maladies respiratoires » (1).
Des mesures urgentes ont bel et bien été prises. Conjointement avec l’Association pulmonaire du Canada (APC), la SCT a dirigé la création de la Stratégie nationale de recherche en santé respiratoire (SNRSR). Nous sommes sur le point d’en lancer les premiers éléments : le programme RENASCENT (Respiratory National Scientist Core Education and Training, ou Enseignement et formation de base en santé respiratoire aux scientifiques à l’échelle nationale) et le Réseau canadien de recherche en santé respiratoire (RCRSR).
Le Programme RENASCENT fera la promotion de la recherche interdisciplinaire et de l’acquisition de compétences professionnelles, fournira du mentorat, favorisera l’acquisition de compétences de réseautage et de renforcement de l’esprit d’équipe et appuiera des stagiaires et de nouveaux chercheurs à des moments décisifs de leur carrière. Le programme appuiera des stagiaires cliniciens et non cliniciens aux études doctorales ou postdoctorales ainsi que de nouveaux chercheurs dans les quatre piliers des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
Le RCRSR rassemblera des chercheurs et des plateformes de recherche pour faciliter la recherche novatrice et concertée en santé respiratoire. Il cherchera ainsi à intégrer les efforts de recherche, à créer une valeur ajoutée et à répondre aux questions de recherche que seul un vaste réseau est en mesure d’aborder. L’équipe du RCRSR a convenu de bâtir le réseau d’après les forces actuelles et de miser sur les origines et la progression des maladies des voies respiratoires. Le RCRSR mettra l’accent sur les deux principales maladies respiratoires au Canada, l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique, à l’égard desquelles le Canada possède des compétences et une crédibilité démontrées.
De plus, le RCRSR transférera les résultats de la recherche et les mettra en pratique, de manière à réduire le fardeau économique et sanitaire des maladies respiratoires. Il renforcera les alliances et les occasions de réseautage avec des partenaires nationaux, provinciaux et internationaux et offrira un soutien aux jeunes chercheurs en début de carrière, tout en accroissant les collaborations avec des établissements canadiens. Il fournira ensuite des plateformes et des infrastructures aux projets réseautés qui porteront sur d’autres maladies respiratoires.
Ensemble, le programme RENASCENT et le RCRSR commenceront à corriger les lacunes qu’a si bien relevées le docteur O’Donnell. Nous avons récemment écrit une lettre d’intention aux IRSC dans l’espoir d’obtenir du financement pour le RCRSR, et le conseil d’administration de l’APC a approuvé l’utilisation de 1,085 million de dollars tirés de la réserve de recherche pour le RCRSR sur cinq ans, soit la moitié du financement de contrepartie requis. Il a aussi approuvé l’utilisation de fonds de la réserve de recherche pendant le présent exercice, afin de permettre au Comité directeur national de la recherche de planifier la mise en œuvre de la SNRSR, ce qui inclut la mesure de la préparation en matière de collecte de fonds et l’élaboration d’un plan de campagne réalisé par tranches. Il s’agit d’un excellent départ pour susciter des appuis supplémentaires à la SNRSR. Toutefois, dans le cadre du processus de restructuration actuel, il est crucial que l’APC réitère la place prépondérante qu’elle accorde à la recherche.
Je remercie sincèrement nos principaux partenaires (l’APC, les Professionnels canadiens en santé respiratoire [PCSR] et les IRSC), pour leur appui à la SNRSR. Je remercie également les anciens présidents de la SCT, notamment Denis O’Donnell et George Fox, le président du Comité de la recherche de la SCT, Andrew Halayko, la directrice de la recherche et du transfert des connaissances de l’APC, Anne Van Dam, et la directrice de la SCT, Janet Sutherland, qui ont consacré leur temps et leurs compétences à la mise sur pied de la SNRSR.
Grâce à leur aide et à celle de tous nos partenaires, nous réussirons à maintenir la SNRSR là où elle doit être : au sommet de notre programme. Pourquoi? Parce que la SNRSR revêt une énorme importance pour les membres de la SCT et pour la santé respiratoire au Canada.
Salutations distinguées,
Robin G McFadden MD, FRCPC
President, Société canadienne de thoracologie
RÉFÉRENCE
- 1.O’Donnell DE. Prioriser la recherche à la Société canadienne de thoracologie et au-delà. Can Respir J. 2010;17:9–10. [Google Scholar]
