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. 2016 Dec 26;2016(487):23–24. [Article in French] doi: 10.1016/S1773-035X(16)30368-9

Avant-Propos: Actualités en virologie

Michel Segondy a,*
PMCID: PMC7140264  PMID: 32288825

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La virologie est une discipline qui a connu au cours des 3 dernières décennies de grandes évolutions.

Sur le plan épidémiologique, de nouveaux virus responsables d’infections humaines ont été identiiés. Il s’agit soit d’infections virales émergentes, l’exemple le plus emblématique restant probablement celui du VIH, soit de virus dont l’identiication n’a été rendue possible que par le développement des techniques de biologie moléculaire. Les deux cas de igure sont rencontrés avec les coronavirus. Dans cette famille de virus se rencontrent en effet des virus d’identiication récente, certains d’entre eux comme le SARS-CoV ou le MERS-CoV étant des virus émergents responsables d’infections respiratoires très sévères, alors que d’autres comme le HCoV-HKU1 et le HCoV-NL63 sont des virus respiratoires relativement communs mais qui n’ont été que récemment identiiés. Dans ce numéro, Nathalie Kin et Astrid Vabret, font le point sur cette famille de virus longtemps méconnus et négligés mais qui sont désormais largement accessibles au diagnostic.

L’épidémiologie des infections virales est liée à de nombreux facteurs environnementaux et humains. L’épidémiologie des arboviroses, infections virales transmises à l’Homme par des arthropodes vecteurs, connaît à l’heure actuelle de grands bouleversements liés entre-autres à la répartition des vecteurs, aux moyens de transport et aux changements climatiques. Longtemps considérées comme des maladies exotiques, certaines de ces arboviroses peuvent être acquises sur le territoire métropolitain, avec des répercussions en termes de diagnostic et de surveillance épidémiologique. Un point sur la situation actuelle des arboviroses en France métropolitaine est présenté dans ces pages par votre serviteur.

Sur le plan diagnostique, le développement des techniques de biologie moléculaire, avec en particulier la révolution des techniques d’ampliication génomique, a rendu possible non seulement la détection rapide de virus non accessibles au diagnostic courant par les techniques virologiques traditionnelles, mais également la quantiication virale. Cette détermination de la charge virale est importante pour établir un diagnostic, apprécier la gravité de l’infection et évaluer l’eficacité thérapeutique. La mesure de la charge virale dans les infections à herpesvirus humains incluant le cytomégalovirus, le virus Epstein-Barr, HHV-6 et, dans des situations plus limitées, HHV-8 est devenue incontournable pour la prise en charge des patients immunodéprimés et en particulier les transplantés d’organes solides ou de moelle osseuse. Les indications et l’interprétation de ces techniques font l’objet de l’article présenté par Marie-Christine Mazeron, Corinne Amiel et Henri Agut.

Sur le plan thérapeutique, la découverte de l’aciclovir dans les années 1970 a ouvert une nouvelle ère pour la chimiothérapie antivirale et a d’ailleurs été récompensée par l’attribution d’un prix Nobel en 1988. D’autres molécules ont ensuite été développées pour le traitement des infections à herpesvirus ain de cibler d’autres virus que les herpès simplex 1 et 2 et d’offrir une alternative thérapeutique en cas de développement de résistances au traitement. David Boutolleau et Sonia Burrel font le point sur l’utilisation de ces anti-herpétiques en pratique médicale, sur les mécanismes de résistance et sur les nouvelles molécules en cours de développement.

Le traitement de l’hépatite virale C a considérablement progressé ces dernières années. Le traitement par l’association Peg-interféron/ribavirine, qui n’a qu’une action indirecte sur le virus, est resté longtemps le traitement de référence malgré une eficacité limitée - en particulier sur certains génotypes- et une mauvaise tolérance. Ce sont des antiviraux à action directe (AAD, ou DAA selon l’acronyme anglo-saxon), inhibiteurs spéciiques de la protéase (NS3A4), de l’ARN polymérase (NS5B) ou de la protéine NS5A du virus de l’hépatite C, qui sont maintenant à la base de traitements plus courts et considérablement plus efficaces que l’association Peg-interféron/ribavirine, une guérison de l’hépatite C étant obtenue dans la majorité des cas. Joël Gozlan présente dans ce numéro les molécules disponibles et leurs conditions d’utilisation dans les diverses situations cliniques rencontrées.

Merci à tous les auteurs qui ont collaboré à ce numéro. En vous souhaitant une bonne lecture.

La coordination de ce dossier a été assurée par le Dr Michel Segondy, Pôle biologie-pathologie, Unité de virologie, Hôpital Saint-Eloi, Centre hospitalier universitaire de Montpellier avec le Pr Jérôme Le Goff, Laboratoire de microbiologie, Hôpital Saint-Louis (AP-HP) de Paris et le Pr Vincent Maréchal de l’Université Pierre et Marie Curie de Paris.


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