Le 4 avril, un communiqué de presse des National Institutes of Health (NIH) alerte : un nouveau coronavirus a émergé en Chine, dans la même région était apparu en 2002 le coronavirus du SRAS (SRAS-CoV : syndrome respiratoire aigu sévère). Ce nouveau pathogène était responsable, à cette date, de la mort de près de 25 000 porcelets (piglets) en 2016-2017. Il a reçu le sigle SADS-CoV pour swine acute diarrhea syndrome coronavirus. Comme le SRAS, son vecteur est la chauve-souris.

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D’après les données recueillies par les épidémiologistes américains, le SADS ne semble pas devoir infecter l’humain, contrairement au SRAS-CoV, qui contamina plus de 8 000 personnes dans le monde et en tua 774, les derniers cas ayant été identifiés en 2004, rappellent les NIH [1]. Les mêmes données précisent que le SADS-CoV a initialement été identifié dans quatre élevages de porcs (swine) de la province de Guangdong, grâce à une collaboration américano-chinoise, notamment le NIAID (National Institute of Allergy and Infectious Diseases, une agence spécialisée des the NIH). Ce travail a été publié dans la revue Nature [2].
Le SADS-CoV a initialement été identifié dans quatre élevages de porcs de la province de Guangdong
Les auteurs soulignent à juste titre que l’identification du vecteur animal d’un nouveau virus est essentielle pour déterminer sa capacité à infecter les populations et permettre ainsi de réduire la menace qu’il peut représenter pour l’humain.
Ainsi en 2015 on a pu confirmer que les camélidés étaient des vecteurs des 5 variants du MERS-CoV, le Middle East respiratory syndrom coronavirus au Moyen-Orient notamment [NDLR].
Les premiers décès de porcs dus au SADS-CoV ont été enregistrés en octobre 2016, ils ont été attribués dans un premier temps au virus de la diarrhée épidémique porcine (porcine epidemic diarrhea virus/PEDV), un type de coronavirus du porc. Quand le PEVD ne fut plus détecté, mais que des porcs continuaient à mourir, c’est en janvier 2017 qu’on dut rechercher un autre pathogène. Par ailleurs, en mettant à l’isolement du reste des troupeaux les porcs mâles et femelles malades, on parvint à faire cesser l’épidémie.
Le SADS-CoV avait été identifié sur des chauves-souris entre 2013 et 2016 dans la province de Guangdong. La transmission au porc a été confirmée par la découverte du nouveau virus dans l’intestin grêle des animaux décédés, dont le séquençage confirma la similitude avec le virus porté par les chauves-souris.
La recherche du portage du SADS-CoV chez l’humain (35 éleveurs testés) s’est révélée négative (à la date de la publication dans Nature).
Aujourd’hui 6 coronavirus sont connus pour déclencher une infection chez l’humain, mais seulement deux d’entre eux – SARS-CoV et MERS-CoV – ont été responsables de larges flambées et de létalité dans les populations, soulignent les auteurs.
Référence
- 1.www.nih.gov/news-events/news-releases/new-coronavirus-emerges-bats-china-devastates-young-swine
- 2.Zhou P, Fan H, Lan T, et al. Fatal swine acute diarrhea syndrome caused by an HKU2-related coronavirus of bat origin. Nature2018. Apr;556(7700):255-258. [DOI] [PMC free article] [PubMed]
