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editorial
. 2020 Apr 20;43(5):381–382. [Article in French] doi: 10.1016/j.jfo.2020.04.005

Prise en charge adaptée au COVID-19

Healthcare in the context of Covid-19

L Kodjikian 1
PMCID: PMC7167573  PMID: 32340757

Comme dans toutes les crises, il y aura un avant et un après. Comme dans toutes les crises, il faut savoir s’adapter pour vivre, voire survivre. Si le personnel soignant est en première ligne de cette guerre « sanitaire », la tête dans le guidon, il se doit aussi de réfléchir à ses pratiques. Aussi la Société Française d’Ophtalmologie et son conseil d’administration ont très vite voulu adapter l’outil numérique représenté par SFO on-line pour émettre des conseils et recommandations à ses membres sous forme de fiches pratiques (https://www.sfo-online.fr/covid-19-infos).

Mais cet exercice n’est pas aussi simple car les conditions « extérieures » ont changé depuis le début de cette crise inédite. La France est confinée, totalement depuis le 17 mars. L’angoisse de se faire contaminer est largement relayée par les médias, l’information n’étant plus de l’information au sens propre mais plutôt du reportage, de la télé-réalité. Cette peur règne de façon omniprésente dans l’atmosphère et les patients n’osent plus venir consulter. D’ailleurs, les raisons à ces « no-show » sont multiples et variées : peur d’attraper le virus en venant en consultation ou d’être verbalisé en cas de contrôle, impossibilité de se déplacer du fait de la réduction des moyens de transport (transports en commun, ambulance, VSL) ou de l’absence d’accompagnant ou du fait que les patients sont atteints par le covid-19 ou par un autre microorganisme et donc contagieux ou logiquement du fait du simple respect du confinement national (avec notamment les consignes données aux personnes à risque de ne pas se déplacer).

Pour toutes ces bonnes raisons, il nous a fallu prioriser, pour toutes les surspécialités, les pathologies ou actes qui doivent continuer à avoir lieu et ceux qui se doivent d’être reportés car potentiellement non ou moins indispensables. Mais finalement, n’est-ce-pas terrible pour une société dite civilisée et riche de devoir émettre de telles recommandations … Comme nos amis et collègues militaires le font sur un champ de bataille. Mais ce champ de guerre est représenté par la France tout entière, que dis-je le Monde … Et comme en temps de guerre, la pénurie voire l’absence de matériels adéquats en nombre suffisant se fait cruellement ressentir. Pire encore, une impréparation majeure se révèle, malgré de multiples alertes mondiales comme celle de Bill Gates en 2015 ou simplement nationales avec la grève de nos personnels soignants urgentistes depuis des mois, alertes par malheur ignorées.

Et une nouvelle problématique apparaît : une écrasante majorité des patients, qui sont censés consulter pendant cette crise (car porteurs de symptômes d’urgence ou nécessitant un contrôle régulier pour une maladie chronique par exemple), ne se présente plus dans nos hôpitaux ou nos cabinets ! Les messages d’alerte du corps soignant sont relayés depuis 24–48 heures seulement par les médias et on espère que ceux-ci porteront leurs fruits. Car ce constat dépasse notre simple spécialité et probablement nombre de patients atteints par exemple d’infarctus du myocarde ou d’AVC meurent chez eux par peur d’aller aux urgences ou l’impossibilité d’accéder rapidement au « 15 ». Pour ceux qui survivent et se présentent tant bien que mal, la situation est souvent déjà bien avancée. La SFO et l’Académie d’Ophtalmologie viennent justement d’envoyer un communiqué de presse rappelant que les urgences étaient maintenues pendant le confinement et les signes qui doivent amener les patients à consulter sans attendre !

Aussi quid de la période de l’après-confinement voire de l’après-Covid : tous les médecins la redoutent ! Il faudra probablement s’adapter là encore à un afflux de patients et dont l’état de santé risque d’être plus sévère et plus précaire.

La SFO devra alors peut-être émettre de nouvelles fiches pour aider et conseiller ses membres dans cette gestion, elle aussi inédite.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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