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. 2020 Jul 1;2020(524):5. [Article in French] doi: 10.1016/S1773-035X(20)30205-7

Confinement, santé mentale, maladies chroniques

Jean-Marie Manus
PMCID: PMC7328602  PMID: 32834836

On sait que le nouveau coronavirus est dangereux surtout pour les poumons. Mais des députés ont souhaité attirer l'attention du ministère de la Santé sur des effets secondaires moins médiatiquement rapportés... Ainsi, Olivier Falorni, qui évoque l'impact du confinement sur les personnes atteintes de troubles mentaux. «Nécessaire pour freiner la propagation du Covid-19, il va provoquer indubitablement une augmentation de ces troubles chez les Français atteints de désordres liés à une maladie mentale», affirme-t-il.

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© nadia_snopek/stock.adobe.com

Douze millions de Français sont concernés... et ce chiffre pourrait augmenter en raison du stress et des états anxieux dus au confinement.

Un plan national de crise et de postcrise

La prise en charge des personnes ayant des problèmes de santé mentale ne peut être ignorée dans ce contexte actuel: les spécialistes nous alertent sur de nombreux points à prendre en considération:

  • constat d'une baisse significative d'admissions aux urgences psychiatriques et des consultations en psychiatrie;

  • constat également d'une sortie plus précoce des patients hospitalisés afin de libérer des lits;

  • manque de suivi des patients à risque d'impact sur leur santé car ce sont des patients fragiles avec des pathologies annexes plus importantes que le reste de la population, tel le risque cardio-vasculaire et respiratoire accru;

  • certains, isolés, peuvent avoir des difficultés à respecter les règles du confinement et les mesures de protection associées, ce qui fait d'eux une population particulièrement à risque d'atteinte du Covid-19 [et d'être contaminants?].

«Certes, dit Olivier Falorni [1], les soignants ont mis en place des mesures pour répondre à l'urgence: moyens de suivi à distance pour prévenir une rupture d'équilibre ou un risque suicidaire, consultations audio ou vidéo pour les moins fragiles. Néanmoins, des réponses plus structurées doivent être apportées et la psychiatrie ne doit plus être considérée comme le parent pauvre de la médecine. Un plan d'urgence doit être mis en place pour répondre aux problèmes et aux besoins qui risquent de se manifester à l'issue de la période de confinement. Peut-on mettre en place ce plan national afin de limiter les effets de cette crise et contenir l'émergence de situations de stress et d'état dépressif postcrise.»

Malades chroniques: inquiétude palpable pour la BPCO

La députée Emmanuelle Ménard [2], de son côté, évoque l'impact du Covid-19 sur les patients dont la santé est déjà fragilisée par des pathologies chroniques. En France, cela concerne 15 millions de personnes, l'inquiétude est palpable chez elles malgré l'ouverture de la ligne téléphonique créée pour informer sur la maladie et diriger les personnes vivant avec une telle maladie et leurs aidants.

«Pourtant, dit-elle, tous les patients ne sont pas rassurés», notamment ceux porteurs d'une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui se caractérise par une diminution progressive du souffle et touche, selon Santé publique France, entre 5 et 10% de la population, 4 millions de malades alors qu'ils n'étaient que 1,7 million en 2000, selon l'Inserm.

En 2017, selon une étude du Lancet Respiratory Médecine, cette maladie chronique à l'origine dans le monde de plus de 3 millions de décès: les sujets BPCO semblent être les patients les plus vulnérables au virus du Covid-19 qui présente, dans les cas les plus graves, un syndrome de détresse respiratoire aigu. Or, les premières études en Chine sur le Covid-19 ont suggéré que les sujets BPCO étaient parmi les premières victimes du coronavirus, apparaissant statistiquement plus vulnérables que ceux porteurs de diabète ou d'hypertension artérielle.

«Les BPCO ne respirent pas mal, ils étouffent en permanence et sont menacés: c'est en ces mots que Philippe Poncet, président de France-BPCO, une association de malades, a tiré la sonnette d'alarme dans une lettre adressée à Monsieur le ministre des Solidarités et de la Santé, en date du 25 février 2020, en dressant un constat alarmant sur la prise en charge des malades souffrant de cette pathologie et plus particulièrement des mesures préventives à mettre en place», rappelle la députée.

Quelles mesures le ministère prendra-t-il pour une meilleure prise en charge des patients chroniques face à l'épidémie, entend-il favoriser la généralisation du port d'un masque de protection pour ces patients durant et après la période de confinement?

Références


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