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. 2020 Aug 21;50(6):S90. [Article in French] doi: 10.1016/j.medmal.2020.06.181

Pneumopathies graves liées au COVID-19 : facteurs prédictifs de mortalité après traitement par tocilizumab

N Kadiane-Oussou 1, T Klopfenstein 1, L Toko 1, P Royer 1, A Lohse 2, T Conrozier 2, V Gendrin 1, S Zayet 1
PMCID: PMC7442012

Abstract

Introduction

Le virus SARS-CoV-2 est responsable de pneumopathie hypoxémiante pouvant aller jusqu’au syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Le tocilizumab (TCZ) (anticorps monoclonal inhibiteur du récepteur de l’interleukine 6) a été utilisé comme traitement dans les formes sévères de la maladie COVID-19. L’objectif de cette étude était de déterminer les facteurs prédictifs de mortalité dans la population de patients traités par TCZ dans le cadre d’un SDRA liée au COVID-19 afin d’identifier les situations à risque d’échec.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective d’une série de patients atteints de COVID-19 confirmés par la RT-PCR SARS-CoV-2 se présentant dans un tableau de détresse respiratoire. Tous les patients ont été traités par TCZ (deux doses de 8 mg/kg avec un intervalle de 24 à 72 h). On a recueilli les paramètres démographiques, cliniques, biologiques et radiologiques. Les patients ont été répartis en deux groupes selon l’évolution : survie et décès.

Résultats

Trente-quatre patients étaient traités par TCZ (26 H/8 F). L’âge médian des patients était de 75,3 ans avec une moyenne de débit d’oxygène à 10,1 L/min au moment de l’administration de TCZ. Vingt-quatre patients (71 %) avaient répondu au traitement et 10 patients (29 %) étaient décédés. Les patients décédés étaient plus âgés sans que cela soit significatif (80 ans vs 73 ans ; p = 0,11). Les facteurs prédictifs de mortalité étaient un besoin plus élevé en O2 (11,0 vs 8,3 L/min, p = 0,003) et des anomalies biologiques plus marquées avec une lymphopénie (0,57 vs 1,0 G/L, p = 0,037) et une thrombopénie (155,9 vs 314,2 G/L, p = 0,0001) plus profondes, un dosage plasmatique plus bas du fibrinogène (4,8 versus 6,4 g/L, p = 0,03) et une cytolyse hépatique plus importante sur les ASAT (108,2 versus 56,8 UI/L, p = 0,05). Les deux groupes ne différaient pas concernant l’étendue des lésions pulmonaires au scanner thoracique, l’administration d’hydroxychloroquine et de corticothérapie.

Conclusion

L’évolution des patients traités par TCZ pour une pneumopathie grave liée au COVID-19 était favorable dans 71 % des cas. Cependant, les patients plus âgés avec des besoins en O2 plus important et ayant des perturbations biologiques plus marquées semblent moins répondeurs à ce traitement.

Déclaration de liens d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.


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