1. Version française
La cardiologie n’est pas une spécialité ou l’infection est au premier plan. Mais à bien y regarder, elle est omniprésente. Soit par une atteinte infectieuse directe ou indirecte du péricarde, myocarde et endocarde, soit compliquant la mise en place de dispositifs implantables très fréquents dans nos spécialités interventionnelles et rythmologiques.
Actuellement, l’intérêt particulier pour les pathologies infectieuses en cardiologie est bien évidement la conséquence de cette pandémie COVID 19. En effet, cette pathologie nous a clairement sorti de nos pratiques, très formatées et très codifiées par nos nombreux « guidelines ». Nous n’avions plus de repères. Notre seule façon d’avancer était d’observer et d’échanger avec les collègues. Sans référentiel pour nous aider, seul le sens de l’observation, de l’organisation et tout simplement le bon sens nous ont guidé.
Aujourd’hui, bien que rien ne soit terminé, il paraît souhaitable de faire un point sur cette pandémie, son impact et ses implications sur la cardiologie :
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que sait-on sur l’infection au COVID et l’atteinte myocardique, pouvant se compliquer d’une défaillance nécessitant une assistance circulatoire ?
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qu’elle a été l’impact de cette infection et de ses traitements sur les troubles du rythme cardiaque et ses conséquence sur la mort subite ?
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quel rôle a joué l’embolie pulmonaire dans la létalité de cette pathologie ?
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pourquoi les urgences coronaires étaient moins fréquentes pendant la période de confinement ?
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pourquoi certains patients étaient moins à risque, le groupe sanguin a-t-il un rôle ?
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enfin, cette pathologie infectieuse qui devient une maladie auto-immune ressemble dans certaines formes au syndrome de Kawasaki, est-ce une réalité ?
Voilà les questions que nous avons choisies de traiter pour mieux connaître cette pandémie. Mais à côté de cela, bien d’autres problèmes infectieux peuvent se poser au cardiologue dans sa démarche diagnostique, comme l’imagerie dans les myocardites, et thérapeutique comme la gestion des endocardites graves devant faire l’objet d’une prise en charge chirurgicale. Parfois, cette infection est la complication d’un geste interventionnel : voies d’abords, mise en place de matériel implantable, comme la valve dans le TAVI, le Mitraclip et tout le matériel en rythmologie. Ces complications graves sont heureusement rares et peuvent avoir des conséquences médicolégales qu’il convient de connaître. Nous verrons par ailleurs, comment sont pris en charge en radiologie interventionnelle, des patients atteints d’anévrysmes mycotiques cérébraux. Enfin, la chirurgie cardiaque a aussi son lot de complications infectieuses, qui complique considérablement la prise en charge et le pronostic.
Cette vision transversale de l’infection en cardiologie, nous permet de faire une synthèse sur beaucoup de pathologies que nous méconnaissons mais qui ont souvent un impact considérable sur le pronostic de nos patients.
2. English version
Infection is not the primary concern in the field of cardiology. However, if we take a closer look, we see it everywhere, either directly or indirectly involving the pericardium, myocardium or endocardium or complicating the placement of implantable cardiac devices, which is a frequently performed interventional cardiology or rhythmology procedure.
The current focus on infectious pathologies in cardiology is clearly related to the COVID 19 pandemic. Indeed, this disease has pushed us beyond the limits of our routine practice, which is well standardized and codified by our numerous guidelines. In the absence of any documented references, our only way to move forward was by observing and exchanging information with our colleagues. Without any prior documented experience to help us, we had to rely on our observational and organizational resources and our common sense to guide us.
As things currently stand, and although the pandemic is still not behind us, it is time to analyse the impact and the implications of COVID 19 in the field of cardiology:
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what do we know about COVID 19 infection and myocardial involvement with potential cardiac failure requiring circulatory assistance?
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how did this disease and its treatments impact the occurrence of cardiac rhythm disturbances and sudden death?
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did the occurrence of pulmonary embolism play a role in the mortality rate associated with COVID 19?
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why was there a lower frequency of coronary emergencies during the lockdown period?
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why were some patients at lower risk? What is the role of the blood type if any?
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this infectious disease which turns into an autoimmune disease seems to share certain similarities with the Kawasaki syndrome, has this been demonstrated?
These are the issues that we have chosen to address in order to gain further insight into this pandemic.
However, in addition to this, cardiologists may have to deal with many other infectious complications during the diagnosis phase or therapeutic management of, for instance, severe endocarditis requiring surgical treatment.
Infection can occur as a complication of an interventional procedure: vascular route, placement of implantable devices such as percutaneous valves in TAVI, mitraclip and device implantation in rhythmology. Though fortunately infrequent, these serious complications may have medicolegal consequences that should be clearly identified.
The interventional radiology management of patients with cerebral mycotic aneurysm will be discussed separately.
Finally, cardiac surgery is also associated with infectious complications, which significantly affect both the therapeutic strategy and the outcomes.
This transversal approach to infection in cardiology enables us to identify several insufficiently documented pathologies that may have a considerable impact on the outcomes of our patients.
Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
