RÉSUMÉ
Objectifs
La présente étude analyse les changements survenus entre 2003 et 2012 dans les pratiques de dépistage de l’antigène prostatique spécifique (APS) chez les hommes âgés de 35 ans et plus en Ontario. Nous établissons des facteurs associés aux tests de l’APS, examinons si les directives de dépistage relatives à l’âge sont respectées et si les tests sont réalisés de manière opportuniste. Sont également étudiés la relation entre le revenu, le niveau d’éducation et le suivi régulier auprès d’un médecin ainsi qu’une estimation de la prévalence des tests de dépistage de l’APS en 2012.
Méthodologie
Nous avons utilisé des données provenant de l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes (ESCC) pour estimer la proportion d’hommes ayant passé un test de dépistage de l’APS en 2003, que nous avons ensuite comparée à une estimation similaire (population semblable) datant de 2012. Nous avons également étudié les liens entre le recours au dépistage et des facteurs sociodémographiques. Nous avons élaboré des analyses de tableau de contingence afin de caractériser les changements ainsi qu’une analyse de régression logistique afin d’évaluer les différences, tout en rendant compte de l’éventuel rôle confusionnel d’autres facteurs.
Résultats
Entre 2003 et 2012, une augmentation du recours au test de l’APS a été observée chez les hommes de 35 à 49 ans et chez ceux de 75 ans et plus. En 2003, 18 % des hommes de 35 à 49 ans et 74 % des hommes de 75 ans et plus ont dit avoir déjà passé un test de l’APS. En 2012, ces chiffres avaient augmenté de 20 % chez les répondants de 35 à 49 ans et de 84 % chez ceux de 75 ans et plus. L’analyse de régression logistique a révélé qu’en 2012 un homme dans la tranche d’âge de 70 à 74 ans affichait la plus haute probabilité d’avoir passé un test de l’APS comparativement à un homme du groupe des 35 à 49 ans (rapport des cotes [RC] = 25,9; intervalle de confiance [IC] = 19,9 – 33,8).
Conclusion
En Ontario, des tests de l’APS semblent être menés de manière opportuniste, touchant alors des groupes non recommandés par les directives de la province. En effet, on observe une augmentation marquée du recours au dépistage chez les personnes non comprises dans les tranches d’âge énoncées par les directives ontariennes en matière de dépistage de l’ASP, c’est-à-dire de 35 à 49 ans et 75 ans et plus. Il semble que la plupart des tests de dépistage de l’ASP en Ontario soient opportunistes et que les directives relatives à l’âge soient peu respectées.
Mots-clés: éude transversale, Canada et Ontario, test de l’APS, cancer de la prostate, dépistage du cancer
INTRODUCTION
Touchant plus de 175 000 Canadiens, le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu chez les hommes au pays. Chaque année, quelque 23 600 nouveaux cas sont diagnostiqués au Canada, dont 9 600 en Ontario. Le pourcentage de survie après cinq ans est, en moyenne, de 97 % en Ontario (Drost et al. 2018). À l’heure actuelle, le fardeau économique de ce cancer particulier au Canada est inconnu, mais le coût à vie totalisait, en 2000, 9,76 milliards de dollars (Grover et al., 2000). Lorsqu’au début des années 1990 des tests de dépistage de l’antigène prostatique spécifique (APS) ont été mis en place au Canada et aux États-Unis, les taux de cancer de la prostate sont devenus les plus élevés au monde (Culp et al., 2019).
Les antigènes prostatiques spécifiques sont des glycoprotéines produites principalement par les cellules épithéliales qui tapissent les canaux et les acini de la prostate. Il semble qu’une perturbation de l’architecture glandulaire normale de la prostate facilite l’accès de l’APS à la circulation générale; un taux élevé d’APS dans le sang indique donc un possible cancer ou un autre problème lié à la prostate (Kim et Andriole, 2015). Le test de l’APS a d’abord été conçu pour mesurer la réaction de la prostate au traitement du cancer. Par suite d’une étude ayant montré en 1991 qu’il détectait efficacement le cancer de la prostate, son utilisation a été approuvée au Canada (Catalona et al., 1991). On a ensuite autorisé le recours au test de l’APS uniquement chez les hommes présentant des symptômes[4]. Or, depuis 1991, il est de plus en plus utilisé en tant qu’outil de dépistage chez les hommes asymptomatiques aussi. Bien qu’il n’y ait pas de consensus sur la définition d’un niveau d’APS dit « normal », lorsqu’il se situe en deçà de 4,0 μg/L, le niveau est généralement jugé normal, tandis que s’il dépasse 4,0 μg/L, un examen plus approfondi est préconisé (Taksler et al., 2018). Il est toutefois important de noter que le test de l’APS ne constitue pas un diagnostic en soit. Si le résultat est élevé, il faut procéder à une biopsie de la prostate pour diagnostiquer s’il y a cancer ou pas (Taksler et al., 2018).
Avant l’introduction du test de l’APS au Canada, les taux de cancer de la prostate étaient de 3,4 % par an; ces taux ont grimpé à 25,4 % lorsqu’on a commencé à tester l’APS (Feletto et al., 2015). Puisqu’il faut un examen plus poussé pour démontrer la présence d’un cancer, un faux positif peut mener à des traitements non nécessaires comme une biopsie de la prostate. En outre, les tests diagnostiques subséquents risquent d’engendrer des effets néfastes : angoisse psychologique, complications post-biopsie (fièvre, douleur, hémospermie ou hématurie, voire une sepsie) et autres complications post-chirurgicales (Fenton et al., 2018). Encore aujourd’hui, les avantages du test de l’APS sont controversés : les preuves des essais attestant une réduction de la mortalité sont contradictoires et l’allongement potentiel de l’espérance de vie se fait au détriment d’une diminution de la qualité de vie due au surdiagnostic et au surtraitement. De plus, comme les avantages sont incertains, des organisations médicales en Europe et aux États-Unis, comme l’Association européenne d’urologie et le United States Preventive Services Task Force (USPSTF), ne recommandent désormais plus le test à quiconque (Ito et al., 2019; Light et al., 2019).
En réaction aux recommandations publiées par le USPSTF, le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP) a formulé des recommandations similaires contre le dépistage de l’APS chez les hommes en santé, quel que soit leur âge (LeBlance et al., 2019). Voici les directives qui s’appliquent actuellement aux tests de l’APS aux fins de dépistage et de diagnostic en Ontario :
Homme de 40 ans et plus ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate.
Homme qui, en raison de son origine raciale, court un risque accru de développer un cancer de la prostate, comme les Afro-Canadiens.
Homme de 50 à 75 ans (dont l’espérance de vie est d’au moins dix ans; les directives de l’Ontario ne recommandent pas le test de l’APS aux hommes de plus de 75 ans).
Homme de tout âge dont le médecin accepte de réaliser le test, moyennant des frais (Webster et al., 2017).
Malgré les changements appliqués aux directives provinciales et nationales au cours des dernières années et la valeur équivoque des tests de l’APS, les initiatives visant à caractériser l’évolution du recours au dépistage par la population générale se sont faites plutôt rares. La présente étude vise en premier lieu à dégager les changements survenus entre 2003 et 2012 dans les pratiques de dépistage de l’APS des Ontariens de 35 ans et plus et, en deuxième lieu, à étudier l’association de facteurs déterminés (âge, revenu, niveau d’éducation et suivi régulier auprès d’un médecin) à la probabilité de faire un dépistage. De plus, nous avons examiné le degré de conformité aux directives actuelles sur tests de l’APS.
MATÉRIEL ET MÉTHODOLOGIE
Population à l’étude
L’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) est une enquête transversale qui vise à recueillir des renseignements sur l’état de santé, l’utilisation des services de santé et les déterminants de la santé de la population canadienne. Elle est réalisée auprès d’un grand échantillon de répondants et conçue pour fournir des estimations fiables à l’échelle de la région sociosanitaire. L’ESCC couvre environ 98 % de la population à domicile de 12 ans et plus ne vivant pas en établissement dans toutes les provinces et les territoires. En 2003, l’ESCC a utilisé trois bases d’échantillonnage en vue de la sélection des ménages. Pendant ce cycle, l’ESCC a sondé 134 072 personnes partout au pays, dont 42 777 en Ontario. Chaque répondant était issu d’un ménage distinct. La majorité des ménages provenaient d’une base aréolaire. Ont aussi été utilisées une base de sondage à composition aléatoire et une base de numéros de téléphone dans certaines régions sociosanitaires. En 2003, l’ESCC a obtenu un taux de réponse de 80,7 %. Une description de l’enquête de l’ESCC se trouve sur le site Web de Statistique Canada (McAlpine et al., 2018).
Dans le cadre de la collecte de données de l’ESCC de 2012, 61 707 participants ont été interviewés au Canada, dont 21 257 en Ontario. Il s’agissait d’entrevues sur place assistées par ordinateur, la majorité (87 %) ayant été réalisées en personne. Le taux de réponse a été de 79,8 %. En 2012, la taille de l’échantillon a diminué de 53 % par rapport à 2003 à l’échelle nationale et de 50 % en Ontario. Des échantillons de répondants indépendants ont été interrogés pour les enquêtes de 2003 et 2012. Pour notre étude, nous avons utilisé le fichier de microdonnées publiques.
Données colligées
Dans le cadre de la présente étude, les répondants étaient des hommes vivant en Ontario, âgés de 35 ans et plus et ayant dévoilé s’ils avaient déjà passé un test de l’APS. L’échantillon étudié a été classé en cinq tranches d’âge correspondant aux groupes des directives sur l’âge relativement au test de l’APS : 35 à 49, 50 à 59, 60 à 69, 70 à 74 ans et 75 ans et plus. Les caractéristiques sociodémographiques prises en compte dans l’analyse étaient les suivantes : âge à l’entrevue, suivi régulier auprès d’un médecin, niveau d’éducation, revenu du ménage, statut tabagique, état matrimonial, origine raciale et pays de naissance. Puisque la catégorisation du revenu variait légèrement selon l’enquête, nous avons effectué la division dichotomique suivante : < 80 000 $ et ≥ 80 000 $.
Stratégies d’analyse
Les analyses se limitaient aux hommes de l’Ontario, âgés de 35 ans et plus et ayant répondu à la question sur la réalisation d’un test sanguin de dépistage de l’APS. Nous avons produit des estimations de fréquence pour décrire les caractéristiques de la population étudiée. Les données ont été pondérées au moyen des points d’échantillonnage issus de l’ESCC pour représenter la population masculine de l’Ontario âgée de 35 à 75 ans et plus. Voici les renseignements demandés à la suite de la question sur le recours au test de l’APS : date du dernier test de l’APS, raisons du recours au test, antécédents familiaux, suivi régulier auprès d’un médecin, âge, problèmes de prostate et suivi pour ces problèmes, autres commentaires. Les questions des deux éditions de l’enquête étaient identiques, à l’exception de l’« origine raciale » en tant que raison possiblement invoquée pour se soumettre au test (éliminée de la version la plus récente). Seules les valeurs P des données non redressées ont été calculées et soumises à un test de signification au niveau de confiance de 95 % pour connaître la proportion entre 2003 et 2012 au moyen d’un test Z.
Nous avons quantifié et classé les différences entourant le recours au test de l’APS entre 2003 et 2012 et nous avons mesuré les différences entre les variables à l’aide du test chi carré. Les modèles de régression logistique ont ensuite été appliqués afin d’examiner l’influence de certains facteurs déterminés – âge, revenu, suivi régulier auprès d’un médecin, etc. – sur la probabilité d’être testé. Pour examiner plus en profondeur la nature potentiellement opportuniste du dépistage et déterminer les principaux facteurs entraînant le dépistage opportuniste de l’APS en Ontario, nous avons mené une analyse distincte. À l’aide des directives de l’Ontario sur les tests de l’APS, nous avons créé deux catégories, soit les tests « opportunistes » et « non opportunistes ». Un test était classé « opportuniste » s’il répondait aux critères suivants :
Réalisation du test de l’APS en l’absence de symptômes.
Réalisation du test de l’APS en l’absence d’antécédents familiaux ou de prédisposition raciale.
Réalisation du test auprès d’hommes des groupes d’âge de 35 à 50 ans ou de 75 ans et plus.
Réalisation du test dans l’année précédant la participation à l’enquête.
Les tests non opportunistes étaient donc ceux qui respectaient les directives de l’Ontario sur les tests de l’APS ou qui avaient été faits dans l’année entourant la participation à l’enquête14. Nous nous sommes ensuite servis de ces nouvelles variables dichotomiques dépendantes (test opportuniste ou non opportuniste) que nous avons appliquées à des modèles de régression logistique afin d’examiner l’influence des facteurs déterminés sur la probabilité du recours à des tests de l’APS opportuniste ou non opportuniste. Les analyses statistiques ont été réalisées sur le logiciel statistique SAS, version 9.1 (Saab et al., 2018). Le degré de signification statistique de cette étude a été fixé à P < .05.
RÉSULTATS
Les caractéristiques des hommes échantillonnés par l’ESCC ne variaient pas de façon significative (voir le tableau 1), sauf que les hommes interrogés en 2012 étaient nettement plus âgés que ceux interrogés en 2003. Lors des deux enquêtes, plus de 90 % des répondants ont indiqué être suivi régulièrement par un médecin, et une vaste majorité des hommes ayant passé un test de l’APS ont déclaré que ce dernier faisait partie d’un examen médical régulier. Toutefois, les directives de la province étaient mieux respectées en 2003 qu’en 2012 (figure 1). En effet, en 2012, le test de l’APS était plus utilisé qu’en 2003, tous groupes d’âge confondus. Les examens médicaux réguliers étaient la raison la plus fréquemment invoquée pour effectuer le test de l’APS entre 2003 et 2012. Par ailleurs, les raisons justifiant la réalisation d’un test de l’APS sont pratiquement restées inchangées. En 2003 et 2012, plus 50 % des répondants ont signalé avoir passé un test de l’APS dans la dernière année (voir le tableau 2).
Tableau 1.
Caractéristiques descriptives des hommes ayant participé à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes en 2003 et en 2012
| Caractéristiques des répondants | 2003 N=2 962 073 | 2012 N=3 681 144 | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Âge | % | % | Valeur P | ||
| De 35 à 49 | 1 403 226 | 47 | 1 356 911 | 39 | <,0001 |
| De 50 à 59 | 727 774 | 25 | 906 546 | 26 | 0,512 |
| De 60 à 69 | 457 668 | 15 | 695 042 | 20 | < ,0001 |
| De 70 à 74 | 162 286 | 5 | 193 944 | 6 | ,001 |
| 75 et plus | 211 119 | 7 | 284 510 | 8 | <,0001 |
| Suivi régulier auprès d’un médecin | |||||
| Oui | 2 679 567 | 90 | 3 163 645 | 92 | <,0001 |
| Non | 281 929 | 10 | 271 877 | 8 | <,0001 |
| Niveau de scolarité du répondant | |||||
| Diplôme d’études postsecondaires | 513 832 | 18 | 228 859 | 7 | <,0001 |
| Études secondaires partielles | 536 614 | 19 | 421 605 | 12 | ,169 |
| Diplôme d’études secondaires | 186 823 | 6 | 93 415 | 3 | <,0001 |
| Autres études postsecondaires | 1 653 924 | 57 | 2 645 674 | 78 | <,0001 |
| Revenu du ménage | |||||
| Moins de 80 000 $ | 1 669 413 | 63 | 1 747 801 | 52 | <,0001 |
| Plus de 80 000 $ | 967 009 | 37 | 1 640 697 | 48 | <,0001 |
| Statut de tabagisme | |||||
| Jamais | 2 279 681 | 77 | 2 829 235 | 78 | <,0001 |
| Quotidien | 555 072 | 19 | 701 642 | 19 | <,0001 |
| Occasionnel | 117 169 | 4 | 116 928 | 3 | <,0001 |
| État matrimonial | |||||
| Marié | 2 256 575 | 76 | 2 664 836 | 76 | ,010 |
| Veuf ou célibataire | 290 853 | 10 | 440 207 | 7 | ,120 |
| Jamais marié | 244 590 | 8 | 324 340 | 12 | ,733 |
| Conjoint de fait | 162 807 | 6 | 245 276 | 9 | ,025 |
| Origine culturelle ou raciale | |||||
| Blanc | 2 450 453 | 85 | 2 786 548 | 79 | <,0001 |
| Minorité visible | 434 360 | 15 | 761 444 | 21 | <,0001 |
| Pays de naissance | |||||
| Canada | 2 085 583 | 72 | 2 344 204 | 66 | <,0001 |
| Autre | 804 027 28 | 1 | 192 133 | 34 | <,0001 |
Figure 1.
Pourcentage des hommes (de 35 ans et plus) ayant déclaré avoir subi un test de l’APS parmi les participants de l’Ontario (6 654 en 2003 et 6 220 en 2012)
Tableau 2.
Caractéristiques des répondants relativement à l’APS et répartition par âge en pourcentage des réponses autodéclarées à l’ESCC de 2003 et 2012
| N = 2 962 072 (2003) | N = 3 681 144 (2012) | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Groupe d’âge % | Groupe d’âge % | ||||||||
| 35 à 49 | 50 à 75 | 75 et plus | % global | 35 à 49 | 50 à 75 | 75 et plus | % global | Valeur P* | |
| Avez-vous déjà passé un test de l’APS? | |||||||||
| Oui | 18 | 68 | 74 | 44 | 20 | 71 | 84 | 52 | <,001 |
| Non | 82 | 32 | 26 | 56 | 80 | 29 | 16 | 48 | |
| À quand remonte votre dernier test de l’APS? | |||||||||
| ≤ 1 an | 17 | 72 | 11 | 58 | 15 | 74 | 11 | 55 | <,001 |
| > 1 an | 83 | 28 | 89 | 42 | 85 | 26 | 89 | 45 | |
| Raisons invoquées pour réaliser le test de l’APS (hommes ayant eu recours au test) | |||||||||
| n = 1 261 321 (2003) | n = 1 923 239 (2012) | ||||||||
| Examen médical régulier | |||||||||
| Oui | 75 | 78 | 67 | 76 | 75 | 77 | 72 | 76 | <,001 |
| Non | 25 | 22 | 33 | 24 | 25 | 23 | 28 | 24 | |
| Vieillissement | |||||||||
| Oui | 8 | 9 | 18 | 15 | 75 | 77 | 72 | 24 | <,001 |
| Non | 92 | 91 | 82 | 85 | 15 | 23 | 28 | 76 | |
| Suivi pour un problème lié à l’APS | |||||||||
| Oui | 8 | 9 | 18 | 10 | 6 | 9 | 18 | 10 | <,001 |
| Non | 92 | 91 | 82 | 90 | 94 | 91 | 82 | 90 | |
| Suivi d’un traitement de la prostate | |||||||||
| Oui | 1 | 3 | 10 | 3 | 0 | 3 | 11 | 4 | <,001 |
| Non | 99 | 77 | 90 | 97 | 100 | 77 | 89 | 96 | |
| Autres raisons liées à l’APS | |||||||||
| Oui | 4 | 4 | 4 | 4 | 6 | 9 | 18 | 10 | |
| Non | 96 | 96 | 96 | 96 | 94 | 91 | 82 | 90 | |
| Antécédents familiaux de cancer de la prostate | |||||||||
| Oui | 11 | 4 | 3 | 5 | 14 | 6 | 2 | 6 | |
| Non | 89 | 96 | 97 | 95 | 86 | 94 | 98 | 94 | |
La valeur P a été calculée au moyen d’un test Z à partir des proportions des deux éditions de l’enquête.
En 2003, l’association entre le recours au test de l’APS et l’âge était plus prononcée chez les hommes au revenu égal ou supérieur à 80 000 $ et ayant un suivi régulier auprès d’un médecin, comparativement aux hommes dont le revenu était inférieur. Cet effet s’est amplifié en 2012 (figure 3). Nous avons constaté la même relation en limitant l’analyse aux hommes non suivis par un médecin régulier (figure 4). Une régression logistique sur l’enquête de 2012, redressée en fonction de l’âge, a dégagé des variables de prédiction pertinente pour les tests de l’APS : les hommes qui étaient régulièrement suivis par un médecin avaient quatre fois plus de chances d’avoir réalisé un test de l’APS que les hommes qui ne l’étaient pas (RC 4,4 IC 3,7– 4,9 <0,05); les hommes ayant une éducation postsecondaire étaient significativement plus susceptibles d’avoir subi un test de l’APS que les répondants moins scolarisés (RC 2,1 IC = 1,8 à 2,4 <0,05), les hommes dont le revenu excédait 80 000 $ (RC 1,6 IC 1,5–1,85), les non-fumeurs (RC 1,7 IC 1,6–2,1) et les hommes mariés (voir le tableau 3). De plus, en 2012, l’indicateur le plus fiable pour avoir déjà eu un dépistage était le groupe d’âge 70 à 75 ans (RC 27,9 IC 22,1–33,9). La figure 2 illustre la réalisation du test de l’APS selon l’âge comparativement aux directives de l’âge de dépistage l’APS en Ontario, révélant qu’en 2012, la probabilité d’avoir fait le test augmente chez les groupes d’âge de plus de 55 ans par rapport à 2003. Le tableau 4 montre notre analyse des tests de l’APS opportunistes en 2012. Après un redressement, l’indicateur le plus fiable de réalisation d’un test de l’APS opportuniste et non opportuniste était le fait d’être suivi régulièrement par un médecin (RC 2,3 IC 1,2 à 4,4).
Figure 3.
Diagramme à barres montrant la relation entre le fait d’être suivi régulièrement par un médecin, l’âge et le revenu sur la probabilité d’avoir passé un test de l’APS en 2003 et en 2012
Figure 4.
Diagramme à barre montrant la relation entre le fait ne pas être suivi régulièrement par un médecin, l’âge, le revenu et la probabilité d’avoir passé un test de l’APS en 2003 et 2012
Tableau 3.
Rapport des cotes des caractéristiques déterminées au sein des participants de l’Ontario ayant subi un test de l’APS, âgés de 35 ans et plus et ayant répondu à l’ESCC en 2003 et 2012
| N | Rapports des cotes non redressées en 2003 n = 7 281 |
IC 95 % | Correction en fonction de l’âge | IC 95 % | Rapports des cotes en 2012 n = 7101 |
Rapports des cotes non redressées | IC 95 % | Redressement en fonction de l’âge | IC 95 % | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Âge | oui | non | oui | non | ||||||||
| De 35 à 49 | 496 | 2 275 | 1 | - | 629 | 2 664 | 1 | - | ||||
| De 50 à 59 | 984 | 698 | 6,5 | (5,6 – 7,4) | 1 810 | 957 | 8,1 | (7,1 – 9,0) | ||||
| De 60 à 69 | 1 093 | 362 | 13,8 | (11,9 – 16,1) | 2 473 | 484 | 22,0 | (18,9 – 24,7) | ||||
| De 70 à 75 | 469 | 126 | 15,5 | (12,9 – 18,4) | 1 012 | 153 | 27,9 | (22,1 – 33,9) | ||||
| 75 et plus | 553 | 225 | 9,1 | (7,2 – 11,7) | 1 178 | 303 | 16,5 | (14,1 – 19,2) | ||||
| Suivi régulier auprès d’un médecin | ||||||||||||
| Non | 168 | 537 | 1 | - | 1 | - | 138 | 2031 | 1 | - | 1 | - |
| Oui | 3 427 | 3 149 | 3,5 | (2,9 – 4,2) | 2,9 | (2,3 – 3,5) | 3 696 | 356 | 4,3 | (3,7 – 4,9) | 4,4 | (3,7 – 5,2) |
| Niveau le plus élevé de scolarité du ménage | ||||||||||||
| Études sec. partielles | 544 | 444 | 1 | - | 1 | - | 380 | 196 | 1 | - | 1 | - |
| Diplôme d’études sec. | 457 | 530 | 0,7 | (0,6 – 0,8) | 1,3 | (1,1 – 1,6) | 556 | 51 | 0,9 | (0,8 – 1,1) | 1,6 | (1,3 – 1,8) |
| Certaines études postsec. | 2 274 | 2 388 | 0,9 | (0,6 – 0,9) | 1,4 | (1,1 – 1,7) | 88 | 1 643 | 0,9 | (0,7 – 1,1) | 1,9 | (1,3 – 2,6) |
| Diplôme d’études postsec. | 180 | 205 | 0,9 | (0,7 – 0,9) | 1,5 | (1,3 – 1,5) | 2 554 | 300 | 0,9 | (0,7 – 0,9) | 2,1 | (1,8 – 2,4) |
| Revenu du ménage | ||||||||||||
| Moins de 80 000 $ | 2 366 | 2 305 | 1 | - | 1 | - | 2535 | 1418 | 1 | - | 1 | - |
| Plus de 80 000 $ | 881 | 1 102 | 1,3 | (1,3 – 1,4) | 1,1 | (1,0 – 1,3) | 1 297 | 970 | 0,8 | (0,7 – 0,8) | 1,6 | (1,5 – 1,8) |
| Statut de tabagisme | ||||||||||||
| Quotidien | 493 | 962 | 1 | - | 1 | - | 497 | 576 | 1 | - | 1 | - |
| Occasionnel | 102 | 187 | 1,1 | (0,8 – 1,4) | 1.4 | (1,1 – 1,9) | 106 | 1 677 | 1,1 | (0,9 – 1,4) | 1,7 | (1,3 – 2,1) |
| Jamais | 2 989 | 2 520 | 2,3 | (2,1 – 2,6) | 1.7 | (1,5 – 1,9) | 3 190 | 108 | 2,3 | (2,0 – 2,5) | 1,7 | (1,7 – 2,1) |
| Origine culturelle ou raciale | ||||||||||||
| Minorité visible | 206 | 398 | 1 | - | 1 | - | 309 | 384 | 1 | - | 1 | - |
| Blanc | 3 300 | 3 183 | 2,0 | (1,6 – 2,4) | 1.6 | (1,3 – 1,9) | 3 363 | 1 891 | 2,4 | (2,1–2,7) | 1,3 | (1,2 – 1,6) |
| Pays de naissance | ||||||||||||
| Autre | 749 | 741 | 1 | - | 1 | - | 872 | 532 | 1 | - | 1 | - |
| Canada | 2 772 | 2 853 | 0,9 | (0,8 – 1,1) | 1.1 | (1,0–1,3) | 2 809 | 1 745 | 1,5 | (0,9 – 2,4) | 1,0 | (0,6 – 1,9) |
| État matrimonial | ||||||||||||
| Marié | 1 201 | 1 007 | 1 | - | 1 | - | 1 100 | 862 | 1 | - | 1 | - |
| Conjoint de fait | 230 | 491 | 0,4 | (0,4 – 0,5) | 0.7 | (0,6 – 0,8) | 322 | 349 | 0,5 | (0,4 – 0,6) | 0,7 | (0,6 – 0,9) |
| Veuf | 509 | 297 | 1,6 | (1,4 – 1,8) | 0.4 | (0,3 – 0,5) | 586 | 184 | 1,7 | (1,4 – 2,0) | 0,4 | (0,3 – 0,4) |
| Séparé | 226 | 374 | 0,6 | (0,5 – 0,7) | 0.6 | (0,5 – 0,8) | 276 | 240 | 0,6 | (0,5 – 0,7) | 0,8 | (0,7 – 0,9) |
| Divorcé | 486 | 641 | 0,7 | (0,6 – 0,8) | 0.7 | (0,6 – 0,8) | 571 | 378 | 0,8 | (0,7 – 0,9) | 0,8 | (0,6 – 0,9) |
| Célibataire | 492 | 1 327 | 0,3 | (0,3 – 0,4) | 0.5 | (0,5 – 0,6) | 636 | 889 | 0,4 | (0,3 – 0,4) | 0,6 | (0,5 – 0,6) |
Figure 2.
Nombre d’hommes ayant déclaré avoir subi un test de l’APS conformément aux directives de l’Ontario sur l’âge (50 à 75 ans) et ayant participé aux Enquêtes sur les collectivités canadiennes en 2003 et 2012
Représente les lignes directrices de l’Ontario sur l’âge de dépistage en 2012
Tableau 4.
Comparaison des tests opportunistes et non opportunistes
| APS <1 an* | Opport.† | Non opport.†† | Non redressé | Redressé± | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| n | n | %** | Rapport de cotes | IC 95 % | Rapport de cotes | IC 95 % | |
| Suivi régulier auprès d’un médecin | |||||||
| Oui | 913 | 2 880 | 31 | 1,9 | 1,1 – 3,4 | 2,3 | 1,2 – 4,4 |
| Non | 14 | 84 | 17 | 1 | - | 1 | - |
| Éducation | |||||||
| Études secondaires partielles | 133 | 237 | 56 | 1 | - | 1 | - |
| Diplôme d’études secondaires | 134 | 383 | 35 | 0,6 | 0,5 – 0,8 | 0,7 | 0,6 – 1,0 |
| Autres études postsecondaires | 17 | 78 | 22 | 0,4 | 0,2 – 0,7 | 0,5 | 0,3 – 0,9 |
| Diplôme d’études postsecondaires | 588 | 2 056 | 29 | 0,5 | 0,4 – 0,6 | 0,7 | 0,5 – 0,9 |
| Revenu du ménage | |||||||
| < 80 000 $ | 637 | 1 825 | 35 | 1 | - | 1 | - |
| ≥ 80 000 $ | 290 | 1 086 | 27 | 0,8 | 0,7 – 0,8 | 1,1 | 1,0 – 1,7 |
| Statut de tabagisme | |||||||
| Quotidien | 65 | 348 | 16 | 1 | - | 1 | - |
| Occasionnel | 24 | 70 | 26 | 1,8 | 1,1 – 3,1 | 1,8 | 1,1 – 3,3 |
| Jamais | 823 | 2 477 | 25 | 1,8 | 1,3 – 2,3 | 1,6 | 1,2 – 2,1 |
| État matrimonial | |||||||
| Célibataire et jamais marié | 99 | 212 | 20 | 1 | - | 1 | - |
| Marié | 563 | 2 047 | 13 | 0,6 | 0,5 – 0,8 | 0,5 | 0,3 – 0,6 |
| Conjoint de fait | 34 | 131 | 11 | 0,6 | 0,4 – 0,9 | 0,5 | 0,3 – 0,8 |
| Veuf | 157 | 149 | 36 | 2,3 | 1,6 – 3,1 | 1,3 | 0,9 – 1,9 |
| Séparé | 28 | 118 | 11 | 0,5 | 0,3 – 0,8 | 0,5 | 0,3 – 0,8 |
| Divorcé | 46 | 248 | 6 | 0,4 | 0,3 – 0,6 | 0,4 | 0,2 – 0,5 |
| Pays de naissance | |||||||
| Autre | 240 | 636 | 1 | 1 | - | ||
| Canada | 653 | 2 200 | 1,3 | 1,1 – 1,5 | 1,0 | 0,5 – 2,1 | |
527 hommes ont répondu « Je ne sais pas » ou ont refusé de répondre aux questions sur les critères d’inclusion, y compris la question sur la réalisation du test de l’APS en raison d’antécédents familiaux. Ils n’ont pas été pris en compte dans l’analyse.
Opport. : Test de l’APS opportuniste, qui se définit comme un test de l’APS mené auprès d’une personne de moins de 50 ans, de plus de 75 ans, pour un dépistage asymptomatique, n’ayant pas signalé être d’origine noire ou africaine et ayant passé un test au cours de la dernière année.
Non opport. : Test de l’APS non opportuniste, qui se définit comme étant conforme aux directives de l’Ontario sur le dépistage de l’APS, c’est-à-dire entre 50 et 75 ans, toutes origines confondues.
Le pourcentage est présenté sous forme de proportion entre le dépistage opportuniste et non opportuniste de l’APS pour chaque catégorie.
Redressé en fonction de l’âge, de l’éducation, du revenu du ménage, du statut de tabagisme, de l’état matrimonial et du pays de naissance.
DISCUSSION
Nous avons constaté une augmentation générale du recours au test de l’APS en Ontario entre 2003 et 2012. Les résultats de l’analyse suggèrent que la majorité des tests faisaient partie d’un examen médical et que les hommes s’y soumettant voyaient régulièrement un médecin. La probabilité d’avoir passé un test augmentait aussi avec l’âge. Nous en concluons que les tests de l’APS sont réalisés de façon opportuniste en Ontario. A fortiori, si les médecins et les patients respectaient réellement les directives de l’Ontario sur le dépistage du cancer de la prostate, les raisons de mener un test de l’APS seraient liées aux antécédents familiaux, à l’âge, à des problèmes de prostate ou à un suivi général d’un problème. Cela n’est pas étayé par les données, bien qu’aucune validation des réponses de l’ESCC n’ait été entreprise.
La raison pour laquelle l’effet de l’âge, du revenu et du niveau d’éducation s’est révélé plus important en 2012 qu’en 2003 pourrait s’expliquer par le fait que les patients étaient plus âgés dans l’échantillon de 2012, ce qui justifierait leur niveau plus élevé d’éducation. Cependant, comme l’enquête était transversale, certaines nuances au sein des données sont difficiles à expliquer. L’effet modificateur de l’âge, accentué en 2012, surtout lorsque combiné au revenu, pourrait s’expliquer par une plus grande susceptibilité des hommes âgés et bien nantis à passer des examens physiques et médicaux réguliers, ce qui augmente la chance d’aborder la question du dépistage du cancer de la prostate et d’y avoir accès. Une autre explication pourrait résider dans le fait qu’en 2012, les jeunes hommes étaient peut-être plus conscients des risques associés au dépistage de l’APS et donc moins enclins à y recourir que les hommes âgés. De surcroît, le médecin a sans doute moins tendance à aborder le sujet avec les hommes jeunes. Par ailleurs, ces derniers peuvent avoir de la difficulté à consulter un médecin s’ils travaillent à temps plein.
Globalement, dans le cadre de nos recherches sur l’âge et le revenu, notre modèle logistique a révélé qu’un homme dont le revenu est égal ou supérieur à 80 000 $ était nettement plus susceptible d’avoir eu recours à un test de l’APS à mesure qu’il montait dans les catégories d’âge qu’un homme touchant moins de 80 000 $. En 2012, l’âge était le facteur déterminant pour réaliser un test de l’APS, même si les variables indépendantes ont été bien plus prédictives en 2012 qu’en 2003. L’influence d’un suivi régulier auprès d’un médecin n’est peut-être pas une caractéristique aussi influente que l’âge et l’aisance financière du répondant. Les principaux facteurs intervenant dans la probabilité qu’un test de l’APS classé opportuniste soit mené étaient l’âge et le suivi régulier par un médecin.
La polémique entourant le test de l’APS porte sur le fait que des hommes atteints d’une tumeur potentiellement maligne bénéficieraient d’un test de l’APS et, selon leur âge, pourraient être traités. Or, certains cancers de la prostate à croissance lente, qui n’auraient pas été détectés sans le test, n’entraîneront peut-être jamais de symptômes et ne réduiront pas l’espérance de vie. Ainsi, les hommes testés pourraient subir inutilement de l’anxiété, des tests et des traitements médicaux, de même que les effets secondaires inhérents. Il reste à voir comment les récentes directives du GECSSP, qui stipulent qu’aucun homme ne doit subir de test de dépistage du cancer de la prostate, quels que soient son âge ou ses facteurs de risque, influenceront les directives de l’Ontario sur les tests de l’APS.
IMPLICATIONS POUR LA PRATIQUE
La recherche suggère que les hommes ont tendance à se renseigner de façon passive, plutôt qu’active, sur le dépistage du cancer de la prostate. Les personnes ayant une démarche active de collecte d’information iront sur le Web, alors que celles qui ont une démarche passive se renseigneront auprès de leur médecin de famille et des professionnels de la santé (Beaulac et al., 2006; Driedger et al.., 2017; James et al., 2017; McAlpine et al., 2018; Saab et al., 2018). Les infirmières sont donc dans une position privilégiée pour communiquer les risques et les avantages du dépistage du cancer de la prostate afin de bien se faire comprendre par les patients. Les études comme la nôtre peuvent aider à comprendre les raisons motivant un dépistage, lesquelles sont souvent influencées par de multiples facteurs comme l’accès à un médecin, l’âge, le niveau d’éducation et le revenu. Les infirmières sont à même de renseigner les patients sur les avantages et les inconvénients du dépistage en se fondant sur des ressources comme les recommandations publiées récemment par l’USPSTF (selon lesquelles aucun homme ne devrait se soumettre à un test de l’APS) et les directives de l’Ontario. En outre, les infirmières peuvent informer les patients des arguments en faveur des tests de l’APS (ex. détection précoce de tumeurs malignes et vie potentiellement sauvée) et les inconvénients (faux positif pouvant engendrer des traitements inutiles et une exposition à des risques comme les infections).
CONCLUSION
En l’absence d’une interprétation claire de nos résultats et en raison de la nature transversale des données, il n’est pas possible d’établir une causalité entre les facteurs associés. Nos constats suggèrent tout de même une faible observance des directives de l’Ontario relatives à l’âge lors d’un dépistage de l’APS ainsi qu’une prévalence d’un dépistage opportuniste de l’APS préconisé par les médecins. De plus, les résultats de la présente étude devraient faire autorité pour les nouvelles recherches ou politiques en Ontario compte tenu des risques liés aux faux positifs et aux préjudices physiques engendrés par le dépistage du cancer de la prostate, de même que le fardeau économique du surdiagnostic.
REMERCIEMENT
Nous voudrions particulièrement remercier le Dr Paul Villeneuve, dont le soutien et les conseils ont permis de mener à bien cette étude.
RÉFÉRENCES
- Beaulac JA, Fry RN, Onysko J. Lifetime and recent prostate specific antigen (PSA) screening of men for prostate cancer in Canada. Canadian Journal of Public Health. 2006;97(3):171–176. doi: 10.1007/BF03405578. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Catalona WJ, Smith DS, Ratliff TL, Dodds KM, Coplen DE, Yuan JJ, Petros JA, Andriole GL. Measurement of prostate-specific antigen in serum as a screening test for prostate cancer. New England Journal of Medicine. 1991;324(17):1156–1161. doi: 10.1056/NEJM199104253241702. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- Culp MB, Soerjomataram I, Efstathiou JA, Bray F, Jemal A. Recent global patterns in prostate cancer incidence and mortality rates. European Urology. 2019. https://www.ncbi.nlm.nih.gov. [DOI] [PubMed]
- Driedger SM, Annable G, Brouwers M, Turner D, Maier R. Can you un-ring the bell? A qualitative study of how affect influences cancer screening decisions. BMC Cancer. 2017;17(1):647. doi: 10.1186/s12885-017-3596-7. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Drost F-JH, Rannikko A, Valdagni R, Pickles T, Kakehi Y, Remmers S, van der Poel HG, Bangma CH, Roobol MJ. Can active surveillance really reduce the harms of overdiagnosing prostate cancer? A reflection of real life clinical practice in the PRIAS study. Translational Andrology and Urology. 2018;7(1):98. doi: 10.21037/tau.2017.12.28. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Feletto E, Bang A, Cole-Clark D, Chalasani V, Rasiah K, Smith DP. An examination of prostate cancer trends in Australia, England, Canada and USA: Is the Australian death rate too high? World Journal of Urology. 2015;33(11):1677–1687. doi: 10.1007/s00345-015-1514-7. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Fenton JJ, Weyrich MS, Durbin S, Liu Y, Bang H, Melnikow J. Prostate-specific antigen-based screening for prostate cancer: A systematic evidence review for the US preventive services task force. JAMA. 2018;319(18):1914–1931. doi: 10.1001/jama.2018.3712. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- Grover SA, Coupal L, Zowall H, Rajan R, Trachtenberg J, Elhilali M, Chetner M, Goldenberg L. The economic burden of prostate cancer in Canada: Forecasts from the Montreal Prostate Cancer Model. CMAJ. 2000;162(7):987–992. [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Ito K, Oki R, Sekine Y, Arai S, Miyazawa Y, Shibata Y, Suzuki K, Kurosawa I. Screening for prostate cancer: History, evidence, controversies and future perspectives toward individualized screening. International Journal of Urology. 2019;26(10):956–70. doi: 10.1111/iju.14039. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- James LJ, Wong G, Craig JC, Hanson CS, Ju A, Howard K, Usherwood T, Lau H, Tong A. Men’s perspectives of prostate cancer screening: A systematic review of qualitative studies. PloS one. 2017;12(11):e0188258. doi: 10.1371/journal.pone.0188258. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Kim EH, Andriole GL. Prostate-specific antigen-based screening: Controversy and guidelines. BMC Medicine. 2015;13(1):61. doi: 10.1186/s12916-015-0296-5. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- LeBlanc AG, Demers A, Shaw A. Recent trends in prostate cancer in Canada. Health Reports. 2019;30(4):12–17. doi: 10.25318/82-003-x201900400002-eng. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- Light A, Elhage O, Marconi L, Dasgupta P. Prostate cancer screening: Where are we now? BJU International. 2019;123(6):916–917. doi: 10.1111/bju.14692. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- McAlpine K, Lewis KB, Trevena LJ, Stacey D. What is the effectiveness of patient decision aids for cancer-related decisions? A systematic review subanalysis. JCO Clinical Cancer Informatics. 2018;2:1–13. doi: 10.1200/CCI.17.00148. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- Saab MM, Reidy M, Hegarty J, O’Mahony M, Murphy M, Von Wagner C, Drummond FJ. Men’s information-seeking behavior regarding cancer risk and screening: A meta-narrative systematic review. Psycho-oncology. 2018;27(2):410–419. doi: 10.1002/pon.4506. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- Taksler GB, Keating NL, Rothberg MB. Implications of false-positive results for future cancer screenings. Cancer. 2018;124(11):2390–2398. doi: 10.1002/cncr.31271. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- Webster TM, Lau E, Newell KJ. Implications of prostatespecific antigen screening guidelines on clinical practice at a Canadian regional community hospital. Canadian Urological Association Journal. 2017;11(8):283. doi: 10.5489/cuaj.4140. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]




