L’urgence mondiale qu’est la Covid-19 n’a pas écarté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de ses autres dossiers urgents. Antibiorésistance, incitation à l’activité physique, poursuite de la lutte contre le paludisme... ont figuré dans l’actualité de l’OMS au même titre que le Sars-CoV-2. Et la promesse : « Un avenir sans cancer », résumant sa stratégie mondiale pour accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus.
Lancée en novembre, elle consiste en trois étapes clés : vaccination, dépistage, traitement. Une mise en œuvre réussie de ces trois étapes pourrait réduire de plus de 40 % le nombre des nouveaux cas et de ses cinq millions de décès d’ici à 2050. C’est une étape historique : c’est la première fois que 194 pays membres s’engagent à éliminer ce cancer, d’après l’adoption d’une résolution à l’Assemblée mondiale de la santé prise cette année.

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Il s’agit d’ici à 2030 d’atteindre déjà les objectifs suivants :
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90 % des filles dès 15 ans ayant reçu la vaccination complète à HPV ;
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70 % des femmes dépistées à l’aide d’un test de haute performance à 35 ans et à nouveau à 45 ans ;
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90 % des femmes identifiées porteuses d’un cancer recevant un traitement, soit 90 % des femmes avec un précancer traité et 90 % des femmes avec un cancer invasif géré.
La stratégie OMS [1] s’appuie sur un autre constat qui peut échapper aux pays « pourvus » : investir dans ces trois types d’interventions pour atteindre ces objectifs présente aussi un intérêt économique et sociétal substantiel.
On estime par exemple que 3,20 dollars seront restitués à l’économie nationale pour chaque dollar investi jusqu’en 2050 et au-delà, en raison de l’augmentation du nombre de femmes guéries, protégées ou stabilisées, de retour sur le marché du travail. Ce chiffre s’élève même à 26 dollars si l’on prend en compte l’implication des fem- mes en bonne santé dans les familles, la commu- nauté et la société en général.
Confiant, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, estime que « la médecine dispose désormais des moyens pour éliminer ce cancer en tant que problème de santé publique et faire de ce rêve jadis impossible une réalité, à condition de mettre à disposition à l’échelle mondiale la puissance des outils dont nous disposons ».
Le nombre annuel de nouveaux cas devrait passer de 570 000 à 700 000 entre 2018 et 2030
Le cancer du col de l’utérus est/serait évitable, même guérissable, s’il est détecté assez tôt et correctement traité : c’est le quatrième cancer, en fréquence, de la femme dans le monde. Si le statu quo actuel persiste, le nombre annuel de nouveaux cas devrait passer de 570 000 à 700 000 entre 2018 et 2030. Dans les pays à revenu intermédiaire, son incidence est presque deux fois plus élevée et ses taux de mortalité trois fois plus élevés que ceux des pays à revenu élevé.
Le poids économique, toujours...
