Depuis plus d’un an, la pandémie de COVID-19 et les mesures sanitaires mises en place pour y faire face bouleversent notre quotidien à tous. Une population particulièrement touchée, comme souligné récemment, est celle des étudiants. Ainsi, les étudiants en médecine et les internes ne font pas exception, y compris en oncologie. Nous évoquions dès avril dernier, dans les colonnes du Bulletin du Cancer, les inquiétudes des internes en oncologie concernant l’impact de la pandémie sur la prise en charge des patients de cancérologie mais également sur le quotidien des internes et la qualité de la formation au métier d’oncologue.
Ces inquiétudes ont malheureusement été confirmées et sont d’autant plus d’actualité que la situation se prolonge.
La formation théorique des internes en oncologie en France a été particulièrement réduite depuis le début de la pandémie, à cause des difficultés de logistique de réorganisation de l’enseignement et en raison de l’incertitude quant à l’évolution des règles sanitaires. Dans certaines régions françaises, aucun cours n’a pu être organisé depuis presque un an. L’enseignement théorique sur le lieu de stage est dépendant de l’organisation locale. Il est donc variable. Tout cela conduit à renforcer les inégalités inter et intra-territoriales pré-existantes sur ce sujet. La formation pratique est également profondément perturbée, notamment du fait du redéploiement de l’activité des internes dans des unités dédiées à la COVID-19 avec peu ou pas d’activité de cancérologie. Une enquête que nous avions réalisée en mai 2020 auprès de 223 internes en oncologie français montrait que 89 % des internes interrogés avaient vu leur enseignement diminuer, 41 % leur charge de travail hospitalière augmenter et 31 % avaient été réaffectés dans d’autres unités.
Dans ce contexte, s’adapter et innover afin de maintenir le niveau d’excellence de notre formation est une réponse urgente et attendue de la part des internes.
L’Association pour l’Enseignement et la Recherche des Internes en Oncologie (AERIO), en tant qu’association nationale des internes en oncologie en France, a ainsi adapté son fonctionnement en digitalisant ses activités de formation mais également en créant de nouveaux formats, pour être accessible au plus grand nombre et maintenir le lien entre les futurs oncologues où qu’ils se trouvent sur l’hexagone.
Le Bulletin du Cancer, par la qualité de ses articles en langue française, par la création de nouveaux formats clairs et concis et par les efforts consentis d’accessibilité aux internes, est également un outil important de leur formation. En ces temps difficiles, plus que jamais, le lien entre l’AERIO et le Bulletin du Cancer est une force et une chance. Les formations via l’AERIO et le Bulletin du Cancer sont et doivent rester complémentaires de l’enseignement universitaire principal des internes.
Continuons à travailler tous ensemble pour garantir une formation de qualité aux oncologues de demain.
Déclaration de liens d’intérêts
les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

