« La vraie générosité envers l’avenir consiste
à tout donner au présent »
Albert Camus, L’Homme révolté, Gallimard, 1951.
Dans ce contexte particulièrement difficile en raison des vagues successives de la pandémie du coronavirus Sars cov2- Covid-19 et de ses conséquences dramatiques sanitaires, économiques, psychologiques et sociales, l’homéopathie continue d’être ignorée, malmenée, marginalisée.
En effet, le déremboursement décrété l’a projetée dans le rayon des produits de conseil, celui des compléments alimentaires alors que, paradoxalement, tous les observateurs avouent que son apprentissage et sa prescription restent d’une grande difficulté. Ainsi une injustice est faite aux patients et aux professionnels de l’homéopathie, c’est une décision préjudiciable à la connaissance médicale et à la justice sociale.
En outre, comme l’a publié notre rédacteur en chef Bernard Poitevin : « Était-il possible de sauver le soldat homéopathie ? », Jacqueline Peker, docteur en médecine vétérinaire et présidente d’honneur de la Société française d’homéopathie, soulève la même question avec colère et s’interroge sur l’ignorance, voulue ou non, des autorités sur les bienfaits de l’homéopathie pour les animaux d’élevage et de compagnie.
Apparemment, à ces différentes questions, nos arguments n’ont pas été suffisants.
Et maintenant, pourquoi devons-nous réagir ? :
-
•
Nous le devons pour les patients, les malades qui ont besoin, dans le quotidien, ou en complément de leurs autres prescriptions, de cette approche singulière, personnalisée et non iatrogène ;
-
•
Nous le devons à nos prédécesseurs, illustres et anonymes, qui nous ont légué enseignement, ouvrages, écoles et syndicat ;
-
•
Nous le devons à notre pays qui accueillit, au dix-neuvième siècle, le fondateur de l’homéopathie, Christian-Frederick-Samuel Hahnemann, puis permit au vingtième siècle l’officialisation de la pharmacopée homéopathique et sa prise en charge assurantielle, l’ouverture de certaines facultés de médecine et de pharmacie à l’enseignement universitaire de l’homéopathie ;
-
•
Nous le devons aux autres médecins, nos confrères, qui nous adressent certains de leurs patients en vue de trouver une solution thérapeutique, complémentaire ou alternative, soit en vue de soulager certains symptômes ne relevant pas de l’Evidence Base Medecine, soit pour renforcer un terrain fragile ou fragilisé, c’est-à-dire agir sur la globalité de la personne ;
-
•
Nous le devons à notre famille, à nos proches, lesquels nous ont encouragés pendant toutes nos études médicales et notre activité professionnelle.
Quelles sont les qualités qui s’imposent à nous pour répondre à ce défi ? :
-
•
L’honnêteté, inhérente à la déontologie, dans notre fonction médicale et homéopathique avec la préoccupation constante de rendre le service médical le plus adapté à la personne malade ;
-
•
La persévérance dans la justification de notre spécificité hahnemannienne et de sa complémentarité avec les autres soins ;
-
•
La constance pour la recherche clinique et scientifique dans le cadre d’un partenariat efficace avec les structures universitaires de recherche et les entreprises industrielles de fabrication ;
-
•
La synergie professionnelle en vue d’efficacité auprès des institutions telles que l’Ordre des médecins, les ministères de tutelle (solidarités et santé, recherche et enseignement supérieur, écologie et développement durable, industrie) ;
-
•
Une relation constructive avec les vétérinaires et les associations de protection de l’environnement.
Ce numéro de La Revue d’homéopathie, publié par les éditions internationales Elsevier Masson, rédigé en juin, paraîtra en octobre 2021 et propose, selon l’éthique médicale, des pistes en vue de répondre à la situation inédite d’une demande de soins médicaux homéopathiques proposés par des professions accréditées avec une législation en adéquation avec cette exigence sociale.
Puissent les éditoriaux et les articles, depuis plus des onze années de publication dans La Revue d’homéopathie, trouver le soutien indispensable en vue de transmettre le message médical, humaniste et scientifique de l’homéopathie dans l’intérêt des patients.
Déclaration de liens d’intérêts
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
