Abstract
Introduction
La pandémie liée au SARS-CoV-2 est source d’une importante morbidité et mortalité avec 5 % des patients infectés nécessitant une hospitalisation en réanimation. L’oxygénothérapie haut débit par canule nasale par Optiflow® (OF) permet de diminuer le recours à la ventilation mécanique (VM). Malgré l’OF, beaucoup de patients nécessitent encore un recours à la VM. Nous avons réalisé une étude monocentrique rétrospective afin de déterminer les facteurs de risque de recours à la VM chez les patients traités par OF et leur devenir.
Matériels et méthodes
Nous avons analysé tous les dossiers de patients hospitalisés en réanimation pour une infection à SARS-CoV-2, du 1er septembre 2020 au 1er mars 2021, et ayant bénéficié d’OF. Nous avons comparé les données démographiques et cliniques à l’admission, la mortalité à six semaines et les durées d’OF et d’hospitalisation entre le groupe de patients traités par OF seul et le groupe de patients traités par OF ayant eu recours secondairement ayant eu recours à une VM.
Résultats
Nous avons inclus 72 patients traités par OF dont 36 (50 %) ont nécessité secondairement le recours à la VM. L’âge moyen dans le groupe VM était de 65,3 ans contre 64,1 ans dans le groupe OF seul (p = 0,600). Parmi les défaillances d’organes à l’admission, 11 patients (28,3 %) présentaient une insuffisance rénale aiguë dans le groupe VM contre sept (19,4 %) dans le groupe OF seul (p= 0,283), trois (8,3 %) présentaient une décompensation cardiaque dans le groupe VM contre cinq (13,8 %) dans le groupe OF seul (p = 0,460), un patient présentait une insuffisance hépatique aiguë dans chaque groupe et aucune défaillance neurologique n’était recensée. Il y avait plus d’insuffisance circulatoire aiguë dans le groupe VM (10 patients, 27,8 %) que dans le groupe OF seul (n = 0) (p < 0,001). Le rapport PaO2/FiO2 moyen était plus faible (p = 0,029) dans le groupe VM (85,3) que dans le groupe OF seul (110,2). Le score IGSII moyen était plus élevé dans le groupe VM que dans le groupe OF seul (39,5 contre 30,1, p = 0,001). La durée d’OF avant recours à la VM était de 1,8 jours. Il y avait 10 complications lors de l’intubation (sept collapsus de reventilation, deux arrêts cardiaques et une bradycardie sévère). La durée de séjour en réanimation était plus longue dans le groupe VM (19,6 jours) que dans le groupe OF seul (6,3 jours) (p < 0,001). La mortalité à six semaines était de 33,3 % dans le groupe VM et de 13,9 % dans le groupe OF seul (p = 0,053).
Conclusion
Notre étude retrouve une association entre des éléments de gravité à l’admission (score IGSII élevé, défaillance circulatoire, rapport PaO2/FiO2 bas) et le recours à la VM chez les patients infectés par le SARS-CoV-2. L’OF semble être une bonne alternative à la VM puisque 50 % des patients n’étaient pas intubés et bénéficiaient d’une durée d’hospitalisation plus courte. La survenue fréquente de complications graves lors de l’intubation impose la plus grande vigilance et la réalisation d’autres études afin de déterminer au mieux les facteurs de risque de recours à la VM.
Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
