La désactivation des appareils devrait être abordée quand les objectifs du traitement changent
Environ 7000 défibrillateurs cardioverteurs implantables (DCI) sont posés chaque année au Canada pour prévenir la mort subite1. Or, à un moment, il se peut que les préférences des patients changent et que les objectifs de soins obéissent à des impératifs liés à la qualité de vie plutôt qu’à la prévention de la mort subite.
Laisser les défibrillateurs cardioverteurs implantables actifs peut occasionner des douleurs et une souffrance indues
Les chocs administrés par les défibrillateurs cardioverteurs implantables peuvent occasionner de l’anxiété, de la douleur et une crainte des chocs répétitifs anticipés, car jusqu’à 20 % des patients reçoivent des chocs au cours de leurs dernières semaines de vie2. La majorité des patients qualifient ces chocs d’intenses, au point de causer une détresse substantielle chez les patients et leurs proches aidants. En présence de maladie en phase terminale, les arythmies ventriculaires peuvent être la manifestation d’une défaillance pluriorganique et les chocs administrés par les défibrillateurs cardioverteurs implantables peuvent occasionner de la douleur, sans pour autant corriger l’anomalie sous-jacente.
La désactivation d’un défibrillateur cardioverteur implantable est indolore, non effractive et réversible
La désactivation est faite en contexte clinique, par un membre qualifié de l’équipe responsable des stimulateurs cardiaques ou de la clinique d’arythmie, après discussion avec l’équipe soignante, et avec le consentement du patient ou de la personne désignée comme mandataire. La désactivation ne modifie pas la fonction du stimulateur cardiaque et n’entraîne pas le décès immédiat; elle n’affecte pas immédiatement les symptômes et l’appareil peut être remis en fonction si les objectifs de soins changent.
Si la désactivation programmée n’est pas disponible, un aimant peut être utilisé pour désactiver les chocs
Un aimant de qualité médicale (disponible dans les services d’urgence et les cliniques de stimulateurs cardiaques) peut être fixé à la peau au-dessus du défibrillateur cardioverteur implantable pour désactiver l’administration des chocs (figure 1). Dès que l’aimant est enlevé, l’appareil reprend sa fonction normale.
Figure 1:
Aimant fixé en place juste au-dessus de la pochette d’un défibrillateur cardioverteur implantable.
La désactivation d’un défibrillateur cardioverteur implantable correspond à un arrêt de traitement
Aux plans juridique et éthique, la désactivation de l’appareil ne constitue pas une aide médicale à mourir. Il n’y a pas de différence entre le refus d’un défibrillateur cardioverteur implantable et la demande de désactivation de l’appareil par un patient, car tous les patients ont le droit constitutionnel de refuser tout traitement3.
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Footnotes
Voir la version anglaise de l’article ici: www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210327
Intérêts concurrents: Aucun déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Références
- 1.Kelly SE, Campbell D, Duhn LJ, et al. Remote monitoring of cardiovascular implantable electronic devices in Canada: survey of patients and device healthcare professionals. CJC Open 2020Nov. 19. 10.1016/j.cjco.2020.11.010. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
- 2.SherazI S, McNitt S, Aktas MK, et al. End-of-life care in patients with implantable cardioverter defibrillators: a MADIT-II substudy. Pacing Clin Electrophysiol 2013;36:1273–9. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 3.Lampert R, Hayes DL, Annas GJ, et al. HRS expert consensus statement on the management of cardiovascular implantable electronic devices (CIEDs) in patients nearing end of life or requesting withdrawal of therapy. Heart Rhythm 2010;7:1008–26. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]

