Skip to main content
Elsevier - PMC COVID-19 Collection logoLink to Elsevier - PMC COVID-19 Collection
. 2021 Nov 19;32(643):5. [Article in French] doi: 10.1016/S0992-5945(21)00231-2

Comment mieux soutenir les soins critiques mis en lumière par la Covid-19 ?

Yann-Mickael Dalmat
PMCID: PMC8603545

Selon un rapport de la sénatrice Catherine Deroche, par ailleurs médecin, présenté au nom de la Commission des affaires sociales du Sénat en septembre dernier, les soins critiques, quasiment inconnus du grand public avant la crise sanitaire, ont connu depuis une notoriété nouvelle, les capacités des établissements de santé ayant même fini par commander les mesures de restrictions de liberté appliquées à la population.

graphic file with name fx1_lrg.jpg

© Valerii/stock.Adobe.com

Au-delà de la gestion de la crise sanitaire, il a semblé nécessaire à la Commission [1] d’approfondir les aspects structurels de ce secteur des soins : le bon dimensionnement des lits mais sans doute aussi la modularité des organisations, les disparités territoriales, les conditions d’une coopération durable entre établissements publics et privés, la mise en place de capacités de pilotage, en particulier des systèmes d’information, plus efficaces.

La crise sanitaire a également mis en évidence la question cruciale des ressources humaines, en particulier des paramédicaux dont le manque s’est fait sentir et pose des questions : attractivité, gestion des carrières, organisation des tâches entre les différentes professions de santé.

Dans un contexte de vieillissement de la population qui sollicitera toujours plus les capacités en soins critiques, le présent rapport pose un diagnostic et formule des recommandations.

Enquête sur les soins critiques

Le Sénat a demandé au premier président de la Cour des Comptes le 12 janvier 2021, une enquête sur les soins critiques. L’épidémie de Covid-19 a mis en lumière, en effet, l’importance des unités de soins critiques dans l’arsenal de réponse à une crise sanitaire tout en révélant les faiblesses de leur organisation.

L’appellation de soins critiques recouvre trois catégories de structures :

  • les unités de réanimation, accueillant des patients qui présentent ou sont susceptibles de présenter plusieurs défaillances viscérales aiguës mettant en jeu leur pronostic vital, dans le cadre de l’évolution d’une pathologie médicale ou immédiatement après une prise en charge chirurgicale lourde : 5 433 lits.

  • les unités de soins intensifs, destinées à des patients qui présentent ou sont susceptibles de présenter une défaillance d’un seul organe potentiellement grave, mettant en jeu leur pronostic vital : 5 955 lits.

  • les unités de surveillance continue, destinées à la prise en charge des malades qui nécessitent, en raison de leur état ou du traitement qui leur est appliqué, une observation clinique et biologique répétée et méthodique : 8 192 lits.

Soit un total de 19 580 lits adultes et enfants au 31 décembre 2019.

Les soins critiques représentent 4,3 % des séjours hospitaliers mais 20% des journées réalisées en hospitalisation complète du fait de durées de séjour longues (16,8 jours en moyenne pour une hospitalisation avec passage en réanimation contre 5,5 jours pour une hospitalisation conventionnelle).

Ils rassemblent près de 54 000 équivalents temps plein de personnels médicaux et paramédicaux, dont 11% de médecins.

Ces médecins sont à 66,5 % des anesthésistes-réanimateurs, à 23,2 % des intensivistes- réanimateurs à 5,5 % des urgentistes, à 4,8 % d’autres spécialistes.

Les soins critiques ont engagé une dépense de 7,2 milliards d’euros en 2018, dont 46 % consacrés à la réanimation et 54 % aux activités de surveillance continue et de soins intensifs.

Références


Articles from Option/Bio are provided here courtesy of Elsevier

RESOURCES