Abstract
Introduction
La pandémie de COVID-19 a bouleversé le monde en imposant des mesures sanitaires inédites, notamment en suites de couches. Cette étude a pour but d’évaluer l’impact de l’isolement maternel dans le post-partum immédiat sur le taux de dépression du post-partum (DPP) dans une maternité de type 3.
Méthodes
Nous avons mené une étude de cohorte prospective de type exposés–non exposés, entre le 22 avril et le 29 octobre 2020, en utilisant des questionnaires anonymes sur 265 parturientes (129 pendant le confinement et 135 en dehors). L’échelle postnatale d’Edimbourg (EPDS) a été utilisée. Nous avons utilisé un modèle de régression logistique univariée pour l’association entre les facteurs de risques et la DPP.
Résultats
Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes concernant la DPP évaluée par un score > 10,5 à l’EPDS à j30 et/ou j60 (23,1 % vs 29,3 %, p = 0,661). En revanche, dans le groupe « confiné », le score à j3 était plus élevé (31 % vs 17,8 %, p = 0,015) et les conjoints davantage impactés sur le plan psychologique (48,3 % vs 10,5 %, p < 0,001). La parité ?1 était un facteur protecteur de DPP (OR = 0,2, IC95 % [0,1–0,6], p = 0,003). Les antécédents de violence psychologiques (OR = 6,4, IC95 % [1,1–37,6], p = 0,04), la présence d’un stress durant la grossesse (OR = 4,5, IC95 % [1,6–12,6], p = 0,004) et le vécu traumatique de l’accouchement (OR = 5,1, IC95 % [1,4–17,8], p = 0,012) étaient associés à un sur-risque de DPP.
Conclusion
L’isolement maternel dans le post-partum immédiat est associé à un sur-risque de symptômes sévères de blues du post-partum.
Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
