Abstract
Contexte
La promotion à la vaccination représente un enjeu de santé public majeur. La couverture vaccinale de façon globale (hors vaccination contre la COVID-19), n’est aujourd’hui pas optimale en France, comme le montre notamment la recrudescence des épidémies de rougeoles depuis 2018. Les lieux de dispensation de médicaments au patient, comme la rétrocession en milieu hospitalier, sont des endroits particulièrement propices à la sensibilisation et à l’information du grand public sur le sujet de la vaccination.
Objectifs
Les objectifs de l’étude étaient 1/d’interroger les connaissances des patients et besoins d’informations sur la vaccination, 2/de promouvoir/informer sur la vaccination.
Patients et méthodes
Les patients ciblés par l’enquête présentaient les critères suivants : âge ≥ 65 ans (quel que soit le traitement) ou âge ≥ 18 ans et au moins 1 des traitements suivants (prescrits pour une pathologie ciblée par les recommandations vaccinales : antirétroviraux (ARV), anticancéreux oraux (ATCO), médicaments de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), des déficits immunitaires (DI) ou de la drépanocytose/thalassémie). Un questionnaire a été élaboré pour l’objectif 1/et remis au patient au moment de la dispensation. Une plaquette d’information sur la vaccination a été élaborée pour l’objectif 2/et proposée au patient suite au remplissage du questionnaire.
Résultats
Entre le 27/01/21 et le 05/03/21, 100 patients ont participé à l’enquête. Parmi eux, 74 ont été inclus sur le critère du traitement dispensé (68 % ARV, 19 % HTAP, 8 % ATCO, 4 % DI et 1 % thalassémie) et 26 sur le critère de l’âge. Les patients connaissaient pour 28 % la date de leur prochaine vaccination, 24 % seulement connaissaient les nouvelles recommandations vaccinales (depuis 2017). Concernant la vaccination antigrippale : 50 % indiquaient se faire vacciner chaque année et 20 % certaines années ; 28 % se sentaient vulnérables face à l’infection à pneumocoque, 43 % pour la grippe et 45 % pour la COVID-19. De façon globale, 71 % des patients étaient très favorables à la vaccination, 19 % plutôt favorable, 8 % sans avis et 2 % contre. Les principales hésitations à la vaccination étaient : la peur des effets indésirables (34 %), des adjuvants (7 %) ou le manque de confiance envers les laboratoires (8 %). Si 36 % des patients n’avaient pas d’inquiétude, 52 % souhaitaient avoir plus d’information sur la vaccination : 33 % par un échange avec un professionnel de santé et 30 % des affiches en salle d’attente.
Discussion/conclusion
Au vu des résultats, les professionnels de santé ont un rôle central reconnu par les patients pour apporter des réponses à leurs interrogations/craintes pouvant être un frein à la vaccination. Les secteurs de dispensation de médicaments peuvent être un lieu propice pour cette promotion de la vaccination. Ainsi, il serait intéressant d’aborder la question de la vaccination avec les patients au décours de la dispensation en rétrocession hospitalière, après formation de l’ensemble de l’équipe pharmaceutique.
Mots clés: Information, Rétrocession hospitalière, Vaccination
Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
