Un homme de 41 ans s’est présenté à la clinique de dermatologie en raison de papules érythémateuses et prurigineuses sur l’abdomen, qui persistaient depuis 1 mois. La peau périombilicale présentait 2 plaques érythémateuses symétriques, accompagnées de papules eczémateuses et de tissu hyperkératosique squameux sus-jacents (figure 1A). Les lésions se limitaient à la région de la peau qui était en contact avec une boucle de ceinture métallique achetée 3 mois auparavant. Le patient a subi un test épicutané (++) au sulfate de nickel (5,0 %) dans de la gelée de pétrole. Son résultat positif a confirmé la présence de dermatite de contact au nickel (annexe 1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220260/tab-related-content). Nous lui avons donc prescrit un traitement de 7 jours, soit une crème à base de furoate de mométasone (0,1 %), qui a entraîné une amélioration importante (figure 1B). Nous avons recommandé au patient d’éviter tout contact ultérieur avec des accessoires contenant du nickel et d’utiliser plutôt des attaches, des ceintures et des boucles faites en plastique ou en laiton.
Figure 1:
Dermatite de contact allergique au nickel. (A) Deux plaques érythémateuses avec papules prurigineuses et eczémateuses sus-jacentes sur la peau périombilicale d’un homme de 41 ans. (B) Nette amélioration observée après 1 semaine d’utilisation d’un corticostéroïde topique.
Selon une méta-analyse de 20 000 personnes de la population générale ayant subi un test épicutané, la prévalence des allergies de contact s’établit à 20 %, le nickel étant l’allergène le plus courant (11,4 %)1. La prévalence est plus élevée chez les femmes et les personnes atteintes de troubles atopiques2. La dermatite de contact allergique au nickel est causée par une réaction d’hypersensibilité cutanée de type IV, bien que les symptômes puissent apparaître dans les 30 minutes suivant l’exposition3. Un contact prolongé avec la peau, la sueur et la friction peut induire une macération subclinique et la pénétration du nickel dans la peau.
Le diagnostic différentiel inclut les affections suivantes: gale, impétigo, psoriasis, dermatoses inflammatoires, mycosis fongoïde, trichophytie de la peau glabre, dermatite atopique et éruptions médicamenteuses fixes4. Le tableau clinique comprend une dermatite légère avec prurit, un érythème profond avec suintement et formation de papules, ainsi qu’une réaction systémique avec hypersensibilité idiopathique généralisée. Un test épicutané peut confirmer l’agent étiologique, et une biopsie cutanée peut aider si le diagnostic est incertain. Le traitement standard consiste à retirer l’objet en cause et à prescrire des corticostéroïdes topiques5. Les inhibiteurs de la calcineurine (p. ex., tacrolimus) peuvent être envisagés pour les cas résistants aux stéroïdes, et les antihistaminiques ou stéroïdes oraux peuvent aider à faire disparaître les symptômes.
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Voir la version anglaise de l’article ici: www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220260
Footnotes
Intérêts concurrents: Aucun déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Les auteurs ont obtenu le consentement du patient.
Références
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