Les troubles de trichotillomanie (tirage de cheveux) et d’excoriation (grattage de peau) comprennent un curage cutané récurrent qui entraîne une perte de cheveux ou des lésions cutanées
La trichotillomanie (arrachage de cheveux) et l’excoriation (grattage de la peau), accompagnées de tentatives répétées de diminuer ou de cesser le comportement, sont caractérisées par un trouble obsessionnel compulsif et d’autres troubles apparentés1. Les poils sont habituellement arrachés du cuir chevelu, des sourcils ou des cils et le grattage de peau se produit sur le visage, les bras ou les mains1. L’apparition de ces comportements coïncide souvent avec la puberté1. Ils peuvent être automatiques, centrés (perception consciente) ou les 21. Bien que la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) ne les reconnaisse pas formellement, le fait de se ronger les ongles ou de se mordiller l’intérieur des joues constitue aussi un comportement répétitif centré sur le corps2.
Les troubles de trichotillomanie et d’excoriation touchent 1 %–2 % de la population1
La plupart des personnes touchées mentionnent de la détresse et 25 %–33 % d’entre elles rapportent des incapacités fonctionnelles2. Elles présentent un risque de 2–4 fois plus élevé de souffrir d’anxiété, de dépression et d’autres symptômes obsessionnels-compulsifs3. Les troubles répétitifs centrés sur le corps se distinguent des habitudes subcliniques lorsqu’ils causent une détresse ou des incapacités fonctionnelles importantes.
Les troubles répétitifs centrés sur le corps proviennent d’un besoin pathologique de procéder à des soins corporels personnels3 et diffèrent de l’automutilation
Des sentiments d’anxiété, d’ennui ou de tension peuvent déclencher les comportements1 et les personnes touchées peuvent ressentir un soulagement temporaire après les avoir pratiqués1.
Des essais cliniques randomisés et contrôlés ont démontré qu’une thérapie cognitivo–comportementale utilisant la technique de renversement des habitudes est bénéfique
Une thérapie cognitivo–comportementale utilisant la technique de renversement des habitudes constitue le traitement de première intention4,5. La technique de renversement des habitudes comprend une formation de sensibilisation, le contrôle du stimulus et des réponses concurrentes, de même qu’une orientation en médecine de spécialité dans ce domaine. L’accès à la thérapie peut s’avérer difficile. Les fournisseurs de soins de santé peuvent s’informer au sein de leurs réseaux locaux ou auprès d’organismes sans but lucratif spécialisés.
L’administration d’N-acétylcystéine peut atténuer les comportements répétitifs centrés sur le corps
On administre généralement la N-acétylcystéine, un dérivé d’acides aminés, 2 fois par jour à 1 dose de 1200 mg4,5. Les données probantes issues d’essais randomisés de mauvaise qualité et d’études non contrôlées soutiennent l’emploi de l’olanzapine (20 mg/j) pour le traitement de l’arrachage de cheveux et de citalopram (20 mg/j), de fluoxétine (55 mg/j), d’escitalopram (30 mg/j) ou de fluvoxamine (300 mg/j) pour le traitement du curage cutané4,5. Selon la durée moyenne des études, on devrait prendre les médicaments pour une période de 12 semaines. On devrait envisager l’orientation en médecine de spécialité dans des situations de cas graves ou qui résistent au traitement.
Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.
Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.220228
Footnotes
Intérêts concurrents: Aucun intérêt concurrent déclaré.
Cet article a été révisé par des pairs.
Références
- 1.Diagnostic and statistical manual of mental disorders: DSM-5. 5th ed. Arlington (VA): American Psychiatric Association; 2013. [Google Scholar]
- 2.Houghton DC, Alexander JR, Bauer CC, et al. Body-focused repetitive behaviors: More prevalent than once thought? Psychiatry Res 2018;270:389–93. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 3.Solley K, Turner C. Prevalence and correlates of clinically significant body-focused repetitive behaviors in a non-clinical sample. Compr Psychiatry 2018;86:9–18. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 4.Farhat LC, Olfson E, Nasir M, et al. Pharmacological and behavioral treatment for trichotillomania: an updated systematic review with meta-analysis. Depress Anxiety 2020;37:715–27. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]
- 5.Lochner C, Roos A, Stein DJ. Excoriation (skin-picking) disorder: a systematic review of treatment options. Neuropsychiatr Dis Treat 2017; 13:1867–72. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
