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. 2014 Oct;19(8):443–444. [Article in French]

Les recommandations relatives aux vaccins antigrippaux administrés aux enfants et aux adolescents pour la saison 2014–2015

Dorothy L Moore; Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation
PMCID: PMC4220531

Les pédiatres et les autres dispensateurs de soins qui s’occupent d’enfants et d’adolescents ont des rôles importants à jouer pour promouvoir le vaccin antigrippal. Ils peuvent accroître l’acceptation de ce vaccin en aidant les familles à comprendre à la fois la gravité potentielle de l’infection et l’efficacité et l’innocuité de la vaccination.

Qui devrait être vacciné?

La Société canadienne de pédiatrie encourage l’administration annuelle du vaccin antigrippal à TOUS les enfants et adolescents de six mois et plus. Lorsque ce degré de couverture vaccinale n’est pas réalisable, il faut favoriser les personnes très vulnérables aux complications liées à la grippe et leurs contacts étroits (encadré 1). Tous les enfants de moins de cinq ans sont considérés comme à haut risque et transmettent la grippe très facilement. (1,2)

Encadré 1. Recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation pour la saison grippale 2014–2015.

La vaccination antigrippale est particulièrement recommandée dans les groupes suivants

Personnes présentant un risque élevé de complications liées à la grippe ou plus susceptibles de devoir être hospitalisées :

  • Tous les enfants de six à 59 mois

  • Tous les enfants de six mois et plus, les adolescents et les adultes atteints d’une affection chronique (assez grave pour exiger un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers), en particulier :
    • ○ les maladies cardiaques ou pulmonaires, notamment la dysplasie bronchopulmonaire, la fibrose kystique et l’asthme ou les troubles liés à un risque accru d’aspiration;
    • ○ le diabète ou d’autres maladies métaboliques;
    • ○ une néphropathie;
    • ○ l’anémie ou une hémoglobinopathie;
    • ○ un cancer ou d’autres troubles liés à l’immunodépression (résultant d’une maladie ou d’un traitement);
    • ○ l’obésité morbide (indice de masse corporelle ≥40 kg m2);
    • ○ une affection chronique qui nécessite un traitement prolongé à l’acide acétylsalicylique chez des enfants et des adolescents de six mois à 18 ans.
  • Tous les Autochtones

  • Tous les résidents d’établissements de soins de longue durée

  • Toutes les femmes enceintes, y compris les adolescentes, quel que soit le trimestre (pour leur propre protection et celle de leur nouveau-né)

  • Tous les adultes de 65 ans et plus

Personnes qui pourraient transmettre la grippe à des sujets à risque élevé, en particulier les suivantes :

  • Contacts familiaux (adultes et enfants) de personnes à risque (énumérées ci-dessus), qu’elles aient été vaccinées ou non

  • Contacts familiaux de nourrissons de moins de six mois (qui sont à risque élevé, mais qui sont trop jeunes pour recevoir ce vaccin)

  • Membres d’un ménage devant accueillir un nouveau-né durant la saison grippale

  • Personnes qui s’occupent régulièrement d’enfants de 59 mois ou moins, que ce soit à la maison ou à l’extérieur

  • Travailleurs de la santé et autres dispensateurs de soins en établissement et en milieu communautaire

  • Personnes qui fournissent des services à des sujets à risque élevé dans un milieu fermé ou relativement fermé

Le présent point de pratique est une mise à jour des recommandations antérieures sur l’utilisation du vaccin antigrippal chez les enfants, en vue de refléter les récentes recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI). Auparavant, la vaccination antigrippale était recommandée pour les personnes à haut risque de complications liées à la grippe, en raison de leur âge ou d’une maladie sous-jacente. D’après les récentes analyses bibliographiques qu’a menées le CCNI, les personnes en santé de cinq à 64 ans tirent également profit du vaccin antigrippal. Puisque les données probantes démontrent que ce vaccin est bénéfique aux personnes de tout âge, le CCNI recommande désormais la vaccination de toutes les personnes de six mois et plus, notamment celles présentant un risque élevé de complications liées à la grippe ou plus susceptibles de devoir être hospitalisées, et celles qui pourraient transmettre la grippe à des sujets à risque élevé. Les recommandations du CCNI sur les personnes considérées comme à haut risque pour la saison 2014–2015 n’ont pas changé depuis 2013–2014 (encadré 1).(3)

La revaccination annuelle est recommandée. Même si certaines personnes immunisées peuvent conserver leur immunité d’une saison à l’autre, ce phénomène est moins probable lorsque la souche circulante subit des modifications. Un composant du virus influenza A contenu dans le vaccin 2014–2015 diffère de celui de l’an dernier, en raison d’un changement dans la principale souche du virus H3N2 en circulation.(3)

Quel vaccin devrait-on utiliser?

Il existe deux types de vaccin antigrippal pour les enfants au Canada : les vaccins trivalents inactivés (VTI), administrés par injection intramusculaire, et le vaccin vivant atténué contre l’influenza (VVAI), administré par voie intranasale (FluMist; MedImmune, États-Unis).

L’utilisation du VVAI est autorisée chez les personnes de deux à 59 ans.(4) Ce vaccin n’est pas homologué pour les enfants de moins de deux ans en raison de l’accroissement faible, mais significatif, du taux de respiration sifflante de deux à quatre semaines après la vaccination dans ce groupe d’âge. Il peut être utilisé chez les enfants et les adolescents en santé de deux à 17 ans. Le VVAI est favorisé chez les enfants de deux à six ans en raison de sa plus grande efficacité(4) et du fait qu’on prévoit une meilleure acceptation de l’administration intranasale que de l’injection. Toutefois, les preuves de sa plus grande efficacité chez les enfants plus âgés sont faibles. Par ailleurs, les données sont insuffisantes pour recommander le VVAI de préférence au VTI chez les enfants ayant une maladie chronique. Les deux vaccins peuvent être utilisés, à moins de contre-indications. Chez les adultes, certaines données indiquent que le VTI pourrait être plus efficace que le VVAI. Ces deux vaccins peuvent être utilisés chez les adultes en santé, mais on devrait privilégier le VTI chez les adultes atteints d’une maladie chronique.

Les vaccins antigrippaux trivalents contiennent deux sous-types de l’influenza A et un sous-type de l’influenza B. Depuis dix ans, deux sous-types de lignée B sont en circulation, souvent pendant la même saison. Lorsque les vaccins ne concordent pas avec les souches en circulation, leur efficacité diminue. Les vaccins antigrippaux quadrivalents qui renferment deux sous-types de lignée A et deux sous-types de lignée B sont utilisés aux États-Unis et devraient être homologués au Canada pour la saison grippale 2014–2015. Il se peut qu’après leur homologation, les vaccins antigrippaux quadrivalents inactivés ou vivants remplacent les vaccins trivalents. Puisque l’infection grippale de type B provoque plus de morbidité et de mortalité chez les enfants que chez les adultes, on prévoit que les enfants et les adolescents profitent davantage de cet atout supplémentaire du vaccin quadrivalent par rapport au vaccin trivalent. Leur coût élevé constituera probablement le seul obstacle à leur utilisation.

Y a-t-il des contre-indications à l’utilisation du vaccin antigrippal?

La congestion nasale transitoire et la rhinorrhée sont les principaux effets secondaires du VVAI chez les enfants et les adultes. Le VVAI est contre-indiqué chez les personnes ayant une maladie immunosuppressive ou un asthme sévère (défini comme une respiration sifflante active, qui exige la prise de glucocorticoïdes par voie orale ou de fortes doses de glucocorticoïdes inhalés ou qui s’associe à une respiration sifflante ayant nécessité des soins médicaux au cours des sept jours précédents) et chez les femmes enceintes. Il est également contre-indiqué chez les enfants de deux à 17 ans qui prennent un traitement continu contenant de l’acide acétylsalicylique, en raison de l’association entre le syndrome de Reye, la prise d’acide acétylsalicylique et l’infection grippale.

Il faudrait attendre au moins 48 heures après avoir arrêté d’administrer des antiviraux actifs contre la grippe pour administrer le VVAI. Si l’on prescrit un antiviral dans les deux semaines suivant l’administration du VVAI, il faut administrer une autre dose du vaccin au moins 48 heures après avoir mis un terme au traitement. Chez les personnes ayant une congestion nasale suffisante pour nuire à l’administration satisfaisante du VVAI, il faut reporter la vaccination jusqu’à la disparition de la congestion ou privilégier le VTI.

L’allergie aux œufs n’est plus une contre-indication à l’utilisation des vaccins trivalents ou quadrivalents inactivés. Cependant, tous les vaccins devraient être administrés dans un milieu où on peut traiter l’anaphylaxie. Le VVAI n’est pas recommandé chez les personnes allergiques aux œufs, car il n’a pas encore été évalué au sein de cette population.(3,4)

Quelle en est la posologie?

La posologie du VTI administré par voie intramusculaire est de 0,5 mL, quel que soit l’âge. Celle du VVAI est de 0,2 mL (0,1 mL dans chaque narine, sous forme de vaporisateur intranasal).

Si un enfant de moins de neuf ans se fait vacciner contre la grippe pour la première fois (qu’il s’agisse du VTI ou du VVAI), il faut lui administrer deux doses du vaccin à au moins quatre semaines d’intervalle. Si un enfant de moins de neuf ans a déjà reçu au moins une dose d’un vaccin antigrippal par le passé, il a besoin d’une seule dose pour la saison. Les enfants de neuf ans et plus et les adultes n’ont besoin que d’une dose par année.

Footnotes

COMITÉ DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION DE LA SCP

Membres : Natalie A Bridger MD; Jane C Finlay MD (membre sortante); Susanna Martin MD (représentante du conseil); Jane C McDonald MD; Heather Onyett MD; Joan L Robinson MD (présidente); Marina I Salvadori MD (membre sortante); Otto G Vanderkooi MD

Représentants : Upton D Allen MBBS, Groupe de recherche canadien sur le sida chez les enfants; Michael Brady MD, comité des maladies infectieuses, American Academy of Pediatrics; Charles PS Hui MD, Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages, Agence de la santé publique du Canada; Nicole Le Saux MD, Programme canadien de surveillance active de la vaccination (IMPACT); Dorothy L Moore MD, Comité consultatif national de l’immunisation; Nancy Scott-Thomas MD, Le Collège des médecins de famille du Canada; John S Spika MD, Agence de la santé publique du Canada

Conseillère : Noni E MacDonald MD

Auteure principale : Dorothy L Moore MD

Les recommandations contenues dans le présent document ne sont pas indicatrices d’un seul mode de traitement ou d’intervention. Des variations peuvent convenir, compte tenu de la situation. Tous les documents de principes et les points de pratique de la Société canadienne de pédiatrie sont régulièrement révisés. Les documents de principes retirés sont supprimés du site Web. Consultez la zone Documents de principes du site Web de la SCP (www.cps.ca) pour en obtenir la version complète à jour.

RÉFÉRENCES

  • 1.Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d'immunisation. Les recommandations relatives au vaccin contre l'influenza administré aux enfants et aux adolescents pour la saison 2013–2014. Paediatr Child Health. 2013;18(8):e53–4. doi: 10.1093/pch/17.8.e92. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]
  • 2.Agence de la santé publique du Canada, Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) Déclaration sur la vaccination antigrippale pour la saison 2013–2014. Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) 2013 Octobre;39 (DCC-4). www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/13vol39/acs-dcc-4/index-fra.php (consulté le 15 septembre 2014) [Google Scholar]
  • 3.Agence de la santé publique du Canada, Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) Une déclaration d'un comité consultatif (DCC) sur la vaccination antigrippale pour la saison 2014–2015. www.phac-aspc.gc.ca/naci-ccni/assets/pdf/flu-grippefra.pdf (consulté le 10 septembre 2014)
  • 4.Agence de la santé publique du Canada, Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) Recommandations relatives à l'utilisation du vaccin antigrippal vivant atténué (FluMist®) : Déclaration complémentaire sur la vaccination antigrippale pour la saison 2011–2012. RMTC. 2011;37 (DCC-7). www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/11vol37/acs-dcc-7/index-fra.php (consulté le 31 juillet 2014) [Google Scholar]

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